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Bons baisers de Bali

Tel un félin, Céleste s’étira pour délier ses muscles endoloris. Le contact du canapé en microfibres sur ses cuisses dénuées de tissus était aussi doux que du velours. Le dimanche, la tenue de rigueur était short et débardeur ; même en hiver cette règle primait grâce au feu qui crépitait constamment dans la cheminée. Son homme profitait de cette journée pour jouer à la console avec ses potes — quand il ne s’occupait pas de réaliser les désirs chuchoter à son oreille.

Elle allongea ses jambes sur celle de Jérôme installé sur la méridienne, empiétant sur son espace. Elle s’amusait à remonter lentement vers ces hanches pour frotter son entrejambes lorsque son téléphone vibra. Elle l’attrapa sur la table basse et s’empressa d’ouvrir la notification. Céleste pouffa devant la photo que leur ami venait de lui transmettre.

— C’est qui ? demanda immédiatement Jérôme.

— Remy. Il m’a envoyé un snap alors qu’il est étendu sur un lit gigantesque. « Coucou beauté fatale ! Je suis nu pour toi ! ».

— Sérieux ? ricana-t-il en lâchant une demi-seconde la télévision pour regarder son écran. Quel petit joueur, il est en peignoir !

Céleste répondit en lui adressa une photo de ses jambes et agrémenta l’image d’un « Tu m’arnaques ! ».

— En tout cas, ils ont l’air de bien s’amuser pendant leur voyage de noces, dit-elle en se remémorant le mariage du couple.

Il s’agissait de très bons amis avec qui ils savaient partager des moments de complicité très intimes. Il n’était pas rare qu’ils aient de leurs nouvelles au travers d’un Snapchat bien souvent osé. Une sorte de jeu entre eux, mais il n’avait jamais dépassé certaines limites, au plus grand damne de Céleste.

Le petit fantôme s’activa à nouveau et le téléphone lui échappa presque des mains quand elle reçut une vidéo. Rémy y entrouvrait son peignoir avant de se retourner et de le balancer sur le sol. En guise de bande-son, on pouvait entendre le rire de sa compagne qui faisait office de cameraman.

— Tu lui renvoies la même chose ? lui demanda Jérôme qui n’avait rien perdu de sa réaction.

— Je ne suis pas habillé pour, se défila-t-elle malgré l’onde de chaleur lui traversant le bas ventre.

Il sourcilla et afficha un sourire en coin. Elle savait que sa timidité l’amusait et qu’il affectionnait tout particulièrement de la lui faire oublier. Une fois envolée, elle devenait docile et se pliait avec délectation à tous ses jeux.

— Tu es adorable quand tu fais ta prude, la taquina-t-il en déposant un baiser chaste sur ses lèvres.

Il délaissa la console avant de laisser sa langue glisser le long de sa mâchoire et de plonger dans sa nuque pour la mordiller. Le corps de Jérôme emprisonna le sien contre le canapé et il passa une main derrière ses reins pour lui prouver que l’idée l’excitait énormément. Céleste frémit à la morsure plus profonde de ses dents et son corps s’enflamma sous la légère douleur qu’elle provoqua. Elle adorait ça et se désolait déjà de sentir la caresse de sa langue l’apaiser.

Une nouvelle notification de Snapchat attira leur attention. Cette fois, leurs amis n’avaient pas attendu d’éventuelle réponse pour envoyer une photo affichant fièrement la trace de bronzage de Karen. L’image offrait une jolie vue sur ses fesses alors qu’elle se penchait en avant pour en dévoiler davantage.

Le regard de Jérôme s’illumina quand il dévia sur le débardeur de Céleste. D’une main, il le souleva, obligeant la jeune femme à relever les bras. Il la laissa dans cette position, les poignets entravés par le vêtement, sa poitrine en évidence. Il la dévora littéralement, comme pour graver avec exactitude la rondeur de ses seins afin de nourrir ses prochains fantasmes. Elle patienta, remuant malgré tout sous lui, ondulant lascivement. Alors qu’elle s’attendait à ce qu’il prenne une photo, mais il n’en fit rien.

Il s’abaissa et s’entêta à recouvrir sa peau de baisers. Elle se félicita d’avoir omis de porter un soutien-gorge, lui donnant directement accès à ses tétons qui pointèrent sous sa langue. Un gémissement de plaisir retentit dans le salon ainsi qu’un bruit semblable à un tintement.

— Hey ! protesta-t-elle dans un râle sensuel. Je rêve où tu viens de tourner une vidéo ?

— Tu ne rêves pas... Je fais regretter à Remy et Karen d’être partis sans nous au paradis.

Elle comprit à son sourire prédateur qu’il avait donné un petit aperçu du programme dominical à leurs amis.

Céleste libéra ses mains et s’attaqua aux boutons retenant le membre gonflé de désir qui durcit sous ses doigts. Elle se débarrassa des couches superflues de vêtements et poussa Jérôme en arrière pour mieux le prendre en bouche. Elle lapa la petite perle salée au bout de son gland puis l’engloutit avidement. Il agrippa ses cheveux et lui imposa un rythme soutenu, l’encourageant à aller toujours plus loin. Elle croisa son regard brûlant et ne put s’empêcher de l’abandonner pour capturer ses lèvres.

Jérôme en profita pour glisser un doigt dans son intimité humide. Elle remarqua qu’il tenait le téléphone dans l’autre main, l’écran se réveillant sous la réception d’une nouvelle vidéo. Cette fois, ses dernières bribes de retenue s’effondrèrent à la vue de Karen onduler lascivement. Elle nota qu’elle avait conservé sa jupe courte et le haut de son maillot de bain. D’un accord commun, le couple décida qu’il était temps de passer à la vitesse supérieure.

Elle plaqua son clitoris contre la paume de sa main puis chercha son point le plus sensible. Lorsqu’il s’aperçut qu’elle se concentrait afin de ne pas laisser exploser son plaisir, il la contraint à s’arrêter dans son élan, juste pour la torturer.

— T-t-t-t… Tu crois que tu mérites vraiment de jouir ?

— Oui, dit-elle dans une sorte de grognement adorable.

Il secoua la tête et lui légua le téléphone portable, accroissant sa frustration. Il lui interdit de le faire glisser en elle, Céleste était incapable de résister à l’appel de l’orgasme dans cette position. Faussement contrariée, elle se releva et s’éloigna du canapé en roulant des hanches. Elle savait que Jérôme ne se gênait pas pour vriller son regard à ses fesses et elle s’accouda à la table du salon, en évidence devant la porte-fenêtre. Elle se courba davantage, jusqu’à ce que sa poitrine touche presque la fraîcheur du bois qui contrastait avec la brûlure dévorant son corps. Un coup d’oeil au travers de la fenêtre lui apprit qu’aucun voisin ne profitait du spectacle. Dommage.

Céleste s’arma d’une moue boudeuse et prit un selfie. Elle l’accompagna de : « L’un de vous s’occupe de moi ? Il préfère la console ».

Elle n’avait pas posé le téléphone qu’elle se sentit soudainement comblée. Elle imagina un instant que c’était le sexe brûlant de Remy qui la pénétrait entièrement. Il lui donna le temps de s’ouvrir et se fit plus entreprenant quand elle soupira d’aise. Mais, lorsqu’une main se plaqua dans son dos pour la maintenir fermement contre la table, elle sut qu’il ne s’agissait pas du doux mari de sa copine. L’autre se referma sur sa hanche, les ongles s’enfonçant dans sa chair, décuplant son excitation. Le salon s’emplit bientôt de ses gémissements.

Son compagnon lui déroba le téléphone avant de lui agripper les cheveux afin de la relever et la détacher de la table. Il l’entraîna au pied du canapé, jusqu’au tapis, et elle devina exactement ce qu’il désirait.

— Mets-toi à genoux, ordonna-t-il d’une voix où filtrait une certaine tendresse.

Elle obéit, non sans frissonner. Il lui administra une tape sur la fesse à laquelle elle ne s’attendait pas et elle en réclama d’autres encore. Enfiévrée, elle sourit lorsque le bruit de l’obturateur de l’appareil lui parvint entremêlé à sa respiration saccadée. Le portable s’écrasa contre le coussin du canapé et Jérôme se pencha pour lui chuchoter à l’oreille :

— Ce serait dommage de n’en faire profiter que Remy et Karen… J’ai posté cette petite vidéo sur ta story pour que tout le monde puisse te regarder.

Elle n’arrivait pas à savoir s’il se jouait d’elle. Il en était capable, elle n’en doutait pas, mais il la coupa dans ses réflexions en la caressant avec son pouce. Son membre rigide allait et venait pendant qu’il mettait à rude épreuve son clitoris. La délivrance était proche et elle cessa d’y résister, laissant la boule de plaisir exploser entre ses reins. Son corps s’embrasa, ses muscles se contractèrent et un hurlement d’extase s’extirpa de ses lèvres. Intense. Puissant. Tout simplement exquis.

Jérôme la rejoignit en se retirant pour se répandre sur ses fesses. Elle ferma les yeux pour mieux apprécier les derniers moments de leur ébat avant qu’ils ne reviennent à la réalité. Grisée, elle émit un petit ricanement quand il déposa un baiser sur la commissure de ses lèvres.

— Cet hiver, je t’emmène à Bali.

Elle acquiesça et nota cette promesse dans un coin de son esprit.