6 minutes de lecture

Débriefing et mise au point

J’arrive au Liberty vers 17h30. Un voiturier vient immédiatement m’ouvrir la porte et prends mes clés pour aller garer la voiture. J’entre à l’intérieur du bar. Il est quasiment vide pour le moment mais il ne tardera pas à être blindé avec les premières sorties des jeunes cadres dynamiques venant prendre l’apéro. Je balai la pièce du regard et la vois assise de dos sur un tabouret haut, sirotant un cocktail multicolore et portant un tailleur rouge en cuir qui moule ses formes comme jamais et la rend terriblement attirante. Elle va forcément attirer les regards lubriques de ces fameux jeunes cadres dynamiques. Je m’approche d’elle et sens immédiatement cette odeur caractéristique qui s’échappe de tous ses pores quand elle a baisé. Je la surprends en la serrant par la taille et en enfouissant mon nez dans son cou et en lui mordillant légèrement la peau.

- Tu sais que tu me rends fou dans cette tenue. Et ton parfum naturel….. Tu n’as pas été très sage cet après-midi, n’est-ce pas ?

Elle couina légèrement sous les légères morsures avant de se retourner et de me regarder droit dans les yeux. Son regard était flamboyant et ne faisait qu’accentuer mon excitation. Elle saisit les revers de ma veste et m’attira à elle. Elle s’était avancée au bord de la chaise, avait écarté les jambes et mon sexe gonflé vint se coller contre le sien. Elle m’embrassa fougueusement, m’aspirant la langue et jouant des hanches, nos sexes se frottant l’un contre l’autre. Elle se détacha et me dit :

- Et moi j’ai l’impression que tes négociations sont un peu sorties de leurs cadres strictement professionnels, en frottant quelques choses sur le col de ma chemise. Et ne me dis pas que c’est le mien, je n’ai pas de rouge à lèvre de cette couleur.

On se fixa quelques instants, intensément, avant d’esquisser un léger rictus et partir dans un fou rire à en pleurer. Une fois calmé, je m’assis en face d’elle et commandai une vodka orange.

- Mais qu’est-ce qu’ils ont bien pu nous donner à manger ou à boire aux Maldives pour qu’on soit devenu des accrocs au sexe comme on l’est devenu ? Demandai-je

- C’est peut-être les effets secondaires des cocktails à Guillermo ?

- Peut-être en effet. Mais le plus dingue c’est que j’arrive même pas à t’en vouloir de ne pas avoir respecter nos règles. Tu étais avec qui quand je t’ai appelé ? Rémi ?

Elle rougit un peu avant de me répondre :

- Euh non…. Avec Rémi, c’était avant… dans les douches de la concession…. Avec Pierre… Quand tu m’as appelé, j’étais en train de remercier notre directeur dans son bureau…

- Ah ouais… quand même… Et tu n’as pas peur de la réputation qu’ils risquent de te faire ? Toute la concession va vouloir te passer dessus. Et là je ne suis pas sûr d’apprécier. Mais pas du tout. Dis-je plus sérieusement.

- Ne t’inquiète pas mon amour, Bertrand n’est jamais bien loin en ce qui concerne le personnel de la concession et je ne doute absolument pas qu’ils resteront discret.

- C’est encore Bertrand qui est derrière tout ça ? C’est lui en fait qui te dévergonde totalement !

- Je te rappelle quand même que c’est toi qui m’as jeté dans ses bras ! Tu ne vas pas me faire une scène maintenant.

- Oui je sais… mais…

- Il n’y a pas de mais qui tienne. Il faut assumer mon grand maintenant d’avoir libéré la bombe sexuelle qui était en moi. Et il est de toute façon hors de question de revenir en arrière. Je te l’ai dit, cette nouvelle vie me plaît et mon amour pour toi n’en est que plus fort. Ce n’est que du sexe et de la baise. Avec toi, je fais l’amour. C’est totalement différent. Et avoue que cela te plait également. C’était bien avec ta directrice ?

- Euhhhh…. Oui…. Assez…. Et même plutôt deux fois qu’une…. Je pense même qu’elle pourrait te plaire…. Tu m’accompagneras pour la signature définitive du contrat…… ah oui, j’allais oublier, sa coloc était pas mal aussi…

- Non mais j’y crois pas !! Et tu oses me faire un début de scène ??

- Désolé ma chérie. Et je crois qu’il va falloir que nous changions les règles en place ou tout du moins que nous les assouplissions.

- Tu ne crois pas que c’est déjà le cas de façon tacite ? Le téléphone, ce ne sera que si cela est vraiment possible mais nous ne devons absolument rien nous cacher comme nous l’avons fait aujourd’hui. Et si nous souhaitons et pouvons faire partie du jeu en participant ou même juste en regardant l’autre, celui-ci ne pourra si opposer sous aucun prétexte. Qu’en penses-tu ?

- Cela me convient très bien. Et si nous devons encore une fois enfreindre ces nouvelles règles ?

- Alors la confiance réciproque ne sera plus possible et nous devrons en tirer toutes les conséquences.

- C’est un peu radical non ?

- Tu vois une autre issue ?

- Non !

- Mais nous n’en sommes pas là alors arrêtons de nous prendre la tête et vivons la vie comme elle vient. Elle est si courte.

Je m’approchai de Anne, la pris dans mes bras et l’embrassa amoureusement avant de lui dire :

- Décidément, nous formons vraiment un couple atypique. Je t’aime Anne.

- Je t’aime Tony. Et si on fêtait ça avec un autre cocktail ?

- Serveurs !!!! Deux cocktails maisons !!!!

Ce fut une serveuse qui nous les apporta et quand elle vit Anne, elle posa rapidement le plateau sur la table et lui sauta au cou. Anne fut tout aussi contente de la voir. Elles se firent une bise très appuyée à la limite d’un baiser sur les lèvres.

- Tu me présentes, ma chérie ?

Elles se tinrent par la taille et me dit :

- Tony, je te présente Clémentine. Nous nous sommes connues quand je suis venue ici-même avec Lola. Tu te souviens, c’était la fameuse soirée où nous sommes rentrées très tôt le lendemain matin.

- En effet, je m’en rappelle très bien. Enchanté Clémentine.

- Tout le plaisir est pour moi. Il est vraiment pas mal ton mec, dis-moi, dit-elle en se retournant vers Anne. Et toi, tu es terriblement sensuelle et excitante dans cette tenue. Tu vas faire tourner toutes les têtes ici.

- Merci ma belle, lui dit-elle en lui caressant les fesses. Mais je croyais que les hommes ne t’intéressaient pas ?!

- Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. C’est pas mal aussi la bisexualité tout compte fait…. Surtout avec Lola et Javier, dit-elle avec un air malicieux.

- Attends !! Tu veux dire que Lola est revenue ici ? Seule ?

- Tout à fait et pas plus tard qu’avant-hier soir. Javier lui avait donné rendez-vous après son service. Je n’aurais pas dû être là mais j’avais oublié quelque chose dans mon casier. Au moment où j’arrivais, je les ai vus s’éclipser dans la fameuse salle réservée. Je les ai suivis discrètement et ce qu’ils y faisaient m’a passablement excité. Voir ces deux corps en chaleur… rien que d’y repenser… huuummmm…. Et du coup, j’ai fini par les rejoindre. Je dois dire qu’on s’est bien amusé. C’est très agréable un mec qui sait se servir de sa queue et si j’osais je te le conseillerais.

- Mais ose voyons. Tout comme je te conseille tout particulièrement le jeune homme que tu as en face de toi.

- Hummm… pourquoi pas ?! Mais avec toi alors !

- Avec le plus grand des plaisirs !

- J’aurais peut-être mon mot à dire non ?

Et les deux en cœur :

- NON ! Avant de partir dans un fou rire.

- Bon racontes nous plutôt votre soirée !!

- Ce serait avec plaisir mais je suis de service jusqu’à la fermeture et le chef barman me regarde déjà de travers. Et j’aurai pas assez d’une pose pour vous le raconter. Désolé.

- Pas de soucis je comprends. Allez va bosser avant de te faire engueuler.

Elle nous embrassa et repartie à ses occupations.

Nous finîmes notre cocktail et nous quittâmes le bar vers 22h.

En sortant, Anne reçu un appel.

- Bonsoir Bertrand !

- ……

- Oui oui ils ont été largement à la hauteur. Et merci pour ce superbe ensemble rouge. Tous les hommes me regardent avec une certaine envie dans le regard.

- ….

- Non pas de souci, on a mis les choses au point avec Tony. Mais pourquoi m’appelles-tu si tard ?

- ……

- Ah mince ! Bon ben tant pis ! Mais ce n’est que partie remise !

- …..

- Bonne nuit Bertrand ! Je pense, en effet, que la mienne sera très bonne. Lui dit-elle en me faisant un clin d’œil et elle raccrocha

- Que se passe-t-il ?

- Il doit annuler mon initiation de ce week-end. Il doit partir en urgence au Brésil pour régler un gros problème dans un de ces hôtels. Du coup, on n’a plus rien de prévu.

- Je m’en occupe. J’ai une petite idée derrière la tête. Je voulais organiser un petit truc juste pour nous deux, ça sera l’occasion.

- Tu m’en dis un peu plus mon chérie, me dit-elle en se collant à moi et en me faisant de petits bisous dans le cou.- Non, tu ne sauras rien….arrêteeuuuhhh….. Tu le découvriras bien assez tôt. Tu as juste deux jours à attendre.

- Maieeuuuhhhh…. Steplaiiiiiit !!!!!

- Tu ne sauras rien. Allez en voiture mauvaise troupe, la nuit ne fait que commencer.

Et en effet, la nuit fut mémorable.

Le reste de la semaine fut beaucoup plus calme dû à un regain d’activité à la concession. Le week-end allait être tout autre.