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Épisode 3 : Méchant

Monsieur mon Amour,

Me voici à reprendre la plume pour vous faire entendre mon courroux. Comment ? Vous ne comprenez pas de quoi je parle ? Je vous le dis tout de go, vous avez été méchant avec moi. Que dis-je méchant ? Sadique.

Notre réveil fut aussi doux qu’il peut l’être lorsque la sonnerie nous fait part de son ordre de se lever. Mais fous que nous sommes, nous savons que notre sagesse nous oblige à le faire sonner bien plus tôt que nécessaire, pour ne pas être en défaut pour nos affaires. J’ai senti la force de vos bras m’entourer, me câliner. Vos lèvres sont venues se perdre sur l’arrondi de mon épaule. Mon gémissement vous fit rire et vos dents se sont plantées dans ma nuque. Le Dragon n’était plus très loin, comme il s’est montré dans toute sa puissance, la veille au soir. Mon corps ne pouvait que réagir à votre faim et se tendit plus qu’il n’aurait sans doute dû le faire, car l’appétit vous vint autant qu’il me prit en otage.

Je salivais déjà à l’idée de vos mains sur ma peau brûlante. Comment vouliez-vous que je reste indifférente ou vertueuse, vos doigts se refermant avec fermeté sur la pointe de mon sein ? Que l’enfer s’ouvre devant moi, j'aime cette prise en paume que vous m’octroyez avec piété. Je la psamoldais, vous suppliais de continuer plus fort encore !

Vous me retourniez vers vous. Votre regard était intense. Je savais ce que vous envisagiez. Soudain, votre visage plongea, vos dents attrapèrent le téton durci. Ma main se crispa sur votre nuque et vous retint pour que votre délicieuse torture ne s'arrêta pas. Je hurlais de plaisir, ondulais à la recherche du contact de votre sexe, le mien ruisselait. J'avais envie de vous mordre, mais vous me refusiez cette petite compensation. Votre sourire en disait long sur votre désir, votre contentement au jeu qui nous animait. 

Méchant que vous êtes, je ne pouvais vous infliger mes sévices et me tordais sous vos tendres géhennes. La lave en fusion se répandait dans mes veines et offrait à ma peau la sensibilité la plus intense que je pouvais supporter. Mon esprit s'évadait sous la pression de vos doigts. Le feu de la terre m'embrasait toute entière me faisant écarter mes cuisses largement.

Cri de délivrance, je recevais votre cierge violemment en ma chapelle et des larmes pieuses coulaient sur mes joues, remerciement pour votre âme charitable. Mes seins se dressaient sous le plaisir que vos coups de reins graduels me procuraient.

Votre regard plongea dans le mien et votre sourire me fit craindre le pire... vous vous retirâtes en me lançant :

« Il vous faut vous rendre à la douche, Madame ma Maîtresse… Allez, allez, votre ascension ne sera que pour ce soir. »

Méchant, vous dis-je !! voilà ce que vous fûtes pour moi… aussi pensez bien que je me ferai joie de vous ouvrir les portes de l’enfer et de vous faire hurler chaque plaisir que je vous infligerai, Monsieur mon Amour. De mes doigts, mes mains, ma bouche, ma langue, je vous ferais découvrir tout l'étendu de mes vices.

Votre pieuse Louve, Maîtresse de tous vos tendres tourments.