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Épisode 3 : Antoine

Antoine apporta une serviette à chacune des filles. Audrey se débarbouilla le visage et tenta de limiter les dégâts dans ses cheveux, Stéphanie s’essuya le sexe et l’anus, couverts de lubrifiant et de cyprine mêlée. Pour ma part, Stéphanie m’avait nettoyé le sexe de fond en comble, quand à Antoine, il avait dû se nettoyer dans la salle de bain car il avait passé un short. Stéphanie entraina Audrey à sa suite vers la salle de bain et nous étions seuls à présent.

- Ça va ?

- Oui. Un peu déboussolé.

- Je comprends. Surtout que Steph ne vous a pas épargné. Elle a tendance à être très dominatrice avec les novices, ça l’excite beaucoup.

- Disons simplement que c’était… surprenant.

- Je parie que tu ne t’attendais pas à ça hier en entrant dans le club…

- Non, en effet. Et peut-être encore moins à apprécier ce qui allait se passer.

- C’est bien ce que vous découvrez. Tu vas voir, vous allez vous éclater. Et puis, même pour les couples avec qui vous pourriez vous amuser. Vous êtes beaux tous les deux, et ça se voit que vous vous aimez. C’est aussi bandant que mignon.

- Euh… merci.

La téléphone retentit, mettant fin à notre discussion. Antoine se leva, c’était le portable de Stéphanie.

- Devine qui appelle ma femme.

- Le petit jeune d’hier soir ?

- Dans le mille. Stéphanie ?

Stéphanie reparue, complètement nue cette fois.

- Qu’est-ce qu’il y a ?

- Téléphone.

Elle prit le téléphone et s’en fut rejoindre Audrey dans la salle de bain. « À mon avis, je vais finir l’après-midi tout seul… » En effet, elle reparue quelques minutes plus tard, vêtue d’une robe légère.

- C’était Camille, le petit jeune d’hier soir.

- Et ?

- Sa copine n’a pas trop apprécié de nous voir ensemble…

- Laisse-moi deviner, il se demandait s’il pourrait escompter avoir un lot de consolation.

- C’est ça.

- Tu rentres tard ?

- C’est un jeune, à mon avis non, rit-elle.

- Tu as pris une douche ?

- C’est un jeune, rit Stéphanie. À mon avis, ça ne sert à rien, je serais bien plus sale quand il aura fini.

- Amuse-toi bien ma chérie.

- Merci mon amour. Julien, merci d’être venu, c’était très sympa. Vous avez nos coordonnées, si vous voulez nous recontacter un jour, ce sera avec plaisir… Et Audrey est sous la douche les garçons, occupez-vous bien d’elle en mon absence.

- Ne t’inquiète pas pour ça, file.

Antoine raccompagna sa femme en l’embrassant sur le pas de la porte. J’étais à la fois perplexe et admiratif de leur relation. J’avais le sentiment de découvrir depuis la veille un nouveau monde, un monde parallèle à côté duquel j’avais toujours vécu sans en deviner l’existence.

- Vous aviez prévu de partir tard ?

- En toute fin d’après-midi.

- On a le temps de vraiment boire un café alors.

Il se leva ramenant deux tasses, tandis que j’emportais les autres. Nous passions dans le couloir lorsqu’Audrey m’appela. Je la rejoignais dans la salle de bain, alors qu’elle s’essuyait, nue, les cheveux mouillés. Dieu qu’elle était belle. Si nous avions été seul, je lui aurai sans doute fait l’amour sur le champ. Je ne sais ce qui me retint.

- Stéphanie est partie ?

- Oui, partie rejoindre le jeune homme qu’elle s’est goinfrée devant sa copine. Qui n’a pas trop apprécié apparemment.

- Tu m’étonnes. Elle peut se montrer… très « directrice ».

- C’est le moins qu’on puisse dire. Tu n’as pas eu peur ?

- Un peu à un moment. Mais j’étais dans un état incompréhensible. Je ne me suis pas reconnue.

- Je ne t’ai pas reconnue non plus. Mais tu étais… divine. Je t’aime.

- Je t’aime.

- Antoine fait couler des cafés, tu en veux un ?

- Oui. Vers quelle heure tu veux repartir ?

- En fin d’après-midi, pourquoi ? Tu veux remettre ça ?

- Je ne sais pas. Qu’est-ce que tu en penses ?

- Disons qu’Antoine s’est montré plus mesuré que Stéphanie. Pourquoi pas, c’est surtout pour toi. C’est toi qui décides.

- On verra. J’arrive.

Je rejoignais Antoine dans le salon. Il avait ouvert les baies vitrées et fumait une cigarette sur la terrasse, son café dans la main. Je le rejoignais. La vue était superbe. Nous échangions quelques banalités et Audrey nous rejoint, totalement nue, ses affaires étaient par terre dans le salon. Elle repassa sa jupe et son tee-shirt, roulant soutien-gorge et culotte en boule dans son sac, ce qui me rappela la veille, et mon état d’esprit, innocent, à ce moment-là. Savait-elle déjà ce qu’elle serait prête à faire et la manière dont cette soirée allait la transformer ? Elle nous rejoignit sur la terrasse, alluma sa cigarette et posa son café sur la table.

- Ça va ? La douche t’a fait du bien ?

- Oui, merci. Je t’avoue que ta femme m’a fait un peu peur par moment tout à l’heure.

- Je comprends. J’en ai parlé à Julien. Ça vous arrivera peut-être à vous aussi un jour. Être un peu trop dur avec des novices a quelque chose de très… excitant.

- Je crois que je peux comprendre.

- Ça ne m’étonne pas, les femmes ont une relation différente au sexe, j’ai mis plus de temps à prendre goût à nos petits jeux.

- C’est vrai ? demandai-je.

- Oui, c’est vrai. Nous, les hommes, sommes plus dans la possession. Il y a une relation d’amour-jalousie qui se crée dans nos têtes quand on voit notre partenaire avec un autre. Ça passe avec le temps, pour certains, moi il m’a fallu du temps. D’autres ne parviennent jamais vraiment à y prendre goût, pour d’autre encore, y prendre part n’est pas important. Toi Julien, je pense que tu es plus dans cette catégorie.

- C’est vrai… C’est ce que je ressens en tout cas. Si Stéphanie ne s’était pas occupée de moi, je ne sais pas si je le lui aurai demandé. Je veux dire…

- C’était pas important.

- C’est vrai ? demanda Audrey, surprise.

- Oui. Le simple fait de te voir avec Antoine, c’était… bien, génial.

- À ton service, dit Antoine tout sourire. En tout cas, c’était vraiment un bon moment. Comme je le disais à Julien, vous êtes adorables. Et toi, ma grande tu es délicieuse, dit-il à Audrey avant de déposer un baiser sur ses lèvres.

- Merci, minauda-t-elle.

- Vous voulez qu’on aille faire un tour avant que vous partiez ?

- Pourquoi pas ? Qu’est-ce que tu en penses Audrey ?

Elle rougit.

- Et bien… je ne sais pas ce que tu en penses toi, mais…

- Tu voudrais…

Elle acquiesça, sans un mot, un sourire où se mêlaient la gêne et l’envie sur les lèvres.

- Tu veux bien ? On avait dit que ce qui se passait ici resterait ici, alors…

- Autant en profiter ? demanda Antoine.

- C’est ça…

- Et bien, dans la mesure où Antoine est d’accord…

- Bien sûr, je n’osais pas vous le proposer. Tu veux participer Julien, ou tu préfères nous regarder ?

- Et bien, je… je ne sais pas. Ça t’embête si vous commencez tous les deux mon amour ?

- Comme tu veux, répondit Audrey dans un murmure, la gorge visiblement sèche.

Antoine tendit la main à Audrey et l’entraina à sa suite dans la chambre cette fois. Au passage, il cueillit une chaise qu’il déposa face au lit en me jetant un clin d’œil.

Audrey s’assit au bord du lit et saisit le sexe d’Antoine à travers son short. Doucement, Antoine souleva son visage d’un doigt et l’embrassa tendrement. Puis, il ôta le tee-shirt de ma femme, dévoilant ses seins, et les pressa sans vergogne alors qu’elle extirpait sa queue de son short. Une queue déjà gonflée à demi, dont le prépuce recouvrait encore une partie du gland. Il l’embrassa à nouveau et se décala sur le côté pour que je puisse voir ma femme le prendre dans sa bouche.

- N’oublie pas qu’il te regarde. Montre-lui que tu aimes ça.

Audrey ne me quittait pas des yeux alors qu’elle allait et venait le long de sa tige, raide à présent. Je n’en pouvais plus d’amour pour ma femme, mon cœur frappait à tout rompre dans ma poitrine. Antoine se retira de ses lèvres et quitta son short, puis il fit lever Audrey avant de la positionner à quatre pattes sur le lit, la croupe face à moi, et de lever sa jupe sur son dos dévoilant son sexe et son petit trou. D’un coup de langue, il remonta de l’un à l’autre et s’attarda sur son anus avant de caresser son clitoris de ses doigts et de dévorer son sexe. Elle m’appela. Je m’approchais et m’agenouillais, par terre, la tête contre la sienne. Elle m’embrassa et me caressa le visage alors qu’il la pénétrait de ses doigts. « Viens, que je te suce pendant qu’il me prend. » J’ôtais mon pantalon alors qu’Antoine partait à la recherche d’un préservatif. Je m’allongeais sous Audrey, et elle me prit aussitôt, tendrement dans sa bouche comme elle savait si bien le faire. Ses lèvres épousant la gorge de mon gland, sa langue caressant mon frein, allant et venant. Antoine reparu le sexe à la perpendiculaire recouvert d’un préservatif, un sourire aux lèvres. « Vous êtes vraiment mignons. » Il posa un genou sur le lit et pénétra Audrey délicatement, la faisant haleter sur mon sexe. Bientôt, sous ses va-et-vient, elle fut incapable de continuer sa fellation, ma queue frappant simplement son visage à chaque coup de rein d’Antoine. « Hé, tu pourrais t’occuper de ton homme, fais un effort ma belle. » dit-il accompagnant ses paroles d’une claque douce sur les fesses. Audrey me reprit dans sa bouche, mais un assaut plus important me fit avancer trop profond dans sa gorge, et elle me recracha aussitôt. Sans s’avouer vaincu, elle tenta vainement de me lécher les bourses, mais elle prenait trop de plaisir pour parvenir à quoi que ce soit. Je me masturbais donc, devant son visage aux yeux clos, haletant.

Contre toute attente, ce fut Antoine qui éjacula le premier. Il eut à peine le temps de s’extirper de son sexe, d’arracher sa capote avant de se répandre sur ses fesses où il étala sa semence. Mais il ne s’arrêta pas et la masturba fortement tout en appuyant son visage sur mes couilles pas intermittence. Cela rendit Audrey folle, elle se rua sur mon sexe et me fit jouir vite, contre son cou, avant d’exploser elle-même sous les caresses d’Antoine. Cette fois, ses premiers mots furent pour moi. « Je t’aime. » dit elle simplement dans un sourire. Mais cela voulait tout dire.

- C’était très beau les jeunes, je suis heureux d’avoir partagé ça avec vous.

- Et nous donc répondit Audrey. Quoique si tu ne me l’avais pas dit je l’aurai compris dit-elle en passant une main sur ses fesses crémées. Tu m’as recouverte.

- Il m’a semblé que ça ne te gênait pas trop, et c’était trop tentant.

- Mouais, dit elle une moue amusée sur le visage en contemplant sa main brillante du sperme recueilli sur ses fesses.

- Merci, dis-je.

- Le plaisir fut pour moi, je t’assure. Tu peux t’allonger Audrey, ne t’en fais pas pour les draps, ils en ont vu d’autre, dit Antoine en allant à la salle de bain.

Audrey s’allongea sur moi, déposant sa tête sur mon ventre, sa main collante sur ma cuisse.

- Alors c’est comme ça qu’on profite des derniers instants du weekend ?

- Tu m’en veux ?

- Non. Pas une seconde. Je suis surpris, c’est le moins qu’on puisse dire.

- J’avoue que j’ai du mal à me reconnaître.

- Et moi donc.

- C’est juste que… je ne sais pas, c’était sur le moment. Tu comprends ? Je ne me suis jamais laissée aller comme ça. Même si ça me fait un peu peur, c’est… bon. Alors, comme ça avait l’air de te plaire et que Stéphanie est partie… Si elle était restée, je ne pense pas que j’aurai voulu recommencer. C’était trop bizarre. Mais Antoine avait été plus respectueux, plus tendre, je me suis juste dit « pourquoi pas ».

- Et alors ? Heureuse du résultat ?

- Exceptée mes fesses pleines de sperme, oui.

Je me levais sur les coudes pour contempler son derrière maculé, sous sa jupe relevée dans le dos.

- Je trouve que ça te va plutôt bien, moi. J’ai même envie de prendre une photo en souvenir.

- Tu es fou ! et si quelqu’un tombe dessus…

- C’est non ?

- C’est non ! rit elle.

Antoine reparu, une serviette à la main. « Attends, je vais te nettoyer un peu. » Audrey se cambra, et il frotta précautionneusement ses fesses avant de lui tendre la serviette pour qu’elle éponge ma semence qui séchait sur son cou.

- Voilà, toute propre, prête à recommencer.

- Je dois quand même un peu sentir le sperme.

- Ça, certainement, tu veux repasser sous la douche ? Julien et moi auront le temps de boire un autre café.

- Vite fait alors.

- Prends ton temps.

Antoine et moi nous rhabillons et passions dans le salon. Je ne savais plus quoi lui dire, comme si, à présent que tout était terminé, ma jalousie, ou tout du moins un sentiment proche, moins violent, me contraignait au silence. Il sembla le percevoir.

- C’est pas facile les premières fois.

- Pardon ?

- Une fois qu’on a jouit, les choses sont différentes. Quand il n’y a plus l’excitation de ce qui peut ou va se passer, ça crée comme un vide. La culpabilité post-coïtale en plus intense.

- Ça te le fait encore ?

- Là, non. J’ai baisé ta femme, pas l’inverse. Tu comprends ce que je veux dire ?

- Oui.

- Par contre, il y a de fortes chances pour que ce soit plus compliqué quand Stéphanie rentrera, je ne te le cache pas. Je n’ai que ce que je mérite quelque part, c’est par moi que tout est arrivé.

- C’est à dire ?

- Et bien, disons que Steph n’a pas toujours été comme ça. Se conduire comme elle s’est conduite tout à l’heure, c’est tout autant pour se blinder que pour se venger. Elle a toujours aimé le sexe, mais pas comme ça. Au début, tout allait bien entre nous, nous nous suffisions. Et puis, l’éloignement a fait son œuvre. C’est moi qui ai fauté le premier. On s’est séparé un temps, mais on s’aimait toujours, alors…

- Je comprends, on s’est séparés quelques fois aussi.

- Ça arrive à tous les couples aujourd’hui, comme pour être bien sûrs de notre choix sur la personne qui va partager notre vie. Sauf que c’était différent. La fille avec qui je l’avais trompée ne m’intéressait pas le moins du monde, elle était là, c’est tout. Mais ça a vraiment blessé Steph. Elle a commencé à coucher à droite à gauche, parfois avec des gens qu’on connaissait. Pour me blesser. Et ça a fonctionné. On s’est remis ensemble, mais ça n’était plus pareil. Le fait d’avoir fauté une fois m’avait montré que c’était possible, les aventures qu’elle avait vécues de son côté me faisaient douter de sa fidélité, tout comme elle doutait de la mienne. À force d’en parler, on a fini par tenter l’expérience de l’échangisme avec un couple qu’on connaissait, et quelque part, ça répondait à toutes nos interrogations, toutes nos attentes. On était ensemble, on vivait ça ensemble, et on s’aimait toujours. De fil en aiguille, nous avons rencontré d’autres couples, et nous voilà aujourd’hui, dix ans plus tard.

- Ça te fait toujours souffrir ?

- Parfois. Quand elle part seule surtout, comme là. Même si elle n’était pas dupe de ce qui allait certainement se passer une fois qu’elle serait partie. Elle savait qu’elle ne me laissait pas « seul ». Mais d’après moi, les hommes et les femmes n’ont pas le même rapport à l’autre au sein du couple. Ça dépend des individus bien sûr, et encore faut-il qu’il y ait de l’amour, mais les femmes, pour la plupart, n’ont pas ce rapport à la possession que nous les hommes pouvons avoir.

- Oui, je vois ce que tu veux dire.

- Dans votre cas, je dirai que c’est encore différent. Vous en êtes tout au début, et même si, à voir les réactions d’Audrey je doute que vous vous arrêtiez là, je doute que vous cherchiez à terme ce que nous cherchions, nous.

- C’est à dire ?

- Julien, je sais que ma femme est belle et désirable. Et crois moi, je l’ai vu donner du plaisir à bien des hommes, ou des femmes d’ailleurs. Toi, tout ce qui t’intéressait, c’était Audrey.

- C’était si évident ?

- Tu n’as pas idée. Je pense d’ailleurs que ça a un peu froissé Steph que tu n’ais d’yeux que pour Audrey.

- Je n’avais pas l’intention de la froisser.

- Je sais. J’ai connu des hommes comme toi, tout au plaisir de leur femme. Fais attention toutefois, si vous décidez de retenter l’expérience. Si tu trouves que Stéphanie a été rude, il y a des hommes qui sont bien pires.

Audrey reparu alors, jupe réajustée et tee-shirt enfilé.

- De quoi vous parlez ?

- De tout et de rien. Tu veux un café ?

- Non, merci. Je crois qu’on va rentrer maintenant.

- Déjà ?

- Tu aurais dans l’idée de me faire prendre une nouvelle douche ?

- Non, je plaisantais. Il ne faut pas abuser des bonnes choses. Vous découvrez à peine un nouveau pan de votre sexualité, c’est génial, je suis très content pour vous, mais il faut aussi y aller en douceur.

- Tu parles en connaissance de causes ?

- Non, pour nous, tout s’est toujours bien passé, ou à peu près. Mais j’en connaît qui non content d’être déçu se sont retrouvés dans des situations dangereuses.

- Merci du conseil.

Nous prîmes enfin congés, et je ne savais dire si j’en étais soulagé ou déçu. Sur le chemin du retour, nos mains restèrent entrelacées, une nouvelle complicité se faisait jour. Notre couple avait quelque chose de nouveau, tout comme au début d’une relation, quand on apprend à se découvrir. J’avais envie d’elle, je l’aimais, tout autant que lorsque nous nous étions rencontré. Et je le devais un peu à Stéphanie et Antoine, que nous nous n’oublierions sans doute jamais.

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