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Deux corps, deux chambres, deux heures

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    Durée : 14:21 min

    Il mène la danse, elle y répond subtilement. Découvrez leurs échanges.

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… Il y avait, non loin de là, de ces hôtels qui proposent des occupations à l’heure. Ils n’étaient pas très sûrs ni l’un ni l’autre de vouloir vraiment passer à l’action. Ils n’avaient pas l’habitude, surtout elle, de passer du temps au lit avec un inconnu, pas si inconnu. Les chambres étaient contiguës. Elles n’avaient rien de particulier. Ce qui les intéressait, en fait, c’était simplement la possibilité de pouvoir se connecter à internet, et comme il y avait le WiFi partout dans l’hôtel…

Reprendre leur aventure virtuelle où ils l’avaient laissée. Il aurait le rôle de « meneur de jeu » et elle se laisserait embarquer par ses mots et sa voix… Ce serait certainement le plus facile, le moins dangereux, le plus confortable.

Ils prirent une douche, chacun de leur côté et s’installèrent nus, lui son portable, elle sa tablette, au creux des draps frais.

« comment souhaites- tu que les choses se passent ? lui demanda- t- il, très investi dans son rôle.

Depuis quelques temps, ils se tutoyaient sur le net, quand ils papotaient, qui de ses aventures sentimentales, qui de ses entraînements sportifs…

« je peux m’imaginer te donnant du plaisir, comme la première fois ?

- Oui, je pense que je ne maîtrise pas assez les choses pour que nous changions de façon.

- Alors… déshabille- moi… »

La proposition était incongrue : ils se savaient dévêtus tous les deux. Tout cela était vraiment une histoire de fantasme.

« regarde- moi : tu vois que je suis déjà excité ? J’ai durci à pas mal d’endroits. Lequel te tente- t- il le plus ? Mes tétons ? Plus bas ?.... »

Il l’entendit soupirer. Elle demeurait timide mais…

« je te regarde… Tes yeux. Ta bouche.

- Descends maintenant.

- Hmmmm, ta poitrine…

- Joue avec tes seins à toi. Passe tes doigts sur tes mamelons. Tes aréoles roses… Pince- les, l’une après l’autre. Tu aimes ?

- Je ne suis pas très à l’aise…

- Plus bas : ton ventre.

- ….

- Imagine que ce sont mes doigts… Tu les sens ?

- Oui. »

Ses mots étouffés restaient au bord de ses lèvres. Elle aurait voulu lui dire combien elle aurait aimé que ce soit comme la fois précédente : tout ce désir dans lequel il l’avait transportée. Mais la timidité l’emportant sur l’envie. Elle le laissa continuer…

« A présent, mes doigts sont remplacés par une autre partie de mon corps, un peu humide, luisante… Tu vois de quoi je parle ?

- … Oui… je pense.

- Tu t’en occupes un peu ? Parle- moi de ce que tu me ferais. »

Dans un grand soupir, elle s’imagina en train de chercher son sexe avec sa main, de l’empoigner très délicatement, de jouer avec le prépuce, d’avant en arrière. Il respirerait certainement plus fort. Peut- être grognerait- il un peu…

« … ma bouche voudrait le goûter »

C’était sorti tout seul. Ce fut à son tour à lui de se taire. Il avait trouvé ses textes personnels si excitants, tellement à propos, qu’il aurait été étonnant qu’elle soit aussi coincée… Il la laissa donc continuer.

« je passe ma langue à son extrémité. Juste au bout. »

Il aurait pu la sentir, cette langue : douce, inquisitrice, s’introduisant dans le méat, en sortant, léchant le liquide transparent qui s’en écoulait. Il commença de se masturber. Tant pis si elle faisait autrement de son côté.

« c’est un peu salé… »

Il imaginait qu’elle regardait son membre avec envie, gourmandise. Sa langue à elle humectait ses lèvres puis, très délicatement, elle déposait un peu de salive sur son gland pour que le mouvement soit plus fluide. Lentement, elle le décalottait puis laissait ce petit morceau de peau reprendre sa place. Son sexe grossissait. Il l’avait en main et continuait de se branler lentement. On était loin de l’explosion. Il l’encouragea.

« tu continues ? un peu ? »

Il la voyait comme entre ses jambes, choyant et cajolant son membre. L’introduisant entre ses lèvres, l’aspirant, le suçotant, jouant avec le frein avec habileté et art. Sa langue passait et repassait sur la tige nervurée, la gobant, la ressortant de se bouche. Cela l’excitait follement, ses imaginations. Il aurait aimé lui proposer autre chose.

« tu veux bien aller un peu plus derrière ? Tu vois ce que je veux dire ? »

Serait- elle d’accord pour introduire un ou deux de ses doigts dans son anus ?

« je salive mes doigts… Ils passent entre tes fesses. »

Rhooo, la coquine : à cela, il ne s’attendait pas… Elle aimait donc ce genre de jeu…

« Entre tes fesses et… Tu sens mon majeur ? »

Bien sûr qu’il le sentait. Il était toujours en train de se masturber. Il l’imaginait, ce doigt, mouillé, qui entrait et sortait de son petit trou. Ce n’était pas très profond mais très agréable. Le frôlement de ses doigts à elle à cet endroit lui faisait un effet incroyable. Il sentait son anus se resserrer, puis se relâcher. Pour ne pas être en reste, il dit

« mes doigts pourraient te faire pareil… Tu veux ?

- Hmmmm…

- Juste à l’entrée… Titiller la petite place entre l’entrée de ta chatte et l’entrée de ton cul…

- … »

C’était doux, gonflé, gorgé et très humide. Elle était trempée. Elle passa un doigt de son clitoris à ce petit carré de peau et se sentit frissonner. Pour augmenter la sensation, elle introduisit deux doigts de sa main droite l’un dans son con et l’autre derrière, l’index de sa main gauche était toujours sur son bouton, jouant délicatement à écarter ses lèvres et à le sentir durcir… Elle ne dit rien, le laissant continuer, tout en profitant de la sensation.

« je suis dans ton cul, à présent. Tu sens comme je suis dur ?

- Oh oui….

- Plus loin ?

- Hmmmm

- Je grogne… Tu m’entends ? »

Elle se masturbait. De plus en plus vite. Elle soupirait. Il entendait son désir, s’imaginant qu’il la défonçait. Elle n’était pas très large, son sexe a lui n’en était que plus enserré dans son antre trempé. Il accélérait le mouvement, tenant ses hanches. Le corps de sa partenaire était parcouru de petits frissons. Ils ondulaient de concert. De petits cris étranglés sortaient de sa gorge. Il avait envie de la serrer, juste un peu. Il déplaça ses mains. Une contre son pubis, l’autre enveloppant un sein. La serrer encore de plus près. Descendre la main du triangle à la fente. Bon dieu, ce qu’elle mouillait là aussi. Il porta ses doigts à son nez : délicieux parfum de rose mêlé à sa cyprine, puis, les mit en bouche : elle avait bon goût. Subtil mais enivrant.

Leurs corps étaient moites et dans un râle conjoint, ils jouirent. Lui, sur son ventre, elle, entre les draps frais… Il ne restait plus qu’une chose à faire… Se rejoindre… Et ce serait encore meilleur… Sans prendre le temps de se doucher, les kleenex effacèrent rapidement le sperme qu’il avait déchargé, il s’enveloppa de la sortie de bain fournie par l’hôtel et gagna la chambre contiguë. Elle était toujours embarquée dans ce plaisir qu’ils s’étaient donné.

Et là, enfin, les corps en attente d’une vraie étreinte, ils firent l’amour pour la première fois. Il commença par la bercer, tendrement, comme on le ferait avec un enfant qui vient d’être sujet à une forte émotion, pour le rassurer, le consoler. Ensuite, il essuya ses joues trempées de larmes du dos de la main et déposa des baisers sur ses paupières, sa tempe droite, dans son cou. Sa bouche descendait à présent. Il attrapa un de ses seins, mordillant le mamelon. Puis l’autre. Il continua plus bas : son ventre, si doux, tremblait encore un peu. Il introduisit sa langue dans son nombril… puis écartant son sexe, il lécha les nymphes, s’étonnant de ces petits frissons qui y naissaient et se propageaient à tout son corps. Elle ne disait rien. Il ne comprit d’ailleurs pas comment elle avait fait son compte pour qu’ils se retrouvent tête- bêche, lui, la bouche contre son sexe et elle englobant le sien. Ils se léchèrent mutuellement, se sucèrent, partout… C’était très doux. Il n’y avait rien d’agressif, d’urgent. Ils étaient dans le calme, guettant le trouble de l’autre, ces petits mouvements anodins qui font qu’on sait quand l’autre a du plaisir. Ils étaient bien, profitant de la langue de l’autre, de son souffle… Cela dura longtemps, bien plus que le temps qu’ils avaient passé au téléphone, avec les mots et le plaisir « solitaire ». Ils découvraient pour la première fois le corps de l’autre. Leurs yeux étaient fermés mais leurs doigts, leur bouche, leur en apprenaient tellement. Ils se humaient, parfaitement bien dans l’odeur de l’autre… Ils avaient envie que cela dure plus longtemps. Profiter l’un de l’autre. Leurs sexes attendaient autre chose mais pour le moment, et à force d’attentions, leur excitation était exacerbée. Ils reprirent donc leur position côte à côte pour s’embrasser. Ils ne disaient rien mais sentaient ce que l’autre attendait. Elle était sur lui, à présent, et frottait son ventre contre le membre de son partenaire. Cela ne fit que durcir son érection. Il la pénétra… d’un coup. Assise sur lui, elle jouait avec ses couilles, les faisant rouler et encore rouler, les pressant, comme pour les faire exploser. Il durcissait et gonflait encore plus. Bientôt, il ne put plus se retenir. Elle le sentit monter et accéléra encore le mouvement de son bassin et ce qu’elle infligeait à ses bourses.

« j’en peux plus… Je vais jouir. ». Elle était si excitée qu’elle continua d’onduler frénétiquement. Son sexe à lui lui semblait énorme à l’intérieur d’elle. Il taraudait les parois de son vagin. Il avait placé ses mains sur ses fesses, les tenant serrées, les griffant. Il lui mordillait les tétons… ne sachant plus à quel sein se vouer.

Dans un grand râle, il déchargea.

Dans un sanglot, elle laissa échapper ce prénom qu’elle ne pouvait retenir, celui de son savoureux.

Bien sûr qu’elle avait pris son pied, avec lui, Jean, mais… Enfin, elle l’avait mis au courant. C’était si ancré à l’intérieur d’elle… Il ne lui en tint pas rigueur : si elle n’avait pas joui autant, elle n’aurait rien dit du tout. Il prit cela comme un compliment.

Cela avait été fou… sauvage, mais tendre, plein de respect pour le désir et le plaisir de l’autre. Ils étaient bien. Ils reprenaient leurs esprits sans trop se regarder. Ils avaient chauds mais ils frissonnaient. Ils voulaient prolonger ce moment d’après- orgasme. Ce tourbillon voluptueux les avait emmenés haut, très haut, et ils n’avaient pas réellement envie de replonger dans la lourdeur et la grisaille quotidienne.

Il y aurait d’autres moments de ce genre, puisqu’à présent, ils savaient que leurs corps se comprenaient autrement que virtuellement. On dit souvent que le plaisir, c’est quelque chose de technique, mais au final, l’art avait été de laisser la technique au profit de l’interprétation, comme pour un tableau, un morceau de musique…

Paris n’était pas si loin. Le printemps reviendrait. Les promenades le long de la Seine seraient douces. Leurs peaux et leurs étreintes aussi. Il y aurait d’autres bancs, d’autres grands arbres, le soleil serait plus haut mais cela ne changerait rien à leur désir. Ils se retrouveraient et se goûteraient à nouveau, d’une autre façon, peut- être... Sûrement.