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A toi que j'aime...

« Elle ! Avant, elle n’avait pas de seins, pas de fesses… rien, la fille, vraiment ! Aujourd’hui ça a poussé de là (dit-il en mimant) et de là (dit-il en montrant)... »

Chéri, pourquoi ces hommes là existent ? Où trouvent-ils l’amour, celui que tu me donnes, celui que tu me rends ?

Lui est avec sa copine, mais ils ne vont pas ensemble. Ils n’iraient avec personne d’autres qu’eux-mêmes... Et pourtant… ils aiment.

« Moto » et « bagnole » peuplent maintenant la conversation, sa conversation de mâle, dégoulinant de fiel.

La terrasse l’entend.

Les hommes la regardent, pur produit de valorisation. Malgré moi, à côté d’elle, j’ai honte de ce que je suis. Terne, un peu plus qu’à l’ordinaire...

C’est, juste auprès de toi je suis fière...

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- J’ai le teint trop clair

- Très clair

- Les cheveux trop fins

- Très fins

- Le visage imparfait

- Parfait

- Les ongles… inégaux

- Géniaux

- Le nez trop long

- Mignon

- Mes imperfections…

- Pardon ?

- Mes pieds…

- Je veux les bercer

- J’attrape souvent froid, par les orteils

- Je les calerai, contre moi et en moi

- Quelques cernes…

- C’est que tu t’es levée tôt

- C’est que j’ai rêvé, éveillée, de toi

- C’est que tu y pensais trop

- A toi… !

- A nous !

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Les mains sous nos vêtements,

Nos souffles, par la bouche, qui s’accélèrent,

Les mains qui se prennent,

intérieurement et sous la peau.

Loin de tout, hormis nous, je veux te faire, jouir par ma bouche. Mes baisers, partout, sont à toi et bien réels. Nos premiers émois, timbrés de mes lèvres et envoyés jusqu’à toi.

Nue sur le premier meuble venu... Nous avons trop attendu.

Calme ces transports, ô mon âme, pour celle aimée que tu tiens dans tes bras,

sous tes doigts et sur ta langue, qui n’attendaient que ça !

Descente,

Frémissante,

Ardente,

Depuis le temps de son amour (!)

pour moi

- Ah ! B…

Nul temps pour le dire,

Mon prénom entre ses lèvres,

elle le pousse en gémissant,

tandis que je la baise, sous la jupe,

bas descendus,

muscles tendus, du bassin,

de nos entrailles qui se réclament.

Nos oiseaux en feu…

Nue, sur le premier meuble venu...

le calme de la jupe qui ne la touche plus,

mes mains tendues et ses boutons tendus

j’embrasse le troisième,

à vif, là, sous le poids de mon vit,

de l’ardente et folle trinité,

qui nous a renversée.

Son appel et le confort de mon matelas,

avec elle mieux aimé.

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Chéri,

Je t’accueillerai et tu me diras « oui »,

en temps voulu,

par amour de l’absolu.

Ton membre sur un coussin de salive…

Ressens sa tiédeur,

puis,

sa chaleur de t’avoir là,

enfin tenu,

et si mouvant sous moi !

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Mains qui y repensent et se cherchent, s’attardent puis se tiennent, l’une à l’autre dans la rue. Se croisent et se massent. Oh, ce sourire de tes yeux, que moi seule décèle !

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