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Amies et demi...

Elle les rejoignit après le travail, son mari déjà partit en vacances, elle était seule. Pour leur part, leurs enfants étaient chez leurs grands-parents, ils avaient donc toutes latitudes malgré l’heure tardive.

Il faisait chaud sur la terrasse, après tout, nous étions au cœur de l’été, sans omettre que quelques bières assorties d’un repas frugal n’avaient fait qu’augmenter la température. Est-ce qu’il la vit venir lorsqu’elle avoua sa peur de dormir seule ? Certainement. Pourtant, partagé entre curiosité et conviction qu’il ne se passerait rien, il n’osa rien dire. Ce fut Justine qui parla. « Tu peux dormir ici si tu veux. » Ce à quoi il ajouta aussitôt, cette fois sans réfléchir : « Je dormirai sur le canapé. »

- Vous êtes sûrs ? Mais non, je vais rentrer. Je suis à côté.

- Non, reste. Ça m’est déjà arrivé de dormir sur le canapé, et on y dort bien, ne t’en fais pas pour moi.

- … Merci.

Elle rit, un éclat dans les yeux. « Par contre je n’ai pas de pyjama, et puis bon, en principe, je dors toute nue. » « Il vaut vraiment mieux que je dorme sur le canapé » rit-il.

Une sorte d’attente du coucher flotta dès lors, et ils se décidèrent à rentrer enfin.

Comme convenu, il leur laissa la chambre et rejoignit le canapé, n’ôtant que son short. Il embrassa sa chère et tendre Justine, leur souhaita une bonne nuit et s’allongea, le cœur battant. Avait-il vu juste quant à ce qui allait se passer dans leur chambre à coucher ? La porte se ferma sur ses interrogations.

Elles se déshabillèrent dans la salle de bain, plièrent et rangèrent leurs affaires, toutes deux en culotte, entre gène et retenue, pudeur curieuse du corps de l’autre.

Justine passait d’ordinaire une brassière pour dormir, pourtant, ce soir, comme pour se décider elle interrogea d’abord son amie. « Tu veux que je te prête un tee-shirt pour dormir ? » « Ça ira, à moins que tu préfères que j’enfile quelque chose. » « Non, non, ça m’est égal, et puis il fait une chaleur ! »

Quelques restes d’indécision sans doute retinrent encore la libération de Justine et elle enfila sa brassière. Sur quoi, elles défirent le lit pour s’y glisser chacune de son côté. Elles étaient plus que gaies, sans être soules, mais suffisamment alcoolisées pour rire de rien.

- Je crois que j’ai trop bu. Je vais avoir du mal à dormir…

- Moi, c’est le contraire, l’alcool m’endort.

- Tu as de la chance. Quand je suis dans cet état, la seule chose qui me permette de dormir c’est d’avoir un orgasme…

Justine n’osa rien dire.

- Ça t’embête si…

- Si ?

- Si je me caresse.

- Non, chuchota Justine.

- Tu ne veux pas faire pareil ? osa-t-elle. Ça fait du bien à la tête et au corps, et tu sais, c’est important pour une femme de savoir se faire du bien.

- … Et bien, à vrai dire, je ne me suis jamais caressée qu’en regardant des films ou des vidéos… Je n’ai aucune imagination.

- … Tu… Tu veux que je t’aide.

Toutes deux sur le dos, sous les draps, le visage tourné l’une vers l’autre, elles franchirent lentement l’espace qui les séparait jusqu’à ce que leurs bouches se rejoignent. Un smack. Léger, distrait, dont on aurait pu douter qu’il fut autre chose qu’amical. Puis un second, plus appuyé. Et leurs lèvres s’étreignirent pour de bon, se coulant l’une contre l’autre, s’entrouvrant pour laisser à leurs langues l’espace de se rejoindre. Leurs corps se joignirent à la danse. Leur poitrine d’abord, puis leur ventre, leur bassin, et leurs cuisses qui s’entrelacèrent.

Leurs mains parcouraient leur dos et leur visage, sages encore, pour découvrir la peau de l’autre et les frissons que la pulpe de leurs doigts faisait naitre.

Justine s’assit et ôta sa brassière libérant ses seins pour leur permettre de s’interposer entre les siens. Leurs cuisses remontaient sans cesse plus haut, jusqu’à appuyer sur leur sexe respectif. De leurs bouches, leurs baisers glissèrent sur leur cou, leurs épaules.

Elle allongea Justine sur le dos et goûta son torse, sa langue entre les lèvres, jusqu’à rejoindre la courbe de sa poitrine, ses tétons qu’elle sentait durcir. Justine la releva et en fit de même alors qu’elle était encore à demi penchée sur elle.

Elle la laissa s’enivrer de sa poitrine généreuse, posant sa main sur son ventre, caressant jusqu’à la hanche de Justine, sa cuisse, son genou, pour remonter entre ses cuisses. Justine se sentait trembler, et elle le sentit aussi alors que le dos de sa main remontait, effleurant, jusqu’au Saint des Saints.

« Je n’ai jamais fait ça avec une femme. » « Moi non plus, mais je suis heureuse que ce soit avec toi. » « Moi aussi. »

Leurs culottes valsèrent et leurs mains se rejoignirent avant de plonger pour l’autre dans la chaleur qui émanait de leurs deux antres du désir.

Maladroitement d’abord puis avec de plus en plus d’assurance, leurs doigts s’insinuèrent entre leurs lèvres débordantes, cajolant, appuyant, tournant autour de leur clitoris, pénétrant en elles.

« Je peux te goûter ? » « … oui… » Murmures divins, souffles courts.

Elle plongea entre les cuisses de Justine qui guida ses caresses de ses mains. Ses doigts entraient et sortaient, sa langue dansait sur son bouton. Justine était inondée, elle l’était tout autant et elle s’en délectait.

Justine n’y tint plus, elle bascula en avant sous les draps pour lui rendre la pareille sans se retirer de la portée de ses lèvres, sous elle. Elles se dévoraient l’une l’autre, haletantes, leurs seins gorgés de désir caressant le ventre de l’autre.

Leurs doigts cherchaient à combler l’absence de l’ordinaire de l’étreinte, entraient, sortaient, s’aventuraient plus loin, explorateurs de contrées inexplorées qui recelaient bien plus qu’elles ne l’auraient cru.

Elle jouit la première, fort, bruyamment, mais n’abandonna pas Justine à son sort, et cette dernière la rejoignit bien vite, les laissant toutes deux épuisées, haletantes, les jambes tremblantes, les oreilles sifflantes, la tête dans les nuages. Apaisées et affamées.

Elles se dégagèrent pour mieux s’éteindre, enlacées. Un fou rire les prit qui dura, manifestation d’une complicité légère et profonde, délicate, silencieuse à présent.

Il s’endormit dans un sourire sur le canapé, le sexe tendu, mais heureux pour elle. Rêvant aux portes que le moment qu’elles avaient partagé avait ouvertes il sombra. Si elles avaient eu besoin de lui, elles l’auraient sans doute déjà appelé.

Et tandis qu’il s’enfonçait dans le sommeil, à quelques mètres de lui seulement, deux paires de lèvres ne se séparaient que pour murmurer dans un même souffle : « Encore ? »

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