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Audace...

Quelque part dans le sud de la France, Mardi 7 Août 2012,

Mon cher Monsieur S,

Je vous prie d’excuser mon audace. En effet, cette liberté épistolaire, que je m’apprête à vous imposer, remet en cause les règles que vous m’aviez imposées. Néanmoins, je ressens un besoin viscéral et impérieux, de vous exposer, par la présente, les profonds ressentis, qui vampirisent mon âme, depuis cette soirée d’été, au cours de laquelle vous avez volé une partie intime de moi.

Cela faisait quelques mois que nous échangions au téléphone, pour des besoins purement professionnels, sans que je n’ai eu l’opportunité de vous rencontrer. Oh bien sûr, votre réputation sulfureuse, vous avez involontairement précédé.

Pourtant, même si votre timbre de voix chaud et viril, s’insinuait sournoisement dans mon cerveau, je me défendais de réagir comme la plupart de mes collègues féminines, prêtes à tout pour se faire remarquer de vous. Jusqu’au jour, où, sur un coup de tête, j’ai décidé de me débarrasser de l’épaisse toison pubienne qui dissimulait mon sexe timide. Enfin libéré de toute entrave, mon iris rose et fragile se dressait fièrement, tendu par un désir inédit. Les nouvelles sensations prometteuses qu’il me laissait présager, allaient m’amener bien au-delà de tout ce que j’avais pu imaginer.

Cet après-midi là, alors que nous étions en ligne, en train de parler de banals dossiers, vous m‘avez, tout à coup, ordonné de vous donner quelque chose de moi. Désarçonnée, j’ai pensé que ma libido exacerbée par mon tout nouveau sexe lisse, me jouait des tours. Mais rapidement, j’ai compris que je ne rêvais pas. Le séducteur compulsif que vous étiez, s’intéressait bel et bien à moi, le frêle papillon naïf, à peine sorti de sa chrysalide douillette. N’allais-je pas être épinglée au mur, au milieu de vos multiples trophées de collectionneur ?

Ramenée brutalement à la réalité par la tonalité froide d’un téléphone raccroché, j’ai très vite répertorié les options qui s’offraient à moi. Qu’est-ce qui pourrait vous surprendre encore, vous qui aviez déjà tout connu ?  Une mèche de cheveu? Non trop sage...

Un mouchoir imprégné de mon parfum? Non trop romantique...

Un bas déjà porté? Bonne idée, mais nous étions en été et je n'en portais quasiment jamais de toutes façons.

Une lueur aveuglante jaillit dans mon cerveau. Une étoile filante le traversa de part en part. Sans réfléchir, je me suis emparée d’une enveloppe Kraft, et me suis réfugiée dans les toilettes. Là, telle une adolescente sur le point de commettre une impardonnable bêtise, j’ai ôté ma culotte, renfermant toutes les odeurs de ma journée. Un mélange de sueur, de sucres et d’épices. Fébrilement, je l’ai glissé dans l’enveloppe, et ainsi, vulnérable, nue sous ma minijupe, je suis retournée m’asseoir à mon bureau. L’excitation ne s’était pas fait attendre. Mon entre-cuisse était déjà trempée. Un peu crispée, mes doigts ont tremblé sur le clavier téléphonique, lorsque j’ai composé votre numéro. Vous avez décroché à la troisième sonnerie. Moi qui espérais tomber sur votre répondeur. Votre ton surpris m’a galvanisée, et je n’ai pas hésité une seconde, pour vous donner rendez-vous au bas de mon immeuble dix minutes plus tard, où une enveloppe vous attendrait chez le concierge. Vous ne vous doutiez pas de ce que vous vous apprêtiez à découvrir. Vous ne pouviez pas envisager une telle audace. J’ai demandé une pause et ai descendu les trois étages à pied, stimulée par l'originalité de la situation.

Au rez-de-chaussée, le bureau du concierge était vide. Quelle malchance. Il ne bougeait habituellement jamais de son poste, comme un petit animal empaillé.

Tout s’est bousculé dans ma petite tête de papillon. Je ne pouvais plus abandonner. Je n'avais plus le choix. Je devais vous attendre moi-même devant l'entrée. Ma gorge est devenue sèche et d’horribles nausées nouaient mon estomac. 

A peine le temps de reprendre mes esprits, qu’un énorme 4X4 noir, vitres teintées, a ralenti et a stoppé à mon niveau.

La fenêtre du côté passager s'est ouverte automatiquement et j’ai distingué un homme d'une quarantaine d'années, très charismatique, en costume cravate. Vous m’avez cueillie avec un sourire et un clin d’œil désarmants. Vous aviez tellement l'air sûr de vous, mais c'était sans doute l'effet que vous conférait votre bel engin, flambant neuf. Et puis, vous étiez protégé par l'habitacle de votre voiture, alors que moi, j’étais totalement vulnérable et ridicule sur ce trottoir.

Dans un dernier sursaut de bravoure, je vous ai tendu l'enveloppe sans un mot. J’ai tourné rapidement les talons, et pensé immédiatement que je ne portais rien sous ma jupe. J’étais si effrayée par le fait que ma sève puisse dégouliner plus bas entre mes cuisses, et trahisse mon émoi.

Votre 4X4 a redémarré, et a disparu au bout de la rue.

De retour à mon bureau, j’ai bien tenté de dissimuler mon trouble en feignant de m'occuper de quelques dossiers, mais la scène qui venait de se dérouler, repassait en boucle devant mes yeux fixes et écarquillés. Quelle honte.

Chaque sonnerie de téléphone m'arrachait un morceau de cœur. J’étais en sueur. Tout à coup, la sonnerie de ma ligne directe a retenti, et m’a sortie de la torpeur. Votre voix, toute en jubilation, m’a tordu les tripes, et une onde de désir puissante a crispé mon ventre. Vos mots crus m’ont chavirée, et, lorsque vous m’avez  spécifié sans équivoque, que vous étiez en train de sniffer ma culotte, et que mon nectar vous envoûtait au point de vous faire bander, je restai interdite et silencieuse. Sans que je ne réussisse à prononcer le moindre son, vous m’avez demandé, avec assurance, à quelle heure je terminais et surtout où était garée ma voiture. Et moi, comme une automate, j’ai répondu à toutes vos questions

Mon sexe lisse humide comme la forêt amazonienne après une pluie diluvienne, ne me permettait plus de raisonner.

L’après-midi s’est écoulée lentement.

L’atmosphère était lourde. Je ne parvenais pas à me concentrer sur mes tâches. Elles me paraissaient encore plus rébarbatives que d’ordinaire.

Dans une demi-heure, je pourrai sortir de ce bureau qui me pèsait tel un carcan trop étroit. Je suffoquais. J'avais besoin d'air.

18H30. Enfin.

Le marbre qui recouvrait les sols et les murs, me procura une sensation de fraîcheur revigorante, après toutes ces émotions troublantes.

Je marchai altière et droite sur mes hauts talons. Je savais que la jupette blanche que j'avais choisi ce matin, mettait en valeur mes jambes, mes mollets, mes chevilles.

Personne ne pouvait deviner à cet instant précis, que je ne portais strictement rien dessous, et ce secret rendit ma démarche encore plus chaloupée. Je décidai de sortir et de contourner l’immeuble pour descendre au parking, plutôt que d’utiliser l’ascenseur jusque au sous-sol. Cela me permit d’humer la brise douce, chargée de sel marin. J'eus la nette impression de dégager une surdose de sensualité. Je le vis dans le regard des hommes qui me croisèrent, à moins que ce ne fut l'effet de mes joues rougies par le contraste entre l'air conditionné du bureau, et la douce chaleur de cette belle soirée d'été.

Je ne pensais plus à vous, Monsieur S, ni à votre enveloppe kraft. J’étais presque arrivée à l'entrée du niveau -1, quand tout à coup, je me trouvai nez à nez avec un beau brun au regard pénétrant, qui m'empêchait d'aller plus loin. Ce beau brun qui n’était autre que vous, me fit baisser les yeux. Les vôtres descendirent directement sur mes jambes. Vous me souriiez. Vos dents blanches vous donnaient un air angélique. Mais ce n'était qu'une apparence, car sous vos airs ingénus, je devinai une personnalité explosive. Le blanc immaculé de votre chemise en lin, m'éblouissait de façon outrancière, et tranchait avec votre peau caramélisée. Je passai devant vous, et votre parfum ambré, vint effleurer délicatement mes narines. C’est à ce moment précis, que vous avez prononcé mon prénom, en détachant exagérément les deux syllabes qui le composent.  La sensualité qui s'en est dégagée, finit de me bouleverser totalement. Votre regard devint soudain très coquin, et fixa mon sexe à travers ma jupe, qui me parût, soudain, si courte, si transparente. Instinctivement, j'esquissai un mouvement pour la tirer plus bas.

Mais c'était peine perdue.

Vous avez pris ma main, et vous n’avez rencontré aucune résistance. Je me suis laissée faire telle une marionnette, pendant que vous me complimentiez sur mes jambes et mes chevilles fines, et que vous m’entraîniez à l’intérieur du parking.

Vous étiez si près de moi, que je sentais votre souffle mentholé sur mon épaule.

Arrivée à côté de votre 4x4,  toujours sans protester, vous  m'avez ouvert la portière, et je pris place sur le siège passager, pendant vous vous installiez au volant.

Sièges en cuir, vitres teintées, levier de vitesse... enclenché.

Animal sensuel, prédateur implacable, vos mains ne me touchèrent pas immédiatement et pourtant, je rêvai qu'elles le fassent, aussi sauvagement qu'elles le laissaient présager.

La situation m'excitai comme jamais. Vous aviez senti ma culotte. Vous aviez encore les effluves de mon intimité dans vos narines. Vous connaissiez déjà mon odeur.

A tout moment, des hommes et des femmes, des couples, des gens que je pouvais potentiellement connaître, passaient devant le véhicule pour reprendre le leur. A tout moment, ils pouvaient nous apercevoir, nous surprendre.

Inconsciemment, je pris une posture indécente. Mes jambes s'écartèrent naturellement pour vous céder le passage. Je commençai à sentir l'humidité entre mes fesses et le cuir.

Vous avez saisi ma cheville gauche dans votre main, fermement, et fait passer ma jambe de l'autre côté de votre corps. Ma minijupe ne cachait plus rien de mon sexe tout lisse. Vous faisiez mine de vous étonner que je ne porte pas de petite culotte.

Je restai toujours muette, pendant vous souffliez sur la fleur de mon désir. Ce fut comme le vent au bord de l'eau, un sirocco tiède qui me fit chavirer. Votre tête disparût tout à coup entre mes cuisses. Les passants pouvaient désormais deviner un escarpin à la place du conducteur, mais peut-être que les vitres teintées, nous protègeaient de la curiosité extérieure, peut-être…

Vous me renifliez encore, comme si vous vous enivriez de mon parfum, comme si vous vouliez vérifier que ce fut le même que celui qui vous avez tant excité dans l'après-midi. Puis votre langue devint joueuse et me titilla agilement. Elle me fouilla. Elle me dévora. Je fus telle une gourmandise sucrée et généreuse dans votre bouche. Mon jus vous explosa les papilles, et vous arracha un gémissement.

Souple comme un félin en vous redressant, vous m'embrassâtes goulument.

Ce fût une cascade de vibrations extatiques et de saveurs épicées.

Votre pupille noire devenue rouge vermillon, dilatée par l'excitation de la chasse, vos lèvres douces et charnelles, me firent me cambrer. J'ondulai comme la mer. Vos doigts s’enfoncèrent enfin en moi. Je les enserrai de mes parois musclées. Je regardai furtivement autour de moi. Les gens allaient et venaient à un mètre de nous sans se douter du feu d'artifices qui éclatait à l'intérieur de l'habitacle.

Sans pouvoir me retenir une seconde de plus, je jouis intensément. Une secousse tellurique, un cataclysme, un tsunami… Mais croyez-moi, Monsieur S, j'en fus presque déçue. J’aurais tellement adoré que cela dure plus longtemps.

Je ravalai un râle bestial et ne laissai échapper qu'un long gémissement alangui.

Le souffle coupé, je vous repoussai maladroitement et tentai de me recoiffer.

J'arrangeai ma tenue désordonnée. Tout en me souriant, vous approchâtes vos doigts pleins de sève de ma bouche. Vous caressâtes ma lèvre entre ouverte. Je léchai vos phalanges une à une pour les libérer de cette odeur si exaltante, en prenant soin de garder mon regard planté dans le vôtre. Vous m'embrassâtes encore une fois. Un dernier partage de goûts, nos langues entremêlées.

Je sortis rapidement sans un mot, et m'éloignai de cette fournaise, trempée de sueur, un élixir de plaisir dégoulinant de mes cuisses. J’entendis vos paroles un brin ironique, qui me disaient que j'en voudrais plus, que bientôt, je vous supplierez, mais que je devrais attendre que vous daigniez me contacter, prétextant que l’attente exacerberait mon désir et deviendrait très vite insupportable.

Vous êtes un prédateur, Monsieur S, et je suis devenue votre proie.

Vous avez allumé un incendie ravageur qui se propage le long de ma moelle épinière. Chacun de mes pores est incandescent, et ma peau devenue hyper sensible, frissonne au moindre frôlement. Je ne parviens plus à contenir mon désir, qui enflamme tout mon corps. Je rêve de phallus, de fellations profondes, de pénétrations puissantes. Je me masturbe plusieurs fois par jour, sans pouvoir atténuer mon désir et apaiser mon envie. De mon petit volcan brûlant, s’écoulent des torrents de lave bouillonnante, que seule, votre main experte pourraient assécher. Je me consume dans un brasier de volupté que personne d’autre que vous, n’est en mesure d’éteindre. Vous aviez raison. Je veux plus. Je vous veux. Je vous en supplie. Défiez moi encore. Ne me laissez pas me perdre dans ce feu dévastateur qui embrase mon sexe. Ne me laissez pas dans cet état de frustration insoutenable.

Je suis prête.

Ordonnez-moi.

Je vous obeirai.

Votre déculottée culottée

Katia

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