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Apaisement et déchaînement

Mon cher amant,

Comme promis, je te donne de mes nouvelles depuis l’autre bout de la terre. Ici, comme tu peux t’en douter, il fait magnifiquement beau. Proche de l’équateur, les journées sont courtes mais très chaudes, et même parfois délicieusement humides… La chaleur est écrasante et sous son poids je me sens enfin détendue. Tu avais raison, ce luxueux hôtel est grandiose ! Ma suite est somptueuse et élégante. J’ai un lit immense et un balcon avec une incroyable vue sur l’océan ! Tout est parfait ! Enfin, le seul hic c’est que tu n’es pas là… Je me sens seule, et je pense beaucoup à toi. Tu me manques terriblement. J’ai tellement envie de retrouver ton regard polisson et insistant sur moi qui me laisse deviner que tu ne vas pas tarder à me sauter dessus. Ta bouche savoureuse contre ma bouche, nos langues qui s’entremêlent, tes mains douces caressant mon corps électrifié par les ondes sensuelles, ta langue enfouie dans mon sexe… J’avoue parfois ressentir ce besoin de réconfort que tu sais m’apporter.

Voudrais-tu que je te raconte ma journée ? J’ai passé une majeure partie dans le spa de l’hôtel, admirablement meublé dans un décor oriental. Une véritable oasis de détente !
Tu me connais, j’ai commencé par tester le spacieux jacuzzi, et je n’ai pas été déçue ! Il y avait une autre femme dedans, elle t’aurait plu, elle était brune avec une lourde poitrine en forme de poire, comme tu les aimes.
 Quand j’ai pénétré dans ce sombre sanctuaire, tous mes sens se sont mis en éveil, l’eau était brûlante, les bulles me martelaient la peau, l’odeur du jasmin envoûtait la pièce et une musique hypnotisante m’enveloppait. Mon vœu était exaucé, le réconfort que je cherchais m’habitait littéralement. Hummm, quel bonheur ! Je sentais mes muscles se relaxer en quelques minutes. Ma voisine a alors décidé de s’éclipser, comme si elle se sentait de trop. Elle a quitté cet antre avec un sourire radieux et des yeux brillants. J’étais soulagée de me retrouver seule. Je la regardais s’éloigner prudemment et rejoindre son ami étendu sur une chaise longue à quelques mètres de là. Je m’installais confortablement, prenais une grande inspiration et fermais les yeux. Je sentais les pulsions d’air me masser, tantôt délicatement tantôt grossièrement. Je gesticulais pour tenter de trouver les meilleures positions et éprouver ainsi un maximum de sensations. La vapeur m’étouffait et je commençais à suer à grosses gouttes. Les ondes me faisaient frissonner. Je sentais ma poitrine qui se gonflait, peu à peu, mes tétons se dressaient et se contractaient. Mon entrejambe devenait aussi trempé que le contenu dans lequel je me trouvais. Chatouillée par les flots, j’accompagnais frénétiquement le rythme des vibrations avec ma main.
Je savais que je n’en aurais pas pour longtemps, je sais exactement ce que je dois faire pour jouir, j’appuie, je tourne, je presse. Penser à toi. J’imaginais ton érection, c’est exactement ce dont j’avais besoin à cet instant précis. Je ne cessais d’attiser mon bouton en feu, qui malgré le liquide qui m’entourait, ne s’éteignait pas. L’eau remuait et bouillait sur mon clitoris qui enflait inévitablement et dilatait mon vagin, désormais prêt à laisser s’engouffrer ton engin. Cette seule image faisait monter en moi un désir incommensurable. Je frottais encore et plus fort mon organe, et quand je sentais enfin l’explosion arriver, j’ai mis rapidement ma main devant ma bouche afin de taire le gémissement qui accompagne systématiquement cette secousse.

Quand je retrouvais mes esprits, j’ouvrais les yeux embués par l’émotion et je découvrais que la scène que je venais de jouer avait un spectateur. Un témoin discret néanmoins curieux et à l’affut de ma réaction. Je sentais mes joues se rosir instantanément à la vue de son regard espiègle. Il m’a alors fait signe pour m’informer qu’il était l’heure de mon massage. Je rougissais de plus belle et essayais de m’extraire du jacuzzi tant bien que mal. À moitié étourdie, j’avais les jambes tremblotantes, j’ai eu à peine le temps d’enfiler mon peignoir, qu’il me lançait d’un air coquin : « C’est par ici, suivez-moi ». Je me sentais d’abord ridicule, se moquait-il de moi ? Mais à la vue de sa silhouette et de son déhanché naturellement envoûtant, cette pensée a été vite chassée, je sentais mes lèvres se relâcher. Tandis qu’il marchait devant moi, je me suis surprise à arranger mes cheveux, jusqu’au moment où nous sommes arrivés à l’entrée d’une mystérieuse petite pièce. C’est là qu’il m’a annoncé « Déshabillez-vous et installez-vous sur la table, j’arrive dans quelques minutes ». Presque malgré moi, je lui ai adressé un sourire. Obéissante, je me suis installée confortablement. Je décidais de m’allonger sur le dos. En l’attendant patiemment, j’ai pris le temps de scruter cette pièce réellement minuscule. Un silence assourdissant m’ensorcelait. Seule la lueur des bougies m’attirait, ainsi qu’une étrange odeur que je ne parvenais pas à identifier. Concentrée, je ne m’attendais pas à son retour si soudain. Au grand plaisir de Monsieur, je sursautais. « Tout va bien Mademoiselle ? » m’a-t-il demandé. Je lui répondais d’un simple regard interloqué. Il souriait à pleines dents, blanches et parfaitement alignées, et s’est mis à préparer une étrange concoction. J’en profitais pour l’observer minutieusement. Il était séduisant et avait une carrure impressionnante. En plus de son sourire jovial, il avait un teint hâlé. Son visage angélique était parsemé de taches de rousseur et une belle bouche pulpeuse se dessinait sous une barbe naissante (tu sais combien ça me fait craquer). Il avait des mains grandes et fines comme son corps d’athlète. Il était vêtu d’un kimono blanc et ample. Était-il nu en dessous ? En pleine concentration, il s’est tourné vers moi et nos regards se sont croisés. Il avait un air étonné, je devais avoir l’air d’une folle à le fixer de la sorte. « Quelque chose vous tracasse ? » m'a-t-il questionné. C’est à cet instant que j’ai remarqué ses yeux, ils étaient d’une couleur indéterminée, unique. « Détendez-vous, fermez les yeux, je m’occupe de tout » a-t-il ajouté. Je décidai de lâcher prise. Je l’entendais frotter ses mains et je comprenais qu’elles allaient bientôt effleurer ma peau. Je me concentrais pour ne pas trembler. Cela faisait déjà quelques minutes que j’étais nue, dévoilée sur cette table qui me semblait très froide en contradiction avec la chaleur qui me remplissait. J’entendais ses pas qui se dirigeaient derrière ma tête. Enfin, je les ai senties, ses mains fermes et expertes sur mon corps qui n’en pouvait plus de se languir. Un long frisson m’a parcouru l’échine, je sentais mes tétons se figer, je n’osais plus ouvrir mes yeux, je ne voulais pas perdre cette sensation merveilleuse de surprise. Il se donnait passionnément dans un rituel effréné, il a parcouru une à une chacune des parties de mon corps. Il a d'abord palpé mes épaules, puis lentement il est descendu sur mon ventre, mes cuisses, mes pieds. Ensuite, il remontait longuement du bas vers le haut. Il savait manier ses doigts. Le langage sémantique de ces mains m’interrogeait sur le véritable but de cette séance. Je me sentais oppressée mais satisfaite, mon être tout entier vibrait sous ces gestes méticuleux. Je me délectais. Béate, je sentais que ma bouche se remplissait peu à peu. Je me rendais compte que je n’avais pas dégluti depuis un moment, j’avais l’impression d’avoir cette sensation de bouche salivante devant un bonbon acidulé que je m’apprête à déguster.

D’un seul coup, il a ralenti la cadence et s’est attardé autour mon con hirsute, il a posé simplement sa main brûlante dessus comme pour le couvrir. Il a étouffé mon mont par quelques pressions, tâté le terrain, chirurgicalement, sur un rythme saccadé. Il a ouvert délicatement le seuil de l’entrée afin d’y découvrir le volcan qui s’éveillait. A l’évidence, il a remarqué les gouttelettes en fusion qui ruisselaient et s’est agité calmement sur mon bourgeon. Cette éblouissante rencontre m’exposait à un bonheur extrême. Cet inconnu était réellement en train de me masturber ! Cette scène me paraissait irréellement fantastique. Je n’ai pas pu m’empêcher d’ouvrir un œil car je voulais savoir si lui aussi réagissait. Rassurée, j’ai vu une bosse saillir de son uniforme qui a eu pour conséquence furtive de me faire mouiller davantage. Inébranlable, il a continué son geste dans un tempo plus régulier. Il faisait des cercles bien précis, résolument décidé à me faire jouir. Je refermais les yeux, je pensais à cette situation totalement insolite. À toi. Aussitôt, je chassais cette pensée pour me focaliser à nouveau sur cet instant magique. Il me titillait encore, j’avais du mal à me contenir. J’aime tellement quand le plaisir dure comme tu le sais, je savoure le moment. Je l’entendais s’approcher lorsque doucement nos lèvres se sont fusionnées, nous nous sommes embrassés langoureusement. Ce baiser m’a affaibli, des gouttes perlaient sur mon front. Nous étions en train de jouer le fantasme de mes nuits. J’ai dégusté sa langue et mes doigts se sont aventurés dans son pantalon pour y chercher le graal bâillonné. Je voulais le voir, le toucher, le sentir. Mon incommensurable appétit grandissait et son phallus ne cessait de se développer entre mes mains. Qu’il était beau ! Robuste, élevé, immaculé, je l’ai empoigné jusqu’à l’aboutissement de mon dessein.

Avec toute la volonté du monde, la tentation était trop forte, je n’ai pu retenir le soubresaut bien plus longtemps. Je n’ai pas tardé à l’accueillir vivement dans une convulsion féroce et inattendue accompagné d’un cri rauque et renversant. Rassasiée, je tressautais littéralement. Je ne savais pas si je devais rouvrir les yeux, était-ce un doux rêve ?

Mais la réalité a vite repris le dessus quand j’ai senti sa chaude respiration non loin de mon oreille et que je l’ai entendu chuchoter « J’espère que cela vous a plu, je vous laisse vous rhabiller et vous attends à l’extérieur ».

Il me paraissait primordial de partager cette parenthèse de volupté avec toi. J’espère que de ton côté tes vacances se passent à merveille, et que tu as fait d’aussi belles rencontres que les miennes... Il me tarde de te lire en retour.

Fervemment,

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