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69 nuances de Anne - Une nouvelle vie

Partie 1

Le surlendemain de notre retour des Maldives, j’allai récupérer le courrier chez notre concierge. En remontant les escaliers je jetais succinctement un œil sur ce que nous avions reçu et je découvris entre les inévitables factures et les non moins inévitables pubs, une carte postale d’Australie. Celle-ci attira mon attention car je ne connaissais a priori personne qui devait y aller. On pouvait voir sur cette carte une vue d’hélicoptère de Byron Bay, Mecque du surf là bas, et un archétype du parfait surfeur, blond cheveux long et musclé. Je retournai la carte pour découvrir qui me l’envoyait :

« Hello cousine, l’Australie est vraiment un pays magnifique. Les paysages sont d’une diversité époustouflante et comme tu peux le voir, les garçons sont plutôt mignons. C’est dur de rester sage. A bientôt. Lola »

Mais bien sur !! Pensais-je intérieurement. J’avais complètement oublié que la tante de Tony m’avait dit qu’ils devaient partir là bas pour les vacances. En fait, c’est ma cousine mais par alliance et encore, au 4ème degré. Mais j’adore cette gamine. Elle est toujours pétillante. Et elle est super mimi en plus. Elle doit avoir un succès fou avec les garçons. Tiens d’ailleurs, pourquoi écrit-elle qu’elle doit rester sage ? Ma curiosité m’impose d’en savoir plus. Et ça sera une bonne occasion de la revoir.

Une fois rentrée, j’allai chercher mon portable et cherchai le numéro de Lola dans le répertoire. Je le trouvai et lança la composition automatique. Après plusieurs sonneries, je basculai sur son répondeur :

- Coucou ! Vous parlez bien au répondeur de Lola. Vous pouvez me laisser un message sinon à plus tard. Biiip !

- Coucou ma cousine, c’est Anne ! J’ai bien reçu ta carte avec le beau surfeur et j’aimerais beaucoup qu’on se voit pour se raconter nos vacances. Rappelle-moi ! Bisous !

Je raccrochai, allai à la cuisine pour me faire couler un café et éplucher le courrier en détail. Au bout de vingt minutes, mon portable vibra. C’était Lola qui me rappelait. Je décrochai et répondit d’une voie enjouée :

- Hello you ! Alors comme ça tu ne veux pas répondre à ta vieille cousine !

- Salut cousine. Si si mais mon téléphone était au fond de mon sac et je ne l’ai pas entendu, désolé, me dit-elle d’une petite voie légèrement tremblotante.

- Ouhla, c’est une impression ou ça n’a pas l’air d’aller ?

- Pas vraiment, en effet.

- Tu veux qu’on en parle ? Tu n’as qu’à venir à la maison, Tony n’est pas là. On sera tranquille pour discuter entre filles.

- Ok ça me fera peut être du bien. A tout de suite.

- A tout de suite.

Elle n’avait vraiment pas l’air bien la petite Lola. Ca sentait le chagrin d’amour à plein nez.

Juste le temps de finir de ranger mon courrier et de faire un peu de ménage, et la sonnette retentit dans tout l’appartement. Je me dirigeai vers l’interphone et sans même demander qui était là, j’appuyai sur l’ouvre-porte. J’ouvris et l’attendis sur le pas de la porte. Je l’entendis monter les escaliers et une fois sur le pallier je constatai qu’elle avait du pleurer car elle avait encore les yeux rougis. Nous nous fîmes la bise et je la fis rentrer au salon.

Lola était une jolie brune, les cheveux lisse mi-longs aux yeux noisette. Elle n’avait rien d’extraordinaire mais il s’échappait d’elle quelque chose qui faisait qu’on se retournait sur elle. De plus, elle ne faisait absolument pas son âge, elle en paraissait facilement 3 ou 4 ans de plus. Son corps était très harmonieux, un joli fessier légèrement bombé et bien moulé par son jean patte d’ef, légèrement taille basse, et une poitrine ni trop petite, ni trop grosse qui lui faisait un décolleté très sexy. Et son bronzage accentuait encore ce ressenti.

Je l’invitai à s’asseoir sur le canapé et lui proposa un café :

- Tu aurais du thé plutôt ?

- Thé vert menthe? Earl Grey?

- Earl grey, s’il Te plait.

Je me dirigeai vers la cuisine pour préparer son thé et un café pour moi. Je revins au bout de quelques minutes et je découvris Lola la tête entre les mains en train de sangloter. Je posai le plateau sur la table basse et vint m’asseoir à coté d’elle et la pris dans mes bras. J’attendis qu’elle se calme et lui proposa un mouchoir. Elle se redressa, essuya ses larmes, se moucha et me dit :

- Je suis désolé ! J’aurais préféré qu’on se voie dans d’autres circonstances.

- Tu n’as pas à être désolé, Lola. Explique-moi ce qu’il t’arrive.

- Je viens de rompre avec mon copain. Il m’a avoué qu’il m’avait trompé pendant ses vacances… avec deux filles !! Et je suis sûr qu’il m’a trompé avec une troisième avant...

- Ok je vois. Et cela faisait longtemps que vous étiez ensemble ?

- Cela commençait à faire un petit moment oui. Il s’appelle Paulo. On s’était rencontré aux vacances précédentes ou plutôt entrevue. Il m’avait tapé dans l’œil mais il n’avait rien remarqué et surtout il n’avait d’yeux que pour une autre fille, et du coup il ne s’est rien passé.

« C’est d’ailleurs cette nana qui a jouée les entremetteuses. Elle m’avait demandé mon numéro de téléphone et m’avait dit qu’elle lui donnerait. Je n’y croyais pas trop mais en fin de compte il a fini par me contacter. On a vite accroché tous les deux, dans tous les sens du terme. Et on est tombé follement amoureux l’un de l’autre. Enfin c’est ce que je croyais.

« Car les vacances sont arrivées. Je suis parti en Australie avec mes parents et lui à un stage de tennis. Je lui écrivais régulièrement mais lui ne me répondais que très rarement. Je m’étais cela sur le fait que son stage devait bien l’occupé même si je me doutais un peu qu’il devait y avoir des filles et qu’il serait tenté. Mais je lui faisais confiance.

« De mon coté aussi, j’ai eu des tentations. Il y avait plein de surfeurs du même acabit que celui de la carte postale et je ne te dis pas le nombre qui m’ont dragué, voir même excité. Ce n’est pas deux avec qui j’aurais pu finir mais une bonne demi-douzaine.

- Et tu as réussi à tenir le coup ? Je pense que si j’avais été dans ton cas, je n’aurais pas pu résister.

- Mais j’étais amoureuse et pour moi quand on aime quelqu’un, on doit lui être fidèle. Par contre, je dois t’avouer que certains soirs, sous ma couette, je me suis imaginé entre les bras de ces beaux mâles me faisant plein de choses, des plus soft au plus hard. Et du coup, je pense que je ne me suis jamais autant donné de plaisir. C’était tellement bon. Mes mains caressant mon corps, mes doigts m’explorant, imaginant que c’était un membre viril qui me…

Elle s’aperçut soudain de ce qu’elle disait, se tut et devint rouge comme une pivoine.

- Excuse-moi, Anne. Je crois que je me suis laissé un peu trop emporter. Je ne pus m’empêcher d’éclater de rire.

- Y a pas de souci, ma cousine préférée. Tu peux tout me dire. Je pense que sur ce point, rien ne peut me choquer. Mais on va d’abord régler ton problème et je te raconterai mes vacances après.

- Euh… Ok. Donc voilà, quoi !! Mes nuits étaient quelque peu agiter quand même. Heureusement que j’étais toute seule dans ma chambre et que maman ne voyait pas l’état de mes draps le matin, sinon elle m’aurait envoyé au couvent illico presto.

- Et tu pensais à Paulo pendant tes petites séances de plaisirs intimes ? Elle hésita :

- Le plus souvent oui...mais pas toujours je l’avoue...et encore nettement moins à la fin...

- Ne te justifie pas, c’est tout à fait normal. Et comment s’est passé le retour ?

- Bizarrement. J’étais folle heureuse de le revoir. Lui aussi apparemment. J’avais même organisé le soir même une petite soirée coquine à la maison, les parents n’étant pas là. Mais au lieu que ça soit un feu d’artifice après tant d’attente, ce fut un pétard mouillé, la panne pour lui, la frustration pour moi.

« Je mis ça sur le compte encore une fois d’un trop plein d’émotion mais pareil le lendemain matin. Du coup, il rentra chez lui et il ne donna plus signe de vie pendant 3 jours. Ou plutôt, il a prétexté être malade et qu’il ne voulait pas me voir pour ne pas me contaminer.

« Je commençais franchement à douter de lui. J’étais sûr qu’il voulait m’éviter et qu’il avait quelque chose à me cacher.

« Et comme tu peux t’en douter, j’en eu confirmation ce matin. J’étais effondrée. Et le pire de tout, c’est qu’il est resté planté là sur sa chaise. Il n’a même pas essayé de me retenir. Il pense qu’à lui, c’est qu’un égoïste.

Et elle bu une longue gorgée de thé.

- Ok. Je pense avoir une vue d’ensemble de la situation. Je comprends ton désarroi et ta colère. Maintenant je vais te donner mon point de vue.

« Si j’ai bien compris, tu es la première petite amie de Paulo (Lola acquiesça). Et bien je vais me faire l’avocat du diable, mais je le comprends tout à fait (elle écarquilla les yeux). Et toi, tu aurais dû t’amuser en Australie (Elle écarquilla encore plus les yeux).

« Je comprends que tu sois amoureuse et que tu crois en la fidélité mais vous êtes trop jeune pour cela. Vous êtes à un âge où vous devez vous amusez, connaître des expériences différentes. Etre en couple trop jeune et ne connaître qu’une personne ne peut qu’entraîner des regrets, des désillusions et donc plus de souffrance plus tard.

« Tu es sa première copine, il a découvert des choses avec toi et je ne vais pas te l’apprendre, mais à cette âge les hormones fonctionnent à plein régime et on en veut toujours plus.

« Toi-même tu m’as dis que tu avais envie d’autres hommes. C’est que tu as envie de connaître d’autres choses. Donnez –vous du temps. Peut être vous retrouverez-vous, peut être pas. Mais par pitié vivez votre jeunesse. Il y a tellement de couples qui sont ensemble depuis l’adolescence et qui explose en plein vol.

« Après il y a la solution de vous remettre ensemble et de tester des choses ensemble, du plus soft au plus hard, ou alors d’accepter d’être un peu plus libre à certains moments.

« Personnellement, si j’étais dans ta situation, j’opterai pour la solution de m’éclater de mon côté. Mais attention, pas me taper tout ce qui bouge sans avoir de plaisirs particulier pour juste assouvir un désir de vengeance. Juste, provoquer le désir auprès de personnes qui t’attirent, garçon ou…fille. Tu attires déjà les regards, accentues cette attirance mais sans faire pétasse bien sûr.

Je me tus et l’observai. Elle était passée par toutes les émotions. La stupéfaction, le refus, l’écœurement, l’écoute et la réflexion. Elle se leva et commença à faire les cent pas. Elle s’arrêta de temps en temps, me fixa et repris sa réflexion.

Elle se planta devant moi, pris mes mains et m’intima de me lever, ce que je fis. Elle me serra dans ses bras, me regarda droit dans les yeux et me dit :

- Merci cousine ! Et comment devrais-je m’habiller pour attirer encore plus les regards ? Je lui fis mon plus beau sourire et lui dis :

- Viens avec moi, je dois avoir des choses sympa à te prêter. Et après, on ira se faire belle chez mon coiffeur visagiste.

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