Au Secret !

Une saga de Bleue - 3 épisode(s)

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Épisode 1 : Et si on passait à la vitesse supérieure ?

... Peut-être une nouvelle saga dont les héros seraient Blanche et Joachim ou Bleue et un autre homme ...

Depuis quelques temps, j’avais envie de tenter. Joachim, mon amant depuis un an, m’avait mis l’eau à la bouche. Au fil de nos conversations, nous avions plusieurs fois abordé le sujet.

Oui, il est candauliste. Oui, il est libertin. Il ne me raconte rien de ses rencontres mais cela ne me dérange pas outre mesure : je sais que j’ai une place dans sa vie, qu’il aime me retrouver pour du sexe et exclusivement du sexe. Pas de sentiments entre nous, du moins amoureux. Pour le reste, beaucoup de respect … et beaucoup de cadeaux-plaisir, surtout de ceux qui se pratiquent avec les doigts et avec la langue…

J’aurais dû me douter que notre escapade à Paris, soi-disant pour le Salon de la Littérature érotique, cachait autre chose.

Il ne m’a pas annoncé la couleur. Juste une invitation pour un mini-trip. C’est lui qui a réservé l’hôtel. Il m’a chargée de m’occuper des trajets.

C’est donc ce samedi de février que nous avons embarqué dans le Thalys de onze heures. Moins de deux heures plus tard, nous foulons le sol parisien. Passage éclair à l’hôtel : nous prenons possession d’une chambre somptueuse avec un lit gigantesque. Je garde les habits avec lesquels j’ai voyagé : un chemisier noir, des collants fantaisie de la même couleur, des bottillons plats couleur caramel. Seule la jupe en cuir rouge dont la longueur est réduite encourage les regards.

Notre passage à la Bellevilloise, endroit branché où a lieu l’événement, est plutôt rapide. Mais il suffit largement à retrouver trois auteurs et à passer du temps avec eux. D’abord, Franck, libertin, lui aussi, que Joachim ne connaissait pas mais dont il semble apprécier la compagnie. D’ailleurs, ils s’éclipsent à deux. Et deux de mes amies, qui écrivent comme moi, et grâce à qui je fais la connaissance d’Ambroise.

Cet Ambroise me plait immédiatement. Il me fait tellement penser au héros de mes histoires que… je craque littéralement : il a un joli visage, une courte barbe, des yeux saphir et de longues mains d’intellectuel. Il est plus grand que Joachim et… plus jeune aussi. Ce qui a tout pour me plaire.

Mes amies nous ont laissés seuls. On papote, du blog de l’une, du « presque » best-seller de l’autre, de nos contributions respectives à quelques sites de podcasts…

Je me sens rougir. Impossible de suivre constamment le fil de la conversation tant cet homme me charme. Ce sont plutôt ses mains qui virevoltent pour accentuer ce qu’il raconte qui me plaisent. Je les imagine sur moi : à écarter une petite mèche de cheveux qui me balaie la joue, à me saisir délicatement le cou pour me parler à l’oreille. J’avoue que je cherche un peu : il y a du bruit autour de nous et comme j’ai envie que nos visages soient proches l’un de l’autre, je chuchote pour qu’il soit obligé de se rapprocher. Ce qu’il ne manque pas de faire, évidemment. Je pense que… je lui plais. Quant à lui, il est évident qu’il me fait tourner la tête.

— Après le Salon, me demande Ambroise, où avez-vous l’intention de dîner ?

— Je n’en ai aucune idée. Je ne connais pas les projets de Joachim, dis-je un peu penaude.

Franck et mon amant nous rejoignent. Ayant entendu la fin de notre conversation, le premier enchaîne

— Permettez-moi de vous suggérer… le Secret. Justement, nous en parlions, Joachim et moi. C’est un endroit qui ne paie pas de mine extérieurement mais pour ce qui est du reste…

— Le Secret ? surenchérit Ambroise. Oh oui, c’est un endroit fabuleux…

Puis, se tournant vers moi :

— Dites oui, Blanche. Je suis certain que cela vous plairait. Et puis, si Joachim est d’accord, je serai « votre troisième ».

Je ne comprends pas trop ce que c’est que cette histoire de troisième. Je ne saisis pas non plus pourquoi, depuis qu’ils sont revenus, Joachim et Franck se font des sourires entendus. J’ai vraiment l’impression d’être piégée.

Ce n’est que quelques minutes plus tard, dans le taxi qui nous ramène à l’hôtel, que mes idées se précisent. Joachim m’a demandé de me changer et d’être, comme il l’aime tant, « subtilement sexy ». Si l’endroit où nous avons rendez-vous avec Ambroise se « contentait » d’être un restaurant, je pense que mon amant n’aurait pas autant insisté…

— Le caraco ivoire, avec le décolleté en dentelle, vous voyez, ça conviendrait ?

— Totalement.

Je n’ose pas le regarder dans les yeux…

— Pourquoi Ambroise parlait-il d’être le troisième et que Franck et vous aviez l’air de bien saisir de quoi il s’agissait ?

— Vous n’en avez vraiment pas une toute petite idée ?

Je sens mon cœur battre plus fort. Qu’est-ce que mon amant a manigancé ? Je ravale ma salive.

— Le Secret n’est pas un restaurant comme les autres, poursuit Joachim. En plus des plaisirs de la bouche, il y a aussi les plaisirs de la chair… De quoi vous, nous, sustenter. Dois-je être plus explicite ?

Est-ce une impression ou ai-je clairement entendu « suce » et « tenter » ?

— N’est-ce pas vous qui avez envie de passer à la vitesse supérieure et de tenter ? La première année, c’est celle des fantasmes, la deuxième et les suivantes, celles de leur réalisation. Ce sont bien vos mots ? Vous n’avez pas oublié ?

L’homme me fait un clin d’œil et sa jolie bouche s’étire, dessinant une fossette sur sa joue droite.

— Allons, ne soyez pas anxieuse. Tout se passera bien. Je suis certain qu’avec Ambroise et moi, vous êtes en de bonnes mains.

C’est chaussée d’escarpins noirs aux talons assez vertigineux, vêtue de mon caraco ivoire que je porte à même la peau (Joachim m’a fait ôter mon soutien-gorge), mes bas (j’ai dû me débarrasser de mes collants et de mon string tant ils étaient mouillés de mon désir pour Ambroise) et ma jupe ultra-courte en cuir, que je franchis la porte du Secret.

Nous nous débarrassons de nos manteaux et vestes et prenons place autour d’une table étroite. Joachim en face de moi et Ambroise à ma droite. Mon amant va nous chercher des cocktails au bar qui par ailleurs est magnifique : je n’ai jamais rien vu de pareil. Les bouteilles dans lesquelles se reflètent les luminaires, les couleurs dans les tons rouges et les néons bleus… Ambroise en profite pour passer ses doigts délicats entre mes jambes. Il est très étonné, d’ailleurs, que je ne porte rien sous ma petite jupe rouge : le haut de mes cuisses est déjà humide. Quand Joachim nous rejoint, Ambroise a toujours la main au même endroit.

— Ne vous gênez pas pour moi, lâche mon amant, les yeux pétillants. On commande ?

Burrata pour moi, bœuf pour lui et wok pour notre complice. Le repas est savoureux. Les vins qui l’accompagnent parfaits. Nous sommes vraiment dans un endroit pas commun…

Je sens une angoisse monter de mon ventre. Et si je n’étais pas à l’aise avec Ambroise ? Et si Joachim, tellement assuré que je suis sa parfaite petite aguicheuse, ne surprenait pas les regards emplis de concupiscence des autres convives et coquins du Secret ?

Je jette un regard timide vers la table voisine. Une afro vêtue de rouge porte un toast et tout le monde la regarde. Ce qui attire mes yeux, c’est son décolleté plongeant : les aréoles caramel bien visibles augurent la teinte marron de ses tétons. Elle fait signe au serveur de trinquer avec elle et celui-ci en profite pour jeter un œil intéressé au buste de la dame…

Me faisant signe d’approcher la bouche de son oreille, mon amant me rassure

— N’importe quel homme aurait envie d’une femme comme vous, Blanche, ne l’oubliez pas.

Et se tournant à peine vers Ambroise

— Elle est entre vos mains, mon ami. Profitez-en : c’est une amante délicieuse.

Ambroise a lâché ses couverts. De sa serviette, il s’essuie la bouche. C’est maintenant ou jamais, me dis-je, un petit pincement au cœur. L’homme se lève, se tourne vers moi

— Allons rejoindre le coin coquin, annonce-t-il avec un sourire désarmant d’assurance.

Il prend mes doigts dans sa jolie main. Joachim, comme pour m’encourager, me donne une petite claque sur la fesse (il aime se sentir « propriétaire de ma personne » et c’est de cette manière qu’il le montre : j’y suis habituée). Nous traversons l’espace-restaurant et gagnons le sous-sol.

Nous commençons par nous asseoir gentiment, sans doute parce qu’Ambroise me sent intimidée. Il glisse sa main dans le décolleté de mon caraco en m’embrassant dans le cou. Je sens son souffle juste sous le lobe de mon oreille. Puis, ses doigts jouent avec cette petite mèche de cheveux qui frôle ma joue.

— Détends-toi, lâche-t-il. Je peux te tutoyer ?

Je me laisse aller, à présent, et c’est presque naturellement que je me retrouve couchée, avec les jambes d’Ambroise mêlées aux miennes. Je sens son érection contre mon aine droite et cela m’excite.

— Reprenons où nous en étions avant le dîner.

Il m’écarte un peu de lui, et du bout des doigts, il remonte ma jupe à la recherche de ma fente. Bon dieu ce que j’aime ça. Sa main, sa jolie main, qui tour à tour me chatouille et me caresse, cajole mes lèvres. Ses doigts qui entrent et sortent de moi. Mon souffle s’accélère. Je pense « s’il trouve mon point G, je ne répondrai plus de rien ». Et il y arrive, vite…

Comme dans un rêve, j’entends la voix suave de Joachim me chuchoter

— Voulez-vous que je m’occupe de vos seins ?

Toutes les émotions provoquées par les caresses et stimulations d’Ambroise m’étourdissent. Mais bien entendu, que j’ai envie de cela. Cet homme est le seul à les traiter avec respect !

Il y a donc à présent Ambroise qui régale ma chatte et mon vagin avec ses manipulations divines et Joachim qui, d’ici quelques secondes, aura ôté mon caraco pour chérir mes seins d’une manière un peu brutale.

J’avoue que je ne suis plus très lucide. Quant aux doigts d’Ambroise, ils sont trempés de ma liqueur…

Et ce que je me dois de vous avouer aussi, c’est que je me suis laissée tenter… et que j’ai sucé Ambroise, et Joachim aussi.

Pour une première visite dans un endroit libertin, j’étais tout à fait comblée. À nous de conquérir d’autres lieux, mon amant et moi…

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