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Épisode 18 : Partie 18

Nous nous réveillâmes vers 10h et nous eûmes la surprise de trouver un magnifique plateau petit déjeuner sur la table de la terrasse. Un petit mot était glissé dans la corbeille de fruit :

« Pour vous remercier de cette fabuleuse soirée et nous excuser de ne pas pouvoir venir ce soir. Bon retour sur Paris et à bientôt peut être. Jess et Lilas »

Nous nous regardâmes avec Tony, interloqués.

- Qu’est ce que c’est que cette histoire ?? Jess était bien partante quand on s’est quitté ? Ou je l’ai rêvé ?

- Non, non, ma chérie, t’as pas rêvé. Elle était même plutôt enjouée à cette idée.

- Tu crois que c’est Lilas qui oppose son véto et qu’elle est jalouse de ce qu’il s’est passé ?

- Je ne pense pas, elle a signé aussi. Isa et Marc arrivèrent à ce moment là.

- Hello les amoureux !! Ah, vous aussi vous avez eu le plateau de Jess ?! nous demanda Isa en nous faisant la bise.

- Et vous avez eu le petit mot qui va avec ?

- C’est justement pour cela qu’on venait vous voir. C’est quand même bizarre qu’elles s’excusent de ne pas pouvoir venir sans nous donner d’explication.

- C’est exactement ce qu’on était en train de se dire. Et perso, je ne peux pas rester là- dessus. Je veux en avoir le cœur net, dis-je. On va se répartir les rôles. Isa et Marc, vous vous occupez de prévenir Amadou et Guillermo. Nous, on va essayer de trouver une des deux gazelles pour savoir ce qu’il se passe. Mais avant, profitons de ce magnifique petit dej.

Nos deux amis repartirent chez eux en ayant bien sur accepté de prévenir le capitaine de bateau et le barman. Nous dévorâmes le plateau que Jess nous avait fait livrer. Il n’en restait plus une miette.

Après cette petite collation, nous passâmes sous la douche et nous nous habillâmes. Tony enfila un boxer blanc, un pantacourt blanc également et un polo rose. Pour ma part, je passai un shorty en dentelle rouge sous un minishort en jean et un débardeur rouge, sans soutifs.

Nous partîmes donc main dans la main en direction de l’hôtel pour trouver Jess ou Lilas. Je pensai trouver Jess à la réception, mais à sa place il y avait un jeune homme. Nous lui demandâmes s’il savait où pouvait être l’une ou l’autre mais il n’en avait aucune idée.

Nous fîmes donc le tour des installations en commençant par la piscine, puis les différents restaurants, le spa, les boutiques et même le Mini-Club. Aucune trace des deux filles. Elles ne s’étaient quand même pas volatilisées !!

Nous décidâmes d’aller voir à leur bungalow si elles y étaient, ce qui serait quand même surprenant étant donné qu’elles sont censées être de service. Arrivés devant leur porte, nous toquâmes plusieurs fois, sans aucune réponse. Nous étions sur le point de repartir quand nous entendîmes la clé tourner dans la serrure et la porte s’ouvrir.

- Ah ben quand même, c’est quoi cett…… Mais qu’est ce qui vous arrive ? Demandais-je interloquée par ce que je découvrais.

C’était Lilas qui avait ouvert la porte. Elle avait les yeux rougis par des larmes récentes et je voyais que Jess n’allait pas beaucoup mieux. Elle était accroupie par terre en train de remplir une énorme valise. Lilas nous fit entrer.

- Jess…Sniff… s’est fait surprendre par le directeur…sniff… en sortant de chez vous cette nuit… Sniff… Il promenait son clébard et il vous a vu vous embrasser sur le pas de la porte…Sniff… Il l’a immédiatement convoquée ce matin et comme le rapprochement entre personnel et client est totalement proscrit, il lui a notifié son renvoi immédiat. Et elle s’écroula en pleurs dans mes bras.

Jess éclata également à son tour en sanglot. Elle était prostrée sur sa valise. Tony s’accroupit à coté d’elle et vint l’entourer de ses bras. Il la releva et la posa sur le lit. Elle se blottit contre lui et j’entendis ses sanglots étouffés.

Lilas se calmant tout doucement je demandai :

- Mais qu’est ce que c’est que cette histoire ?? Elle est virée directement sans passer par une sanction auparavant du genre mise à pied ou blâme ?

- Non, pas concernant ce point du règlement. C’est le renvoi direct. Et cette enflure se fait un malin plaisir à suivre le règlement à la lettre. Il dit que l’image de l’hôtel en dépend et que ce n’est pas un vulgaire club de vacances où tout le personnel s’envoie en l’air avec tout le monde.

- Il est grave celui-là. Il est frustré ou quoi ? Bon, ce n’est pas possible que tu te fasses virer comme une malpropre ma belle. Je vais m’occuper de son cas à ce directeur. Après lui avoir dit deux mots, il ne pourra plus rien me refuser.

- Euh… Si tu comptes utiliser tes charmes pour le faire changer d’avis, c’est peine perdu. Ou alors il faut que tu envois Tony plutôt.

- Ah…merde… et je regardai Tony avec une petit sourire en coin.

- Ca ne va pas non !!!! Je t’interdis ne serait ce que deux secondes d’y penser. Je veux bien faire plein de choses pour tes beaux yeux et ton beau cul mais ça…. Non désolé, je ne peux pas.

- Mais ne t’inquiète pas mon chéri. Ce n’est pas demain la veille que tu perdras ton pucelage anal…tout du moins avec un homme. Mais là n’est pas la question. Je m’occupe de te faire réintégrer auprès de ce salopard.

- Je pense que je vais rester ici afin de réconforter ces deux demoiselles. Je pense qu’elles ont besoin d’un peu de soutien en ces moments difficiles.

- Mouais… Je vois le genre de réconfort que tu as en tête… Allez, j’y vais et soyez sage tous les trois.

Je quittai le bungalow et me dirigeai vers le bâtiment où se situait la direction de l’hôtel. Je me demandais quand même comment j’allais faire pour le faire revenir sur sa décision s’il n’aimait pas les femmes.

J’en étais encore à ces considérations quand j’arrivai devant la porte du directeur. Je frappai et j’entendis à travers :

- Entrez !!

J’ouvris la porte et découvris une pièce très moderne et très épurée. Il y avait une petite bibliothèque en bois blanc avec quelques ouvrages dessus, un immense bureau en verre avec un immense écran Mac posé dessus ainsi que deux cadres dont je ne pouvais pas voir les photos. Le bureau donnait directement sur le lagon.

Le directeur était assis derrière son bureau dans un siège en cuir bordeaux. Il se leva et vint à ma rencontre. Il était plutôt bel homme mais pas vraiment mon type. Plutôt petit, dans les 1m75, mais bien bâti, les épaules larges. Il avait des yeux bruns foncés et plus un poil sur le caillou. Il me serra la main et je me présentai :

- Bonjour, Anne R.

- Enchanté, Arthur H., directeur de cet établissement, que puis-je pour vous ? Il me désigna le fauteuil devant son bureau, que j’acceptai et il repassa derrière pour reprendre sa place.

- Je viens d’apprendre une chose fort désagréable et qui me contrarie fortement. J’espère donc que vous pourrez accéder à ma demande.

- Dans la mesure du possible, bien entendu. Il est de mon devoir de satisfaire ma clientèle.

- Très bien. Dans ce cas, j’aimerais que vous reveniez sur votre décision de renvoyer Jessica.

- Pardon ? Je ne comprends pas ?

- Mais si, vous comprenez très bien. Le bungalow, devant lequel vous avez vu Jessica sortir et embrasser des clients, est celui que j’occupe avec mon homme. Vous situez mieux maintenant ?

- Mais tout à fait !! Et je suis désolé mais les règles sont strictes ici. Nous ne sommes pas…

- … dans un vulgaire club de vacances. Oui je sais ! Mais Jessica n’y est absolument pour rien. C’est nous qui l’avons un peu retenue après le dîner car nous la trouvions très serviable, très avenante. Nous voulions la connaître un peu plus.

- Je vois mais vous ne l’avez pas retenue contre son gré ? Elle devait donc refuser votre invitation et partir. Il en va de l’image de cet établissement.

Il commençait sérieusement à m’énerver celui-là. Je tentai quand même le jeu de la séduction en mettant en avant ma poitrine en me penchant en avant pour lui parler et en décroisant et recroisant mes jambes qu’il pouvait voir à travers la table. Mais absolument rien n’y fit. Il restait imperturbable.

Je tentai alors le tout pour le tout. Je me levai, fit le tour de la table d’une démarche très sensuelle, m’assis sur le bureau et glissa dessus pour me positionner en face de lui, mes jambes de chaque coté de son siège. Ainsi positionné, les cuisses écartées, mon minishort bayant largement, il devait forcément entre apercevoir mon minou tout lisse. Je me penchai en avant, mon visage à quelques centimètres du sien et ma main venant recouvrir son entrejambe. Je lui dis sensuellement :

- Peut être qu’il y aurait un moyen de s’arranger mon cher directeur. Qu’en pensez-vous ? Comment me trouvez-vous ?

- Vous êtes une fort jolie dame mais vos avances ne me font ni chaud ni froid. Il y a un règlement et il doit être respecté. Si nous commençons à faire des exceptions, c’est la porte ouverte à tout les abus.

Quel goujat et quel homme borné !! Je me redressai, lui lançant un regard noir. Je poussai son siège avec mes pieds, me levai du bureau et me retournai pour m’en aller, très désappointée par le fait que je n’étais pas arrivée à mes fins et que Jess allait être renvoyée.

Mon regard se posa alors sur une des photos posées sur le bureau et je repris soudain confiance.

- Excusez-moi, monsieur le directeur mais qui est l’homme à coté de vous sur cette photo ?

- C’est le propriétaire de l’hôtel, me répondit-il sur un ton un peu condescendant.

- Très bel homme ! Pourrais-je utiliser votre téléphone ? Je viens de me souvenir que j’ai un coup de fil important à passer et je n’ai presque plus de batterie sur mon portable. J’ai peur d’être coupé.

- Pas de problème. Je vous laisse mon siège et vous laisse tranquille. Si vous avez besoin de moi je serai dehors.

- Je vous remercie, Arthur.

Je pris sa place dans le fauteuil en cuir et je le suivi du regard quitter la pièce. Je me saisis de mon Iphone qui se trouvait dans ma poche arrière et recherchai dans le répertoire le numéro de mon correspondant. Je le trouvai rapidement. Je composai le numéro sur le combiné, entendis sonner et la personne décrocha rapidement.

- Bonjour Arthur. Comment allez-vous ?

- Ce n’est pas Arthur, mon cher Bertrand !

- Qui êtes-vous ? Qui vous a donné ce numéro ?

- Je suis déçu, Bertrand. Je pensais que je vous avais laissé un meilleur souvenir. Je ne suis pas sur de m’occuper de la livraison de votre prochaine voiture !!

- Anne ??

- Gagnéééé !!! Comme vous devez vous en doutez, je suis en vacances aux Maldives dans l’hôtel dont je viens de découvrir que vous êtes le propriétaire.

- Si je l’avais su, j’aurais donné des consignes pour qu’on s’occupe royalement de vous.

- C’était très bien déjà. Nous avons passé une très belle semaine. En revanche, nous avons une petite contrariété qui risque fortement de gâcher notre fin de séjour. Et c’est à cause de cette petite contrariété que je me permets de vous contacter.

- Racontez-moi, ma chère ! Je serais moi-même très contrarié que vos vacances soient gâchées.

Je lui expliquai succinctement notre rencontre avec Jess et Lilas, nos petits batifolages, le fait que Jess s’était fait surprendre par le directeur, son renvoi à cause d’un règlement trop strict à mon goût et surtout d’un directeur très zélé qui ne voulait rien entendre, et le fait que ce renvoi allait compromettre notre soirée d’adieu.

- Je comprends votre désarroi et je suis vraiment surpris de ce que vous me raconter, ma chère Anne, d’autant plus que ce point de règlement n’existe plus depuis 2 ans. C’est moi- même qui l’ai retiré au moment de la reprise de l’hôtel. Je veux une complète convivialité entre mon personnel et nos clients. Arthur est vers vous ? me demanda-t-il sur un ton excédé.

- Il est dans le petit salon devant son bureau à attendre la fin de mon appel.

- Appelez le moi, je vais régler cette situation immédiatement. Je baissai le combiné et cria à travers le bureau :

- Arthuuur !!! Monsieur le directeur !!! Il ouvrit la porte et me demanda :

- Besoin de quelques choses, madame ?

- Il y a une personne qui aimerait beaucoup vous parlez ! lui dis-je en secouant et en lui montrant le combiné.

- A moi ? Répondit-il surpris en soulevant ses sourcils. J’acquiesçai en hochant la tête.

Il traversa la pièce avec un air dubitatif, contourna le bureau et attendit que je lui laisse la place mais je restai assise. Je lui tendis le téléphone. Il le prit et le porta à l’oreille.

- Arthur H. à l’appareil…Monsieur de la Rocardière ?!... Oui… Oui… Tout à fait… Euuuh… Mais… Oui monsieur…

Au fur et à mesure de la conversation, je voyais ce pauvre Arthur blêmir et se décomposer. Pour moi, cette situation était presque jouissive. L’entretien dura encore quelques instants puis il me repassa l’appareil.

- Oui Bertrand ?

- Voilà, c’est réglé. Votre amie est réintégrée et vous pourrez lui annoncer qu’elle bénéficiera prochainement d’une promotion pour récompenser son professionnalisme à satisfaire la clientèle. Quant à Arthur, son zèle lui vaut une sanction à la hauteur de son zèle.

- Bertrand, ne soyez pas trop dur avec lui, il pensait bien faire je pense. En tout cas, j’ai une dette envers vous et je m’attacherai tout particulièrement à la rembourser. Je vous souhaite une bonne fin de journée.

- Très bien, j’y réfléchirai. Une bonne fin de journée à vous aussi, Anne. Et je ne doute pas qu’elle le sera. J’espère que vous me raconterez.

- Bien entendu. A bientôt ! Et je raccrochai.

Je me levai, tendis la main à Arthur qui me la serra machinalement, le regard un peu dans le vide et je quittai la pièce.

J’étais heureuse comme une gamine à qui on avait cédée à un caprice, ce qui n’était pas loin d’être le cas. Et je me rendais compte que mes charmes pouvaient m’ouvrir beaucoup de portes. J’espérais bien m’en servir à l’avenir.

Je me dépêchai d’aller annoncer la nouvelle aux filles. Je rentrai en trombe dans le bungalow et ce que je vis ne m’étonnai même pas. Mon chéri, au lit entre Jess et Lilas, totalement nus les trois, couvert de sueur et encore haletant.

- Et ben je vois que t’as su les réconforter les deux donzelles, pendant que bibi se démenait pour réintégrer cette chère Jess et par la même lui avoir une promotion.

Les filles se levèrent d’un bon et Jess se planta devant me prenant les mains :

- Tu as réussi !!!!

- Tu en doutais ?

- Je dois avouer que j’étais un peu sceptique. Comment tu as fait ?

- Peut être que je te le dirai. On verra ce soir si tu n’es pas trop sage.

- Alors là ca risque pas ! Elle colla sa bouche à la mienne et m’embrassa fougueusement, son corps encore bouillant contre le mien.

Je sentis ses mains s’aventurer sous mon débardeur mais je me détachai de son étreinte.

- Pas maintenant ma belle, on aura largement le temps ce soir, ca n’en sera que meilleur. Je me tournai vers mon chéri. Et si le chéri de ces dames veut bien se bouger, on a plein de choses à préparer pour notre petite fiesta.

Un peu à contre cœur il se leva, pris ses affaires, se rhabilla et nous quittâmes Jess et Lilas radieuse de bonheur.

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