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1769 année aristo-érotique

Laval, le 15 aoust de l’an de grâce 1769,

Ma très chair Marquise,

Je sais votre amour pour la belle langue et l’orthographe soutenue aussi je vous serai reconnaissant de ne pas faire de moi un homme châtié comme devrait l’être mes mots. Mais, vous vous en doutez bien ma douce Marquise, mon amante exquise, ce faux pas liminaire n’en est pas un et il fait suite à mes pensées pré liminaire !

En effet je réponds par la présente à votre missive m’exhortant à participer à ce concours de lettre à caractère érotique ! Comme vous y allez très chère amie ! Vous savez mon manque cruel d’imagination, vous connaissez tous les méandres de mon esprit aussi cartésien que pervers. Comment en ce cas relever ce défi moi qui ne suis pas homme à reculer devant l’obstacle, sans dévoiler ici les turpitudes que je vous fais subir ? Sans donner en pâture aux lecteurs les derniers outrages dont vous êtes la victime !? « Con sentante » certes mais tout de même !?

Devrais-je dire, en une espèce d’expiation publique, le plaisir qui fut le mien, lorsque dimanche dernier, nous fûmes invités tous deux au bal du duc et de la duchesse Louis et Catherine de Noailles en leur hôtel particulier sis au 69 rue du poil-au-con au cœur de Paris ?

Comment pourrais-je encore paraître en public lorsque le quidam lira qu’à peine arrivés nous fûmes accueillis par le duc et la duchesse en tenue … d’Adam et d’Eve mais sans même une feuille de vigne !?

Je ne pourrais donc cacher votre amour des femmes et le long baiser qui s’en suivi entre vous et la duchesse, long et profond ! Si, si, j’insiste, profond ! J’ai bien vu vos langues se mêler et votre main partir à la découverte du buisson ardent de notre hôtesse et l’en retirer luisante d’un fluide dont l’origine ne laissait, en vérité, que peu de doute !

Je ne pourrais pas ne  pas parler de ce qui s’en suivi ! Les lacets de votre corsage défaits prestement ainsi que ceux de votre crinoline, vos seins jaillissant comme deux fauves de votre bustier !

Dieu tout puissant que votre gorge est belle ma Dame ! Que vous portez haut ces deux gloires de la France ! Le duc, d’ailleurs, ne s’y est pas trompé et leur a rendu un hommage appuyé, dressant vos tétins telles les fières baïonnettes de notre bon Louis. A force de succions aussi goulues que gourmandes le rouge vous est monté aux joues, force est de reconnaître que ce duc sait y faire (On dit qu’il aurait été allaité jusqu’à l’âge de neuf ans par une nourrice des plus poitrinaire, nourrice qui l’aurait déniaisé dans le même temps qu’elle le sevrait ! Les joies du con remplaçant les joies du sein sans doute !).

Deux chambellans, forts beaux garçons au demeurant, nous ouvrirent alors les portes du salon et nous découvrîmes là un charmant tableau, digne d’une toile de Fragonard. Quelques couples d’amis, issus comme nous de la vieille noblesse française, étaient là eux aussi déjà nus comme des vers. Alanguies sur des méridiennes éparses quelques jeunes femmes (de petite naissance certes mais à la science de l’amour inégalable) parmi lesquelles je reconnu la petite Jeanne-Antoinette Poisson qui serait bientôt plus connue sous le nom de Madame de Pompadour ainsi que Jeanne Bécu de Cantigny, un jour, elle aussi maitresse royale et qui répondrait au doux patronyme de comtesse du Barry.

Ce qui s’en suivi, souvenez-vous en ma douce marquise ne fut que volupté et chuchotements, soupirs et gémissements sous l’œil complice de la statue de Cupidon dont je me demande même, dans les instants où ma raison chavire, si je n’ai vu ce soir là l’érection de cette dernière tant le spectacle fut dépravé et plus olympien que biblique !

Vous me fûtes arrachée des bras par Catherine qui attrapa au passage les deux chambellans et je vous vis aller vous installer sur un des récamiers au fond de ce vaste salon tandis que le duc faisait signe à deux petites galantes de venir me soulager de mes effets, de tous mes effets, cela va sans dire.

Je vous revis un peu plus tard, que dis-je, je vous revis, je vous reconnu serait plus juste, sous un autre profil que celui que vous montrez au monde. Mais je me targue de connaître aussi bien votre devant que votre derrière, aussi n’ai-je eu aucun doute lorsqu’à la faveur de la lumière tamisée des chandelles je vous vis dans la position de la levrette lorsqu’elle copule avec son mâle. Vous aviez la tête enfouie entre les cuisses de la duchesse et étiez très énergiquement entreprise par l’un des serviteurs de la maisonnée. Il mettait tout son cœur (et sa queue) à l’ouvrage pour votre plus grande satisfaction à en juger par la vue de vos reins qui se cambraient nettement sous la qualité de l’assaut.

Quant à moi, dois-je vous le dire ? J’ai été entraîné par le duc dans des agapes … orgiaques ! J’ai été entrepris par une baronne gourmande au possible dont la gorge tient plus de l’avaloir que de l’organe tant elle a prit mon vit loin au fond de sa bouche aux lèvres purpurines ! J’ai eu toutes les difficultés à ne point me laisser aller à une jouissance précoce qui eut gâchée le reste de la fête. Cependant que son baron de mari outrageait Dieu et nos saintes écritures en entreprenant son épouse, certes mais par l’orifice qui nous a été donné pour d’autres fonctions que la fornication ! La donzelle ne devait pas être à son coup d’essai, j’ai vu la « particule » du baron et autant vous dire que nous connaissons l’ouverture d’esprit de la baronne … je peux, depuis ce fameux soir, en dire autant de son fondement ! Je la regarderai différemment lorsqu’elle nous dira faire preuve de largesse avec ses serviteurs dévoués !

Enfin, ma douce Marquise, dois-je révéler ce quadrille fantasque dans lequel vous m’avez entraîné à l’aube ? Le vin de Champagne avait coulé à flot, le duc de Noailles, qui n’en avait qu’après vous, m’a pris par cet endroit que la morale chrétienne et hétérosexuelle m’empêche de citer ici (oui ma dame, il m’a littéralement guidé en me tirant par la queue !) et m’a demandé de choisir une des donzelles encore éveillée. La petite Poisson fut mon élue et je lui pris prestement la main avant que de nous engouffrer tous les quatre dans la chambre conjugale !

Là, devant mes yeux exorbités et mon vit enorgueilli d’une érection sans faille, je vous regardais sucer la belle virilité du duc, longue et légèrement courbe elle a une certaine noblesse dans son maintien, belle allure pour la queue d’un duc de France en vérité ! Les bourses gonflées et dures comme des boules de billard vous vous appliquiez à sucer le vit aristocratique avec la plus grande douceur, le duc défaillait déjà de plaisir. La petite catin de Poisson quant à elle me montra avec brio pourquoi « Marquise de Pompadour » serait un titre et un patronyme qui lui siéraient à merveille. En effet même la rivière de l’Adour ne résisterait pas à sa pompe qu’elle a grande !

D’un regard complice avec le duc nous décidâmes alors de diverses variantes comme il nous plait d’en inventer aux jeux de cartes ! Vous-même ma chère amie, ayant autant d’appétit pour les joies de Sapho que pour les saillis de Priape, vous fîtes le chantre de l’amour pluriel, goûtant la rosée de plaisir de Jeanne et partageant aux lèvres de vos deux amants ces sucs intimes. Vous donnant au duc sans retenue ni plus de pudeur qu’une vile putain sous mon regard bienveillant.

Nous vous fessâmes, nous vous baisâmes, nous vous enculâmes à tour de rôle tant et si bien qu’il fut bientôt midi que nos deux dards n’avaient toujours pas rendu leur venin et leurs armes !

C’est votre duo lesbien qui emportât nos plaisirs, entremêlées avec votre amante, vos langues fouillant vos chats respectifs et butinant vos petits boutons de rose, nous approchâmes de ce divin spectacle en vous encourageant de nos hochements de têtes et en rendant hommage à vos beautés en vous imitant, pour le plus grand plaisir de votre amante que ce fantasme habitait depuis longtemps : nous branlions le pieu de l’autre jusqu’à ce que poussé par une pulsion subite je me penchais et léchais ce gros clitoris que nous nous plaisons à appeler le gland ! Le duc en eu un hoquet de surprise mais devant vos sourires carnassiers n’osa piper mot ! Je m’enhardis alors et gobais le chibre dans son entièreté avant que de le ressortir de ma bouche englué de ma noble salive ! Etonné moi-même de la douceur de ce membre dressé qui n’était pas sans rappeler la douceur de vos antres féminines je guidais alors la ducale cédille jusqu’à votre petite crypte rose et plissée, le duc vous fourra deux doigts dans le con afin d’en recouvrir ma propre virilité que Jeanne s’empressa de mettre au chaud tout au fond de son cul moelleux et accueillant !

Nous vous limâmes quelques temps Jeanne et vous quand, clin d’œil des cieux (qui sont moins colères que ce que nous craignons en vérité) les cloches de Notre Dame sonnèrent l’Angelus, nous toujours dans vos anus, signal commun et libérateur ! Nous déchargeâmes à grands coups de reins en criant notre plaisir, vos mains sur nos bourses afin de nous aider à bien expulser toute notre eau de vie en vous !

Voilà chère Marquise ce que vous voudriez que je donne en pâture à la vindicte populaire ?

Comment pourriez-vous marcher tête haute en ayant la culotte à la main, sans culotte en quelque sorte ?! Ne serrait-ce subversif en vérité ?!

Ce ne serait pas une révolte mais un bouleversement des mœurs ! Nous sommes en 1769, qui sait ce que l’avenir nous réserve ?! Mais il me paraît peu probable en vérité que nous ne connaissions une quelconque révolution sexuelle que ce soit ici et maintenant pas plus que dans le quartier latin en l’an 1968 !

Mais je m’en remets à la clarté de votre jugement ma dame et libre à vous que de publier cette lettre si vous trouvez qu’elle en vaut la peine et que nos petites aventures libertaires peuvent émouvoir un certain lectorat.

Je vous embrasse là, là, ici et partout à la vérité ! Ma queue déforme mon pantalon à la simple évocation de ces évènements et s’impatiente déjà des prochains. Pardonnez parfois mon écriture saccadée et sachez, enfin, que mon pli n’est pas cacheté à la cire.

Votre dévoué, votre amant, votre esclave, votre Sardanapale, votre priapique assaillant.

Monsieur le Marquis

NDA : A l’attention des puristes, oui, j’ai pris quelques libertés quant à l’Histoire. Le duc de Noailles se prénommait bien Louis et son épouse Catherine de Cossé-Brissac, ils vécurent bien à l’époque qui accueille nos héros. En revanche la Pompadour et la du Barry n’ont que très peu de chance de s’être retrouvées ensemble dans des soirées galantes, en effet la première a été maitresse de Louis XV entre 1745 et 1764 alors que la seconde le fut entre 1768 et 1774 et lorsque la comtesse du Barry naquit, Jeanne-Antoinette Poisson avait déjà 22 ans.

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