4 minutes de lecture

Août : le mois le tous les possibles

La suite de "Premier jour de juillet "et des "Derniers jours de juillet - Au cœur de l"été"



5 août - 17h15 :  elle ose un premier message...

« Je ne pourrai être là cette semaine et serai sur scène dimanche prochain mais ces quelques notes dansent étonnamment toujours dans mon esprit. Vous aviez raison ! »

5 août – 18h00

« Ravi de vous lire. Je vous rassure, vous êtes étonnamment présente ici également. A bientôt. »


« On a bouleversé la terre avec des mots » disait Musset.

Vous avez bouleversé mes pensées et mes nuits avec les vôtres. Sans oublier ses quelques notes qui éclairent par le sourire qu’elles me procurent.


19 août – 18h10

Un peu plus tendue, un peu plus fébrile et repoussant cette envie de formuler 1001 hypothèses sur les prochaines minutes de ma vie, je parcours les quelques mètres qui m’éloignent de cette terrasse estivale en bord de Meuse. Celle qui vous accueille chaque dimanche de l’été.

Le vent ce soir est un peu plus présent, il détourne les notes légères et enlevées.

Seriez-vous absent ce soir ?

Le temps d’un doute, les voici enfin et l’air amplement inspiré qui pénètre en un instant dans mes poumons me soulève de cette banale attraction terrestre. En un millième de seconde, mon buste pivote et mon cerveau active ma circulation sanguine. Tout mon corps se prépare à cet infini moment où nos regards vont se croiser. L’expiration est en suspendue, figée dans l’attente.

Soupir, l’impact n’a pas lieu, l’espace est désespérément vide derrière les 78 tours. La raison et la logique prennent le contrôle, ils ne sont pas venus sans vous, vous ne pouvez qu’apparaître. Impossible également de m’installer à vos côtés, ma seule possibilité est de vous tourner le dos… Ces contrariétés n’entachent en rien mon impatience et consciente de chaque parcelle de mon corps, je m’installe avec précaution et détachement.

Mon très cher fils vous cherche, tout le portrait de sa mère, il vous admire beaucoup. Cela fait des années qu’il est impatient de grandir pour arborer les mêmes volutes exaltantes .que celles qui ornent vos joues. Magnifiquement éduqué et innocemment spontané, il vous salue et je me dois de faire de même…je me retourne, nos regards se confondent, nos sourires se répondent. Un bref instant, une confirmation prometteuse, des doigts qui tremblent, un souffle court, un cœur qui bondit hors de sa cage…

Entre plaisir et maladresse, entre douceur et tendresse, simplement profiter d’être là, respirer les dernières heures de l’été, accompagner le bateau qui passe, satisfaire mes papilles des saveurs acidulées du citron vert, laisser mon corps se balancer au fil des envolées d’un saxophone, donner le change, ne pas trop trahir mon émoi.

Je suis à vos côtés. Je suis loin. Je suis proche. Imaginant nos désirs flottant à la surface de nos pensées. Vous en moi et moi en vous.


L’impact

« Merci d’être venue »

Un timbre qui effleure le silence

Un large sourire qui s’épanouit.

Je vous l’offre.

« C’est un plaisir d’être là »

S’ensuit un flot de phrases, une vague d’explications, un écoulement de civilités, des mots maladroits qui se cherchent et se manquent, des regards qui se fuient, un désir qui s’ancre.

…….Et vos platines qui vous rappellent à l’ordre des choses.


Se retourner, ouvrir sans plus attendre mon carnet noir aux pages couleurs d’arc en ciel, impressions de papiers, en revenir aux mots, déployer l’émotion, les laisser filer sous mes doigts

Votre choix musical berce mes oreilles de façon plus profonde ce soir, je m’enivre de ces notes subtiles, le vent joue avec mes cheveux qui caressent mes épaules dénudées. J’imagine votre regard descendant dans mon dos et s’attardant sur ma croupe joliment soulignée par cette robe bleue nuit. Trois points de suspension sur une page couleur passion et des frissons qui glissent le long de mon échine.

Mes reins se cambrent un peu plus. Je ferme les yeux et je vous imagine…

Je sens vos mains sur mes épaules, chaudes et douces, elles glissent lentement pour que vos bras se referme sur nous et nous isole du monde. Votre bouche effleure mon cou, votre bouche agrippe le lobe de mon oreille, je vacille et m’abandonne contre votre torse. Je peux percevoir votre souffle qui s’accélère lentement et l’expression de votre désir dans le creux de mes reins. Dans mon antre aussi le désir inonde et irradie, une douce chaleur m’envahit.

Les sens en éveil dans la clandestinité, bercée par le clapotis de l’eau, j’ouvre les yeux et me laisse hypnotiser par le mouvement du courant, mes pensées s’apaisent lentement, j’aimerai vous remercier pour ces instants furtifs et ténébreux.

Il ne reste que peu de temps, j’ai soif d’en savoir plus sur vous, un trait d’audace avant de vous quitter, un dernier verre…avec vous.


L’audace

Un partage, un échange, des mots encore, nombreux, profonds puis aériens, plus intimes, un tutoiement timide, des concordances dans notre façon d’appréhender la vie, votre humanité qui me touche, nos révoltes sociales, un complicité au détour d’un sujet, un peu de votre histoire, un peu de ma mémoire.

Et ce grain de folie qui se confirme, si rare et si essentiel à mes yeux…

L’intérieur de votre enveloppe à encore plus d’élégance.

Vous êtes beau cher Monsieur mais nos chemins balisés se terminent ce soir sur ce quai.

Dans quelques jours vous recevrez la première nouvelle que vous m’avez inspiré 

« Premier jour de juillet »

Resterez-vous le doux fantasme de cet été où notre prochain quai sera-t-il empli de brume ? …..Cela irait si bien avec votre musique …et je me ferai un plaisir de vous donner la réplique…. « Embrassez-moi !»

Écrire à Fleurdepom

Appuyez sur "Entrée" pour effectuer votre recherche