Arthur....

Une saga de Bleue - 9 épisode(s)

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Épisode 1 : Quand Arthur fantasme

(Cet épisode fait suite à "la Voix" nouvelle proposée par B-Sensory : https://www.b-sensory.com/librairie/auteurs/bleue.html dans lequel on fait connaissance avec B., la voix, Arthur (surnommé Apollon par B.) et le "savoureux" de B.)

Ils quittaient le bâtiment de la radio. Après ces premiers émois, ce parfum de souffre qui avait flotté dans le studio quand elle avait lu cet extrait de « Ouest Lubrique », ils ne savaient comment se comporter l’un par rapport à l’autre. Quand elle s’était arrêtée, à cause de l’heure de fin de l’émission, celui qui la mettait en ondes et lui faisait face était sous le charme. Le charme de sa voix, de ce ton un peu candide avec lequel elle avait lu… Ils s’étaient retrouvés dans l’ascenseur. Il n’avait pas osé la regarder de ses yeux verts. Elle n’était pas sûre d’elle non plus : constater combien il s’était laissé embarquer et avait réagi, c’était perturbant. Et cela, même si elle connaissait l’effet de son organe sur la gent masculine. Laisser les troubles et faire comme si de rien n’était…

Le froid de l’extérieur les surprit un peu. Ils se séparèrent sans un mot. Il regagna le parking de la radio dans lequel se trouvait sa petite voiture grise. Elle appela un taxi pour rejoindre son appartement.

Elle se mit au lit sans vérifier ni le site des « Coquineries littéraires », l’émission pour laquelle elle lisait des textes érotiques, ni sa boîte mails. Ce qui s’était passé ce soir, c’était si déroutant. Devait- elle tenter d’entamer quelque chose avec ce « doux jeune homme » qu’elle avait surnommé « son savoureux » parce qu’elle se plaisait à croire qu’il avait bon goût dans les deux sens du terme ou continuer son histoire sulfureuse avec son Apollon, celui pour qui elle avait enregistré des extraits de l’Amante Venimeuse ?

Outre ses activités radiophoniques, son vrai métier, c’était prof de lettres dans un collège. C’est sans doute pour cela qu’elle avait un tel goût pour le choix précis des beaux mots, des tournures de phrases agréables. Le lendemain, elle avait une grosse journée et pas vraiment le temps de réfléchir à la question. Mais vendredi…. Elle pensait à son savoureux, à Apollon… complètement perdue. Ce n’était pas qu’une question de sentiments. Il y avait aussi et surtout le dilemme entre une relation virtuelle et une éventuelle aventure réelle. Qu’est- ce qui lui conviendrait le mieux ? Dans quoi pourrait- elle s’épanouir pleinement ? Et pourquoi pas les deux ? Un pour le plaisir brut, l’autre pour la douceur. Parce que dans le fond, ses projets de dépucelage intellectuel et sensuel qu’elle avait pour le si charmant jeune homme ne seraient- ils peut- être pas au goût de celui- ci… Peut- être avait- il quelqu’une de son côté... Oui, il avait été troublé mais que s’était- il passé dans son esprit ? Était- ce juste de l’excitation pour ce qu’il avait entendu ? Pour elle ? S’était- il vu « en situation » et était- ce cela qui avait eu un effet aussi dévastateur ?

La nuit avait été plutôt chaude… et pas réellement reposante. Les souvenirs du souffle et du trouble du « doux jeune homme » se mélangeaient avec les choses que lui avait écrites son Apollon. Elle se souvenait de ces instants pas si lointains où elle avait lu pour ce dernier. Elle se demandait s’il y aurait une suite à leurs échanges.

Un coup d’œil rapide sur le site de l’émission… un message privé d’Arthur l’attendait. « Je vous ai sentie troublée… Par quoi ? Par qui ? Vous me racontez ? ». Comment lui répondre sans provoquer une gêne ? Elle se lança donc dans une explication un peu foireuse : elle s’était perdue dans ses pensées, s’était laissé aller à imaginer qu’elle pratiquait le sexe buccal et c’était cela qui lui avait fait perdre le fil … Soit, il acceptait cette excuse sans broncher, soit, il ne serait pas dupe et…. En fait, oui, elle avait laissé son esprit vagabonder, mais c’était plus parce qu’elle avait surpris le trouble, le souffle haletant de son vis-à-vis, et surtout ses yeux couleur écume balayés par ses longs cils et parce qu’elle s’était dit qu’elle voulait être son éveilleuse au désir et au plaisir, qu’il serait son savoureux et elle sa délicieuse. Mieux valait ne pas encore en faire mention… Les messages s’arrêtèrent là. Elle avait envie de le titiller à nouveau, pourtant, mais elle cherchait le moyen de le faire fondre vraiment.

Leurs contacts, si on pouvait les appeler de la sorte, étaient allés crescendo. Il lui avait écrit une première fois qu’il trouvait sa voix « so…. » et qu’il avait hâte de la retrouver sur les ondes. Un échange s’était établi : des mails privés et même un enregistrement qu’elle lui avait fait de sa voix, juste pour lui et qui les avaient mis tous deux dans tous leurs états… Ils s’étaient bien trouvés : elle, exhibitionniste dans l’âme et lui, voyeur et jouisseur par excellence. Là, il était plutôt question de sensations auditives et non d’images mais l’effet avait été le même. Il était certain qu’elle avait trouvé énormément de satisfaction à enregistrer des choses torrides pour lui et que cela l’avait excitée. Quant à lui, il s’était masturbé en l’écoutant et…

Il aurait voulu continuer ce jeu qui les liait, lui aussi. La relancer aurait été trop « flagrant » et sans doute mal à propos. Il la laisserait donc « approcher » sans brusquer les choses.

Le vendredi, ne pouvant plus tenir, elle lui envoya un mail… juste pour voir. Elle avait lu des « petites histoires » un peu osées » et voulait savoir si cela aurait tenté son partenaire de jeux qu’elle lui en fasse découvrir l’une ou l’autre. Il y avait, parmi les textes, quelque chose d’amusant qui avait retenu son attention. Un cadeau d’anniversaire tout à fait incongru : un plan à trois mettant en scène un mari, son épouse et la maîtresse de cette dernière. Celle- ci s’arrange pour se faire l’un puis l’autre grâce à un subterfuge très ingénieux.

Ses propositions tenaient en peu de mots : « Dépêchez-vous de succomber à la tentation avant qu'elle ne s'éloigne. » C’était quelque chose qu’elle avait lu sur un site de citations et qui était attribué à Casanova. Y était joint un enregistrement de passages d’Happy Birthday mon Amour d’Ange Morisot..

Arthur, « son Apollon », était dans le métro quand il vit qu’il y avait un nouveau message de B. dans sa boîte mails. La pièce jointe, intitulée simplement « HB » aiguisa son imagination. Comme il n’y avait pas assez de réseau pour télécharger le long mp3, il laissa durer l’attente jusqu’à son retour chez lui. C’est là que, confortablement installé sur son lit, les écouteurs fichés dans les oreilles, il commença de l’écouter.

« Bonjour, mon Apollon. Aujourd’hui, une histoire de plan à 3. Vous aimez ça ? Mais l’enchaînement des moments chauds est des plus particuliers. »

Là, suivait une petite intro du texte et puis, la voix de B. continuait. Il la retrouvait vibrante, chaude, aussi. Quelque chose semblait avoir changé pourtant… il n’aurait pas pu déterminer en quoi mais il était clair que la manière dont elle s’y prenait à présent était empreinte de douceur et de tendresse.

« Elle est si proche de moi que je crois presque sentir, au travers de l’étoffe qui me couvre encore, la chaleur de ses seins contre les miens.

Elle me tourne lentement le dos, et s’accoude négligemment à la rambarde.

Elle gémit doucement lorsque je viens coller tout mon corps sur sa peau nue. Sur mon ventre, je sens sa peau brûlante d’être trop longtemps restée exposée au soleil de l’après-midi.

Je murmure à son oreille :

— Je crois que je ne pourrai jamais me passer de toi…

Elle a un petit rire lorsque je passe une main sur son ventre, et descends plus bas pour aller explorer de mes doigts la douceur entre ses cuisses. »

C’est… joli, oui, mais bon… Pas de quoi fouetter un chat niveau excitation. Guimauve, un truc de nanas, quoi. Mais cela continuait.

« Sous mes yeux, Sophie pousse un peu plus pour écarter les cuisses de Patrick, se penche et vient délicatement humecter son anus de sa langue, en cette caresse si intime qui me rend folle de désir lorsque c’est à moi qu’elle la prodigue. »

Il y avait vraiment là de la perversité. Voilà à présent la mention du troisième. Cela mettait donc en scène deux femmes qui, visiblement, sont ensemble, et un homme, amant de l’une d’elles.

« Mon troisième mouvement emporte Patrick dans un incroyable orgasme qui le fait tressauter entre nos bras. En longues giclées blanches, son sperme vient gicler jusque sur sa poitrine et sur mon visage penché vers lui. »

Pfiou. Une scène de ce genre, c’était tout ce qu’il lui fallait pour le mettre complètement en ébullition et lui faire perdre vraiment la tête. Il était toujours sur son lit, les écouteurs bien fichés dans les oreilles mais ses petits soupirs un rien amusés avaient fait place à des grognements. Lui, dont deux jeunes personnes se seraient occupées… Ou plutôt non, une jeunette et une plus mûre, ça, c’était le summum du fantasme… Il se souvenait de cette mère et de sa fille. Il avait passé la nuit avec la plus jeune et le lendemain, s’était promené pratiquement à poil sous le nez de sa mère qui avait, comme par magie, eu les yeux brillants pendant tout le petit- déjeuner… Il se demandait bien pour quelle raison… Ou cette autre fois, où il avait fait semblant de dormir alors que la mère de sa conquête l’avait sucé et fait jouir deux fois et qu’il avait gardé un sourire angélique et les yeux clos, comme plongé dans un rêve délicieux. Ça, c’était le genre de fantaisie qu’il aimait réellement. Ou alors, la fois où il avait pris son pied durant une nuit entière, mais c’était tout récent, avec la mère d’une demoiselle de 21 ans et que cette dernière avait débarqué dans la salle de bains alors qu’il terminait de prendre une douche et lui avait demandé simplement de… la baiser par derrière… en lui présentant son postérieur… Rhaaa, sa condition de célibataire avait tout de même des avantages certains !

On arrivait à la fin de la lecture… Il était dans tous ses états.

« Et, si tu as encore un peu de forces, je crois qu’il est grand temps de nous occuper tous les deux de ta femme ! »

Rhoo, cette B., elle était tout de même vicieuse. Elle terminait par « Je vous dis à bientôt, Apollon, et je vous embrasse ».

Il retrouvait son ton mutin. Il avait adoré ce texte. Il avait adoré la façon dont elle avait lu cette histoire saugrenue sans donner l’impression d’y toucher. Il avait adoré… tout, en fait. La main sur le sexe, il se masturba, en pensant à ses expériences passées de plans à trois, le plaisir oral, anal, le sien, celui de ses partenaires. Il lui demanderait une photo, pas nécessairement un portrait ou un morceau précis de son anatomie : il la laisserait choisir. En anticipant la chose, il rêvait de ce qu’il imaginait d’elle : ses seins, son ventre, ses lèvres. Sans pousser les choses trop loin, il aurait aimé un plan de ses fesses… mais c’était sans doute espérer trop et il risquait de faire chou gras s’il lui demandait de se dénuder. Il les imaginait rebondies et se disait que s’en occuper, ce serait délicieux. Il leur infligerait un traitement un peu douloureux, avec son accord, bien sûr, les griffant, les claquant, puis les mordillant. Cela l’exciterait tant qu’il se branlerait sur l’image agrandie et imprimée et puis… il lui enverrait sans doute une photo de cela, très fier de lui. Il ne savait pas ce que ça provoquerait chez elle. Etait- elle trop chaste que pour réagir ? Se donnerait- elle du plaisir si elle voyait une partie de son anatomie à lui, que ce soit ses fesses ou toute autre chose ? Qu’est- ce qui l’excitait, elle ?

Il en était là dans ses réflexions quand le petit « ding » de réception de message tinta.

« Avez- vous aimé ? ».

Sa réponse fut « Votre douceur et le sujet du texte m’ont émoustillé à point. Pas mal d’expériences passées me sont revenues en tête. Me permettez- vous de… vous répondre plus longuement après le WE : je voudrais vous proposer quelque chose. Baisers. Votre Arthur »

Elle comprit que le jeu n’était pas fini. A présent, elle connaissait son prénom. Elle allait être obligée de dire le sien ou du moins, de se dévoiler un peu.

Il y avait tant de questions qu’ils se posaient et auraient aimé se poser l’un à l’autre..

Il se trouvait salop mais elle semblait l’être autant que lui. Et si elle avait envie de verser dans une histoire crue de cette manière, il ne la suivrait pas : il la précéderait !


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