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Épisode 16 : La rencontre

Après cette parenthèse qu’elle m’avait offerte, je ne pouvais me défaire de l’idée de lui offrir une surprise à mon tour. J’avais beau chercher à évincer l’évidence qui revenait sans cesse dans mon esprit, je n’y parvenais pas.

Et pourquoi l’évincer au fond ? Je savais qu’elle pensait toujours à lui, nous ne pouvions continuer ainsi sans risquer une nouvelle faute dont je redoutais l’imminence. Et ce que je redoutais le plus au fond, c’était la culpabilité d’une telle faute. Cette culpabilité qui nous pousse parfois à prendre des décisions pires que les actes que nous avons commis.

Ma surprise, se serait lui. Ce devait être lui. Mais comment ? Je ne voulais pas la mettre devant le fait accompli, je ne ferais que créer un malaise et envenimer la situation. Baissant les armes devant des réflexions qui ne me quittaient plus, je finis par lui en parler ouvertement.

À mesure que les mots sortaient de ma bouche, des picotements naissaient dans mon ventre, à chaque mot ma langue s’appesantissait, et je luttais, parlant vite pour ne pas me taire à jamais. Lorsque je terminais mon monologue dont je serais incapable de me souvenir, le silence se fit.

- Tu as raison. Que je le veuille ou non, il va falloir qu’il se passe quelque chose… Mais… tu n’as pas peur ?

- Terriblement.

- Alors pourquoi ?

- Parce que nier le problème ne le fait pas disparaître, parce que la frustration aiguise les obsessions, parce que s’empêcher de désirer une chose ne la rend que plus désirable… J’arrête ?

- Oui… Mais pourquoi t’infliger ça ?

- Parce que je t’aime, que je t’aime au-delà de ton corps et de ce que tu peux en faire ou de ceux avec qui tu le partages. Parce que je t’aime suffisamment pour comprendre que je ne te possèdes pas.

- … Je… je ne sais pas si tu devrais être là.

- Pour tout un tas de raison, et sans doute de la jalousie, je préfèrerai. Ma présence ne t’a jamais gênée.

- C’est vrai, mais là…

- Il y a autre chose. Je sais.

- J’ai peur de ne pas me laisser aller si tu es là.

- Et moi malgré mes beaux discours, j’ai peur que tu m’échappes.

Elle vint se blottir contre moi. « Moi aussi j’ai peur. » C’était donc à ce point-là. Elle le désirait à ce point-là. Le jeu devenait plus dangereux qu’il ne l’avait été. Malgré ça, je ne pouvais me résoudre à jouer à l’aveugle. Je m’y refusais. Ce n’était peut-être qu’une question idiote d’orgueil, mais quitte à risquer de la perdre, je refusais de rester passif.

« Commençons par l’inviter à dîner. On verra bien. » « D’accord. »

Et le jour dit arriva. Elle était tendue, impatiente, et ses efforts pour le cacher étaient vains. Peut-être était-ce sa propre tension que je ressentais. En tous les cas, elle n’était pas la seule à être impatiente.

Sébastien arriva tôt, une bouteille de vin blanc dans les mains que nous ouvrions aussitôt pour nous donner du courage, dépasser notre appréhension ou maintenir une contenance. Cela me faisait bizarre de me dire qu’elle le désirait. Je ne voyais pas en lui la gravure de mode, ou le mâle auquel je m’étais attendu.

Quelques minutes plus tard, la bouteille n’était déjà plus qu’un souvenir et nos langues s’étaient déliés et nous étions plus calmes. À présent, je comprenais un peu plus ce qui l’avait troublée en lui, il était plutôt beau garçon, je ne pouvais pas le nier, sans être un éphèbe, mais il avait un charisme, une présence puissante.

Il devait être de l’âge de Franck, ou à peine plus jeune, un peu moins d’une dizaine d’années de plus que nous. L’expérience l’avait toujours impressionnée.

Nous étions en hiver, mais il ne faisait pas froid, et le feu dans le poêle brulait ardemment, tout comme nos sens. Chacun semblait marcher sur des œufs, prudemment, excepté Audrey.

Elle, virevoltait autour de lui comme un papillon autour d’une lumière, laissant bailler sa robe sur sa poitrine nue sous le tissu aérien pour bien lui signifier qu’elle ne portait rien dessous, apposait une main sur son genoux ou sa cuisse, sur son épaule.

Quelqu’un qui serait entré dans la pièce à cet instant aurait sans doute pensé que j’étais l’invité, et eux le couple qui recevait. Un instant, je me demandais si je ne devais pas m’effacer, prétexter un appel pour m’enfuir et les laisser accomplir ce pour quoi nous avions invité Sébastien. Mais quelque chose en moi refusait de baisser les armes.

Sébastien avait l’air aussi décontenancé que moi, sans pour autant repousser Audrey. Sans doute y vit elle l’opportunité qu’elle attendait, pouvoir enfin se révéler à l’homme qu’elle désirait. Je sortais fumer une cigarette sur la terrasse les laissant seul un instant, je ne sus jamais ce qu’elle lui dit exactement, mais lorsque je rentrais, elle était assise à califourchon sur ses genoux l’embrassant passionnément. Et je ne savais pas ce que je devais faire. Si mon cœur se serrait, mon sexe, lui, était déjà gonflé et tendu.

Il la repoussa un instant en réalisant que j’étais entré, et Audrey me vit. Elle se leva, vint m’embrasser et me guida jusqu’au fauteuil qui faisait face au canapé où trônait notre invité qui ne pouvait pas plus que moi cacher les effets que les baisers d’Audrey avaient entrainés.

Elle me fit asseoir et se coula entre mes cuisses, à même le sol. Elle posa sa tête sur ma cuisse. « Je t’aime ». Je me penchais pour l’embrasser. « Je t’aime. » Elle se redressa sur ses genoux et fit passer sa robe par-dessus sa tête, se dévoilant toute entière et revint à genoux, une main sur le sol, lascive. Elle vida son verre et marcha vers lui, à quatre pattes. Pour la première fois, je voyais ma femme se soumettre, entièrement.

Elle rampa plus qu’elle ne marcha jusqu’à poser ses mains sur les cuisses de Sébastien. Elle se redressa contre lui et l’embrassa à pleine bouche. Lentement, elle défit un à un les boutons de sa chemise faisant courir ses mains sur son torse, y déposant des baisers appuyés.

Lorsque ses lèvres atteignirent sa ceinture, elle les glissa jusque sur son membre dressé, à travers son pantalon, ses dents frottant le tissu. Ses mains sur son entrejambe toujours vêtue, elle mordit son gland à travers le pantalon, léchant, suçotant, jusqu’à l’imprégner de salive. Alors seulement, elle défit la ceinture et la braguette qui la séparait de l’objet de ses désirs.

Sébastien se releva à demi sur le canapé, elle fit coulisser sur ses chevilles pantalons et caleçons et remonta enfin jusqu’à son sexe. Elle le passa sur son visage comme si elle ne savait par où commencer, comme si elle retrouvait un objet perdu depuis trop longtemps. Elle soufflait fort déjà, dans une transe où lui seul la mettait, ce n’était pas la situation qui l’excitait, mais lui et lui seul.

Elle le couvrit de baisers humides et charnels, sa langue courant tout le long de sa hampe, dessus, dessous, à gauche à droite, mordillant ici, ses lèvres glissant là. Ses mains n’étaient pas en reste, elles caressaient son torse, soulevaient ses bourses pour mieux les cajoler de sa bouche. Sébastien avait fermé les yeux, visiblement très affecté par la fellation qu’elle lui prodiguait. Comment pouvait-il en être autrement ?

Je glissais à genoux à mon tour, derrière Audrey et venait caresser son sexe entre ses jambes repliées sous elle, presque sur le sol, humide, inondé, débordant. Ses fesses écartées dévoilaient son anus que j’effleurais de la pulpe du pouce. Lorsqu’enfin elle glissa son gland entre ses lèvres, Sébastien glissa une main ferme dans ses cheveux, et alors que je n’avais fait que l’effleurer, elle jouit, sa main sur crispant sur le membre de notre invité, l’appuyant sur son visage. Elle tremblait de tout son corps et dut attendre de retrouver une contenance avant de pouvoir bouger. Elle lâcha alors son membre et défit ses chaussures, les lui ôta et fit de même avec sa tenue qui gisait sur ses chevilles. Sébastien se défit lui-même de sa chemise ouverte. Audrey se tourna alors vers moi et se relevant contre moi me déshabilla tout à fait. Une fois que nous furent tous nus, elle nous enjoignit à la suivre dans notre chambre.

Depuis le début de notre nouvelle vie, c’était la première fois que nous faisions entrer quelqu’un dans notre sanctuaire. Elle s’étendit sur la couette sans même défaire les draps et nous nous placions chacun d’un côté d’elle.

Elle nous embrassait chacun notre tour tandis que nos mains glissaient sur tout son corps. Pour la laisser profiter de ce moment je venais entre ses jambes et m’enivrais de son parfum tout autant que de sa liqueur. Elle attira Sébastien à elle pour pouvoir le prendre entre ses lèvres, glissant une main par dessous entre ses jambes, le poussant dans sa bouche. Sébastien caressait sa poitrine et son visage, pinçant ses tétons, fort, repoussant les cheveux qui lui tombait sur le visage. Elle le poussa sans cesse plus avant intimant de la main des va-et-vient contre son visage, si bien que bientôt il lui baisait littéralement la bouche. Je me relevais et refermant ses cuisses en la tournant vers notre invité, j’entrais en elle, doucement, tendrement, la laissant se gorger de toute l’essence de ce moment. Elle se délectait de lui et de son membre, l’enfonçant aussi loin qu’elle le pouvait dans sa bouche.

Mais cela ne lui suffit plus, elle roula en nous repoussant tous deux et fit volte face, lui offrant sa croupe en levrette et se releva, collant son dos à son torse pour bien lui signifier qu’elle était à lui, l’embrassant par devers son épaule. Il l’entoura de ses bras, ses mains passant sur l’ensemble de son corps, de ses cuisses à son cou, de son entrejambe à ses seins. Elle revint sur ses poings et alors qu’il entamait de lents va-et-vient en elle, elle frappa sa croupe contre la base de son sexe, violemment. Elle voulait qu’il la baise fort. Alors qu’il augmentait le rythme elle saisit mon sexe dans une de ses mains, sa tête dodelinant à chacun des coups de butoir de Sébastien. Était-ce le fait qu’elle me néglige ou bien de la voir se faire baiser comme je ne m’étais jamais senti capable de le faire à travers l’amour et le respect que je lui portais, toujours est-il que j’étais aux portes de l’orgasme. Elle me masturbait de plus en plus fort alors qu’elle tenait mon sexe comme une poignée à laquelle se retenir. Je ne portais pas de préservatif, j’eu beau la prévenir de l’imminence de ce qui allait se produire, on n’entendait que l’entrejambe et les hanches de Sébastien qui frappaient ses fesses en entrant dans son con, ses halètements, ses gémissements à elle. Si bien que j’éjaculais sur la couette et sur sa main les souillant toutes deux abondamment. Elle n’en avait aucune conscience, et ne réalisa sans doute que la mollesse à laquelle mon sexe se résignait à présent. Elle passa sa main sur mon ventre comme pour me dire qu’elle ne m’oubliait pas, me regarda, les yeux dans un autre monde, emplis encore d’envie, de plaisir, des yeux qu’elle refermait, qu’elle ne pouvait garder ouverts trop longtemps, tant elle était emportée.

Elle le repoussa un instant et s’allongea sur le dos sans même réaliser qu’elle roulait dans ma semence et s’en couvrait la nuque, les cheveux et le dos. Elle releva ses jambes et vint mettre ses pieds sur ses épaules pour qu’il la besogne encore, pour qu’il l’achève. Elle me tendit la main alors qu’il entrait à nouveau en elle, la labourant de sa queue. Le lit tremblait sous la force de leur étreinte. Assis près de son visage, je caressais son ventre et son clitoris de ma main libre et alors que l’orgasme la terrassait, la faisant convulser, il sortit d’elle pour ne pas se répandre dans son sexe et éjacula sur son ventre, ses seins. Elle resserra les cuisses autour de sa verge qui n’avait pas fini d’expulser son jus, les marquant de traits qui luisaient sous la lumière et les écartant de nouveau, elle le maintint sur son ventre le long duquel deux jets puissants vinrent encore frapper.

Nous peinions tous trois à reprendre notre souffle. Elle rit et m’embrassa. « Merci. Je t’aime. » De ses pieds elle maintenait Sébastien contre elle, sa queue toujours sous ma main, sur son ventre, chacune de ses mains dans une des nôtres. Se relevant, elle chuchote à mon oreille. « Ça t’embête si je prends une douche avec lui ? » Que pouvais-je répondre ? « Non. » Elle l’attira alors jusqu’à la salle de bain et alors qu’elle passait la main dans ses cheveux, elle se retourna, interrogative, quand elle découvrit mon sperme qui les maculait. Elle me sourit. « C’est malin. » Elle se retourna vers Sébastien. « Tu veux bien me laver les cheveux ? » Elle l’attira dans la douche et s’agenouilla devant lui. Jusqu’où allait-elle se soumettre ? Alors qu’il mouillait ses cheveux de la douchette, que les premières gouttes d’eau encore froide éclataient sur son dos et la couvrait de frissons, son visage avait déjà rejoint le sexe amolli de notre invité. Tandis qu’il couvrait ses cheveux de shampoing, elle lapait son gland brillant, et quand il planta ses doigts sa chevelure pour la nettoyer, elle le suçait déjà avec soin, s’appliquant à lui faire retrouver une taille qui lui conviendrait mieux.

Les laissant à leurs jeux, je me saisis d’un mouchoir et nettoyais mon propre sexe, puis retirait de la couette le plus gros de nos semences, avant de me rhabiller et d’aller fumer une cigarette le temps qu’ils en terminent.

Lorsque je revins, Audrey était debout face à une paroi de la douche, bras et jambes écartés, fesses tendues vers Sébastien, à genoux, qui léchait tout de ce qu’elle lui offrait, de son sexe à son petit trou. « Baise moi ». Il se releva et entre en elle sans autre forme de procès. Ses cheveux cascadaient partout sur ses épaules et son dos, le gênant. Elle les regroupa en queue de cheval qu’elle lui tendit. « Tire. » Il referma le poing autour de ses cheveux, tirant son visage en arrière et elle gémit alors qu’il accélérait ses va-et-vient. De sa main libre il caressait son ventre et son entrejambe. Lorsque ses doigts rejoignirent son clitoris, elle posa sa main sur la sienne. « Continue seule » dit-il. Sa main passe de son clitoris à la raie de ses fesses, testant la résistance que lui offrait son anus. À la manière dont elle ondula, la résistance devait être proche de zéro. Elle n’avait pas cessée de se masturber et son autre main avait enveloppée les couilles qui venaient frapper contre elle à chacun des coups de rein de Sébastien. « Je veux que tu jouisses en moi » gémit elle dans un souffle en frappant sa croupe sur son sexe. Et il jouit dans un râle, se répandant dans le sexe de ma femme, tirant plus fort sur ses cheveux alors qu’elle hurlait à présent son propre plaisir. Et ils restèrent là, immobiles un instant sous l’eau chaude dont les vapeurs dansaient. Elle se retourna pour l’embrasser par dessus son épaule et se dégagea pour venir se couler dans ses bras. Ils s’étreignirent sans un mot et elle souffla. Elle ramassa alors le savon et le savonna tout entier avant de le rincer et de le repousser de la douche où elle resta un moment, rinçant son sexe.

Ils me rejoignirent sur le lit, encore humides et brulant de leur étreinte. Nous nous allongions, trois corps incandescents dont les cœurs ralentissaient enfin. Sébastien alla fumer une cigarette, nous restions tous deux nus sur la couette couverte de nos effluves, main dans la main.

- Alors ?

- Merci. Merci de m’aimer au point de me laisser savoir.

- Et ?

- Je t’aime. C’est bon avec lui. J’avais envie de lui. C’est vrai. Ce qui en a fait quelque chose de différent de… de d’habitude. Je ne peux pas dire que les autres hommes que j’ai connu ne me plaisaient pas, mais c’est la situation qui m’excitait, pas forcément eux. Et pourtant, ça n’a rien changé. Je veux dire, si. C’était bon. Mais… je sais pas comment le dire…

- Essaye toujours.

- Le seul mot qui me vienne c’est… ne te moque pas, hein. C’est remplir. Il n’y a que toi qui me remplisses. Quand tu es en moi ou non. C’est nul comme image, mais c’est ce que je ressens. Il n’y a qu’avec toi que je me sens pleine. Je t’aime.

- Je t’aime… Tu crois que…

- Tu as encore envie ?

- Vous avez un coup d’avance.

Elle rit, et c’était bon.

- Tu l’as laissé jouir en toi…

- Je sais. Je sais pas ce qui m’a pris.

- Il va falloir prendre nos précautions, d’accord.

- D’accord. À condition que tu n’arrêtes pas de me faire l’amour.

- D’accord.

Elle se retourna et saisit un préservatif, et de la bouteille de lubrifiant que nous avions acheté depuis qu’elle avait découvert les plaisirs de la pénétration anale. Tandis qu’elle me couvrait de plastique, je la couvrais de lubrifiant, et elle vint sur moi, me faisant entrer en elle simplement, nos deux corps enlacés alors que l’excitation remontait avec nos sentiments. Sébastien reparu, gêné.

- Vous voulez que je m’en aille ?

Elle me regarda, m’embrassa à pleine bouche en caressant mon visage. « Non, il reste de la place. »

Elle se retira, se saisit d’un préservatif et en pinça le réservoir entre ses lèvres avant d’en ceindre le gland gonflé de Sébastien et de le dérouler sur sa verge. Puis elle referma la main sur son sexe et l’attirant dans son dos, elle revint se planter sur moi en offrant son cul à notre invité. Le désir était là, mais la passion, notre passion, le maintenait en sourdine. Notre étreinte était tendre, et Audrey était redevenue la déesse que j’avais toujours vue en elle.

Sébastien se crispa et jouit le premier, serré dans son petit trou. Nous laissant seuls, elle se redressa, passant ses mains derrière son dos et me conduit à la jouissance en amazone, avant de m’embrasser et de se laisser aller sur moi.

Il n’y avait plus que nous au monde, et je pensais au nombre de fois où nous nous étions enlacés ainsi après l’amour, simplement. Parce que c’était notre amour, notre confiance, qui nous avait ouvert d’autres portes, qui nous avaient permis de découvrir ces pans insoupçonnés de notre désir et de notre relation sans sombrer dans leurs travers.

J’avais le sentiment que nous venions de franchir encore une nouvelle étape, et cela se confirma lorsque Sébastien nous quitta cette nuit-là. Nous n’avions besoin de personne d’autre pour être heureux, et c’est cela qui nous avait permis de vivre si intensément nos escapades. Quand la porte se fut refermée sur notre invité, nous nous enlacions, et nous savions. Il n’était pas certain que nous ne pratiquerions plus l’échangisme, pas même certain qu’Audrey ne repousse Sébastien s’il émettait le désir de renouveler l’expérience, mais notre faim était apaisée. Nous savions que nous pourrions recommencer sans nous brûler les ailes et y prendre beaucoup de plaisir. Nous étions fort de cela, un nouveau couple, parce que nous nous aimions au-delà de la chair.

Il ne restait qu’une chose que nous ne nous étions pas encore permise, faire découvrir à un autre couple ce que nous avions nous-mêmes découverts sur nous grâce à Stéphanie et Antoine. Cela nous apparaissait comme un examen ultime, la validation de notre expérience. La validation d’une belle expérience.

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