Bon anniversaire...

Une saga de SophieStLaurent - 2 épisode(s)

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Épisode 1 : Cadeau-mystère

D'habitude, il m'envoie des fleurs pour mon anniversaire. Je reçois le paquet, je l'ouvre, je m'exclame "des roses!", mes collègues sont toutes attendries et je l'attends le soir venu dans ma nuisette, toute parfumée et prête à passer une nuit chaude dans ses bras forts ... 

Cette fois-ci, le livreur me tend une enveloppe avec une clé de chambre d'hôtel à l'intérieur. 

Chambre No 424, Hôtel Regency Montreal. Un endroit reconnu pour son raffinement et sa clientèle pleine aux as. 

"Les fleurs seront dans la chambre". Mon mari veut ainsi me rassurer parce qu'au fond, j'adore les fleurs !

Sur la commode de la chambre, il y a effectivement un vase avec 24 roses rouges. Sur le lit, se trouve un sac provenant de ma maison préférée de lingerie fine. Après l'avoir ouvert, je constate que mon coquin de mari raffole encore des grands classiques : culotte tanga de dentelle noire, serre-taille noire avec broderies raffinées, bas noirs et... mes chaussures à talons hauts, celles que j'ai cherchées pendant une heure ce matin ! À cause de cela, j'ai failli arriver en retard au boulot, mais tout cela est oublié. 

Pas de soutien-gorge corbeille... Ah bon. En fait, si, il y a une paire. Elle s'est simplement cachée sous une autre couche de papier de soie. 

Cette obsession qu'il a pour mes seins. Enfin, cela me prouve qu'il les chérit encore... 

Il y a aussi une belle robe de nuit en satin noir. 

Un bel attirail, mais pas de mari. 

Ce mot : "prends une bonne douche, enfile ta nouvelle tenue, à bientôt pour une soirée des plus endiablées. Bon anniversaire, mon amour xxxx P(...)  P.S. : ne te caresse pas trop sous l'eau chaude. Je te connais xxx Garde-toi de l'énergie"

Sur le comptoir de la salle de bain, un autre sac. Celui-ci contient une bouteille de Si d'Armani, mon parfum préféré, ainsi que quelques produits de toilette et des articles de maquillage. Encore une fois, mon mari a vu juste. 

Je me déshabille en vitesse, me fais couler un bain et plonge mon corps dans l'eau chaude. Je prends tout le temps qu'il faut pour bien me laver, en m'attardant à mon sexe, tout en m'assurant de ne pas succomber à la tentation de me masturber, tellement la proposition indécente de mon mari m'allume. Après l'avoir très, très soigneusement nettoyé, je me suis arrêtée. Pour éviter une atteinte à la fois fâcheuse et espérée du point de non-retour, je m'extirpe immédiatement du bain. De toute manière, mon mari arrivera sans doute très bientôt. 

Le serre-taille se marie parfaitement à mes hanches, leur procurant des courbes plus afriolantes et désirables, tandis que mon soutien-gorge donne à mon buste de belles rondeurs. Je laisse de côté la culotte, car je n'ai nullement envie de me départir de mon serre-taille pendant l'acte, m'obligeant d'arrêter momentanément la cadence pour décliper les attaches de mes jarretelles, retirer ma culotte, remettre le tout en place et de poursuivre. Je n'apprécie pas que l'on écarte le tissu de mes sous-vêtements uniquement pour me pénétrer ou me lécher. Généralement ils m'ont coûté assez chers, alors j'aimerais que l'on en prenne soin autant que de mon corps. 

Sous ce serre-taille, ma touffe m'apparait fort présentable. Je ne suis d'ailleurs jamais gênée de la présenter, malgré ses quelques poils blancs qui viennent quelque peu trahir mon âge. 

Dans cet univers, je me sens soudainement comme une courtisane en demande, attendant patiemment son client dans une chambre luxueuse. D'ailleurs, où dois-je attendre l'arrivée de ce fameux "client", c'est-à-dire  mon mari ? Sur la causeuse ou sur le lit ? J'opte rapidement pour la causeuse, cela fait beaucoup plus mystérieux, distingué. 

Je m'empresse d'ouvrir la bouteille de rouge et de verser le doux nectar deux verres, pour ensuite prendre une pause sensuelle. Rien de provocant. Je m'allonge comme l'Olympia de Manet, mais en un peu plus habillée. Malheureusement pour moi - ou heureusement sans doute - les fantasmes commencent à m'habiter.  Qui ouvrira la fameuse porte. Voilà que divers scénarios s'offrent à moi. Mon mari ? Sans doute ! Je connais bien son sens du jeu, de la surprise. Or, si c'est quelqu'un d'autre ? Si c'est en fait... plusieurs autres ?  

Je commence à ressentir des palpitations. Partager mon corps... je veux bien. J'y songe même, parfois. Notamment pour que l'on prenne soin de cet orifice, le moins lisse que les Dieux m'ont donné, comme le chantait Gainsbourg... Ah ! Le mari s'y amuse parfois à le caresser de son pouce. Aventureux, il le fait un peu pénétrer pour me procurer des sensations plus électrisantes pendant qu'il se pourlèche de mon clitoris. Mais de là à me donner cette "levrette taboue", il se ravise constamment. Il n'est pas prêt. Cela fait des années qu'il ne l'est pas.

Mais un soir d'anniversaire ? Ils seront combien, y compris mon mari ? Deux ? Trois ? Quatre ? Juste des hommes ? Je préférerais alors qu'une autre dame nous accompagne, mon mari et moi. Pour ce genre d'événement, en l'occurence un anniversaire de mariage, il me semble que ça serait plus agréable, plus doux. Il faut aussi que la personne me plaise ! Si c'était Sylvia ?  Ma collègue de café, ma fournisseuse d'histoires salaces, mon échangeuse de baisers langoureux -nos maris ignorent certaines choses poussant allègrement dans nos jardins secrets- des soirs où nous nous sommes sentons délaissées et en proie à s'empiffrer de tendresse. 

La chaleur me gagne.  Je me sens comme Mya Nygren dans Emmanuelle IV, lorsqu'elle se rince l'oeil et que ses jambes suent de désir en espionnant une jolie blonde se laisser dévorer par une noire élancée dans un atelier de couture. 

"Sylvia..." Prononcer ce mot n'aide en rien à me contrôler. Ce serait une honte de refuser à mes mains impatientes et altruistes de faire plaisir à un sexe soudainement vulnérable aux souvenirs fauves d'une femme qui inexplicablement, me fait de l'effet. 

"Sylvia... Sylvia... Sylvia..." Elle transgresse les barrières que nous nous sommes bâties, les arrache, les brûle. Et la voilà qui s'empare enfin de moi, se fond sur moi, s'attarde tout de suite à mon point faible, là où mes mains sont déjà à l'oeuvre. Je n'entends pas la porte qui s'ouvre... Je n'ai pas conscience du spectacle que j'offre à mon époux, ni le temps qu'il restera à me contempler. 


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