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Défie-moi - Un amant pour dessert

Elle avait envie de lui.

Pourtant, ce n’était pas son homme qui se tenait juste devant elle ; Jérôme était parti en direction de la capitale le temps d’un week-end avec son frère. Il s’agissait d’un pote venu lui tenir compagnie en son absence. Un libertin, pour être plus précis, rencontré sur un site avec qui ils avaient sincèrement sympathisé. Un peu plus tôt, sa proposition d’un plateau-repas à base de sushis l’avait enchantée. À présent, elle s’efforçait de faire taire ses envies frivoles que la promiscuité offerte par le canapé exacerbait. L’issue de la soirée restait incertaine, bien qu’elle ne s’imaginât pas siroter simplement son verre puis le raccompagner à la porte. C’était rare, mais cela arrivait quand le plaisir des mots leur suffisait. Mais pas ce soir.

Céleste s’extirpa du canapé lorsqu’il se levait afin de débarrasser la table basse. D’un geste de la main, elle lui intima de lui laisser cette tâche, mais il avait décidé qu’il en serait autrement.

— Je m’en occupe, lui indiqua-t-elle en lui chipant les restes du repas.

Elle s’enfuit dans la cuisine, jeta les boîtes et s’empressa de faire la vaisselle. L’eau fraîche sur ses mains n’apaisa pas ses ardeurs, aggravant son cas lorsque celle-ci devint chaude. Un contact soudain sur ses hanches la fit sursauter au point de lâcher le verre qu’elle nettoyait. Au travers de la fenêtre au-dessus de levier, elle croisa le regard de Fabien où luisait une concupiscence à peine voilée.

— Je ne suis pas habituée à ce que tu sois aussi timide.

La jeune femme rougit au souvenir de son corps se mêlant au sien pas plus tard que le mois dernier. Elle leva les yeux au ciel pour se donner une contenance, bien qu’elle ne le contredît pas. Contre ses fesses, elle pouvait sentir toute l’envie de son partenaire de jeu. La chaleur diffusée par ses mains embrasait ses reins qui se courbaient inexorablement pour se coller davantage encore. Ah ! Elle allait craquer s’il continuait à frotter lascivement son érection et à mordiller son épaule !

— C’est certainement parce que Jérôme n’est pas là… dit-elle avec lenteur.

— Dommage pour lui, susurra-t-il à son oreille avant de lui mordiller le lobe. On sait tous les deux qu’il adorerait regarder ça…

Elle acquiesça en penchant légèrement la tête afin de lui donner accès à son cou qu’il s’empressa de recouvrir de ses lèvres. Sa langue décrivit des cercles sur sa peau puis glissa jusqu’au col de son vêtement dans l’espoir de se frayer un chemin.

— Tu as chaud ? lui demanda-t-il à voix basse.

Elle sourit à ces mots. Cette question banale exigeait une réponse de taille. Céleste ne se souvenait plus comment était née cette habitude, mais elle en connaissait la signification.

— Mmh… si tu continues, ce chemisier sera de trop.

La main droite de Fabien trouva le chemin des boutons afin de dévoiler une parcelle plus importante de sa poitrine. Il ôta le premier ainsi que les deux suivants avant d’effleurer le haut de ses seins du bout des doigts. Ils poursuivirent leur route et forcèrent un passage sous la dentelle pour s’emparer du téton durcissant sous l’explosion de désir de Céleste. C’était si excitant de profiter de l’attention de son partenaire en l’absence de son homme. Elle désirait prévenir ce dernier, juste pour lui faire vivre l’un de ses fantasmes, mais le téléphone était beaucoup trop loin et la situation bien trop agréable pour la rompre.

— En fait, c’est toi qui es bien sage, le taquina-t-elle alors qu’il déposait un baiser chaste sur sa joue.

Il la fit pivoter afin de lui faire face, la dévora un instant de son regard ardent puis de ses lèvres qui s’emparèrent des siennes. Le cœur de Céleste tambourina dans sa poitrine lorsqu’elle s’abandonna entre ses bras alors qu’une de ses mains sur la nuque de Fabien approfondissait leur baiser. Quand il la souleva afin de la porter jusqu’au canapé, elle ne put réprimer un petit ricanement auquel il répondit en lui ôtant les derniers remparts de tissus recouvrant sa poitrine.

Elle se rendit compte qu’il connaissait bien les points sensibles de son corps alors que sa bouche s’attardait à titiller ses seins et que la main sur sa hanche resserrait sa prise. Elle sentit la morsure délicieuse enflammer son téton gauche pendant que le sexe enflé de Fabien désirait s’imprimer au travers de son jeans. Maladroitement, elle essaya de le libérer, mais il fut contraint de se relever pour se dévêtir. Avide, Céleste s’assit sur le canapé et se saisit de sa verge offerte puis la prit en bouche. Elle le suça d’abord lentement, jouant des réactions de son compagnon, puis plus fort quand il plongea sa main dans ses cheveux pour les agripper.

— Céleste, regarde-moi...

Elle obéit, relevant les yeux pour se noyer dans les émeraudes qui la contemplaient avant de remarquer qu’il tenait son téléphone dans l’autre main.

— Pour ce pauvre Jérôme qui ne peut même pas se branler pendant que sa copine profite de son amant préféré.

Un cliché fut envoyé et le jeune homme mit un point d’honneur à mettre en application ses paroles. Il attrapa la capote préalablement jetée sur la table basse et le bruissement de l’enveloppe se déchirant fit sourire d’impatience la jeune femme. Céleste était si trempée à l’idée de se faire prendre alors que son homme se trouvait à des kilomètres… Elle imaginait sans mal ses pensées, il devait bander comme un fou, lui qui adorait tant partager sa femme, mais aussi quelque peu frustré, car il aimait encore plus l’observer. Rapidement, la réponse arriva sur le téléphone :

« Mmmh… Je vois que ça s’amuse bien à la maison ! Je peux en avoir d’autres ? =) »

Au moment où elle s’apprêtait à se saisit du portable, Fabien enferma ses poignets et bloqua ses bras au-dessus de sa tête. Il s’enfonça alors d’un coup en elle, lui laissant malgré tout le temps de s’habituer à sa présence, puis ne lui laissa aucun répit. Ses gémissements de plaisir résonnèrent entre les murs du salon, mais il les transforma en râles lorsqu’il plaça sa main sur son cou pour l’enserrer délicatement. Ses doigts s’enfoncèrent suffisamment pour prodiguer une sensation exquise qui fit décoller Céleste, pas assez néanmoins pour l’emporter aux portes de la jouissance.

— Plus fort, exigea-t-elle, son esprit s’embrumant sous les ondes de plaisir déferlant dans ses veines.

Malheureusement, il ne comptait pas répondre à ses désirs et il relâcha la légère pression quand elle agrippa son poignet afin de l’encourager. Il choisit plutôt de glisser son index entre ses lèvres entrouvertes afin d’éveiller des images subjectives dans son esprit. Quand il fut assuré qu’elle avait totalement oublié le téléphone dont l’écran continuait à signaler des notifications, Fabien s’obstina lui offrir tous ses désirs murmurés à demi-mot. Il ne se laissa aller à son tour uniquement lorsqu’elle susurra son prénom entre deux soupirs.

Enivrée, Céleste envoya un petit texto à son homme : « Défi relevé ! C’est à ton tour de jouer… »

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