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BibliÔthèque

J'étais en train de travailler à la bibliothèque depuis près d'une heure. Révision de la sémiotique, matière ennuyante s'il en est. J'avais mis de la musique. Réglée au minimum pour ne pas perturber mes voisins alentours. Les chansons défilent. Et soudain, La chanson. Je monte le son. Je m'isole phoniquement. Cette musique, ces trois simples morceaux ont le don rare de me donner des frissons que seul la bonne musique sait faire naître. Je m'imagine soudain avec lui. Quoi de plus agréable que cette musique accompagnant mes pensées sur lui ?

Et tout à coup, il est là.

Il cherche un livre donc un rayon. Toujours cette musique. J'hésite. J'ai envie de cet homme, de ce mâle, de ce personnage masculin. J'en envie maintenant. J'aime son odeur sucrée. J'aime ses mains et sa bouche qui, à l'unisson, laissent à désirer son corps tout entier. Je ne me souviens plus de son nom mais peut m'importe. Je le veux à moitié anonyme. Et puis tout à coup, je ne veux plus hésiter. Je me mets à lui fixer la nuque. Il sent mon regard et se retourne. Toujours cette musique. Elle me donne la force d'affronter son regard, de le soutenir et de lui sourire. Ses yeux verts s’interroge sur la nature de mon regard. Il n'ose finalement que me sortir un sourire timide, enfantin ne comprenant sûrement pas pourquoi lui et surtout pourquoi maintenant. Cette bouche rouge, charnue, virile et gourmande me mets dans tous mes états. J'ai envie juste de ce morceau de chair.

Il se détache de mon regard, peut être gêné. Il semble avoir trouver son rayon. Le plus éloigné, le moins visité. Parfait. Toujours cette musique. Musique qui me fait me lever et le rejoindre discrètement. Il se retourne, surpris. Je lui fais un sourire timide puis feint de chercher un livre. Il est intrigué mais peut être commence-t-il à comprendre pourquoi je suis là derrière lui. Finalement, au bout d'un petit moment, je me retourne et commence à m'approcher de lui. Il croise mon regard désireux de sa bouche que je fixe. Je voudrais lui parler mais dans des moments comme celui là, y'a -t-il quelque chose à dire ? Tout en vérifiant que personne ne vient ni ne peut nous voir, je me rapproche de lui. Je lui passe une moitié de ma musique histoire qu'il soit dans le même état d'esprit que le mien. Il écoute. Il comprend.

Je l'agrippe délicatement par la nuque avec la main droite et la gauche part se balader du côté de ses reins. Je le colle contre moi. Il se laisse complètement faire. Je lui pose un baiser dans la nuque en humant son parfum au passage. Ce baiser qui lui fait ouvrir la bouche et fermer les yeux. Il ose une main dans mes cheveux. Je sens monter plus encore l'excitation.

Et puis, enfin je goûte ses lèvres qui me faisaient tant envie. Elles sont si douces que pour contrarier cette douceur, je fais mon baiser plus profond, plus violemment doux. Sa bouche a un goût sucrée. Nos langues se goûtent. Sa main s'aventure vers mes reins et je frémis de désir contenu. Mes lèvres quittent un instant les siennes pour reprendre leur souffle. Toujours cette musique. Je croise des yeux emplis d'un désir brut presque sauvage. Une dernière fois, nos lèvres se rencontrent avec plus de force. Je sens ma propre odeur qui m'érotise encore un peu plus.

Et puis tout à coup, c'est la fin. Fin de la chanson, du baiser, de l'envie. Il doit bien le lire dans mes yeux que, ça y est, c'est la fin. Il me rends la moitié de ma musique et du même coup, repose les pieds sur terre. Je me détache de lui sans aucun remords ni regrets. Je retourne discrètement à ma place et reprends mon cours comme si de rien n'était.

Il n'a pas trouvé son livre.

Il avait une moustache.

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