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Épisode 8 : Au soleil de la Sérénissime (2)

« Tu as vraiment tapé dans le mille avec cet hôtel : le petit- déjeuner était parfait et le lit king- size….. hmmmmmm ».

Ils étaient assis côté à côte dans la navette du Ca del Moro. Celle- ci, bleue (mais c’était le hasard, bien sûr), les conduisait jusqu’au vaporetto S.M.Elisabetta. Adam avait pensé que, pour une première journée sur l’île, ils se contenteraient de se promener, de découvrir l’endroit, de se payer une glace, s’ils avaient vraiment trop chaud. L’île était assez longue, une douzaine de kilomètres praticables. Ils loueraient des vélos, de toute manière, c’était plat, et pourraient la parcourir en s’arrêtant pour admirer tel point de vue. Ils regarderaient l’Adriatique, Venise au loin, la végétation, les endroits connus par les cinéphiles. Bref, ils ne s’ennuieraient pas. Ils repéreraient un petit restau sympa pour dîner et puis regagneraient l’hôtel à pied ou en autobus : tout dépendait de la distance à laquelle celui- ci se trouverait…

Trouver un « loueur de vélos » fut très simple. Et c’est munis de deux vélos assez lourds mais confortables qu’ils prirent la direction inverse de celle de l’hôtel. Une route suivait la lagune. Ils continuèrent leur petit périple dans une rue tranquille qui rejoignait l’opposé de l’île et les rivages de l’Adriatique. On avait dit à Adam que le spectacle en valait la peine. Au début, la route était bordée de grands arbres. Se succédaient les plages privées. Mais ensuite, c’était vrai : c’était… magnifique. Marine et lui prirent un chemin vicinal. C’était une espèce de digue qui s’étirait sur 6 kms environ. La mer semblait toute proche, il y avait des brise- lames, des pans entiers de plage recouverts de petits coquillages et de galets. Le soleil était déjà haut dans le ciel : il faisait chaud. Les amoureux s’arrêtèrent à un « bar de plage » pour commander deux eaux plates. On les leur servit avec une rondelle de citron et des glaçons. Ils se remirent en route jusqu’au bout du chemin bétonné et obliquèrent vers la droite. Il était temps de rebrousser chemin et de se trouver un endroit sympa pour dîner.

Il y avait un petit restau que Téo avait renseigné à Adam. Il se trouvait tout près de la « mostra », haut- lieu du cinéma. De dehors, ça ne payait pas vraiment de mine. La carte était affichée à la gauche de la porte d’entrée. Mais sitôt cette porte franchie, on arrivait dans un « petit paradis ». D’abord, face à soi, les parasols, les transats et surtout la mer. Juste avant, un large espace avec des tables et des chaises blanches en bois, des verres bleus et verts, des sets et des serviettes lignés dans les mêmes tons, d’immenses parasols écrus. Marine battait des mains intérieurement. Elle regardait son Adam d’un air rempli de reconnaissance. Si le repas était à la hauteur du cadre, cela serait parfait.

On les installa à une petite table près du sable et en moins de temps qu’il faut pour le dire, leur mit des menus dans les mains.

« J’ai envie de te proposer un petit jeu » dit Marine, coquine….

« Ah ? » Qu’avait encore inventé sa Bleue ?

« Je me disais que ….comme il fait chaud et qu’on est tellement bien ici, on pourrait rester dans le ton et…

- Tu penses à quelque chose de précis ? »

Mais oui, c’était certain. Il suffisait de voir les yeux de la jeune femme briller de cette petite excitation pour être persuadé qu’elle avait une idée derrière la tête.

« On choisit chacun une position et un endroit où on voudrait que ça se passe et puis, on fait deviner à l’autre… »

Adam la regarda. Elle voulait faire deviner de quelle manière ? En mimant ? En expliquant sans prononcer les mots en question ?

« On se sert de la description de ce qu’on veut manger… le plat pour la position et le dessert pour l’endroit… Je commence, tu veux ? Comme ça, tu comprendras ce que je veux dire…. »

Mais ce qu’elle débordait d’imagination, se dit le jeune homme.


... la suite dans le petit recueil Adam, mon savoureux

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