Arthur....

Une saga de Bleue - 9 épisode(s)

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Épisode 5 : Baise virtuelle

Le jeudi, le lendemain des « Coquineries littéraires », son émission de lectures érotiques, elle avait à peine le temps de répondre à quelques mails. Elle avait des cours à donner. Par contre, le vendredi, c’était le jour où elle avait toute liberté : pas de cours au collège, pas vraiment de prépas à faire, juste, et ce n’était pas chaque semaine, des copies à corriger. Il était tôt, elle venait de se lever. Il avait l’air de toujours faire aussi froid. Elle s’était fait un thé et réchauffait ses petites mains contre la tasse brûlante.

Encore en pyjama, elle s’installa à sa table de travail et ouvrit son ordi. La veille, elle avait lu le message d’Arthur. Oui, il avait compris que quelque chose se passait dans le studio, durant l’émission. Il était curieux de savoir pourquoi ses lectures, surtout la troisième, paraissaient aussi troublées… Avait- elle songé à quelque chose de particulier ? Qu’est- ce qui l’avait émue autant ? Il aurait été malvenu de lui tirer les vers du nez. Ce n’était pas son genre. Il n’était pas jaloux des relations qu’elle pouvait avoir. Limite : elle avait envie de s’envoyer en l’air et bien, tant mieux. Au moins, elle profitait de la vie sans frustrations et sans complexes…

Allait- elle lui parler de « son savoureux » ou noyer le poisson, encore une fois.

« Ce qui était différent, avant- hier, c’est que je vous imaginais, en train de vous masturber en écoutant les cochonneries écrites par Colette. Laquelle des lectures avez- vous préférée ? »

Un échange démarra en ces termes. Pour que cela aille plus vite, ils se connectèrent sur un réseau social. Ils firent connaissance l’un de l’autre de cette manière. Enfin, connaissance, c’était vite dit… Plutôt, ils purent aller fouiner l’un sur le profil de l’autre, ne découvrant aucune photo d’eux, juste avec qui ils étaient en relation, ce qu’ils aimaient ou ce à quoi ils réagissaient. Lui, il était amateur d’auteurs français reconnus, de musiques dont elle n’avait aucune idée. Elle, c’était plutôt les phrases tendres, les bloggeuses érotiques. Question musique, c’était, on ne peut plus hétéroclite : du jazz, de temps en temps, de la chanson française, un peu et de la musique américaine. Ah oui, elle aimait aussi la peinture, les impressionnistes notamment. Il apprit en outre que son nom, ou plutôt, son pseudo, c’était … Bleue. Pourquoi avait- elle choisi de porter le nom d’une couleur, c’était mystérieux mais bon, que se passe- t- il parfois dans la tête des bonnes femmes. ?

Ils tapotaient chacun de leur côté. Il commença par lui répondre qu’en effet, le texte de Colette était tout à fait à son goût, qu’il aimait les mots crus et qu’il avait été étonné qu’elle n’ait pas « failli à la tâche » puisqu’il connaissait son goût pour les mots délicats et le langage châtié. Ce devait être tout de même un peu « éprouvant », c’était le seul mot qu’il avait trouvé pour exprimer le fait qu’il avait bien senti une différence. En fait, ce qu’il pensait, c’était qu’elle s’amusait énormément, qu’elle le provoquait, lui, avec ses histoires de… tâtonnements anaux et de fellation. Mais qu’elle avait cependant donné l’impression d’être troublée, émue et il se demandait bien pour quelle raison. Il ne l’interrogea pas, préférant répondre à sa question concernant les lectures du mercredi.

« Laquelle j’ai préféré ? Honnêtement ?

- Oui… N’ayez pas peur de me gêner, je ne suis pas une petite fille. Tout commentaire est bienvenu !

- Et bien, je dirais… que l’enchaînement des trois était très intéressant.

- Ah ?

- Oui, comme une espèce de progression. D’abord, dans les descriptions, de la 1ère à la deuxième. Cette fellation avait quelque chose de « précieux » et ensuite, le « plan à 3 » dans lequel le personnage féminin parle de son anatomie sans retenue mais avec des mots très choisis : ça allait du délicat au cru.

- Et en ce qui concerne le lien du 2è au 3è texte ?

- Là, je dirais plutôt que la progression était… sentimentale. Peu d’émois dans le texte de Colette si ce ne sont ses petits soupirs, ses suppliques à son amant pour pouvoir dépuceler son jeune cousin et une concentration de désirs et d’émotions dans le texte de… je n’ai pas retenu son nom…

- Charlotte : je ne l’avais pas mentionné.

- Cette manière de vous envelopper dans vos envies, c’était… très agréable….

- Mes envies ?

- Mais oui, bien évidemment. Je suis certain que ce n’est pas à moi que vous imaginiez parler, à ce moment- là. Peut- être pour la 2è lecture. Par contre, pour la 3è, non, vous étiez ailleurs. Je ne sais pas où, mais pas dans le studio, en tous cas, et encore moins avec moi….

Démasquée, elle était démasquée. Pas avec lui, c’était certain, mais pas dans le studio, si, justement, et… tellement ! Elle avait été sous le charme du doux jeune homme qui mettait l’émission en ondes et dont elle ignorait toujours le prénom, sous le charme de ses yeux verts, de son sourire désarmant de candeur, de son corps à tomber. Elle l’avait regardé à la dérobée, quand il avait les yeux fermés. De jolies cuisses, des épaules larges, pas un gramme de trop, et ses mains, longues, fines. Elle s’en était rendue compte quand il avait tenté de remettre cette petite boucle de cheveux dans son chapeau.

Elle tâcha de reprendre ses esprits et continua sur le même ton badin…

« Je n’ai pas encore choisi quel texte je lirai la prochaine fois. Une proposition ?

- Vous savez ce que j’aimerais vraiment ? »

Hola, il y allait avoir du chaud, elle le sentait… Il continua.

« Que vous vous lâchiez vraiment en lisant. Peu importe ce que ce serait. Ça peut être une histoire de domination, un plan à 3 ou 4 ou à plus encore si vous le souhaitez, une initiation, une sodomie… C’est vous qui choisissez… Mais je ne sais pas pourquoi, je vous verrais bien dans une histoire d’initiation.

- Je ne peux rien vous promettre en ce qui concerne le fait de me lâcher mais pour ce qui est du thème, j’ai ma petite idée.

- Moi, perso, ce qui me fait tripper, ce sont les histoires de masturbation, le sexe par internet, les envois coquins de vidéos, ce genre de trucs, vous voyez ? »

Elle voyait très bien, en effet. Ça lui faisait un peu peur, la tournure que prenait cet échange. Il termina en lui demandant de lui envoyer… son ombre…. Et qu’il ferait pareil. Son ombre ? Mais que voulait- il dire ? Elle chercha dans les photos qu’elle avait d’elle et se dit que tôt ou tard, il apercevrait son visage. Elle lui envoya un cliché, retouché juste un peu, où elle était de profil, les yeux rêveurs (ils avaient l’air d’être un peu bleu – vert alors qu’en réalité, ils tiraient plutôt sur l’orange), les cheveux mi- longs, châtains.

« cela vous convient- il ?

- Tout à fait… Vous n’êtes pas mal du tout. Je fais pareil. Bonne nuit. »

Quelques secondes plus tard, elle reçut une photo noir et blanc d’un homme de dos, nu. C’était un contre- plongé. Très soft mais très appétissant. Quelles jolies fesses… Et ces épaules. Les cuisses n’étaient pas mal non plus… Elle sentait que cette histoire allait vite prendre une voie dans laquelle il serait impossible de faire marche arrière. Mais tant qu’à faire…

Elle se coucha, avec le corps d’Arthur en tête. Qu’est- ce qu’il était bien fichu. Elle s’endormit en rêvant qu’elle prenait ses fesses à pleines mains, qu’elle les caressait et puis, qu’elle se frottait à lui… La nuit passa d’une traite.

Le lendemain, elle était sur le pied de guerre dès 9h. On était samedi, c’était le jour où elle avait l’habitude de choisir sa lecture et de prendre connaissance des textes pour l’émission suivante. Elle recevait ceux- ci par mail. Cela lui donnait le temps de se familiariser avec le langage, de ne pas être prise au dépourvu et de se mettre dans l’atmosphère qui se dégageait des mots.

Elle était installée depuis quelques minutes, une tasse de thé fumant devant elle, les yeux fixés au clavier et la main sur le pavé tactile de son ordi quand le petit « ding » d’alerte de réception de message tinta.

« Bien dormi ? J’espère ne pas vous avoir choquée…

- Choquée ? Pour quelle raison ? »

Elle aurait bien été en peine de lui dire combien cette nuit de décembre avait été chaude. La photo qu’il lui avait envoyée était tellement affriolante. Elle se retint, juste par prudence. Il attendait certainement une autre réponse. Quelque chose du genre : j’ai adoré votre anatomie, ou, ce qu’on devine entre vos jambes est délicieux, ou, quel joli postérieur : on aurait envie d’y goûter… Il était un peu déçu mais bon, il valait mieux ne pas forcer les choses. En fin stratège, il se dit que faire preuve de patience, ce serait certainement plus payant et la laissa tranquille après lui avoir dit « à plus tard ». Il n’aurait pas voulu la remonter contre lui : il savait que c’était le jour où elle préparait son émission.

Il était midi, à présent. Elle venait de terminer ses « préparations ». Il aurait la surprise de la lecture. Une histoire un peu glauque de RV qui tourne à… Il verrait bien. Lui, il était resté devant son ordi toute la matinée. Il était allé sur des sites porno, histoire de se chauffer, et avec tout ce qu’il avait regardé, il était dans un état d’excitation assez avancé. Il voulait sa photo, il l’avait. Il voulait connaître son nom, il le savait, même si ce n’était qu’un pseudo, le reste arriverait certainement bien vite. Ce dont il avait envie, à présent, c’était l’entendre soupirer… Comment allait- il s’y prendre ?

Aimablement mais de manière très insidieuse, il réengagea la conversation. Comment s’était passée sa matinée ? Avait- elle trouvé un texte convenant ? Qu’allait- elle faire de son après- midi ? Et de sa soirée ? Avait- elle besoin … d’idées ? cette dernière question se terminait pas deux smileys : un clin d’œil et un « petit ange ». Mais qu’est- ce qu’il était coquin… Il se sentait très fort. Elle n’était pas dupe du manège. Ah, il voulait jouer. Et bien, il allait être servi.

« Je n’ai pas encore pris ma douche… Vous me laissez quelques minutes ? Je serai à vous ensuite. »

C’était trop beau pour être vrai. Imaginer Bleue se déshabillant, puis entrant dans la douche, allumant le robinet et sous l’eau très chaude, se laissant aller à se caresser… ça vaudrait bien les plus jolies scènes qu’il avait regardées durant la matinée. Bleue l’avait fait exprès. Elle avait parfaitement saisi les intentions d’Arthur. Il voulait qu’elle l’aguiche, qu’elle l’excite… Elle lui écrirait ce qui c’était passé pendant sa toilette, combien elle avait eu envie qu’il la rejoigne sous la douche, qu’il la regarde, qu’il la savonne partout, absolument partout et qu’elle ferait pareil avec lui ensuite. Elle se masturba, très gentiment (elle ne voulait pas encore se laisser totalement aller au plaisir), sortit de la douche, s’enveloppa dans une sortie de bain bien trop grande pour elle et empoigna sa tablette avant de grimper les escaliers à toute allure…

« Toujours là ? L’eau était bonne ?

- J’ai rejoint ma chambre… »

Elle n’avait pas froid aux yeux et cela l’étonnait… Alors, elle, qui aimait les beaux mots, qui, souvent lisait de manière pudique, elle versait dans ce genre de jeu. Elle se révélait plus hardie que ce qu’il s’était imaginé. Et puis, les choses allèrent vite. Très vite.

Ils s’envoyèrent des audios de leurs soupirs. Elle fut la première à se lancer. Elle aimait tellement de jouer de sa voix. Elle lui raconta comment elle s’amusait, ce qu’elle employait comme jouets, comment elle se servait de son frétillant, et puis, de deux autres plus longs.. Connaisseuse… Epicurienne. Il écoutait, simplement, en se branlant. Il avait tiré le gros lot, enfin, non pas spécialement « gros » mais très bon, en tous cas. Il s’en félicitait.

Il l’imaginait sur son lit, en complète pâmoison. Elle s’arrêtait de temps en temps pour lui envoyer des enregistrements de plus en plus osés. Il sentait son excitation et cela lui faisait un effet pas possible. Ce qu’il lui fit parvenir, lui, ce fut le bruit un peu mouillé de sa main sur son sexe, ses grognements, ses mots crus.

Rien de visuel, que du sonore. Et c’était délicieux, exactement comme ils l’aimaient tous les deux. Ils … baisèrent de cette manière. C’était sauvage, inattendu. Leurs mains étaient expertes. Ils savaient très bien comment se donner du plaisir de manière solitaire. Ils connaissaient leur corps et les réactions aux caresses qu’ils se prodiguaient. Elle concentrait toute son attention sur la manière dont elle se servait de ses doigts. Elle avait commencé par se masturber avec son frétillant, comme elle le surnommait, en l’appuyant contre son clitoris et puis, en lui faisant exécuter des cercles de tailles différentes. Petits, localisés juste contre son bouton et plus larges, pour englober ses lèvres. Elle se sentait mouiller. Puis, elle lâcha l’engin et continua simplement du bout des doigts. Légèrement. Cela montait. Elle chercha, toujours du bout des doigts, le petit carré entre son sexe et son cul, cet endroit gonflé, déjà très liquoreux. Elle s’occupa de l’entrée de ses orifices avec tendresse. La frénésie, ce serait pour après, quand elle sentirait Arthur sur le point de jouir. Elle lui enverrait alors ses couinements : elle était certaine que…

Arthur, quant à lui, ne disait rien. Il grognait, soufflait. Les bruits de va et vient mouillés continuaient. Et puis, de manière un peu étouffée, il murmura : « j’ai envie de toi, j’ai envie de ton cul, bordel, comme j’ai envie de ton cul… profond… Je vais te défoncer… Loin, encore plus loin »… Son discours était entrecoupé de « han » et de « salope ». Il allait jouir, elle s’en rendait compte. Alors, pour le faire exploser, elle se lâcha.

Ce fut long, très long. On aurait dit que cela n’aurait pas de fin. Ils crièrent tous les deux en même temps, le ventre déchiré de plaisir. Ils ne le surent pas, évidemment, puisque les micros n’étaient pas branchés. Il grogna en s’imaginant derrière elle, la sodomisant avec force et fracas. Elle jouit puis sanglota : c’était comme si son sexe à elle était investi par celui d’Arthur. De manière imposante, presque douloureuse. Ils s’accrochaient virtuellement au corps de l’autre, se griffaient, se mordaient… C’était une vraie débauche de sensations. Ils adorèrent ce moment- là. Et dans un soupir, les corps repus, ils s’immobilisèrent et reprirent leur souffle pour s’écrire ce qu’ils avaient ressenti de ce grand orgasme.

« Merci, Arthur, mille mercis… C’était formidable…

- Vous m’avez fait cracher comme un salop. Bordel, que c’était bon. »


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