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Cet été-là, ensemble

Je scrute le paysage d’automne défiler derrière la vitre de la voiture au même rythme que mes souvenirs s’enchainent dans ma tête, le tout dans une belle mélancolie qui laisse pourtant un goût amer dans ma bouche.

Paradoxalement, malgré le mouvement continu du véhicule, je ne veux vivre plus que dans ces souvenirs figés dans ma mémoire et pourtant déjà à des kilomètres de là.

Tout le reste n’est que persécution. Mon petit frère qui chantonne. Le chat qui miaule dans sa cage. L’autoradio qui recrache un sempiternel discours politique. Je suis condamné à être seul, avec la pensée et les souvenirs comme ultime moyen de me sentir avec elle.

Cet instant où je l’avais vue et où mon cœur s’était serré si fort. Cette autre fois où j’avais effleuré son bras. Puis ses cuisses. Ses lèvres. Puis nous nous quittions, mais toujours dans l’assurance de nous retrouver.

Le temps du départ a fini par arriver, moment où les adultes nous arrachent à nos sentiments. Ils ne comprennent pas.

Désormais, toute trace d’elle devient une relique. Un cheveu resté accroché à un vêtement. Une barrette à cheveux égarée que je serre dans la paume de ma main.

Bref, cet été-là, nous étions ensemble.

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