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Épisode 2 : Sophia

Sage, l'ai-je été un jour? Pas ce soir là en tout cas. 

Cette histoire commence quelques mois avant cette soirée.

Je venais d'entrer dans une troupe de théâtre, et derrière les rideaux rouges, des personnages hauts en couleur. Parmis eux Sophia, petite, brune, des lunettes papillons et un air sévère qui me mettait toujours mal à l'aise.

Le personnage de la professeur de français et de latin aux accessoires extravagants elle le tenait à merveille dans la vraie vie, sur scène elle se transformait en ogre et plusieurs fois je me surpris à rougir lorsque sur moi elle posait son regard inquisiteur.

Nous avons appris à nous connaître et nous sommes vite devenues très proche, j'étais loin de me douter à quel point.

Je n'ai jamais eu d'attirance pour les femmes, mais elle... elle qui m'avait attiré dans ses filets et qui un soir, après une répétition m'avait susurré dans un sourire "s'il y a bien une femme que j'aimerai goûter un jour, c'est toi".

L'année scolaire se termina doucement et avec elle ses vacances arrivèrent. 

Peu de temps après le spectacle nous sommes sortis sur Lille entre amis, nous nous sommes engouffrés dans le bar à rhum juste en face de la "boucherie", elle était sublime, les cheveux détachés qui tombaient en cascades brunes sur ses épaules.

Nous étions assises côte à côte, et buvions nos cocktails avec une certaine soif. Je lui massa machinalement le dos dans un instant d'égarement, regardant mon homme assis en face de moi.

"Veux tu goûter? " Sa voix, venue du fin fond des enfers, douce, sensuelle, qui invite à la bêtise.

Je me retourne et la regarde, je ne répond pas mais mes yeux ne peuvent mentir.

C'est assise, dans le sous sol de ce bar, les mains entremêlées dans ses cheveux que nos deux langues se rencontrèrent, gourmandes, bonbons à la menthe et au citron... 

Je ne saurais vous dire combien de temps cela a duré, les yeux clos, avide de ce moment, assises l'une sur l'autre...

On ne m'a jamais embrassé comme cela, avec tant de passion et de fougue, ce baiser en a medusé plus d'un dans ce bar, autre que nos conjoints respectifs.

Des mois plus tard, un verre de vin rouge en main elle se transforma en Perséphone.

Cruelle, je l'ai été à mon tour, lui glissant tel une caresse"ne t'aventure pas dans un jeu que tu ne pourras assumer".

Douce, sucrée et divine, je n'ai gouté que la douceur de tes lèvres et de ta langue, mais pour toi j'aurais descendu le Styx Sophia.