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Ce soir, vers 23h10

Me voici rentrée, après ma journée de travail. La semaine fut agréable et bien remplie. Mes multiples tâches, rondement menées, quelques sourires, un compliment venu la couronner… C’est donc de belle humeur que je me suis déshabillée.

Mes mains sentaient l’orange,

l’orange du dîner.

Ma peau, une crème aux senteurs de miel.

Me trouvant jolie, je fredonnais déjà mes chansons préférées, avant de me les mettre aux oreilles.

Même s’il n’y a personne, je préfère avoir voix et notes au plus près de moi.

Il m’arrive ainsi souvent de devenir instrument.

Les voix m’arrivent et je les chante aux murs et meubles de chez moi.

Et puis, j’ai fait ce que je ne devrais pas :


« Oh ! je voudrais tant que tu te souviennes

Des jours heureux où nous étions amis.

En ce temps-là la vie était plus belle,

Et le soleil plus brûlant qu'aujourd'hui.

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle.

Tu vois, je n'ai pas oublié...

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,

Les souvenirs et les regrets aussi

Et le vent du nord les emporte

Dans la nuit froide de l'oubli.

Tu vois, je n'ai pas oublié

La chanson que tu me chantais. »


Montand, valsant, goûtant les feuilles et les cerises, l’automne et le printemps, plus que naissant…

Je me rends alors compte de mon état,

De mon peignoir avec une nuisette en-dessous.

Avant, même loin de toi, je me promenais nue car je sentais que nous nous retrouverions. Tu semblais partager ma hâte.

Avant, et même avant toi, je souriais, sans prétexte ni musique. Je ne doutais pas de mes lendemains.

Maintenant, ils sont aussi sûrs qu’avant,

or mon coeur lancinant.

Tu t’amenuises pourtant, le temps aidant.

Tu t’amenuises sans que nous ne nous résignons à couper tout contact.

Notre relation est belle dans son évolution. J’y tiens peut-être autant que toi, qui vaques loin de moi.

Ma vie s’enrichit. Chaque jour a ses nouvelles connaissances, ses nouvelles têtes, corps et circonstances. Des discussions se tissent avec d’autres que toi, et ce même à distance.

Mais le souvenir reste.

Il me cueille doucement, même avant le soir.

Il revient, sans trop me surprendre, et ne me fait plus mal.


Il suffit qu’un homme me parle d’automne, au moment des fruits d’été,

pour que les beaux midis s’envolent,

et que je sois déboussolée.

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