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Défie-moi - Premier message

Elle tira sur les pans de sa robe noire très courte pour la centième fois de la soirée. Céleste pestait intérieurement contre son homme qui l’observait d’un air espiègle à l’autre bout de la pièce. Quelle idée avait-il eue d’offrir une tenue si peu convenable à la grande timide qu’elle était ? Pire, pourquoi avait-elle accepté de la porter afin de se rendre à une de ces fêtes ressemblant à celles organisées par des étudiants ? Ah ! Il semblait prendre un malin plaisir à ce petit jeu, alors qu’elle luttait pour conserver une attitude détachée. En réalité, cette situation l’excitait, mais elle ne lui dirait pas. Elle jouait les effarouchées simplement pour la forme, juste pour lui résister, parce qu’il adorait ça.

Quand il leva son verre dans sa direction avant de lui adresser un clin d’oeil provocateur, elle se déroba à son regard et sortit pour refroidir ses ardeurs. L’air frais de la nuit caressa son dos nu délicieusement, glissa sur ses cuisses et les fines lanières retenant ses bas noirs agrémentés d’une ligne jusqu’à ses chaussures hautes à talons. Elle marcha jusqu'à la piscine désertée pour la piste de danse, même si elle remarqua la présence d'un couple dans l'ombre, s'adonnant à quelques plaisirs feutrés par les basses assourdissantes de la musique. Elle ne pouvait pas le nier, l’attitude de son homme ne la laissait pas indifférente, surtout que ce maudit tissu ne cessait d’effleurer sa poitrine dénuée de soutiens-gorge.

Son téléphone vibra et elle l’extirpa de son sac pour lire un message envoyé par Jérôme.

« Tu es joueuse ce soir ? »

Céleste connaissait par coeur celui qui partageait sa vie depuis des années : celui-ci avait une idée en tête ou, plutôt, un défi à lui lancer. Le premier d’une très longue série… À cette pensée, elle sentit une douce chaleur se répandre dans ses reins, chassant la fraîcheur de la nuit. Elle rougit malgré elle et se demanda ce qu’il lui réservait cette fois-ci.

Quand il prenait les choses en main, la timidité de Céleste fondait comme neige au soleil et un désir incontrôlable embrasait ses sens.

« Oh que oui ! »

« Très joueuse ? »

Elle gloussa quand des images indécentes lui traversèrent l’esprit. Un nouveau SMS illumina l’écran sans même attendre sa réponse.

« Tu devrais aller t’asseoir sur le muret près de la piscine ;) »

« OK »

Céleste réajusta sa robe avant de prendre place sur la pierre, sa position révélant la partie supérieure de ses bas, et patienta en faisant tourner le contenu de son verre. Elle sursauta quand elle perçut une présence à ses côtés, plongeant ses yeux verts dans ceux d’un jeune homme qui s’empressa d’entamer la conversation :

— Salut, dit-il d’une voix légèrement rauque. Mes amis m’appellent Max…

— Céleste, répondit-elle trop vite.

— Tu fuis cette musique insupportable, toi aussi ?

— J’ai horreur de la techno.

Le téléphone retentît entre ses mains, elle porta immédiatement son attention aux mots s’affichant sur l’écran :

«  Il te plaît ? »

« Oui haha. Il est assez mignon »

« Tu aimerais sentir ses mains sur toi ? »

Céleste manqua de s’étouffer en oubliant de respirer. Son homme ne lui laissa pas le temps de s’en remettre et déclara :

« J’ai très envie de le voir te toucher… :P »

« Arrête, je commence à avoir chaud ! Très chaud ! »

«  Cambre-toi un peu plus, qu’il puisse profiter d’une jolie vue sur ta poitrine »

Elle obéit, non sans sentir ses joues s’échauffer. Max osa plonger son regard dans le décolleter avant de remonter lentement jusqu’à ses yeux qui se perdaient dans un autre SMS :

« Mmmh… tu sais que j’aime quand tu es comme ça ? »

« Hihi oui »

« C’est malin, j’ai envie qu’il te donne du plaisir maintenant. Tu le laisserais te prendre pendant que je vous regarde ? »

« Tu es sérieux ? Un conseil : ne me tente pas trop : P »

« Oh oui… j’ai du mal à cacher mon érection… Tu veux une photo ? ^^ »

Son désir embrumait son cerveau, l’empêchant de suivre le cours de la discussion bien trop chaste à son goût avec Max. Le téléphone la sauva - ou pas :

« Chiche, tu lui demandes de te toucher ! »

« Hein ? Mais, comment tu veux que je lui dise ?! »

« Allez ! Il n’attend que ça, il te dévore des yeux depuis tout à l’heure. Je suis sûr que tu imagines sa langue jouer avec tes tétons… »

— Ça va ? Tu es toute rouge, s’inquiéta Max.

— Oui, oui, dit-elle d’une voix profonde et vibrante d’excitation.

« Susurre-lui que tu veux le sentir en toi »

— Tu es certaine ?

— C’est à cause de mon homme.

— Ah…

Il parut déçu d’apprendre qu’elle n’était pas célibataire, mais Céleste attisa sa curiosité en renversant sa tête en arrière dans un rire terriblement aguicheur.

— Il voudrait que nous prenions du bon temps, toi et moi. En fait, il m’a mise au défi de te demander de me toucher.

Max sourcilla.

— Ton mec souhaite te voir pendant que l’on s’occupe de toi ?

— Oui, affirma-t-elle en lui montrant les derniers messages échangés. C’est l’un de ses plus grands fantasmes, ce n’est pas la première fois qu’il me demande de profiter d’une soirée pour chercher un partenaire de jeux.

— Et, tu aimes quand tu te fais prendre pendant qu’il te regarde ?

Elle pinça les lèvres dans une moue adorable.

— Nous ne sommes jamais allés jusque-là, mais… tu seras peut-être plus audacieux que les autres.

Sans prévenir, il saisit entre ses doigts une mèche rebelle tombant devant le visage de Céleste, frôlant sa nuque en la remettant en place. Son contact lui brûla littéralement la peau. Un délicieux frisson ébranla la jeune femme et une vague de désir la jeta contre Max qui l’attira sur ses genoux. Elle sentit son rire au creux de son cou lorsqu’elle s’accrocha à lui. D’un geste, il releva sa robe et la colla plus près encore, lui donnant un petit aperçu de son érection au travers de son jeans. Dame nature avait été très généreuse avec lui !

Son téléphone vibra dans sa main, mais son amant l’obligea à basculer en arrière afin de lui offrir sa poitrine qu’il libéra des couches inutiles de tissus. Alors qu’il goûtait sa peau vanillée, l’une de ses mains descendait lentement le long de son ventre et s’aventurait entre ses cuisses qui s’ouvrir davantage sous ses caresses. Il l'installa à califourchon sur lui et la tortura quelques instants, ses doigts frottant contre la dentelle, lui faisant onduler le bassin dans une danse lascive. Puis, il écarta délicatement sa culotte, plongeant dans l’intimité humide de Céleste qui l’accueillit avec un gémissement de plaisir.

Elle se cambra, lui offrant un angle parfait pour enfoncer plus profondément son doigt très vite rejoint par un second. Pendant que son pouce titillait son clitoris gonflé, il entama un mouvement de va-et-viens indécent et Céleste, enfiévrée par le désir déferlant en elle, perdit l’esprit. Il lui imposa un rythme soutenu malgré la position inconfortable et eut rapidement la main mouillée de son excitation.

Les lèvres de Céleste s’entrouvrirent et libérèrent des halètements qui redoublèrent l’ardeur de son partenaire. Des millions de petites bulles explosèrent dans ses veines lorsqu’un orgasme secoua tout son être. Ses ongles s’enfoncèrent dans les bras de Maxime qui la contemplait comme si elle venait de lui offrir un cadeau mémorable.

— Alors, je prends assez d’initiatives ? lui murmura-t-il pendant qu’elle reprenait ses esprits.

Elle hoqueta, se rappelant soudain qu’ils étaient dehors, à la vue de tous. Il devina son trouble puisqu’il remonta le haut de sa robe sans pour autant délaisser son téton pointant au travers du voile

— Tu en veux encore ? l’interrogea-t-il d’un ton léger et amusé.

Elle regarda son téléphone et lui fit part du dernier message reçu à voix haute :

— Oui, mais j’en veux plus  !