3 minutes de lecture

Club de lecture

Avec lui, ce n'était pas pareil. Non, il ne faut pas dire les choses de cette manière. Autrement, on avoue que rien ne sera meilleur que lui. Disons alors que c'était différent. 

Je recommence. Avec lui, c'était différent. Pas seulement qu'une simple histoire de baise.  Disons une histoire d'amitié passionnée...

Il y avait tout un rituel à respecter avec Max, mon ami dandy qui me faisait penser à Max Jacob et Gabrielle d'Annunzio, un beau brun raffiné, rasé de près, soucieux de son corps, qui choisissait ses complets avec tellement de soin qu'il pouvait passer des heures devant sa garde-robe, afin de soupeser le pour et le contre de l'agencement de certaines couleurs. Nous faisions nos séances de course à pied et de gymnastique ensemble et nous nous retrouvions au café pour prendre l'espresso et changer le monde. Nous finîmes par nous apprécier de plus en plus, se reluquer le cul de plus en plus pendant le footing ou sous la douche, après nos longueurs, se faire rire, s'écouter et s'ouvrir l'un à l'autre.

Puis un soir, c'est un long french kiss que nous nous étions échangés pour souligner ce "changement" dans notre amitié. Chaque mois, nous quittions momentanément nos vies quelque peu monotones pour les meubler avec ce que nous aimions le plus : la littérature et le sexe. 

Avec lui, dans son grand appartement, nous discutions d'abord de livres, plus précisément ceux que nous nous imposions pour pouvoir en dresser un compte-rendu lors de nos rencontres. Nous étions très exigeants à ce sujet ! Max aimait beaucoup que je parle de poètes surréalistes. Il aimait aussi m'écouter les réciter. 

Après deux heures de ce jeu, il se rapprochait de moi sans rien brusquer. Je savais dès lors que nos ébats allaient prendre leur envol, mais pas avant bien sûr de me faire quelques compliments sur mon allure et mes connaissance tout en me caressant la cuisse. Le premier échange de baiser était le signal pour aller plus loin lui et moi. 

Il me tenait alors par la main et m'entraînait vers sa chambre.  Max était prêt à m'enflammer, mais pas avant de nous doucher. Sous le jet d'eau, il posait ses lèvres sur les miennes et glissait ses mains jusqu'à mes fesses. Je me laissais toujours faire et c'est ce que Max voulait, soit me combler. Dans cette relation, je faisais son bottom, son homme à baiser jusqu'à l'extase. Nos goûts pour la littérature nous allumait, mais désormais nos gestes lubriques l'un envers l'autre encore plus. Nous avions tous les deux pratiquement le même âge. Lui 54, moi 50. Nous cherchions de la compagnie et de la chaleur. Nous le trouvions dans nos étreintes et nos ébats. C'est une amitié qui s'est épanouie un peu plus... 

Schubert jouait dans la chambre qui était inondée de soleil et Max me saoulait de plaisir. Je le laissais me badigeonner le corps de ces huiles dont le parfum de lavande me faisait peu à peu perdre la tête. Accroupi derrière moi, il ne commettait aucun geste brusque. De la tendresse, rien que de la tendresse avec lui. 

Nos corps étaient magnifiques et chauds. J'aimais lorsque ses mains lubrifiées se promenaient entre mes fesses pour taquiner mon anus. C'était exécuté pendant de très longues minutes. Max, tel un artiste, mettait beaucoup avec plus d'application que sous la douche. Ses doigts et sa langue s'affairaient à me faire chavirer, à en demander plus, plus, plus.

Pendant plusieurs minutes, ses gestes doux et attentionnés firent en sorte que mon sphincter se relaxait. Lorsqu'il me jugea prêt, Max me fit coucher sur le dos, m'ouvrit les jambes, lubrifia encore plus la fameuse zone et glissa son sexe long dans mon anus. Max aimait me prendre en missionnaire car il pouvait m'embrasser tout en me pénétrant. Nous entremêlions nos langues avec autant de fougue que nous l'utilisions pour analyser un texte d'Aragon. 

Il avait des éjaculations foudroyantes. Lorsque mon trou de cul dégoulinait de tout son foutre, il se précipitait sur ma queue et me suçait tout en me caressant langoureusement les cuisses et le ventre. Au moment où il sentait que j'allais exploser dans sa bouche, il arrêtait net et promenait son visage sur ma queue, couvrait mon abdomen de baisers puis recommençait. Des gestes lents puis rapides pour que je perde la tête jusqu'à ce que j'éjacule. Le tout se terminait par une longue douche avant que je puisse retourner à la maison. 

J'en parle au passé, car Max a été muté dans un autre pays pour le travail. Depuis, je ne retrouve plus la même intensité lorsque des amants de passage m'accueillent dans leur lit. Nous nous sommes échangés quelques lettres, mais sans plus. Je devrai peut-être me faire une raison... 

Appuyez sur "Entrée" pour effectuer votre recherche