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Adrien

Paris, le 4/09/2015

Adrien,

Une seule fois nous nous sommes revus après 8 ans d'absence. Des échanges SMS. Un seul rendez vous, que déjà je suis captive … C'est déjà trop tard … à nouveau.

Et puisque c'est impossible de te joindre à cause de cette distance qui nous sépare,

Puisque tu n'es pas là, et que je ne peux, littéralement, plus faire autre chose que de penser à toi, je t'écris alors cette, que tu trouveras peut être à ton retour à la civilisation, parmi les factures et autres cartes postales graveleuses de Palavas-les-Flots.

Quelle étrange sensation que ce manque tu as créé involontairement en moi. Et si rapidement ! Je te voudrais en moi, sur moi, autour de moi. Je t'y sens presque déjà. Presque…

Je ne comprends pas plus que toi, mais ça n'a plus d'importance maintenant.

Je nous imagine déjà à notre prochain rendez-vous, dans un café, dans un coin , pas encore blottis contre l'autre, toujours dans l'expectative.

Je vois la scène d'ici. Claire et limpide. Logique.

Pour l'instant on s'observe, tendus, respirant a peine ...

On ne sait pas encore commencer - on ne l'a jamais su d'ailleurs. On essaie d'échanger quelques banalités ; les enfants, la famille, le boulot. On s'écoute, on commence...

sachant que c'est déjà trop tard, depuis longtemps.

Je porterai tes doigts à mes lèvres, presque entre mes dents, nonchalamment. Mes cuisses se serrent. Tu me regardes, désemparé, toi aussi tu te sentiras glisser.

Tu me demandes ce que je ressens, comment je te ressens. Tu veux comprendre, partager, te l'imaginer, le vivre.

Alors ?

Alors, je me glisserai sur la banquette, me collant plus à toi, mais pas encore entièrement, laissant de l'espace à nos corps pour respirer.

Mon visage s'approchera

Et je décrirai comment tu me pénètres déjà,

comment mon vagin se contracte rien qu'à penser voir ton nom apparaître sur mon téléphone.

Mais je n'aurai qu'une seule de tes mains près de mes lèvres. Ton autre sera en bas, remontant ma cuisse. J'aime ta versatilité, ton ambivalence du gémeau, être double, à la fois transit et entreprenant. Ton autre main donc se glisse sous ma robe, remonte lentement, elle aussi est bandée de tension. Contraste saisissant avec ton regard d'ange. Arrivé à l'entre jambe, tu caresseras doucement ma culotte, sans pression. Tu sais que c'est suffisant à me faire cambrer, à me faire tendre. J'étoufferai certainement une plainte en mordant mollement tes doigts.

Long regard, long soupir. Nos corps sont maintenant rapprochés, totalement en contact, la banquette collant sous mes cuisses.

Tu écarteras ma culotte, et en constateras l'humide tiédeur.

Comme un réflexe, ma bouche s'est ouverte, comme pour t'inviter a rentrer de l'autre cote. Tu m'embrasses langoureusement, en retirant doucement ta main, et la remonte vers toi. Quittant mes lèvres, tu goûtes mon autre bouche. Toutes deux t'attendent et te réclament, me tendant comme une corde par ces deux extrémités.

Et tu me regardes, presque tremblante, coulante sur la banquette, tes doigts toujours entre mes dents.

Adrien, les apparences ne peuvent être maintenues. Il est trop tard pour ça.

A te voir revenir, après ces jours de silence où je te croyais parti pour toujours, je ne peux plus ne pas l'assumer.

Je te veux Adrien.

Je n'ai déjà plus besoin de mes mains pour monter. A t'écrire, je me perds entre mes souvenirs et mes fantasmes. A t'écrire, mon corps est déjà sous tension.

Je salive rien qu'à l'idée de savoir que je vais te revoir....

Je suis tellement contractée que mes doigts sont engourdis. Le sang n'y est plus...

A ne pas pouvoir te chasser de mon esprit, j'ai décidé hier soir de ne plus résister.

Je t'ai donc laissé entrer.

Mon clitoris s'est mis peu a peu a battre plus puissamment. Mon bas ventre s'est contracté, mais pas encore complètement. Et cette subtile et aiguë sensation s'est propagée, doucement, un peu comme une fumée, elle remonte la poitrine, affecte ma respiration, l'allégeant, sans trop encore l'accélérer. Mon cou s'étire, m'ouvre la mâchoire, et la maintient ainsi, respirant.

Je suis donc restée là, toute ouverte ; vulve et bouche humides à la seule idée de toi. Mes mains n'étaient plus là. Elle subissent, inutiles, la contemplation de mon corps dans laquelle tu m'as mise et, ignorant, tu me laisses.

A ce point n'importe quel mouvement de mon corps peut resserrer mon vagin. Je ne suis plus qu'une brève vague d'un plaisir doux, encore distant et flou bien qu’étendu et large.

Mais tu es loin … encore…

Je t'attends encore, dans ma gorge, dans mon vagin, plus profond. J'attends encore à être portée, plaquée contre le mur, dans tes bras, cramponnée, à la fois contrainte et donnée. Sentir ta belle et longue queue m'entrer, et me cisailler la vulve, ta base m'explosant le clitoris... je pars.

Alors viens, reviens ! N'attends plus, rentre moi dedans, de ton être, de tout ton corps. Prends moi, sans détour, sans pudeur. Entier et plein. Prends moi, baise moi, caresse moi, embrasse moi, fais moi l'amour, fais moi jouir, fais toi plaisir.

Reviens.


Ton amante

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