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Chiara et le cambrioleur...

Brice était un cambrioleur, mais un petit, un artisan, un solitaire. Par nécessité, car il n’avait pas besoin de complices, mais également par goût, car il aimait bien faire, son marché chez les honnêtes gens, qui étalaient dans leur salon des objets parfois d’un goût incertain, mais souvent d’un certain prix. Et puis, il aimait l’aventure et l’adrénaline. Bref, entrer chez des inconnus pour leur soutirer leurs richesses le faisait vivre et se sentir vivant… En dilettante consciencieux, il avait déjà écumé plusieurs beaux quartiers sans courir trop de risques.

En une chaude nuit de juillet, vers les 2h, il marchait, le nez en l’air sous un bonnet-cagoule, en quête d’une « affaire », quand il se trouva devant une maison dont le portail était mal fermé ; silencieusement, il pénétra dans un jardin. Au premier étage un balcon, dont la fenêtre était restée ouverte, lui tendait les bras … Il regarda autour de lui, pour s’assurer que personne ne traînait dans les parages, rabattit sa cagoule sur son visage, enfila des gants de latex, et vérifia la solidité d’une descente de gouttière toute proche du balcon. Un vol facile, dans une maison vide et mal fermée !

Silencieusement, il escalada la paroi, atterrit sur le balcon et se retrouva dans une pièce plongée dans l’obscurité. Quand ses yeux se furent habitués à l’obscurité, il vit, sous l’une des portes du salon, un rai de lumière. La situation se corsait, et elle devint franchement critique quand la porte s’ouvrit, pour laisser passer un homme encore jeune, nu, qui, sans le voir, se dirigea vers une autre pièce, qu’il referma. Brice s’avança jusqu’à la porte laissée entrouverte et vit une jeune femme nue, allongée sur le lit en chien de fusil, alanguie, comme peut l’être une femme qui savoure encore son plaisir après avoir fait l’amour. Cette vision l’éblouit… Qu’elle était belle ! Qu’elle était bandante !

Instantanément, son objectif changea : dorénavant, son butin, ce serait le corps de cette femme… Quand il entendit le jeune homme revenir, il se dissimula pour le laisser entrer, se recoucher à gauche de sa maîtresse, et s’endormir. Dans la cuisine, il prit un couteau, s’en servit pour couper la cordelette des rideaux du salon et confectionna deux nœuds coulants. Il entra dans la chambre sans être vu par les deux amants endormis. Prestement il noua le pied droit de Martin au pied gauche de Chiara puis, tout aussi rapidement, avec le reste de la ficelle, il attacha la main gauche de l’amant à l’un des barreaux du lit. Surpris, Martin se redressa, réveillant Chiara. Les menaçant du couteau de cuisine, Brice leur ordonna de se taire et profita de leur stupéfaction pour attacher la main droite de Martin dans la main gauche de Chiara, et lier leurs mains libres aux montants du lit.

La fille était allongée, nue, les jambes écartées, offerte à son désir, et rien ne pourrait empêcher Brice de s’emparer et de jouir de ce corps élancé, de cette taille fine, de ces seins pleins, fiers, qui défiaient son désir, de ce sexe ouvert, d’où coulait encore un peu du sperme que son mari y avait déversé… Il s’assit au bord du lit et laissa ses doigts baguenauder sur le corps qu’il allait prendre, en savourer la douceur de la peau. Ses mains savourèrent la ferme élasticité des seins, effleurèrent les tétons, les titillèrent, les pinçotèrent. Chiara, sans illusions, qui s’attendait à être malmenée et prise bestialement, sauvagement, par un barbare, fut fort surprise par ces caresses, douces, jouissives, voire amoureuses, dignes d’un Arsène Lupin sentimental. Elle ferma les yeux pour manifester son désaccord avec cette prise illégitime de son corps, pour signifier qu’elle ne la désirait pas, car même si elle et Martin étaient libertins, elle voulait disposer de son corps à sa guise, sinon à celle de son chéri. Mais quand la main de l’homme descendit lentement de ses seins vers son ventre, s’attarda autour du nombril, le chatouilla, puis qu’un doigt chercha délicatement, puis trouva et salua son clitoris, encore gorgé de sang par les caresses de Martin, elle ne put retenir un petit gémissement.

Martin ne voulait pas voir son aimée se faire violer, et son gémissement l’inquiéta. Mais la crispation de la main de sa chérie dans la sienne, accompagnée de son petit cri, le surprit. Ce ne semblait pas du tout être un cri de douleur… Il ouvrit les yeux, tourna son regard vers elle et vit l’homme cagoulé, dont les yeux semblaient sourire, jouer avec le clitoris d’Aude, le caresser, le stimuler avec délicatesse, jusqu’à ce que le corps d’Aude se cabre brutalement, et qu’elle jouisse dans un feulement de femme en rut.

Martin fut surpris de constater que son corps était excité par ce qu’il voyait et, quand il vit et entendit sa chérie crier, de sa belle voix, son plaisir à l’inconnu encagoulé, sans qu’il s’en rendît compte, son sexe, comme indépendant de sa réserve morale, était à nouveau gonflé, durement gonflé même…

L’orgasme qu’il avait procuré à sa victime fouetta le désir de Brice ; maintenant, il lui fallait posséder sa victime, la défoncer, s’enfoncer, remuer, dans ce corps qu’elle ne lui offrait pas, mais qui ne pouvait plus se refuser à lui. Comme il commençait à descendre la tirette de son pantalon pour libérer son braquemart tendu à l’extrême, ses yeux découvrirent le sexe de Simon en érection, une érection impérieuse, gorgée, à éclater, du désir du mâle pour sa femelle en chaleur…

Remué par cette queue dressée avec arrogance, de plus bien plus grosse et plus longue que la sienne, montée sur ce corps musclé, Brice se sentit petit garçon et eut un peu honte… De toute évidence, il ne baisait pas dans la même catégorie que le mari… Tel le renard face aux raisins, il se trouva de bonnes raisons pour se retirer… Certes, certes, il était un voleur, mais il n’avait jamais violé personne de sa vie… Oui, il était cossard, mais intelligent et beau gosse comme il se voyait, il n’avait pas besoin de recourir à ces extrémités indignes de lui ! De plus, il n’avait pas de préservatif et il serait idiot de laisser ses fluides corporels à portée des pipettes de la police scientifique…

Confus, il se rhabilla et allait se résigner, tout bêtement, à prendre la fuite, quand le sexe bandé de l’homme et le visage de la femme convulsé par le plaisir qu’elle attendait de prendre lui soufflèrent une autre issue, plus drôle et beaucoup moins dangereuse pour sa liberté…

Avec précautions, il détacha la main et le pied droits de Martin et bascula son corps sur celui de Chiara. Puis il saisit la queue du jeune homme qu’il pointa en face de la chatte de la jeune femme qui, les yeux toujours obstinément fermés, croyait son violeur couché sur elle, finalement pas aussi brutal qu’elle le craignait. Confiante en l’amour et la compréhension de son mari, libertin et un peu voyeur, elle se résigna à recevoir dans son ventre le sexe de l’inconnu… « Après tout, ce n’est qu’un nouvel amant… »

Voyant que Brice s’éclipsait discrètement de la pièce, puis de la maison, Martin appuya tranquillement son gland contre les nymphes de Chiara, et fit lentement pénétrer son sexe dans le vagin, encore lubrifié par sa précédente éjaculation, provoquant en retour un très fort soupir de satisfaction chez sa femme qui, les yeux fermés, croyait être baisée par un inconnu. Savourant la perversité de cet adultère virtuel, Martin, sans dire un mot afin de prolonger la tromperie, imprima à son sexe un rythme effréné, de soudard, qui sembla ravir Chiara par sa vigueur. Plus fort il s’enfonçait en elle, plus fort il la défonçait, et plus il voyait le visage aux yeux toujours clos de son aimée se tordre sous l’effet du plaisir. Les paupières fermées, le visage crispé par la jouissance, Chiara gémissait, tournait sa tête sur l’oreiller de gauche à droite, de droite à gauche, comme si elle voulait la dévisser. Puis, quand son mari déchargea rageusement son plaisir dans son ventre en fusion, elle jouit dans un long cri, le corps cabré par un violent orgasme.

Repue, assouvie, Chiara finit par ouvrir les yeux, et vit le visage de son amoureux époux au-dessus d’elle. Elle les referma très vite, en rougissant, du plaisir pris et de gêne à la fois…