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Belle-de-nuit

La clarté de la Lune pare sa silhouette diaphane d'un éclat surnaturel et froid dans la pénombre de la chambre. Enfoncé dans l'ombre, installé nonchalamment dans un large fauteuil, il attend. Il attend avec malice que la belle rousse lui donne ce qu'elle a de plus intime. Dans ses grands yeux verts perdus dans une légère ivresse, il perçoit sa gêne qui grandit. Ses mains manucurées à la perfection d'un vernis rouge provocant agrippent nerveusement une robe évanescente.

Le désir, c'est un peu comme un feu qui prend doucement, qui vous lèche de ses flammes timides. Il embrase ensuite tout votre corps sans que vous ne puissiez y échapper. En un instant, ce désir devient une pulsion. Qui doit s'exprimer quoiqu'il en coûte. Quitte à le regretter par la suite.

Diane tente tant bien que mal de contenir ce désir naissant sans savoir que cela ne fait que le renforcer pour mieux la consumer.

Immobile, le souffle court, elle se demande comment elle a pu accepter, de quelle manière elle peut revenir sur sa parole, pourquoi elle a voulu lui prouver qu'elle n'était pas coincée. Elle s'apprête à réaliser un acte presque obscène qui sera reluqué dans les moindres détails. Un acte qu'elle a toujours dissimulé dans la solitude de son lit.

Pourtant, l'excitation s'était emparée d'elle quand elle avait répondu sur un ton bravache à son défi. Loin de s'être dissipée, cette excitation s'insinue désormais dans chaque parcelle de sa chair et gangrène sa capacité à raisonner. Une part d'elle lui commande de se dévoiler tandis qu'une autre l'implore de se défiler. Elle est là, debout, face à lui dont elle ne distingue plus qu'une forme imprécise. Il ne dit mot, il ne bouge pas pour qu'elle puisse l'oublier. Plus facile à dire qu'à faire et d'ailleurs, n'est-ce pas là tout l'intérêt du jeu ? Qu'il la voit dans la gloire de son intimité.

Si elle ne le fait pas maintenant, elle ne saura jamais. Quoi précisément ? elle ne peut le formuler, toutefois c'est ce qu'une dernière voix lui chuchote. Elle ne sera jamais en mesure de recréer toutes ces conditions favorables pour le faire. Une bouffée de chaleur l'envahit et remporte la partie qui s'est jouée dans son esprit.

Il sourit. Le spectacle va débuter. Les yeux de la belle ont changé. Ils sont déterminés. Elle inspire une grande rasade d'air frais. Elle est prête à se montrer.

Elle fait glisser les bretelles de sa robe par-dessus ses épaules en ne le quittant pas du regard. Ses formes apparaissent tandis que le morceau de tissu s'écroule en douceur à ses pieds nus. Elle porte une lingerie à son image : de la délicate dentelle virginale.

Elle voit les yeux profonds de l'ombre, elle voit son désir grandissant et cela l'enflamme. Elle a envie de le rendre fou. De se sentir désirable. Autant mettre le paquet.

Alors elle commence à se déhancher. Un petit sourire allumeur, elle danse avec langueur. Elle assume son corps, avec provocation et maladresse. Ses pas rythmés la font tourner. Elle se présente de dos, elle se cambre et retire lentement sa culotte blanche. Elle se penche de plus en plus accompagnant la descente de la dentelle. Son cul pâle s'arrondit et dévoile son petit orifice. Elle se relève, ramène ses mains vers son dos pour dégrafer son soutien gorge. Le fait tomber d'un geste aérien. Elle ne porte plus rien.

Une appréhension surgit. Pourtant, il l'a déjà vu entièrement nue. Alors pourquoi ressent-elle de la gêne? Peut-être parce que cette fois-ci, elle s'exhibe. C'est le mot. Ses velléités disparaissent bien vite quand résonne le souvenir des mots de son homme à chaque fois qu'il la déshabillait "Tu es la femme la plus belle que j'ai rencontré". Elle est belle. Pour lui, elle est belle. La fierté remplace habilement la honte par le pouvoir des mots. Elle se retourne avec toute la grâce qu'elle peut fournir et ses seins dansent avec elle. C'est peut-être un mauvais remake du film Striptease mais cela n'a plus d'importance. Car les yeux de l'ombre ne la quittent plus.

Elle bouge ses jambes avec plus d'audace. Son corps ondule, ses mains se baladent, ses jambes s'écartent. Au bout de longs déhanchés, elle se recule vers le lit, s'assoit sur le rebord et relève ses pieds. Ils se posent sur le bord en chêne, chacun vers une extrémité. Plus rien n'est caché. Il a une vue plongeante sur sa chatte. Le spectacle promet.

Son visage se penche vers l'arrière tandis que sa main droite se faufile à l'intérieur de l'entrejambe. Elle écarte ses nymphes à plusieurs reprises avant qu'il ne voit tout son buste basculer sur le lit, dont l'un des seins est pétri de son autre main. Hypnotisé par la scène, bercé par les petits soupirs timides, il se frotte le gland à travers son pantalon.

Elle l'oublie presque et se persuade qu'elle est seule dans cette chambre. Qu'elle peut se donner du plaisir sans retenue. Elle se caresse alors le clito. Très lentement. Ses doigts tournent, tournent et tournent, sans cesse. Et plus ils tournent, plus ils tournent graduellement plus vite. Son souffle hésite, se retient, devient des gémissements. Ses doigts tournent, encore, impitoyables, accentuant la pression. Son buste se balance. Les muscles de ses jambes tressautent, se tendent. Elle monte, elle monte, elle monte, lentement mais sûrement.

Il est là, il la regarde, elle ne peut l'ignorer. Cette pensée devient omniprésente pendant tout le temps où elle se donne du plaisir, la galvanise davantage. C'est pour lui qu'elle le fait, cet acte qu'elle n'avait jamais osé montrer. Sans pudeur, fière de son corps, certaine de sa beauté dans cette caresse impudique. Même si elle ferme les yeux, elle ne voit qu'une seule image, lui qui la regarde intensément.

Elle peine à se retenir, il le devine bien aux sons qu'elle émet. Oui, elle se lâche de plus en plus, elle perd le contrôle de son soi conscient, ce soi formaté par ce qui est admis publiquement par la société, ce soi enfermé dans la normalité créée par les imaginaires collectifs. Elle s'est enfoncée deux doigts dans son vagin.

Ses mouvements froissent les draps. Ses pieds se tordent et ses mains virevoltent sur sa chatte. Le plaisir devient insaisissable, inénarrable. Elle doit aller jusqu'au bout car il la regarde, il attend la fin comme un assoiffé dans un désert aride. C'est bien meilleur que le porno en live. Parce qu'elle le fait pour lui et lui seul. Il est le témoin privilégié d'une scène authentique d'érotisme brut. Elle s'offre à lui.

Alors que sa respiration chaotique manifeste l'évolution de sa montée ardente, ses doigts deviennent turbulents. Sur le clito, dans son vagin, ils s'alternent entre tournoiements et enfoncements frénétiques. Il voit une lionne qui tonne sa bestialité, qui s'oublie et oublie son humanité. Dans cette chambre, une seule chose compte : atteindre la jouissance. Elle veut mettre fin à sa propre torture des sens, il veut la voir exploser de mille feux.

Elle y est presque, son corps tendu le signifie. Il dévie dans tous les sens bien que ses jambes restent fermement écartées. Les gestes sont désordonnés et pourtant si précis dans leur recherche de la caresse ultime. Celle qui mettra un point final à cette exhibition. Ça tourne, ça s'enfonce, encore, encore, encore, sans jamais vouloir s'arrêter. Elle s'inonde de sa fertilité. Ses cuisses s'en imprègnent. Sa bouche vocifère sa mélodieuse agonie. Elle s'indigne de son absence de honte à la vision qu'elle lui donne.

Tout de même, il la regarde. Il contemple son intimité la plus forte. Se donner son propre plaisir. Il a pénétré dans son monde secret. Celui qui ne se montre jamais. Elle réalise alors l'incroyable étendue de ce qu'elle lui a accordé.

Sans crier gare, un flot ardent l'envahit. Elle crie cet incendie effroyablement puissant. Les spasmes violents la secouent. Elle s'est libérée.

Un silence de plomb s'invite entre les deux amants. Il met du temps à croire à la véracité du spectacle qui s'est déroulé devant ses yeux avec brio malgré son érection douloureuse.

Diane sourit de contentement dans l'obscurité. Elle ressent le courage et la confiance couler dans ses veines. La fragrance de sa jouissance se déploie dans la pièce tandis qu'elle referme doucement ses jambes. 

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