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À l'aveugle

                                                                                                                                                                             Rouen,  le 15 août 2017.

Mon amour,

         Elle m’a demandé de t’écrire cette lettre pour te raconter ce qui s’est passé entre elle et moi. Et tandis que j’écris, je ressens une certain anxiété et en même temps une grande excitation. Oh pourtant ! Notre imagination et notre sauvagerie nous ont donné tellement de plaisirs, toi et moi. Tous nos jeux, toutes les fois où nous faisions l’amour à l’aveugle, attachés. Toutes les fois où sous mes coups de rein, tu me suppliais de ta voix fluette de te prendre encore plus fort. Toutes les fois où tu me griffais le dos jusqu’au sang dans ta jouissance, avant de me dire, ton regard plongé dans le mien, un « je t’aime » aussi doux qu’une matinée de printemps. Tout ça n’est finalement rien dans mon esprit comparé à la venue d’une maîtresse que nous servirons toi et moi… Lorsque nous l’avions rencontré, je me rappelle avoir senti ton regard la dévorant autant que je la déshabillai dans ma tête. Mais elle me paraissait comme inaccessible, bien qu’étant assise en face de nous ; nous jugeant dignes d’être au service de ses désirs. Se yeux marrons noisettes ne laissaient rien transparaître et lorsqu’elle prit nos numéros, je souhaitais ardemment qu’elle me contacte en premier…

          J’étais jaloux au moment où tu m’annonçais que tu fus la première et qu’en plus, tu allais la voir en privé le soir même ! Je voulais être à ta place mais elle n’aurait pas été contente du tout ; elle aurait refusé de me voir. J’attendais toute la soirée à la maison, et quand elle m’envoya une photo de toi ta tête entre ses jambes, qu’elle tenait par les cheveux, je croyais exploser. Alors que tu m’envoyais un message pour dire que tu rentrais, elle m’en envoyait un pour me dire qu’elle voulait me soir seule à seul le lendemain. Nous étions tous les deux béats ce soir-là quand nous allâmes nous coucher : toi avec les marques des liens sur tes poignets, moi avec la marque de considération qu’elle m’accordait. Je voulais tellement que tu me racontes tout ce soir-là mais je n’avais pas envie de me gâcher la surprise.

          Elle m’avait donné rendez-vous chez elle à 19h, devant un immeuble chic. Elle m’avait ordonné de ne pas me toucher, de ne pas faire l’amour avec toi. Elle dilapidait quelques photos de vous deux de la veille, en me demandant si j’allais faire aussi bien que toi tout en m’interdisant de répondre. Lorsque je sonnai, elle ne prit pas la peine de parler à l’interphone, juste d’ouvrir la porte. Arrivé devant la sienne, elle avait laissée entrouverte. Je pris l’initiative de rentrer, mais sa voix me stoppa net, me demandant si j’avais eu le droit de rentrer. Je me remis sur le pas-de-porte. Tu avais dû être plus attentive que moi à cela car elle pestait avant de finalement m’inviter à rentrer. Elle était assise dans son salon, vêtue d’un peignoir bleu ciel de nuit parcouru par des fils d’or. Je devinais qu’elle portait des sous-vêtements d’une grande finesse. Ses cheveux bouclés tombaient sur son visage, laissant à peine son regard transpercer. Elle me demanda de me déshabiller devant elle. Et quand je fus nu, elle s’approcha de moi pour me scruter, elle effleurait juste mon torse, tout en faisant attention de ne pas toucher autre chose. Mais j’étais déjà excité par la situation. Elle me demanda de m’allonger sur le tapis de son salon, sur le dos. Puis elle s’approcha doucement. Elle enlevait sa culotte pour s’asseoir sur mon visage, son sexe avait un goût délicat mais dès que je voulais la toucher avec mes mains, elle me les plaquait violemment au sol. Elle prit appui sur mes bras et bougea le bassin frénétiquement, il faisait très chaud sous son peignoir mais je ne m’arrêtai pas de jouer avec ma langue sur son précieux clitoris. Je la sentis s’arrêter puis enlever sa robe de confort, elle la laissa tomber sur mon visage tout en se levant. Je sentais son doux parfum, puis ses mains sur le bas de mon ventre, s’avançant doucement comme l’eau d’une marée, puis elle se saisit de mon vit. Tu sais mon amour, on avait beau à peine la connaître, j’ai l’impression qu’elle savait ce qui était bon pour moi ; sa langue lézardait tout du long, doucement, puis je le sentis dans sa bouche. Son luminaire peinait à ne serait-ce que découper son ombre à travers le tissu de son peignoir, je sentais juste ses va-et-viens, et mes mains restaient le long de mon corps comme elle me l’avait demandé. Elle s’arrêta, me disant que j’étais un bon esclave de ne pas avoir joui, sinon je te l’aurais transformé en pire orgasme de ta vie. Lorsqu'elle me dit ça, j’étais à la fois content et frustré : content d’être un bon esclave, mais frustré qu’elle n’utilise pas mes autres talents, l’avais-je déçu avec ma langue ? Ou peut-être qu’elle me trouvait juste bon à n’être rien de plus qu'un sexe, sans avoir aucune autre faveur ? Soit, si ça lui faisait plaisir, cela me faisait plaisir.

          J’entendais le son du sachet de préservatif qu’elle m’enfila doucement, elle se débarrassa de son soutien-gorge que je sentis atterrir sur ma tête, je ne l’avais pas encore vu nue, sur ses photos, elle ne laissait rien paraître… Et depuis que tu m’avais dit qu’elle avait une poitrine parfaite, je bouillonnais de ne pas pouvoir la voir ou la toucher. Elle me chevaucha et me fit rentrer doucement en elle, la chaleur y était douce, j’essayais discrètement de lever le peignoir et elle me reprit mon bras avec vigueur me disant que si je tentais encore une fois de la voir nue sans son autorisation, elle arrêtait là et me jetait dehors. Je ne voulais pas, pas avant qu’elle soit comblée. Elle ondulait, serrait mes bras comme pour se retenir de se laisser-aller, fit échapper des gémissements de plaisir, et plus elle accélérait, plus ceux-ci se rapprochaient, formant une mélodie intense. Je sentais la peau de ses cuisses qui commençait à se frotter sèchement à la mienne. L’une de ses mains me lâcha et je sentis son doigt entre ses jambes… Et quelques secondes, je devinais son corps se cambrer, ses muscles se tétaniser. Elle s’arrêta avant de reprendre doucement, elle me prit la main pour me la mettre sur son cou, me demandant de serrer jusqu’à ce qu’elle dise stop. Je n’avais jamais été rassuré de faire ça, même avec toi car j’avais peur d’y aller trop fort, que ce soit de tout mon poids ou de toute ma force, mais elle me dirigeait fermement, je me laissais donc aller. Son cou était délicat, comme le tien mon amour, mais le lui serrer était sa volonté, je m’y pliais donc. Elle avait la respiration sifflante, mais elle continuait à bouger comme une danseuse orientale, elle avait toujours sa main autour de la mienne pour me faire sentir l'arrêt et l'autre sur ma jambe. Et vint vite le moment où elle se releva sèchement à cause de cette sensation trop intense, prenant appui sur mon torse comme pour me repousser. Entre deux cris de plaisir, elle reprit sa respiration doucement pour finalement se lever.

          Après s’être remis en tenue, elle me demanda de m’habiller, et de partir sans dire rien de plus. J’étais fier de lui avoir procuré autant de plaisir mais frustré de ne pas avoir eu la permission de continuer avec elle, j’étais encore tout excité, mais je reçus immédiatement un message « Tu as interdiction de faire quoi que ce soit d’ici après-demain, que ce soit de toucher ta femme ou toi-même ». Cette règle continuait, elle me rendait fou, mais il semble que tu avais eu les mêmes consignes car hier était très sage comme journée. Lorsque tu liras cette lettre, je serai sûrement déjà parti pour aller la chercher, ne la jette surtout pas, elle voudra la lire. Mais ce soir, j’espère que tu seras la plus heureuse, car entre elle et toi, je serai le plus heureux si j’arrive à vous combler. Et à enfin combler ma frustration de ne pas avoir pu faire plus pour vous servir.

Ton cher et tendre. 

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