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Épisode 6 : Notifications

Grâce à ce nouvel aspect de notre sexualité que nous découvrions ensemble, notre couple n’avait pas seulement rajeuni, il renaissait. Ce n’était pas seulement nos étreintes plus nombreuses, plus fougueuses, mais notre complicité, notre tendresse qui était différentes.

Comment dès lors aurions-nous pu nous arrêter ?

Audrey, si elle n’était pas aussi impatiente que moi de renouveler l’expérience, n’en demeurait pas moins demandeuse. Ce fut elle qui, la première, revint sur le site où nous avions rencontré Franck. Elle était seule à la maison ce jour-là et je reçus une photo de l’écran de notre ordinateur sur lequel apparaissait le nombre de notifications que nous avions reçus depuis notre dernière connexion, il était proprement ahurissant.

Franck avait parlé de nous à certains de ses « amis » et les résultats ne s’étaient pas attendre. Nous croulions sous les demandes. Je reçus aussitôt un autre message, « tu veux que je t’attende pour répondre ? ». « Non, commence. Fais un premier tri, on regardera ensemble ce soir. »

Nous étions en milieu de matinée et j’eu le plus grand mal à me concentrer sur mon travail alors que je savais ma femme affairée à lire les commentaires et les invitations. À la seconde où le dernier client partit, je l’appelais.

- Alors, la matinée fut agréable ?

- Très, je l’avoue.

- Il y a des demandes intéressantes ?

- Plusieurs. Dont une d’un profil qu’on avait mis de côté…

- Homme ou couple ?

- Homme.

- Et ?

- Et bien, il connaît Franck, qui en dit le plus grand bien…

- Tu as parlé avec Franck ?

- Oui, très vite sur le tchat, il était au travail.

- Il n’était pas trop déçu ?

- Pas du tout, et il a été charmant, comme toujours. Je lui ai promis une gâterie si on se revoyait, pour nous faire pardonner.

- Et bien… quand le chat n’est pas là, la souris danse.

- Ça t’embête ?

- Non, je plaisante. Par contre, je t’avouerai que je suis très excité.

- Moi aussi.

- C’est agréable de se sentir désirée ?

- Tu n’as pas idée.

- Tu me parlais d’un homme.

- Philippe. Tu te souviens ?

Oui, je me souvenais. Philippe avait été dans notre finale des profils qui nous semblaient intéressants.

- Oui, je me souviens. Il nous a contacté ?

- Oui, il s’est montré très respectueux mais aussi très intéressé.

- Et… Il est disponible pour que nous puissions le contacter ?

- En journée surtout. Il travaille de chez lui.

- Tu as parlé avec lui ?

- Non, c’est dans son message. Tu veux que je lui envoie un message, je lui demande quand il serait libre en soirée pour qu’on puisse se parler tous les trois ?

- Pourquoi tu ne le contactes pas directement ?

- Tu ne veux pas attendre d’être là ?

- On peut en parler ce soir tous les deux, en attendant tu pourrais te faire une idée et t’amuser un peu.

- Tu es sûr ?

- Pourquoi pas ? Tu me raconteras.

- … D’accord. Je vais voir avec lui s’il est disponible.

- Il me tarde déjà que tu me racontes. Je t’aime.

- Je t’aime aussi mon amour, tu me manques.

- Toi aussi. Et…

- Et ?

- N’hésite pas à m’envoyer des photos.

- Coquin !

- Coquine ! Je t’aime.

- Je t’aime.

Je raccrochais, les yeux dans le vague. Et une érection terrible déformant mon pantalon. Mon cœur frappait fort, j’avais chaud. J’aurai dû aller déjeuner, mais je savais que je ne pourrai rien avaler. J’étais en transe. Je décidais de me forcer à travailler pour m’occuper l’esprit et penser à autre chose. Cela me fut difficile pendant un long moment, puis de plus en plus facile. Jusqu’à ce que mon téléphone vibre à nouveau.

C’était un message. Je sentais mon cœur frapper jusque dans mes tempes, et toute salive semblait avoir disparu de ma bouche. Je déverrouillais le clavier. Une photo. Un selfie. Audrey, son masque sur les yeux, nue, assise en tailleur, l’ordinateur portable devant elle. Un homme sur l’écran qui souri. Tu m’étonnes, je sourirais aussi. Quel sentiment était le plus fort en moi ? Je n’en avais aucune idée, mais la jalousie y brulait aussi. La curiosité aussi. Une curiosité dont je ne savais pas si elle pouvait être considérée comme malsaine ou non. Tant pis. Je l’appelai.

- Allo ? minauda-t-elle.

- Alors, on s’amuse bien ?

- Attends, je te mets sur haut-parleur… C’est bon.

- Alors, c’est sympa les après-midis à la maison ?

- Plutôt, oui. On jouait à un jeu avec Philippe…

- Bonjour.

- Bonjour. Ça va ?

- Très bien, merci. J’espère que ça ne t’ennuie pas qu’on joue en ton absence avec Audrey…

- Non, rassure toi, du moment que ça ne l’ennuie pas elle, pas de soucis. C’était quoi votre jeu ?

- Philippe doit me dire ce qu’il me ferait s’il était là, si ça me plait, je dois enlever un vêtement.

- J’ai pensé que ce serait un bon moyen de se découvrir et d’apprendre ce que l’autre aime.

- Et alors, qui gagne ?

- Et ben, je suis toute nue et très mouillée. J’ai pensé que ce serait le bon moment pour t’envoyer une photo.

- Très bonne idée. Tu as perdu du coup ?

- Le jeu n’est pas fini !

- C’est quoi la prochaine étape ?

- Je dois la faire jouir sans la toucher, juste avec des mots. Si j’y arrive, elle aura un gage quand nous nous rencontrerons, si nous nous rencontrons. Après ce sera à son tour, même règle, même objectif.

- C’est plutôt sympa comme idée, j’aime beaucoup. Un peu déçu de ne pas être là…

- Ne t’inquiète pas, je te raconterais tout, promis. Je t’aime mon amour.

- Je t’aime aussi. Je vous laisse jouer. À ce soir mon cœur. À bientôt Philippe ?

- Si Audrey est d’accord, ce sera avec plaisir.

- Pour le moment, je suis ouverte à toute proposition.

- Ok, on en parlera ce soir. Amusez-vous bien.

- Merci, à bientôt Julien.

- À ce soir mon amour.

Mon esprit allait trop vite pour moi. Il m’était impossible de me concentrer. J’avais chaud, la tête me tournait, et mon sexe était tendu à me faire mal. Pourtant, il y avait quelque chose dans cette première expérience qu’elle vivait seule qui me retenait de quitter mon poste et de les rejoindre. Je tenais à ce qu’elle vive cela seule. En revanche, je pouvais abandonner l’éventualité d’être productif cet après-midi là.

Ce ne fut pas long avant que je reçoive un autre message. « Il a gagné… » « Déjà ? Quel est ton gage ? » Les images les plus extrêmes me venaient à l’esprit en attendant sa réponse. « Je devrais le laver entièrement avant de faire quoi que ce soit. » Intéressant. « À toi maintenant ? »

Pour toute réponse, je reçu une nouvelle photo. Sur l’écran, il n’y avait plus de visage, mais un sexe d’homme qu’elle faisait mine de sucer en usant de la perspective. Le temps passa. Lentement. Et il fut long. Nouveau message. « J’ai gagné aussi ! » « Je n’en doutais pas. Que vas-tu lui demander ? » « Je ne sais pas. Je n’ai pas d’idée. » J’en avais plein. Mais ce n’était pas à moi de décider. Le plaisir que je ressentais dans ces situations relevait peut-être d’une certaine forme de domination, mais je n’avais pas envie de la dominer. Je voulais la voir jouir. « Il m’a proposé un massage, j’ai accepté. » Le massage m’excluait quelque peu de leurs ébats, et je me demandais, ou osais me demander pour la première fois, si rester en retrait, complètement à l’écart cette fois, ne me plairait pas plus. Je décidais de lui en parler plus tard et reprenais mon travail aussi bien que je le pouvais.

Je partais tôt ce soir-là, et je n’avais pas passé la porte qu’elle m’embrassait fougueusement, me poussant contre la porte.

- L’après-midi a été agréable ?

- Très. Je te raconterai dès que les enfants seront au lit.

Aussitôt qu’ils furent couchés, je me précipitai au salon. Mais elle n’était pas là. La lumière de notre chambre était allumée. Elle me rejoint quelques minutes plus tard, après avoir vérifié que les enfants dormaient bien, nue sous son déshabillé. Elle ne parla pas, et se contenta de sortir mon sexe et de l’avaler tout rond.

- Tu m’as manqué.

- Je vois ça.

- Tu n’as même pas idée, dit-elle en venant aussitôt s’asseoir sur moi.

Je ne l’avais jamais vue ainsi, si belle et si sauvage.

- Alors, quand le voyons-nous ?

- Ce weekend.

- C’est rapide du coup.

- Disons qu’il m’a mit l’eau à la bouche.

- De quoi avez-vous parlé ?

- De tout, de rien, de ce qu’on se ferait.

- J’ai le droit de venir ?

- Tu plaisantes ! Évidemment !

- Dis, j’aimerai te demander quelque chose et… disons que ça tombe bien que vous vous entendiez comme ça.

- Qu’est-ce qu’il y a ? Ça ne va pas ? Si tu ne veux pas que je…

- Non, non. Ce n’est pas ça. C’est même plutôt le contraire.

- C’est à dire ?

- Je… je me demandais si je voulais participer cette fois.

- Je ne comprends pas. Tu ne veux pas venir ?

- Si, mais… juste regarder.

- Comment ça ?

- Et bien disons que je prends beaucoup de plaisir à te regarder en prendre, mais participer, parfois, c’est… frustrant. Tu essaies de m’inclure, mais tu n’es pas… concentrée.

- Et tu te sens exclu ?

- Un peu.

- Et ça serait pas bizarre, je veux dire, que tu sois là… je ne sais pas, comment tu voudrais faire ?

- Aux vues des gages que vous avez prévu, je serai de toutes façons plus spectateur qu’acteur. Donc, je me dis juste que je resterai à côté de vous. Et je pourrai participer, selon… l’action.

- Tu es sûr que c’est ce que tu veux ?

- Quand tu essaies de m’inclure dans ce que tu vis, tu ne le vis pas pleinement. Je me dis qu’il serait peut-être temps d’essayer, et ça me semble la bonne occasion.

- D’accord, dit-elle avant de m’embrasser. Je t’aime.

- Je t’aime aussi.

Elle accentua les mouvements de son bassin, sa main empoigna mes testicules tandis que la mienne se posait sur son bas-ventre. Nous vînmes presque ensemble, comme une preuve s’il en fallait une que nous étions liés au-delà de nos corps.

Prochain épisode à venir très bientôt, n’hésitez pas à commenter et à dire ce que vous pensez de l’histoire d’Audrey et Julien ou même ce que vous en attendriez.

Peter


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