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Au musée (1).

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    Durée : 15:04 min

    Bleue, artiste vocale, vous fait des confidences. Fantasmes ? Réalité ?Cette fois, une histoire de musée, d'une statue, d'une jeune fille et d'un gardien...

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Ne grimpez pas sur les socles des statues antiques pour vous servir de leurs organes virils. Il ne faut pas toucher aux objets exposés ; ni avec la main, ni avec le cul.

Ne crayonnez pas des boucles noires sur le pubis des Vénus nues. Si l’artiste représente la déesse sans poils, c’est que Vénus se rasait la motte.

Ne demandez pas au gardien de salle pourquoi l’hermaphrodite a des couilles et des tétons. Cette question n’est pas de sa compétence.

Il y avait peu de temps que j’écrivais. Et là, j’étais devant mon ordi, les yeux dans le vague. Oui, j’aimais les musées, particulièrement Orsay. Ces toiles de Renoir, les quelques sculptures de Rodin, les pastels de Degas que j’avais eu l’occasion de découvrir lors d’une expo temporaire… Tout cela me fascinait, réveillant en moi des sensations agréables. Je pouvais me délecter de ces œuvres d’art pendant de longues minutes, immobile devant chacun de ces trésors. Peu importait que je sois seule ou un peu bousculée par la foule. Je laissais le désir s’insinuer en moi lentement, jusqu’à ce que le souffle me manque et la tête me tourne un peu, comme une douce ivresse et puis…

Alors, quand on m’avait proposé de choisir une des civilités à l’usage des jeunes filles de pension de Pierre Louÿs pour en écrire une version, j’avais immédiatement pensé à une visite à Orsay pour admirer l’ Âge d’airain. Ensuite, les choses se préciseraient et auraient lieu au Jardin de Rodin. Cette statue me faisait un effet pas possible. Je connaissais la courbe des fesses, le bas du ventre et l’air railleur du bronze par cœur : ce serait peu compliqué…

Je m’installai donc dans mon canapé chocolat, endroit de prédilection à l’exercice, et me plongeai au creux de mon fantasme pour cet homme.. Comme j’aurais voulu être en présence de ce spécimen… réellement.

Mes doigts légers effleuraient à présent les touches du clavier avec rapidité et assurance. Je ne cherchais pas mes idées, simplement les mots qui précisaient le mieux ma pensée…

« L’ Âge d’airain ….

Elle avait commencé par reconnaître ces fesses pommelées, ces cuisses musclées, ce ventre. Elle n’osait regarder ce sexe un peu trop petit à son goût qui ne ressemblait pas à celui de l’homme qu’elle connaissait. Elle s’était « prise d’amour » pour la plastique magnifique de cette statue. Apparemment, le modèle de la sculpture, c’était un soldat, un Auguste (elle sourit en lisant la description et les conditions dans lesquelles l’œuvre avait vu le jour) dont les « attributs » avaient été ôtés. Non, il ne s’agissait visiblement pas de ses attributs sexuels. On parlait là de son uniforme, de ses chaussures. Il était donc nu, comme un ver. Au départ, il portait une lance. L’arme avait été retirée mais le mouvement du bras qui la portait conservé : il y avait juste plus d’ampleur dans le geste. Elle admirait la musculature à peine saillante et harmonieuse.

Elle regarda sa montre. Seize heures, déjà : cela faisait un bon quart d’heure qu’elle était face à lui, au cinquième étage du Musée d’Orsay. Elle calcula mentalement que si elle voulait contempler le petit chef- d’œuvre au Jardin de Rodin, il était temps qu’elle se mette en quête d’un Uber ou qu’elle saute dans un métro. Elle avait envie de pouvoir profiter de lui à l’extérieur. Comme s’il était nu, juste pour elle.

Peu de monde, finalement, à l’entrée du musée. Il est clair que payer quatre euros pour passer à peine une demie- heure entre les sculptures du jardin attenant au bâtiment, c’est un peu cher. Munie de son billet, le cœur battant, elle rejoignit cette statue qui la troublait tant.

Heureusement, plusieurs moulages en avaient été faits. Celui de ce musée avait été envoyé à Tokyo (c’était la première fois qu’une statue de Rodin rejoignait le prestigieux National Art Center). Les admirateurs de l’ Âge d’airain qui visitaient le musée n’y perdaient pas au change : un autre moulage, en bronze, lui aussi, mais dont la couleur était beaucoup plus grise que la version qu’elle connaissait, trônait sur un socle du jardin. Dommage, se dit- elle, la peau de cet homme lui paraissait moins souple, moins douce, moins jeune et moins ferme…

Elle avait tellement rêvé de pouvoir l’admirer à l’extérieur qu’elle s’était figuré qu’elle le retrouverait bien mis en valeur entre les rosiers du jardin. Au final, non, il était simplement juché sur un socle, comme s’il avait « peur de déranger ». Il y avait tout de même un vieux banc face à lui.

Quand elle l’aperçut, son cœur fit un bond dans sa poitrine. La sculpture n’était pas surélevée : lorsqu’ elle se mit sur la pointe de pieds, elle pouvait le « regarder dans les yeux ». Le moulage était à peine plus grand qu’elle. Après avoir repris ses esprits, elle s’assit sur le banc, le cœur battant.

Elle retrouvait avec plaisir ce ventre, ce bras dont le biceps saillait, cet air frondeur même si les yeux paraissaient clos. Elle le contempla pendant de longues minutes.

C’est comme dans un songe qu’elle entendit l’alerte de la fermeture du musée et du jardin. Mais elle n’en avait pas encore eu assez. Elle quitta le banc, se déplaça vers l’arrière de la statue pour à nouveau en admirer les fesses, les cuisses, les mollets et le dos. Elle s’imaginait déjà partager le lit d’un tel spécimen… Combien cela lui donnerait de plaisir… »

Insensiblement, dans le canapé, l’ordi toujours sur les genoux, j’avais resserré les cuisses. Mon souffle s’était accéléré. C’est comme si c’était moi, la jeune visiteuse des musées. J’avais la bouche sèche, un peu pâteuse. J’étais prise dans une espèce de frénésie. Mes doigts toujours aussi rapides étaient à présent un rien tremblants. Je fixais l’écran d’une manière un peu hébétée : oui, à l’intérieur de moi, le désir montait à toute allure… J’avais envie de décrire par le menu les moindres détails de cette étreinte rêvée par la jeune amatrice d’œuvres d’art…

« Derrière le banc, il y avait une azalée rose. Et c’est tout naturellement que plongée dans ses pensées, elle se laissa aller contre l’arbre en fermant les yeux. Les fleurs sentaient bon. De ce parfum d’été chaud, un peu prégnant. Elle était enivrée par les fragrances. La tête lui tournait.

Elle ne se rendit pas compte de l’arrivée du gardien qui était chargé d’avertir les derniers visiteurs que le moment de quitter les lieux était arrivé.

Dans un premier temps, celui- ci lui toucha le bras. Elle ne réagit pas.

Il avait peur de sa réaction le découvrant. Il s’assit donc à côté d’elle silencieusement.

Il était attendri de découvrir cette jeune femme qui, le nez en l’air, humait les effluves d’azalées.

Il était attendri aussi de constater que sa poitrine se soulevait et qu’un petit sourire léger s’esquissait comme un vent frais sur ses lèvres.

— Prends- moi, mon bel amant…

Dans un souffle c’est ce qu’il avait cru entendre, mais n’était- ce que le fruit de son imagination ? Pourquoi une inconnue lui murmurait- elle cette invitation ?

Avec d’infinies précautions, il commença de lui caresser le menton, juste pour que son sourire continue d’exister. Elle soupirait d’aise. Il passait un doigt lentement sous son visage, de gauche à droite et de droite à gauche. Le sourire s’élargit un peu, le corps se détendit, la tête se rejeta en arrière, offrant tout loisir à l’homme de s’occuper de la gorge de la jeune femme. Cette poitrine qui bougeait de manière plus manifeste était une véritable invitation aux baisers. Avec toujours autant de douceur, il déposa ses lèvres à la naissance des seins de l’inconnue. Cela provoqua un petit frisson.

— Hmm… Tu es délicieux, mon bel amant… Ne t’arrête pas…

Encouragé, l’homme se concentra alors sur les cuisses de la belle endormie… Elles étaient à peine écartées. Il était certain qu’il lui serait impossible d’y fourrer la main. Par contre, deux doigts avaient la place et le loisir de s’introduire entre les jolies jambes et de remonter…

Le souffle de la jeune femme s’accélérait. Il y avait même des petits gémissements qui s’échappaient de ses lèvres.

Les doigts de l’homme continuaient leur trajet. Ils étaient à présent à la lisière du sous- vêtement. Tout ceci l’excitait énormément. Il se demandait jusque quand le « petit jeu » allait durer, si l’inconnue, se rendant compte de son aplomb à lui, n’allait pas lui flanquer une bonne claque ou hurler quand elle reprendrait conscience…

Mais pour le moment, les choses étaient simplement très douces, même si quiconque approchant aurait pu trouver la situation complètement déplacée.

Elle haletait, à présent, les cuisses ouvertes, tandis que les doigts de l’homme, ceux de sa main droite mis à part le pouce, s’insinuaient près de son sexe. Ils écartaient les lèvres humides et s’introduisirent dans l’antre trempé de l’inconnue.

— Hmmm, tes doigts en moi, c’est divin… Ne t’arrête pas, mon bel amant

De sa main droite, maintenant, il taraudait son vagin. L’excitation montait en lui aussi. De sa main gauche, il soutenait le dos de la belle endormie. Il se sentait durcir, de plus en plus. Il ne disait rien. Il retenait ses grognements et ses soupirs. Et pourtant, combien il aurait voulu pouvoir se lâcher un peu. Le plaisir n’allait plus tarder à arriver, ni pour elle, ni pour lui…

Afin d’en finir, avec délicatesse et doigté, il atteignit le point G de la jeune femme et commença de le masser. Celle- ci poussa un petit cri, se raccrochant à lui, complètement chavirée…

— Oui… oui…. Ouiiiiiiiiiiiiiiiiii….

Son éjaculation à lui fut simultanée. Comme il n’avait pas pris soin de retirer son pantalon et son boxer, il s’y répandit abondamment…

— Comme tu es bonne, furent les seuls mots qu’il prononça. Il était tellement éberlué de la force de leur orgasme qu’il ne put rien dire d’autre.

Ils étaient à bout de souffle l’un comme l’autre. Elle, toujours perdue dans ses rêves pour son bel « Âge d’airain » et lui, les doigts et le sous- vêtement trempés… »

Moi aussi, je me sentais dans cet état d’après orgasme. Vous savez, l’afflux de sensations délicieuses, la liquéfaction de mon intimité. D’ailleurs, nul besoin de passer les doigts entre mes lèvres inférieures : j’étais tout à fait consciente de l’effet que la rédaction de mon histoire avait eu… Si vous m’aviez vue, à ce moment précis, vous auriez remarqué mes joues rouges, mes yeux brillants et mon excitation aurait été si manifeste que…

Reprenant moi aussi mes esprits, je continuai… Je n’avais pas envie de laisser mes héros dans cet état !

« Il s’agissait à présent, de ne pas se faire trop remarquer. Le gardien aurait eu des difficultés à justifier l’état un peu somnolent mais repu de la jeune femme toujours endormie et le sien n’ayant pas encore retrouvé tout à fait son calme.

C’est donc avec mille précautions qu’il souleva l’inconnue et que très dignement, il se dirigea vers le bâtiment du musée…

— Tu nous ramènes la Belle au Bois Dormant ? lui demanda un de ses collègues en scrutant le visage du « bel amant » avec curiosité… Je ne savais pas que tu avais cet effet soporifique sur les jeunes filles…

Le gardien rougit, déposa la jeune femme dans un canapé à l’entrée. Le collègue alla chercher un verre d’eau et un sucre. Il tapota les joues de la belle endormie pour la réveiller et quand celle- ci ouvrit les yeux et qu’elle les vit tous deux penchés sur elle, la première chose qu’elle dit fut

— L’ Âge d’airain est un homme parfait.

Elle leur sourit et ayant bu quelques gorgées du verre qui lui était tendu, elle soupira

— Demain, je reviens. Ce sera à mon tour de m’occuper de lui… .

Le gardien, n’osant la regarder, sentit le désir monter à nouveau au creux de son ventre. Des fermetures de musée pareilles, il en voulait bien tous les jours. Il se demandait néanmoins ce qui se passerait le lendemain, quand la visiteuse s’assiérait sur le banc face à ce fameux « Âge d’airain» et qu’elle attendrait qu’il prenne vie pour le gâter à son tour…. »


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