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Épisode 5 : Franck

Une semaine après notre échange vidéo, elle me dit avoir contacté Franck pour que nous nous voyions le weekend suivant. Nous partirions tous les deux le vendredi soir, et Franck nous rejoindrait le samedi après-midi. Elle avait déjà réservé l’hôtel, sans en dévoiler ni l’enseigne ni le nom à notre invité, et lui avait fait part de ses craintes. Il l’avait rassuré une fois de plus, soucieux que les choses soient claires, elle seule était maîtresse du jeu, et elle pourrait y mettre un terme aussitôt qu’elle le voudrait.

De mon côté, bien que j’eusse respecté ma volonté de ne pas interférer dans son choix, une idée m’était venue. Le mystère lui manquait, qu’à cela ne tienne. Nous attendrions Franck dans notre chambre, les rideaux tirés, volets baissés, et je banderai les yeux d’Audrey avant qu’il ne passe la porte. L’idée la séduit immédiatement, et cela sembla même l’alléger d’un poids, elle était tout à coup plus gaie et légère. Plus confiante. Et beaucoup plus excitée.

La semaine nous parut interminable, nous faisions tout pour ne pas nous toucher, pour faire monter le désir, et laisser flotter un parfum d’interdit entre nous. Quand enfin vint le vendredi, je ne put dormir de la nuit, imaginant sans cesse ce qui allait se passer le lendemain. Le matin arriva enfin, nous étions électriques. Impatients, nous envoyâmes un message à Franck qui nous répondit aussitôt se mettre en route en fin de matinée et décidâmes d’aller marcher dans l’espoir de conserver nos esprits. Midi arriva, mais nous étions trop impatients et excités pour avaler quoique ce fût. Nous décidâmes donc de boire un apéritif en terrasse, comme une ultime prise de courage avant le grand saut et remontâmes dans notre chambre pour nous préparer. Tandis que je baissais stores et rideaux, Audrey partit dans la salle de bain pour se changer. Elle en ressortit drapée d’un déshabillé de satin blanc ouvert sur une guêpière noire qui rehaussait ses seins, un string de dentelle assorti, et des bas de satin noir. J’avais plus faim de ma femme à cet instant que jamais. Elle le vit et me sourit, secouant son index en l’air. « Pas encore. » Elle s’assit dans le fauteuil que nous avions déplacé pour qu’il fasse face à la porte et à Franck aussitôt qu’il entrerait. Et je lui ceignais les yeux d’un bandeau noir.

Le sang battait si fort à mes tempes que lorsque notre invité frappa à la porte, je doutais d’avoir rêvé. Ce furent les questions d’Audrey qui me tirèrent de mes doutes et de mes rêves. « Il est là ? C’est lui ? Déjà ? » J’entendais son souffle rapide, alors que j’avais du mal à reprendre le mien en me dirigeant vers la porte. Franck était derrière. Tout sourire, visiblement plus décontracté que nous, il portait une chemise légère et un pantalon de toile, il avait dans les mains une bouteille de champagne à propos de laquelle les employés de l’hôtel avaient sans doute fait mine de ne pas s’interroger. Il était grand, et bronzé. Je connaissais les dimensions de son sexe, et le voir, bien qu’encore habillé, en chair et en os me faisait me sentir petit. Il m’impressionnait. Il entra et vit immédiatement Audrey, les jambes croisées, les mains sur les montants du fauteuil.

- Bonjour, dit-il dans un sourire.

- Salut, répondit-elle. On a voulu ajouter un peu de mystère, j’espère que ça ne t’ennuie pas ?

- Absolument pas, répondit-il.

Il s’approcha d’elle et l’embrassa sur la joue.

- Tu es plus belle encore que je ne le pensais.

- Merci beaucoup.

- J’ai apporté une bouteille de champagne, vous voulez en boire une coupe ?

- Avec plaisir, répondit-elle.

J’allais chercher des verres tandis que Franck ouvrait la bouteille, et nous trinquions nos verres contre celui d’Audrey qui ne voyait toujours rien.

Nous parlions un instant de tout et de rien, mais notre invité dut sentir notre fébrilité, car il ouvrit les hostilités. « Tu es vraiment très belle » dit-il en caressant du revers de la main le visage d’Audrey. Elle ne répondit pas, cherchant son air. « Ça t’ennuie si je t’embrasse ? ». « Non ». Et il effleura ses lèvres. Elle tendit son verre pour que nous le posions. Il s’en empara, et les mains libres, elle chercha dans l’air où nous étions. « À présent, je vais t’embrasser, dit-il, et Julien en fera de même à son tour, jusqu’à ce que tu ne saches plus à qui appartiennent les lèvres qui t’embrassent. »

Nous ôtions nos vêtements et nous approchions d’elle, l’embrassant tour à tour, faisant courir nos doigts sur son cou, ses cuisses, le haut de son torse. Sa respiration se faisait difficile. Puis Franck se releva, et posa son sexe tendu sur ses lèvres tandis qu’elle attendait les siennes. Elle fut surprise, mais tendit la main aussitôt pour l’attirer à elle. Il se retira et sans un mot me proposa de prendre sa place. Elle embrassa nos sexes, tour à tour, alors que nos mains se faisaient plus pressantes sur son corps, caressaient tout d’elle. Puis, elle chercha nos sexes de ses mains jusqu’à se saisir de chacun d’eux, relevant les jambes sur les accoudoirs du fauteuil. J’en profitais pour lui ôter son string et dévoiler son antre brûlant et débordant de désir que je m’empressais de caresser, échappant un instant à sa main, elle attira alors Franck à elle jusqu’à pouvoir l’entourer de ses lèvres. Je voyais sa bouche s’ouvrir et se fermer sensuellement, gourmande autour du gland de Franck. Sa langue montait et descendait, tournait, tandis que sa main se serrait autour de ses bourses. Puis elle l’emprisonna dans sa bouche quand la mienne embrassait son sexe. Son excitation n’avait rien avoir avec notre dernier contact avec Franck, elle était inondée, et mon visage de même à la fouiller, son miel coulait jusque sur mon menton. J’entendais les bruits de succion et sentais sa main aller et venir sur le membre qu’elle dégustait visiblement sans retenue, de l’autre, elle appuyait mon visage plus fort sur elle. Délaissant ma nuque, elle arracha soudain son bandeau et le pompa vigoureusement, à deux mains à présent, secouant son gros membre sur sa langue, contre son palais et dans ses joues. Puis, elle le lâcha, plaquant ses mains sur ses fesses elle l’attira à elle et le lécha de tout son long, n’hésitant pas à laisser de la salive par paquet à certains endroits, le prenant et le relâchant par intermittence, suçotant son gland et le suçant fort comme pour en extraire le jus. Je plantais mes doigts en elle pour libérer mon visage et profiter du spectacle. La taille du membre de notre invité n’était apparemment plus un problème en ce qui concernait sa bouche, et à la manière dont mes doigts étaient libres d’aller et venir en elle je ne doutais pas de sa capacité à entrer. Elle masturbait à présent la grosse queue de Franck sur son visage tandis que ses lèvres faisaient rouler ses testicules, les léchait, les suçait, allaient de l’un à l’autre, goulues.

Elle se leva et l’attirant par la main le poussa sur le lit où il s’allongea. Elle laissa son déshabiller tomber au pied du lit et l’escalada à son tour. Venant placer son sexe sur sa verge aux dimensions prodigieuse, elle s’assit dessus pour se frotter sur toute sa longueur. Dieu qu’elle respirait fort ! Il défit la fermeture de sa guêpière et la lui enleva révélant tout entier son ventre et ses seins, s’asseyant pour les lécher et les sucer. Mais elle en voulait plus. Elle s’allongea sur lui et attrapa son membre jusqu’à le présenter à l’entrée se son vagin, puis lentement, le fit entrer en elle. « Elle est grosse. », fit-elle dans un gémissement. « Ça va ? » répondit-il. Pour toute réponse, elle broya sa main sur son sein pour qu’il la pétrisse plus fort et entama des va-et-vient de plus en plus profonds. Elle gémissait, et au moindre mouvement de Franck, elle haletait. Elle se releva sur sa queue et se mit à le baiser frénétiquement. Je me mis debout sur le lit et elle attrapa aussitôt mon sexe, mais dans un état second, elle était incapable de s’occuper de moi. Franck humidifia ses doigts de salive et masturba son clitoris alors qu’il la baisait à présent autant qu’elle le baisait, leur corps s’emboitant dans le choc de leur peau l’une contre l’autre. Elle se laissa aller en arrière, les mains sur les chevilles alors qu’il soulevait les fesses de plus en plus haut, la bourrant de son énorme pilon et elle jouit. Violemment, bruyamment, elle se laissa aller en arrière extirpant son sexe d’elle dans un bruit de succion, la main sur le sexe, les jambes agitées de convulsion. Elle ne parvenait pas à reprendre son souffle, à tel point qu’un instant j’eus peur pour elle. Mais elle se ressaisit et attrapa sa queue telle une succube. Elle planta les dents dessus et gémissait chaque fois que son gland pénétrait sa bouche, ses mains caressant, soupesant ses bourses dans une fellation impensable pour ma femme. Franck, déjà passablement, épuisé par leur étreinte ne tarda pas à se laisser aller. Un premier jet la frappa au visage, mais loin de la dégouter de continuer, elle le prit dans sa bouche sans arrêter un instant sa pipe anthologique. Elle n’avala pas, mais laissa son sperme dégouter le long de sa hampe, sa langue nettoyant, étalant chaque goutte qui perlait sur son gland, sans sembler parvenir à s’arrêter. Lorsqu’il n’y tint plus et la repoussa en soufflant, elle se jeta sur moi, m’avalant derechef, et me fit à mon tour venir dans sa bouche comme elle l’avait avec lui. Une fois la folie passée, elle s’assit sur le lit. Et me sourit, nettoyant son visage et son menton couverts de sperme du revers de sa main.

- Je ne m’attendais pas à ça, dit-elle. Désolée.

- Tu n’as pas t’excuser, répondit Franck du tac au tac, relevé sur ses coudes pour la regarder.

Même ainsi, couverte de nos semences, elle était belle. Plus que belle, magnifique. Elle ne cesserait jamais de me surprendre, et visiblement, je ne cesserai jamais de l’aimer plus.

- Je pense que tout le monde peut prendre une douche.

- Je pense que tu mérites amplement d’y aller la première. C’était… wôw. Tu es très douée, et tu vois, tu n’avais pas à avoir peur.

- Visiblement. Pfou… Je vais avoir besoin d’un peu de temps pour récupérer.

- Je comprends.

- Vas te doucher si tu veux, je voudrais qu’on reste un peu ensemble avec mon chéri.

- Pas de problème, je comprends. Vous êtes très beaux tous les deux. Même si je préfère Audrey, Julien, rassure-toi. Mais, même dans « l’action » on sent le respect et l’amour que vous avez l’un pour l’autre. C’est rare. Je vous laisse les amoureux, dit-il avant de se lever et de se rendre nu dans la salle de bain.

- Ça va ?

- Oui, très bien. Tu es belle.

- Merci, toi aussi. Et je t’aime.

- Je t’aime.

- Alors ?

- Alors ?

- Ce n’est pas la peine que je te demande si ça t’a plu.

- Ouais, je crois que ça s’est vu.

- Il ne t’a pas fait mal ?

- Non. C’était… différent. Très intense. Je sentais qu’elle était grosse en moi, mais ça n’était pas forcément désagréable. Pour être franche, je préfère ta queue à la sienne, mais non, ça n’était pas désagréable.

- À refaire ?

- Aujourd’hui, certainement. À l’avenir, je me rends compte que les gros sexes, c’est pas forcément mon truc. Enfin, disons que je n’en ferais pas un critère de sélection.

- Ça me rassure.

- Tu n’as pas à t’inquiéter. C’est toi que j’aime. Et ta queue que je préfère.

- Je t’aime aussi.

Nous nous allongions l’un contre l’autre. Je sentais ses seins sur moi, tout son corps, et déjà, j’avais envie d’elle.

- Tu veux ?

- Rien que tous les deux ?

- Oui, mais je préfèrerai prendre une douche avant.

- Je suis d’accord. J’aime bien Franck, mais je crois qu’une partie de lui est collée sur mon ventre…

- Arrête… rit-elle

- Tu peux parler, c’est toi qui l’as mise là. On dirait que le sperme te dégoute moins d’ailleurs…

- Je ne me suis même pas rendu compte de ce que je faisais. Mais au final, c’était sympa.

- C’était très beau en tout cas.

- Tu n’es pas jaloux ?

- Tu l’aimes ?

- Non.

- Alors je ne suis pas jaloux.

Franck revint sur ces entrefaites vêtu d’une simple serviette autour de la taille, alors qu’Audrey et moi étions allongés, moi sur le dos, elle la tête sur mon torse. Et mon sexe qu’il ne voyait pas, dressé entre les seins de ma femme.

Audrey se leva aussitôt et m’entraîna par la main dans la salle de bain. Elle fit couler la douche et nous y plongions sans autre forme de procès, enlacés sous l’eau. Elle se frotta le visage et m’embrassa, une main sur ma nuque. Je la lavais, frottant, caressant, empreint de la plus grande dévotion, jusqu’à ce qu’elle soit couverte de mousse. Elle en fit autant pour moi s’appesantissant sur mes bourses et mon sexe tendu, puis nous rinça tous deux, avant de se laisser aller contre la paroi de la douche, m’attirant en elle. Nous fîmes l’amour, comme si nous étions seuls, jusqu’à perdre toute notion du temps ou de la présence de notre invité. Si bien que lorsque nous sortions enfin de la salle de bain, nous constations que nous étions effectivement seuls. Franck avait laissé un mot sur le lit à notre attention.

« Merci beaucoup pour ce moment fort agréable. J’ai préféré vous laisser seuls aux vues de votre besoin de vous rapprocher. Besoin dont je ne vous blâme nullement, non seulement pour ce que nous avons vécu, mais encore parce que je le comprends parfaitement. Vous êtes adorables. Vous avez mes coordonnées, au cas où… À bientôt, tendrement, Franck. »

Nous souriions comme deux adolescents pris la main dans le sac.

- Pas trop déçue ?

- Non.

Sans autre forme de procès, nous ouvrîmes le lit et y sombrâmes tous deux, dans les bras l’un de l’autre.

Grâce à ce nouvel aspect de notre sexualité que nous découvrions ensemble, notre couple n’avait pas seulement rajeuni, il renaissait. Ce n’était pas seulement nos étreintes plus nombreuses, plus fougueuses, mais notre complicité, notre tendresse qui était différentes. Comment dès lors aurions-nous pu nous arrêter ? Audrey, si elle n’était pas aussi impatiente que moi de renouveler l’expérience, n’en demeurait pas moins demandeuse. Ce fut elle qui la première revint sur le site où nous avions rencontré Franck. Elle était seule à la maison ce jour-là et je reçus une photo de l’écran de notre ordinateur sur lequel apparaissait le nombre de notifications que nous avions reçus depuis notre dernière connexion, il était proprement ahurissant. Franck avait parlé de nous à certains de ses « amis » et les résultats ne s’étaient pas attendre. Nous croulions sous les demandes. Je reçus aussitôt un autre message, « tu veux que je t’attende pour répondre ? ». « Non, commence. Fais un premier tri, on regardera ensemble ce soir. » Nous étions en milieu de matinée et j’eu le plus grand mal à me concentrer sur mon travail alors que je savais ma femme affairée à lire les commentaires et les invitations. À la seconde où le dernier client partit, je l’appelais.

- Alors, la matinée fut agréable ?

- Très, je l’avoue.

- Il y a des demandes intéressantes ?

- Plusieurs. Dont une d’un profil qu’on avait mis de côté…

- Homme ou couple ?

- Homme.

- Et ?

- Et bien, il connaît Franck, qui en dit le plus grand bien…

- Tu as parlé avec Franck ?

- Oui, très vite sur le tchat, il était au travail.

- Il n’était pas trop déçu ?

- Pas du tout, et il a été charmant, comme toujours. Je lui ai promis une gâterie si on se revoyait, pour nous faire pardonner.

- Et bien… quand le chat n’est pas là, la souris danse.

- Ça t’embête ?

- Non, je plaisante. Par contre, je t’avouerai que je suis très excité.

- Moi aussi.

- C’est agréable de se sentir désirée ?

- Tu n’as pas idée.

- Tu me parlais d’un homme.

- Philippe. Tu te souviens ?

Oui, je me souvenais. Philippe avait été dans notre finale des profils qui nous semblaient intéressants.

- Oui, je me souviens. Il nous a contacté ?

- Oui, il s’est montré très respectueux mais aussi très intéressé.

- Et… Il est disponible pour que nous puissions le contacter ?

- En journée surtout. Il travaille de chez lui.

- Tu as parlé avec lui ?

- Non, c’est dans son message. Tu veux que je lui envoie un message, je lui demande quand il serait libre en soirée pour qu’on puisse se parler tous les trois ?

- Pourquoi tu ne le contactes pas directement ?

- Tu ne veux pas attendre d’être là ?

- On peut en parler ce soir tous les deux, en attendant tu pourrais te faire une idée et t’amuser un peu.

- Tu es sûr ?

- Pourquoi pas ? Tu me raconteras.

- … D’accord. Je vais voir avec lui s’il est disponible.

- Il me tarde déjà que tu me racontes. Je t’aime.

- Je t’aime aussi mon amour, tu me manques.

- Toi aussi. Et…

- Et ?

- N’hésite pas à m’envoyer des photos.

- Coquin !

- Coquine ! Je t’aime.

- Je t’aime.

Je raccrochais, les yeux dans le vague. Et une érection terrible déformant mon pantalon. Mon cœur frappait fort, j’avais chaud. J’aurai dû aller déjeuner, mais je savais que je ne pourrai rien avaler. J’étais en transe. Je décidais de me forcer à travailler pour m’occuper l’esprit et penser à autre chose. Cela me fut difficile pendant un long moment, puis de plus en plus facile. Jusqu’à ce que mon téléphone vibre à nouveau. C’était un message. Je sentais mon cœur frapper jusque dans mes tempes, et toute salive semblait avoir disparu de ma bouche. Je déverrouillais le clavier. C’était une photo. Un selfie. Audrey, son masque sur les yeux, nue, assise en tailleur, l’ordinateur portable devant elle. Un homme sur l’écran qui souri. Tu m’étonnes, je sourirai aussi. Quel sentiment était le plus fort en moi ? Je n’en avais aucune idée, mais la jalousie y brulait aussi. La curiosité aussi. Une curiosité dont je ne savais pas si elle pouvait être considérée comme malsaine ou non. Tant pis. Je l’appelai.

- Allo ? minauda-t-elle.

- Alors, on s’amuse bien ?

- Attends, je te mets sur haut-parleur… C’est bon.

- Alors, c’est sympa les après-midis à la maison ?

- Plutôt, oui. On jouait à un jeu avec Philippe…

- Bonjour.

- Bonjour. Ça va ?

- Très bien, merci. J’espère que ça ne t’ennuie pas qu’on joue en ton absence avec Audrey…

- Non, rassure toi, du moment que ça ne l’ennuie pas elle, pas de soucis. C’était quoi votre jeu ?

- Philippe doit me dire ce qu’il me ferait s’il était là, si ça me plait, je dois enlever un vêtement.

- J’ai pensé que ce serait un bon moyen de se découvrir et d’apprendre ce que l’autre aime.

- Et alors, qui gagne ?

- Et ben, je suis toute nue et très mouillée. J’ai pensé que ce serait le bon moment pour t’envoyer une photo.

- Très bonne idée. Tu as perdu du coup ?

- Le jeu n’est pas fini !

- C’est quoi la prochaine étape ?

- Je dois la faire jouir sans la toucher, juste avec des mots. Si j’y arrive, elle aura un gage quand nous nous rencontrerons, si nous nous rencontrons. Après ce sera à son tour, même règle, même objectif.

- C’est plutôt sympa comme idée, j’aime beaucoup. Un peu déçu de ne pas être là…

- Ne t’inquiète pas, je te raconterais tout, promis. Je t’aime mon amour.

- Je t’aime aussi. Je vous laisse jouer. À ce soir mon cœur. À bientôt Philippe ?

- Si Audrey est d’accord, ce sera avec plaisir.

- Pour le moment, je suis ouverte à toute proposition.

- Ok, on en parlera ce soir. Amusez-vous bien.

- Merci, à bientôt Julien.

- À ce soir mon amour.

Mon esprit allait trop vite pour moi. Il m’était impossible de me concentrer. J’avais chaud, la tête me tournait, et mon sexe était tendu à me faire mal. Pourtant, il y avait quelque chose dans cette première expérience qu’elle vivait seule qui me retenait de quitter mon poste et de les rejoindre. Je tenais à ce qu’elle vive cela seule. En revanche, je pouvais abandonner l’éventualité d’être productif cet après-midi là.

Ce ne fut pas long avant que je reçoive un autre message. « Il a gagné… » « Déjà ? Quel est ton gage ? » Les images les plus extrêmes me venaient à l’esprit en attendant sa réponse. « Je devrais le laver entièrement avant de faire quoi que ce soit. » Intéressant. « À toi maintenant ? »

Pour toute réponse, je reçu une nouvelle photo. Sur l’écran, il n’y avait plus de visage, mais un sexe d’homme qu’elle faisait mine de sucer en usant de la perspective. Le temps passa. Lentement. Et il fut long. Nouveau message. « J’ai gagné aussi ! » « Je n’en doutais pas. Que vas-tu lui demander ? » « Je ne sais pas. Je n’ai pas d’idée. » J’en avais plein. Mais ce n’était pas à moi de décider. Le plaisir que je ressentais dans ces situations relevait peut-être d’une certaine forme de domination, mais je n’avais pas envie de la dominer. Je voulais la voir jouir. « Il m’a proposé un massage, j’ai accepté. » Le massage m’excluait quelque peu de leurs ébats, et je me demandais, ou osais me demander pour la première fois, si rester en retrait, complètement à l’écart cette fois, ne me plairait pas plus. Je décidais de lui en parler plus tard et reprenais mon travail aussi bien que je le pouvais.

Je partais tôt ce soir-là, et je n’avais pas passé la porte qu’elle m’embrassait fougueusement, me poussant contre la porte.

- L’après-midi a été agréable ?

- Très. Je te raconterai dès que les enfants seront au lit.

Aussitôt qu’ils furent couchés, je me précipitai au salon. Mais elle n’était pas là. La lumière de notre chambre était allumée. Elle me rejoint quelques minutes plus tard, après avoir vérifié que les enfants dormaient bien, nue sous son déshabillé. Elle ne parla pas, et se contenta de sortir mon sexe et de l’avaler tout rond.

- Tu m’as manqué.

- Je vois ça.

- Tu n’as même pas idée, dit-elle en venant aussitôt s’asseoir sur moi.

Je ne l’avais jamais vue ainsi, si belle et si sauvage.

- Alors, quand le voyons-nous ?

- Ce weekend.

- C’est rapide du coup.

- Disons qu’il m’a mit l’eau à la bouche.

- De quoi avez-vous parlé ?

- De tout, de rien, de ce qu’on se ferait.

- J’ai le droit de venir ?

- Tu plaisantes ! Évidemment !

- Dis, j’aimerai te demander quelque chose et… disons que ça tombe bien que vous vous entendiez comme ça.

- Qu’est-ce qu’il y a ? Ça ne va pas ? Si tu ne veux pas que je…

- Non, non. Ce n’est pas ça. C’est même plutôt le contraire.

- C’est à dire ?

- Je… je me demandais si je voulais participer cette fois.

- Je ne comprends pas. Tu ne veux pas venir ?

- Si, mais… juste regarder.

- Comment ça ?

- Et bien disons que je prends beaucoup de plaisir à te regarder en prendre, mais participer, parfois, c’est… frustrant. Tu essaies de m’inclure, mais tu n’es pas… concentrée.

- Et tu te sens exclu ?

- Un peu.

- Et ça serait pas bizarre, je veux dire, que tu sois là… je ne sais pas, comment tu voudrais faire ?

- Aux vues des gages que vous avez prévu, je serai de toutes façons plus spectateur qu’acteur. Donc, je me dis juste que je resterai à côté de vous. Et je pourrai participer, selon… l’action.

- Tu es sûr que c’est ce que tu veux ?

- Quand tu essaies de m’inclure dans ce que tu vis, tu ne le vis pas pleinement. Je me dis qu’il serait peut-être temps d’essayer, et ça me semble la bonne occasion.

- D’accord, dit-elle avant de m’embrasser. Je t’aime.

- Je t’aime aussi.

Elle accentua les mouvements de son bassin, sa main empoigna mes testicules tandis que la mienne se posait sur son bas-ventre. Nous vînmes presque ensemble, comme une preuve s’il en fallait une que nous étions liés au-delà de nos corps.