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Épisode 8 : Philippe Partie 2

Alors que je tendais une serviette à ma femme toute souriante, je constatais à quel point cette partie de notre sexualité était un autre monde. Je bandais, certes, mais je n’avais pas la sensation d’être aussi dur que je l’aurai dû. L’excitation, le désir, le plaisir même étaient ailleurs, dans mon esprit, au-delà de mon corps. C’était une sensation délicieuse, comme un orgasme sans la violence ou la soudaineté. Sans explosion. J’étais dans une transe où ma femme était une déesse pour laquelle dansait mon âme.

Une fois qu’ils furent secs, Audrey m’entraina dans la chambre par la main et me fit asseoir sur le fauteuil qui faisait face au lit.

- Ça va toujours ?

- Très bien. Et toi ?

- Je suis dans un état d’excitation terrible.

- Profites-en.

- Compte sur moi.

Et elle m’embrassa. Elle m’embrassa comme on aime, avec tout son corps et toute son âme.

Philippe de son côté avait installé une serviette sèche sur le lit et invita alors Audrey à y prendre place, nue, sur le dos d’abord. « Ferme les yeux, et laisse toi aller. » Sur quoi, il se saisit d’une plume qu’il avait dissimulée dans le chevet. Lentement, il la fit glisser de ses doigts à son cou. Il lui fit décrire des arabesques qui tournaient jusque sur les lobes de ses oreilles, elle rit. Il descendit le long de sa poitrine, entre ses seins d’abord, puis sur son ventre avant de remonter dessiner des spirales autour de ses tétons.

Audrey se mordait la lèvre inférieure. Elle fit un geste pour l’atteindre et l’attirer à elle mais il l’esquiva. « Pas encore. »

Du bout de la plume, il descendit le long de ses côtes jusque sur ses hanches, glissant sur son bas-ventre. Elle releva une jambe, offrant son sexe à ses caresses, mais il le bouda. Il continua de tracer des lignes imaginaires le long de ses jambes, sur ses pieds, d’abord d’un côté, puis de l’autre. Alors seulement, il remonta jusqu’à son antre qu’il ne fit qu’effleurer. Du bout de la plume, il caressa l’intérieur de ses cuisses, et effleura enfin son sexe avant d’y planter un baiser.

La respiration d’Audrey était haletante, mais il n’en avait pas fini avec elle.

Il retourna au chevet et extirpa du tiroir un flacon d’huile de massage qu’il fit couler sur tout son corps en commençant par ses seins qui durcirent aussitôt, se couvrant de chair de poule sous la surprise de la fraîcheur du liquide. Il étala alors l’huile consciencieusement, entre ses doigts d’abord, puis suivant comme un plan déjà tracé chacune des lignes qu’avait empruntée sa plume.

Une fois l’huile étalée, il demanda à Audrey de se mettre sur le ventre et se saisit à nouveau de sa plume. Il partit de ses pieds cette fois, remontant en ligne droite de mollet en genoux, de cuisse en fesse, de rein en dos pour finir sur sa nuque, à la base de ses cheveux. De là, il descendit sur ses mains et reprit le même chemin en sens inverse pour aller courir le long de son autre bras avant de revenir encore et de descendre le long de cette jambe dont il ne s’était pas encore occupé. Enfin, il remonta sur ses reins où il dessina des boucles avant de plonger entre ses fesses effleurer son anus succinctement et tourner autour de son sexe. Une nouvelle fois, il répandit sur elle l’huile de massage et l’étala méticuleusement. Lorsque sa main se faufila entre ses fesses, Audrey ne put réprimer un soupir.

- Hmmm… Tiens donc, te savais-tu si sensible de cet endroit ? murmura-t-il un sourire aux lèvres alors qu’un doigt léger courait autour de son petit trou.

- À vrai dire, pas du tout. Je n’aime pas d’habitude, ça me dégoute.

- Pourtant, j’ai l’impression que ton corps ne serait pas contre quelques caresses supplémentaires ici-même.

- Si tu veux, souffla-t-elle.

Nous n’avions jamais pratiqué les caresses anales. Non que je n’en eusse jamais eu envie, mais Audrey n’avait jamais été à l’aise avec cette zone, érogène ou non.

Philippe vint s’asseoir sur ses reins et massa sa nuque, puis ses épaules, son sexe dur appuyant sur son dos. Audrey semblait aux anges. Lentement, il descendait le long de son corps jusqu’à être assis sur ses cuisses, massant ses reins, alors que son gland tendu tutoyait son petit trou. Il jouait avec elle, massait plus loin, appuyant toujours un peu plus sur son anus, son sexe se pliant. Il passa une main entre ses cuisses, derrière son dos et vint cajoler son vagin du dos de ses doigts. Il se tendait en avant, poussant toujours sa hampe plus fort entre ses fesses, éprouvant la résistance de ce trou inexploré.

- Tu sens comme tu t’ouvres ?

- Oui, souffla-t-elle.

Il lui demanda de repasser sur le dos et il fit à nouveau courir ses mains sur son corps, massant sensuellement, pétrissant et relâchant ventre, bras, épaules, cou, poitrine et changea de position. Il s’assit sur ses hanches et massa ses jambes, ses mollets, ses pieds, puis remonta en sens inverse se relevant sur ses genoux jusqu’à venir mettre ses testicules au-dessus de son visage. Elle s’empressa de les faire rouler dans sa bouche l’une après l’autre. Mais il n’en avait pas fini. Il insinua un doigt entre les lèvres gonflées de désir de son sexe et de la pulpe de ce doigt s’occupa de son clitoris.

- Tu sens comme tu es humide ?

- Je suis trempée.

- Oui, tu l’es. Tu es presque prête.

- Presque ?

- Presque.

Il retira ses bourses de sa bouche et vint s’asseoir près d’elle. Là, il lui intima de rouler une dernière fois sur le ventre et glissa aussitôt ses mains entre ses cuisses. Tandis qu’il insinuait son index en elle, le dos de son majeur appuyait sur son clitoris. Son autre main quand à elle ne quittait pas la raie de ses fesses, l’index tendu. Il ne fallut pas longtemps avant que ce doigt-là ne plonge dans son anus sous leurs mouvements combinés. Elle gémit sous la surprise mais ne fit pas mine de refuser cette intrusion. Bien vite, un deuxième doigt rejoignit le premier dans son vagin tandis que son autre main s’activait en parallèle sur son petit trou.

« Tu crois que je pourrais entrer un autre doigt ? » Je m’attendais à un « non ! » franc et massif, ou un refus polit, mais certainement pas à ce « je sais pas » comme gêné, chuchoté. Il retira son index et le présenta à l’orée de son anus accompagné de son majeur cette fois, et ils fondirent tous deux à l’intérieur. Fondirent… ces doigts furent avalés plutôt. Elle gémit, souffla, se contorsionna comme pour les faire entrer plus avant en elle. Sans prévenir, il retira ses doigts et les remplaça aussitôt par le pouce de l’autre main. Elle soupira. Il s’allongea sur elle, son sexe, visiblement dur comme de la pierre, sur ses fesses et vint l’embrasser. Ses cheveux n’étaient que broussaille sur son visage, leur étreinte était d’une passion, d’une violence démentielle. « Tu veux essayer ? » « Oui, mais pas toi, je veux mon homme. »

Philippe me regarda comme pour demander mon approbation. J’étais déjà en train de me déshabiller. Il se releva, extirpant ses doigts d’elle, elle haletait. « Ne t’en vas pas » le retint-elle. Il acquiesça de la tête.

Il la fit se mettre debout et enfila un préservatif avant de s’allonger sur le dos. Aussitôt, elle l’escalada, vint se planter sur lui en soufflant, et se cambra sur son ventre m’offrant cet antre qui m’avait toujours été refusé.

Mon sexe me faisait mal tant il était tendu, et j’avais peur. Peur de lui faire mal, peur de ne pas m’y prendre comme il fallait. Ce furent leurs mouvements, l’huile, et les caresses que Philippe lui avait offertes qui décidèrent pour moi, car je la pénétrais sans efforts.

Lorsque j’entrais en elle, elle émit un râle, puis un cri à mesure que je m’y enfonçais. Jamais elle n’avait été si bruyante. Elle gémissait, reniflait, soufflait. Elle nous baisait tous deux plus que nous ne la baisions. Elle jouit vite, sans prévenir, dans des tremblements et des mouvements désordonnés, et je me répandais en elle alors qu’elle se redressait sous l’orgasme qui l’atteignait, ses mains cherchant les miennes avant de les trouver et de les presser.

Je la laissais reprendre quelque peu son souffle avant de me retirer. Elle se laissa aller sur Philippe après un baiser passionné et un « je t’aime » vibrant. Il était toujours en elle et n’avait pas jouit, lui. D’ordinaire, Audrey avait besoin de temps après ses orgasmes avant de consentir à de nouvelles caresses, mais elle ne se retira pas. Passant une main sous elle, elle attrapa ses couilles qu’elle pressa fort avant d’entamer de nouveaux va-et-vient sur lui. Elle planta ses ongles sur son torse et ne consentit à se retirer que lorsqu’il fut aux portes de l’extase. Là, elle le masturba jusqu’à ce qu’il remplisse son préservatif, ses yeux plantés dans les siens. Et nous nous écroulions tous trois sur le lit, Audrey entre Philippe et moi. Il nous fallut du temps pour reprendre une contenance et ce fut Audrey qui la première y parvint.

- Merci, les garçons.

- Merci à toi.

- C’est rien de le dire.

- C’était bien, non ?

- Exceptionnel.

- Très bien.

Alors qu’une tension dont je ne soupçonnais pas l’existence jusque-là me quittait, me laissant épuisé, elle se releva sans un mot et rejoignit la salle de bain où elle fit couler la douche. « Vous venez ? »

Philippe et moi nous souriions et courions la rejoindre sous la douche. L’ennui, c’est que la cabine n’avait pas été étudiée pour trois personnes, nous étions bien trop serrés pour nous enlacer sous la douche. La situation amusa beaucoup Audrey qui, déjà savonnée, s’empressa de sortir pour nous attendre à l’extérieur. Nous ne tardions pas à la rejoindre et elle nous tendit aussitôt une serviette à chacun avant de se couler à genoux et de s’emparer de nos sexes dans ses mains. Sa bouche allait de l’un à l’autre jusqu’à ce que nous soyons au garde à vous. Exactement ce qu’elle souhaitait.

Elle nous entraina alors dans la chambre. Philippe qui avait déjà joui deux fois nous proposa de s’occuper d’Audrey le temps qu’elle s’occupe de moi. Audrey s’installa dans le fauteuil, la tête de Philippe entre les cuisses et mon sexe dans la bouche. Était-ce le fait de sortir de la douche et de se sentir propre ou la libération qu’elle venait de vivre dans sa première sodomie, une chose était sûre, Audrey n’offrait pas que son sexe aux caresses de Philippe. Nos mains couraient sur son corps, et l’agilité de la langue de Philippe fit des merveilles, Audrey atteignit l’extase avant moi et remercia Philippe d’un baiser sur le sexe. Ce dernier, son travail accompli alla s’allonger sur le lit tandis que je venais entre les lèvres de ma femme.

Nous allâmes nous nettoyer succinctement et le rejoignirent sur le lit, Audrey entre nous deux, tous trois nus. Un sentiment d’apaisement flottait dans l’air, tout comme lors de ces après-midis où nous découvrions nos corps encore adolescents et où nous nous laissions gagner par la somnolence. Je sombrais dans les bras de Morphée, la main d’Audrey dans la mienne. Je ne sais combien de temps je dormis, ni si mes camarades de chambre dormirent, mais lorsque je m’éveillais, Audrey chevauchait Philippe de dos, abandonnant ses fesses à ses caresses. « Tu es réveillée ? » dit-elle, jetant un regard sur l’érection qui montait. Elle démonta et vint me prendre dans sa bouche, suivie aussitôt de Philippe qui s’empressa de plonger son sexe couvert d’un préservatif déjà luisant d’elle dans sa croupe qu’elle tendait à son attention. Ses cheveux la gênaient et Philippe, en bon samaritain, les regroupa en queue de cheval et les lui tint tandis qu’elle dégustait mon sexe et qu’il allait et venait en elle.

Malgré l’apparente rudesse de la scène, notre étreinte était douce, mesurée, alanguie. La passion n’avait pas disparue mais n’avait plus besoin de s’exprimer avec fougue, plutôt avec tendresse.

Philippe jouit le premier dans le sexe de ma femme mais ne l’abandonna pas pour autant, se retirant, il s’assit contre sa hanche et entreprit de la masturber jusqu’à la mener à l’extase. Je me laissais aller alors, Audrey se retira, sentant venir l’averse et me laissa venir librement sur son torse. Elle embrassa Philippe et vint se couler contre moi, repue, et heureuse.

Notre ami alla jusqu’à la salle de bain se débarbouiller et nous proposa de le rejoindre sur la terrasse pour une bière et une cigarette. Audrey repassa sous la douche, et je me nettoyais de même, puis nous rejoignions Philippe. Le crépuscule enflammait le ciel, c’était une fin d’après-midi magnifique. Nous trinquions à notre rencontre et aux moments partagés, nous remerciant mutuellement. Philippe nous proposa de rester dîner, mais nous préférâmes rentrer, épuisés.

Nous prîmes donc congés de notre hôte, un pincement au cœur d’Audrey, et dans le mien de la voir ainsi. Ce n’était pas de l’amour, mais ce que nous venions de vivre était dans le même temps plus que du sexe. Lorsque nous en reparlions, c’est ce qu’elle avait ressenti elle aussi, un sentiment proche de celui qui attendrit les cœurs dans un début de relation. C’est ce qui l’avait poussée hors de ses limites, elle qui n’acceptait que rarement de faire l’amour plusieurs fois de suite, comme une urgence de profiter de l’instant. Je le ressentais aussi, à travers elle, comme si nous n’étions qu’un. Et ce sentiment d’apaisement dura de longues semaines.

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