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Épisode 9 : La faute

Quatre mois s’étaient écoulés depuis notre escapade avec Philippe. Elle rentrait plus tard du travail depuis que les jours rallongeaient, mais pas aussi tard que ce soir-là.

Lorsqu’elle passa la porte, quelque chose avait changé. Elle était en colère. D’une colère inconnue, soudaine, et violente. Elle éluda mes questions un long moment. Mais devant mon insistance, elle finit par céder, bien qu’à contrecœur.

Elle avait rencontré cet homme par le biais du travail. Ils s’étaient croisé de longue date sans qu’il n’y eu quoi que ce soit entre eux d’autre que cordial. Jusqu’à ce qu’il lui avoue son attirance. Elle s’en était préservée un long moment, mais avait fini par accepter de le rejoindre chez lui après le travail pour boire un verre. De compliments en compliments, d’attirance en attirance mutuelle, ils avaient bu un verre, puis deux. Lorsqu’elle avait sentie la situation lui échapper, elle avait voulu prendre congés, et leurs corps s’étaient rejoints contre la porte. Leurs lèvres, puis quelques caresses.

Elle ne m’aurait pas trompé, mais sucer, est-ce vraiment tromper ?

À genoux, son sexe dans la bouche, elle avait soudain prit la mesure de ce qu’elle faisait et s’était enfuie, honteuse, le gout de son gland sur la langue.

Qu’étais-je censé dire ? Qu’étais-je censé ressentir ? Je l’avais vu pratiquer cet acte avec d’autres hommes devant moi, avec mon approbation, quelle différence cela faisait-il ? Et pourtant, il y avait une différence. Je n’étais pas là. Je ne savais pas comment réagir. La vérité, c’est que loin de lui en vouloir, cela m’excitait. Mais il y avait une attente dans sa confession, comme si elle voulait que je lui en veuille. Et je ne savais pas quoi dire. Je ne voulais pas minimiser son acte au détriment de son estime personnelle, mais j’avais beau faire, si j’étais quelque peu vexé, je ne lui en voulais pas. Nous nous étions mis tous les deux dans cette situation quelque part, ce n’était qu’une question de temps avant que cela se produise, d’une manière ou d’une autre, avec une personne ou une autre. Ce qui me gênait le plus au fond, c’est qu’elle ne m’ait pas prévenu. Je n’étais pas idiot, et elle non plus. Elle savait ce qui risquait de se passer entre eux dès l’instant où elle avait acceptée son invitation. Voilà ce qui me dérangeait. Néanmoins, je ne ressentais rien d’autre qu’une profonde excitation quant à la fellation qu’elle avait entamé sans l’achever.

- Que veux-tu que je te dise exactement ?

- Quoi ?!

- Qu’est-ce que tu veux que je te dise au juste ? Un homme t’a plu, tu as eu envie de lui et vous vous êtes touchés. C’est une situation que nous avons déjà vécue ensemble. Comment suis-je censé réagir ? Je ne le sais pas.

- Et tu n’es pas jaloux ? Je peux m’envoyer en l’air avec qui je veux, ça ne te pose pas de problème ? s’énerva-t-telle.

- Si, ça me pose un problème. Ce qui me pose un problème, c’est que tu ne m’ais pas prévenu. Faut-il que je m’inquiète, ça, c’est à toi de me le dire. Mais dans le même temps, tu t’es arrêtée avant d’aller trop loin, aussitôt que tu as réalisé ce que tu étais en train de faire… alors… Je ne sais pas, toi, dis moi comment je serai censé réagir. Jaloux, je le suis, toujours, mais je sais que tu ne m’appartiens pas. Ce que nous avons vécu ces derniers moi n’y est pas pour rien. Je ne t’aime pas comme un enfant, je ne doute pas de toi. Mais la question la plus importante, reste est-ce que tu ressens quelque chose pour lui ?

- Je ne pense pas… C’était une question d’attirance. Et… Et je pense que oui, ce que nous avons vécu ces derniers moi a quelque peu faussé la donne. Disons que mon corps en avait envie, ma tête, elle, se disait que c’était possible aux vues de ce que nous avons vécu…

- Je t’aime, et rien ne peut changer ça. T’en vouloir pour ce que tu fais à d’autre n’est pas possible dans la mesure où je suis au courant, où je sais ce que tu fais, même si je préfèrerai être présent. Mais ma présence ne concerne que mon plaisir, pas forcément le tien alors, oui, la barrière est mince entre l’interdit, la faute et ce qui est possible. J’aurai préféré que tu me préviennes, c’est certain. Pour autant, puis-je t’en vouloir ? Je ne sais pas.

Elle baissa la tête et je vis des larmes couler sur ses joues.

- Je t’aime.

- Je sais, et j’ai cru que tu ne voudrais plus de moi…

- Ça, c’est impossible. En revanche, si je ne peux m’opposer à ce que tu ais d’autres rapports en mon absence, ce qui serait quelque peu stupide et hypocrite, je veux être au courant.

- D’accord…

- Une question se pose à présent.

- Laquelle ?

- Est-ce que tu veux le revoir ?

À peine une semaine après cette situation délicate, nous reçûmes un message de Franck. Il faisait valoir son droit à compensation pour notre comportement égoïste de notre dernière rencontre. À présent que nous avions fait plus ample connaissance, il nous invitait à nous rendre chez lui et à partager un moment avec lui, ainsi qu’une de ses amies.

Nous ne savions pas quoi répondre.

Cela ne concernait ni Franck ni son amie en rien, non, c’était notre couple. L’écart de conduite d’Audrey, bien qu’il fut dérisoire nous interrogeait quant aux répercutions de nos actions des derniers mois. Audrey était hésitante. Elle avait envie de revoir Franck, elle ne souhaitait pas interrompre ce que nous avions vécu ni le renier, mais le fait est qu’elle était moins à l’aise.

Quant à moi, son indécision me troublait. Bien que ce fût stupide, je m’interrogeais sur cet homme qu’elle avait retrouvé en cachette, si cette rencontre la poussait à remettre en question ce que nous vivions et ces aventures dans lesquelles nous nous épanouissions jusque-là, il était peut-être plus important à ses yeux qu’elle n’osait l’avouer. De la simple différence de réflexion entre un homme et une femme face à un même problème. Depuis qu’elle avait sucé cet homme, nous n’avions rien fait. Les enfants, la fatigue, le manque de temps, tout avait joué contre nous. Et peut-être fuyions nous les questions qui se posaient. La preuve en était que je n’avais découvert le message de Franck que lors d’une visite due à l’habitude sur le site, sans réelle intention d’y découvrir quoi que ce soit ou de répondre à une quelconque demande. Cependant, malgré le fait que nous nous interrogions quand à poursuivre nos jeux, nous ne pouvions nier notre excitation commune.

Le lendemain de la proposition de Franck nous nous retrouvions seuls à la maison pour le déjeuner pour la première fois depuis « l’accident ». Nous discutions de tout et de rien, faisant mine de nous ignorer et de poursuivre notre routine en sentant très bien tous les deux que nous en avions envie. Une fois restauré, nous nous installâmes sur le canapé pour boire notre café. Je n’en pouvais plus d’elle. Je vint me mettre à genoux entre ses jambes et lui ôtais sa culotte en remontant sa jupe. Elle posa ses pieds sur mes épaules et me laissa me repaitre d’elle jusqu’à l’orgasme. Une fois sustentée, elle me fit lever et baissant pantalon et caleçon d’un même geste m’avala aussitôt. Elle me guida en ligne droite jusqu’à son chemisier qu’elle couvrit de moi fièrement.

- Je crois que je suis bonne pour me changer…

- J’aurai dit pour ma part que tu es bonne tout court…

- Très drôle… Il faut qu’on parle tu ne crois pas ?

- Si. C’est certain…

- Je ne sais pas si j’ai envie de le revoir.

- Mais ça n’est pas non, pas vrai ?

- Non, ça n’est pas non. Je ne peux pas dire que j’en suis amoureuse, certainement pas, mais il m’attire.

- Plus que nos autres partenaires t’ont attiré ?

- Oui…

- Et c’est un problème ?

- Tu ne trouves pas ?

- Dans la mesure où tu es toujours sûre de m’aimer moi ? Non, je ne pense pas.

- Je trouve quand même que c’est un jeu dangereux.

- Peut-être… non, tu as raison, c’est certain. Mais il y a autant de risques pour un homme et une femme de tomber amoureux en couchant ensemble qu’en évitant à tout prix de le faire. Peut-être même moins, car il n’y a pas cette part d’interdit, de désir inassouvi.

- … je ne sais pas. Tu as peut-être raison.

- J’ai toujours raison, c’est mon côté féminin.

Elle ri.

- Très bien, je vais y penser… différemment.

- Tu te sens rassurée ?

- Oui. Et je t’aime.

- Je t’aime aussi. Mais il reste une question à laquelle nous n’avons pas répondu.

- Laquelle ?

- Que dit-on à Franck ?

- Qu’il nous tarde de le revoir et de rencontrer son amie.

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