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Drôle de soirée pour Nico 1

Partie 23.  Début de soirée.


Tout d'abord mille excuses pour cette longue absence qui n'est pas due à l'auteur, Fabien, mais à sa correctrice (Virginie) qui n'a pas pu mettre son travail à jour. 

Putain… je ne sais pas si c’est le blanc immaculé de ce coton ou la beauté insoutenable de ce mec mais je sens les yeux piquer, j’ai presque envie de pleurer… tout un tas de détails plus sexy les uns que les autres me percutent avec une violence inouïe… ce mec est un canon, non, c’est un boulet de canon, et je suis en train de me le prendre en pleine figure… Maaaaaiiiissss !!! mate-moi un peu ça… rasé de près… son parfum entêtant… la finition du col de son t-shirt autour de son cou, comme collé à la peau, cette putain de peau mate, chaude, sentant la douche fraîchement prise, et au même temps un début de transpiration au contact de l’ambiance saturée du pub… et soudainement voir passer l’image de son corps en train de transpirer pendant qu’il me baise… je vais tomber à la renverse…

Il se tient devant moi, planté de toute sa stature, le regard fixe sur moi, une attitude puissante et virile, son corps sculpté remplissant mon champ de vision et mon esprit… et son regard… putain de regard… profond, brun, intense, perçant, tellement impénétrable que je ne savais pas s’il me regarde en travers ou s’il ne fait que me jauger, me défoncer l’esprit avant le corps… ça ne dure certainement qu’un instant très court, mais j’ai l’impression que ça dure pendant une éternité…

Ça se passe un samedi soir à Toulouse, suite à un enchaînement d’événements plutôt original. Retour en arrière de vingt-quatre heures.

Le vendredi soir, après être parti de chez Jérém sans un mot de sa part, sans lui dire au-revoir, j’eus le plus grand mal à trouver le sommeil… ma tête bouillonnait de questions… mais alors… qu’est-ce qu’il avait bien pu se passer ? ce mec est vraiment con ou quoi ? ça faisait une semaine qu’on baisait comme des malades… j’avais du mal à croire que de sa vie il ait joui autant de fois en cinq jours… je lui avais tout fait, tout, absolument tout ce dont il avait eu envie, quand il en avait eu envie… et là, je tente ce truc de dingue qu’il avait adoré une semaine plus tôt… je crois lui faire plaisir et bah non… je me fais repousser, je me fais bousculer, il me plaque contre le matelas avec une force et une violence de bête enragée, il tente de m’arracher le pantalon… il veut me prendre par la force… il me bouscule, il m’écrase, la force de sa main au milieu de mon dos est sans répit, il me maintient fermement pendant que l’autre main fait jouir sa queue sur moi… je me retrouve ainsi les vêtements trempés de son jus… et il se tire en terrasse sans un mot : il y reste jusqu’à ce que je parte… il ne veut pas me voir, il ne veut pas me parler… mais putaiiiiiiiiiiiinnnnnnnnnnnn… c’est quoi ce bordel ? qu’est-ce que j’ai encore fait ?

C’est sûr qu’un mec trop prévisible ça doit être ennuyeux à la longue : mais là, alors, dans le genre « réactions à la con », j’étais servi.

Bref, une fois chez moi, le sommeil ne voulait vraiment pas venir. J’avais la tête comme un tambour. J’avais plein d’images agréables des bonnes baises de cette semaine qui me remontaient à l’esprit et qui faisaient dresser ma queue… et puis il y avait ce final à la con, le genre de final dont Jérém seul semblait avoir le secret.

J’ai dû me faire venir une fois, puis deux. Dans mes bras toujours cette chemise dérobée il y a des semaines et que son propriétaire ne m’avait pas réclamée… toujours son odeur… je ne la laverai jamais, elle me suivra partout, elle sera toujours avec moi quand j’aurai mal… 4h29 comme dernier souvenir avant que le sommeil se décide à venir enfin.

Le samedi matin je dormis jusqu’à tard. En faisant le ménage dans ma chambre, la Collection Immaculée passant en boucle dans mon poste me secoua un peu de la morosité de mes pensées… de Material Girl à Vogue, de la Isla Bonita à Express Yourself, de Borderline à Justify my love, ma vie défilait, mes souvenirs resurgissaient et défilaient dans ma tête accrochés à la rythmique, à la mélodie de ces tubes qui ont jalonné mes toutes jeunes années…

Dans l’après-midi, Élodie était chez moi. J’aime vraiment ma cousine. C’est ma meilleure amie. C’est ma meilleure pote. C’est Le pote que je n’ai jamais eu. Je sais, je sens qu’elle m’aime beaucoup, son petit cousin : elle a tout juste trois ans de plus que moi, mais elle a toujours été là pour moi… plus qu’une copine, plus qu’une maman, plus qu’une grande sœur, la seule personne qui me connaît si bien, presque mieux que moi-même et à qui je peux tout dire sans peur d’être jugé…

La seule personne à qui j’ai parlé de Jérém… bon, pas de tout, pas tous les détails… si elle savait à quel point je laisse Jérém mener ma vie, si elle savait à quel point je lui pardonne toutes ses conneries, toutes ses méchancetés, à quel point je lui laisse une impunité sans limites… putain, elle me passerait un de ces savons…

Alors, depuis quelques temps je filtrais un peu… j’évitais le sujet Jérém ou alors je limitais mes récits à la partie agréable, me montrant fort et apaisé par rapport à cette relation de pure baise, sans lui montrer mes angoisses, mes blessures. Me leurrant d’être crédible à ses yeux.

Hélas, ce samedi-là, la météo de mon moral était à l’angoisse fixe et je n’arrivais pas à cacher ma tristesse et ma déception.

« Nico, il y a un truc qui ne va pas…, me balança-t-elle une fois dans la chambre, et tu vas me dire ce que c’est, maintenant !

Je l’ai dit, j’adore Élodie. Elle me connaît par cœur. Quand je ne vais pas bien, elle le sent, elle le sait. Je n’ai pas besoin de l’appeler. C’est elle qui m’appelle. Ou elle passe. Et elle me secoue jusqu’à que je me mette à table.

-Rien, je suis fatigué… - j’essaye d’esquiver ; c’est une manœuvre que je sais ratée d’avance ; c’est un petit jeu, le temps que je me donne pour me faire à l’idée qu’une fois de plus je vais tout lui déballer et que je vais me prendre une douche froide bien méritée.

-Cousin, si on coupait court… tu me dis ce qui ne va pas et moi j’arrête de te faire chier… de toute façon tu sais que je ne lâcherai pas l’affaire avant d’avoir tout entendu…

-Je t’ai déjà dit que je t’adore ?

-Oui, mais ça fait toujours plaisir de l’entendre…

-Tu promets que tu ne vas pas m’engueuler…

-Oh putain… attends… laisse-moi deviner… c’est encore une histoire de beau brun… je me trompe ?

-Peux rien te cacher… tu me saoules !

-Moi aussi je t’aime mon cousin…

-On a passé la semaine à réviser…

-A baiser tu veux dire…

-Ouais, aussi… mais on a révisé aussi…

-Ah bon… mais ça on s’en fout… et il te manque déjà ?

-C’est pas ça… enfin, oui, c’est ça aussi… mais… je ne sais pas, je n’arrive pas à cerner ce mec… on passe la semaine à baiser comme des lapins et hier soir j’essaye de lui refaire un truc qu’il a adoré la semaine dernière et je me fais jeter comme un malpropre…

-Mais qu’est-ce que tu veux cerner, mon Nico ? Avec ce mec il n’y a rien à cerner… ce mec il a 19 ans, il est beau à en crever, il peut avoir n’importe qui dans son lit… pourquoi veux-tu qu’il s’emmerde à faire attention à la personne qu’il baise ? il baise, c’est tout… comme il en a envie… il a la réputation d’être un bon coup, mais pas d’être un mec tendre… il est froid, il est dur… et si tu n’as pas encore compris ça, mon cousin, tu vas avoir mal longtemps…

-Oui, il baise et il ne fait pas de câlins…

-De quoi ?

-Rien…

-C’est quoi cette histoire de câlins ? t’as essayé de lui en faire ? t’as pas essayé de l’embrasser… t’as pas fait ça…

-Si…

-Nicoooooooo… Nicoooooo… et… et alors ?

-Je me suis fait jeter… c’est lui qui m’a balancé cette phrase « je baise, je ne fais pas de câlins »…

-Tu croyais quoi, mon cousin, que la vie c’était une gaufrette ?

-Bah, je ne sais pas, en tout cas la mienne c’est de la merde…

-Arrête de dire des bêtises… et demande-toi plutôt ce que tu attends de lui… tu aimes coucher avec lui, il aime coucher avec toi… il est dur dans son propos, mais ça a le mérite d’être clair… et toi, Nico, tu attends quoi de lui ? Qu’il te fasse des baisers fougueux, des déclarations d’amour ? Qu’il t’offre des fleurs pour la Saint Valentin ? Qu’il oublie les nanas, qu’il se promène avec toi dans la rue, main dans la main ? Que vous emménagiez ensemble et que vous preniez un labrador ?

-Pas tant, mais…

-Mais Nico, réveille-toi, je te le dis depuis que tu m’en as parlé la première fois… la semaine prochaine vous allez passer le bac… tu vas partir à Bordeaux à la fac, et lui ? En admettant qu’il ait son bac, je doute fort qu’il continue ses études… il va chercher du boulot… dans la région ? Ou peut être à l’autre bout de la France… vous allez vous voir quand, comment ?

-Je sais pas…

-Nico, regarde autour de toi, sors, sors dans les bars gay, essaie de rencontrer des mecs comme toi… un mec qui te rendrait heureux, bon sang !

-Mais j’en ai pas envie… je n’ai pas envie de sortir dans le milieu gay, ça me fait peur…

-Oublie un peu ce petit con et vis ta vie !

-Je ne suis pas prêt pour sortir draguer dans des bars… je trouve ça glauque… avec Jérém ça s’est fait tout naturellement, dans la vie normale… pas envie d’aller chasser dans une réserve…

-T’as tort, c’est bien sympa ta réserve… tiens, avec une copine on est parties à l’ON OFF… c’est cool comme endroit… on s’est dit… tiens, on va aller voir les pd, pour être tranquilles… on va pouvoir danser et délirer sans nous faire brancher… tu parles, les mecs à nana ont bien pigé le truc… alors il y en a qui s’infiltrent… tu crois que tu peux rigoler avec des mecs comme avec des copines, tu vois, mais à la fin ils veulent te mettre la main au fesses…

-C’est une boîte d’hétéro à la fin ton truc…

-Mais non, il y a quand même une majorité d’homos et franchement, j’en vois parfois et je me dis, putain, mais lui c’est pas possible qu’il soit homo, il est trop canon… si tu savais le nombre de beaux mecs que j’ai vu là-dedans et qui étaient des mecs « pour toi »… je suis sûre que tu ferais des ravages mon cousin, tu es beau garçon… si tu n’étais pas mon cousin, pas homo et pas si jeune, je te draguerais comme une malade… mais ça fait beaucoup de si…

-Élodie, tu me fais rire…

-Trêve de conneries, faut te mettre le cœur en paix, ce n’est pas avec Jérém que tu auras une relation stable et apaisante. Faut te trouver un autre mec…

-Élodie… si tu savais comment je l’ai dans la peau ce petit con…

-Ah, si, si si, je le sais, je le vois même… tu le portes sur toi…

-Je ne peux pas me passer de lui…

-Et tu vas faire comment pour partir cet été, faudra bien que tu acceptes de pas le voir pendant des semaines…

-Je ne sais pas…

-Eh, tu vas pas me dire que tu vas renoncer à partir à Londres à cause de lui…

-Je n’en sais rien…

-Tu sais au moins ce qu’il va faire, lui, cet été ?

-Non…

-Tu vois ? Alors, vis ta vie, comme lui il vit la sienne... en plus ça te fera du bien de partir… tu prendras de la distance et tu y verras plus clair… surtout ne renonce pas à tes rêves pour lui… un jour tu lui en voudras… »

Ma cousine est la voix du Nico de raison. Je sais qu’elle est dans le juste, sur toute la ligne. Hélas, le Nico de raison possède un alter ego de passion : et ce Nico-là, a tendance à avoir des arguments auxquels le Nico de raison a bien de mal à s’opposer. Oui, l’amour a des raisons que la raison ignore.

Notre conversation fut coupée par la sonnerie de son téléphone, ce qui me permit de me dégager de cette conversation qui commençait d’être difficile à tenir pour moi. Lorsqu’elle raccrocha enfin, une bonne demi-heure plus tard, elle était passée à autre chose, elle était déjà projetée vers sa sortie du soir. J’adore sa capacité de passer du coq à l’âne… on ne s’ennuie jamais avec Elodie…

« Alex et Joffrey m’ont proposé d’aller faire la fête en boîte… l’Esmeralda, tu connais ? »

Non, je ne connais pas. Et puis, ça ne peut pas faire de mal une bonne petite sortie avec ma cousine et sa bande… ça va m’éviter de passer la soirée à me morfondre… pas trop de risque de croiser Jérém, lui son truc c’est le KL avec ses potes…

Nous voilà partis pour notre folle nuit toulousaine : avant d’aller en boîte, Élodie décréta qu’on commencerait la soirée par un verre à la Bodega rue Péri. Je ne connaissais pas cet endroit non plus, et faut admettre que son ambiance et sa déco de comptoir espagnol tout en bois à l’allure assez authentique, était plutôt originale et efficace.

Assis autour de nos bières, on discutait de tout et de rien. Je matais les nombreux bogoss sur leur 31 qui défilaient aux abords du comptoir, lorsque mon regard incrédule fut attiré par un mec en particulier…

De dos, de trois quarts. T-shirt noir enveloppant son putain de physique à la carrure modèle « Geoffroy Messina » : une tuerie. Thibault. Putain de putain de putain… c’est pas possible… je suis sorti pour m’évacuer Jérém de la tête et voilà qu’une fois de plus on tombait sur lui… enfin, pas sur lui pour l’instant… mais si Thibault est là… il est où Jérém… il est où ? il est où ? je sens le cœur bondir de ma poitrine et dès lors, tout ce qui se passe, se dit, se fait à ma table passe complètement à l’arrière-plan… je ne suis plus qu’un radar balayant l’espace à la recherche de l’objet du désir… je ne le voyais pas… peut-être qu’il n’y était pas alors… mais enfin… Thibault était là en train de déconner avec tous ses potes de rugby, c’était tout simplement pas possible qu’il ne soit pas là… je suis excité comme pas permis, je ne tiens plus en place, je sens que ma tête va se dévisser à force de faire des rotations…

Et puis voilà. Dans la lumière tamisée du pub, le voilà arriver de je ne sais pas où, une bière à la main. Mon cœur s’arrête de battre. Le malaise me guette. Un t-shirt blanc Airness tout neuf qui lui va comme un gant et dont la manchette semble avoir été coupée sur mesure tant elle moule à la perfection ses biceps en laissant tout juste une petit bout de peau mate avant ce tatouage magnifique autour de son bras. Ce t-shirt est juste sexy à pleurer… un tissu léger très près du corps, col en V découvrant un assez vaste et plaisant aperçu de ses pectoraux, petite chaîne de mec qui va bien... avec ce simple t-shirt, je le trouve presque aussi sexy que quand il était torse nu, voire davantage... le fait est que je m'imagine déjà en train de soulever tout doucement ce petit bout de coton, en train de sentir la chaleur et l'odeur de sa peau se dégager au fur et à mesure, découvrir son torse magnifique par toutes petites touches...

Quand je reviens à moi, je remarque que pour parachever le tout, Jérém porte un jean taille basse, splendide, des Nike blanches et rouges. Jérém tu veux ma peau…

Tu veux ma peau et en plus tu m’énerves… tu m’énerves à donf… tu m’énerves car je te vois sourire, évoluer, déconner avec tes potes, nullement affecté par ce qui s’est passé entre nous il y a tout juste 24 heures… 24 heures pendant lesquelles j’ai passé mon temps à tenter de comprendre pour quelle raison tu m’as repoussé en pleine baise en te montrant contrarié et brutal ; et maintenant tu es là, tout va bien pour toi, tu traces ta route loin de moi, sans te poser la moindre question, sans te soucier le moins du monde de l’effet que ton comportement a pu avoir sur moi… putain de mec !

Sur le coup je suis vraiment partagé entre l’excitation de le retrouver et la colère que je ressens en moi face à son attitude détendue et indifférente… c’est un dilemme puissant, déchirant, un dilemme qui se révèle pourtant être de courte durée… Nico tu es faible… oui, je suis faible et je sens vite mon énervement s’évaporer sous la chaleur puissante du désir qui monte en moi à la simple vue de sa silhouette. Putaaaaaaaaaaaaaaiiiiiiiiin !

Putain de silhouette… ce mec est vraiment gaulé comme pas permis… c’est pas possible d’être aussi simplement habillé et si sexy à la fois… à ce stade c’est de la provoc pure et simple, c’est une incitation à la luxure, c’est une stratégie de séduction visant à faire des victimes… naaaaan, mais mec, fais gaffe, t’es une torche humaine, tu vas mettre le feu partout sur ton passage, un jour on va te coincer quelque part et tu vas passer un sale quart d’heure…

Il se peut que j’aie omis de dire à quel point ce mec était beau et sexy et que à ce stade il le serait même avec un sac sur la tête… avec l'harmonie de son physique, l'équilibre parfait de ses traits virils, la fraîcheur de sa jeunesse, l’insolence de son regard brun, ténébreux ; avec sa façon de déconner avec ses potes, sa façon d’être toujours au centre de l’attention… et ses sourires, putain de sourires ravageurs… même fatigué du match de l’après-midi, même avec le visage portant les marques du match de rugby comme ce soir-là, Jérémie sortait vraiment du lot…

Et puis… parlons-en de ces putain de marques de coups sur son visage… de comment elles ajoutaient à mes yeux du charme au charme… de comment je me l’imaginais sur le terrain de jeu, se faisant bousculer mais sans rien lâcher, avançant de toute sa puissance, transformer un essai… et la fin du match venue, passer aux douches, être une fois de plus le héros de l’équipe, celui qui a pris le plus de coups mais qui a marqué cet essai sans lequel la victoire n’aurait pas été possible.

Oui, j’ai toujours trouvé que Jérém sortait du lot; et si cette constatation était la mienne depuis bien longtemps, elle l'était à plus grande raison depuis que je couchais avec lui, car je savais désormais non seulement à quoi rassemblait ce canon de mec dans son plus simple appareil, non seulement ce qu'il y avait dans son boxer : ce qui me le rendait encore plus désirable c’est que je connaissais sa sexualité et le plaisir qu'elle m'apportait; le plaisir que je prenais avec ce mec, le plaisir que je prenais en lui donnant du plaisir, en le voyant, en le sentant jouir était tel que je l'avais carrément dans la peau…

Certes, le fait de coucher avec lui aurait pu fausser mon jugement. Mais force était de constater que, même au milieu d'une foule, on ne voyait que lui, il dégageait quelque chose de magnétique et d'attirant. Je m’en rendais compte tout particulièrement en soirée, lorsque je le voyais évoluer en meute avec ses copains rugbymen, souvent des beaux mecs, la plupart presque aussi bien gaulés et sexy que lui. J’ai bien dit « presque ».

Mon corps frissonnait rien qu'en le regardant : comme à cet instant précis, en le regardant tenir son rôle de mec mignon et sexy en début de soirée… un regard sur lui et je me sentais partir… irrémédiablement attiré par son charme… c’était une torture de le voir évoluer à quelques mètres de là, moi coincé à la table avec Élodie, Alex et son Joffrey… pas moche le Joffrey, mais, putain, quand le Soleil se lève dans le ciel, la Lune a beau être là aussi, on l’oublie…

J’aurai donné cher pour pouvoir appuyer sur un bouton et faire disparaître tout le monde en restant seul avec Jérém… ou alors rien que le pouvoir de Piper, figer l’instant autour de nous deux… putain que je l’aurais fait jouir le Jérém avec son t-shirt blanc Airness... dans ma bouche, ou partout ailleurs où il le voudrait…

Oui, Jérém était à mes yeux la définition même de la beauté au masculin. Et ce soir-là, dans sa tenue de jeune étalon en chasse, il était carrément en infraction du code de non-excitation des foules… je me disais que ça devrait être interdit d’être aussi craquant et de s’en donner en plus à ce point les moyens de l’être… ça c’est un délit, délit de séduction, qui plus est avec préméditation… je m’imaginais bien dans le rôle de l’agent chargé de sanctionner ce genre de délit…

« Monsieur, votre tenue est scandaleusement sexy, le risque d'émeute dans la boîte vient d’être relevé de deux crans, ce qui la situe à son plus haut niveau… vous êtes sanctionné par le retrait de 4 points sur votre permis de séduire, faites donc attention à votre solde… votre amende, payable en nature, sera réglée dans la bouche de celui qui vous parle dans une cabine des chiottes de cette boîte ».

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Élodie a dû se rendre compte de mon « remue-méninges » car à un moment elle se pencha à mon oreille :

« Qu’est-ce qui t’arrive, Nico ?

Toute prise dans la conversation et la déconnade, Élodie n’avait pas vu Jérém évoluer quelques mètres derrière son dos. Je la mets au jus avec un simple mouvement du menton.

-Putain, il est là… mais il nous suit ou quoi ?

-J’espère surtout que s’il m’a vu, ce ne soit pas lui qui ait l’impression que je le suis…

-Tu fais comme si de rien n’était, déjà t’arrêtes de le mater, de toute façon on ne va pas tarder à bouger… »

Il était en effet minuit passé et il commençait à être temps de partir à l’Esmeralda. Je fis ce que ma cousine préconisait, j’essayai de finir mon verre tout en me forçant à ne plus mater Jérém et à prendre part à une conversation dont je me foutais à un point qu’on ne peut même pas imaginer…

Je passai ainsi une dizaine de minutes en apnée visuelle vis-à-vis du beau brun ; à un moment, n’y tenant plus, je décidai de braver les consignes d’Élodie et de libérer mon regard pour essayer d’étancher ma soif d’avoir son image dans mes yeux, dans ma tête, dans ma peau… et voilà, voilà que, resté sans ma surveillance, le beau brun avait disparu…

Puuuutaaaaaiiiiiin !!!!!!! il est passé où, encore… Thibault n’est plus là non plus, la plupart de ses potes de rugby se sont également envolés… il n’est pas parti quand même ? Je me souviens soudainement qu’Elodie m’a dit en arrivant qu’il y a une salle avec des billards… ils ont dû y aller entre mecs…

Ma cousine commence à remuer son sac à main, signe qu’elle va bientôt se lever. Et comme c’est elle qui a la voiture, mieux vaut la suivre. Me faut partir aux toilettes. Rien de tel qu’une bière pour m’y envoyer en un temps record.

« Je vais au pipi…

-Ok, dépêche – elle me chouchoute à l’oreille – mais vas-y tout seul… »

Je n’aurais pas dû lui raconter le truc dans les chiottes du lycée. La garce… j’étais mort de rire.

Ça fait un bien fou de se soulager, ça calme et ça apaise le corps et l’esprit. C’est bien, on va y aller, Jérém ne t’a pas vu, tu vas arrêter d’y penser et tu vas t’éclater sur une piste de danse avec ta cousine préférée. On peut toujours rêver… Je suis en train de m’essuyer les mains quand la porte s’ouvre laissant entrer le son de la salle et ce t-shirt blanc qui me fait fondre.

Putain… je ne sais pas si c’est le blanc immaculé de ce coton ou la beauté insoutenable de ce mec mais je sens les yeux piquer, j’ai presque envie de pleurer… tout un tas de détails plus sexy les uns que les autres me percutent avec une violence inouïe… ce mec est un canon, non, c’est un boulet de canon, et je suis en train de me le prendre en pleine figure… Maaaaaiiiissss !!! mate moi un peu ça… rasé de près… son parfum entêtant… la finition du col de son t-shirt autour de son cou, comme collé à la peau, cette putain de peau mate, chaude, sentant la douche fraîchement prise, et au même temps un début de transpiration au contact de l’ambiance saturée du pub… et soudainement voir passer l’image de son corps en train de transpirer pendant qu’il me baise… je vais tomber à la renverse…

Il se tient devant moi, planté de toute sa stature, le regard fixe sur moi, une attitude puissante et virile, son corps sculpté remplissant mon champ de vision et mon esprit… et son regard… putain de regard… profond, brun, intense, perçant, tellement impénétrable que je ne savais pas s’il me regarde en travers ou s’il ne fait que me jauger, me défoncer l’esprit avant le corps… ça ne dure certainement qu’un instant très court, mais j’ai l’impression que ça dure pendant une éternité. Je me demande s’il m’en veut pour hier soir, sans vraiment savoir pourquoi…

Et puis un petit sourire coquin monte au coin de ses lèvres, sexy sexy sexy mon Dieu… Je sens encore mon envie de sanctionner cette débauche de perfection masculine…

« Monsieur, votre regard et votre sourire sont obscènement sexy, le risque d'émeute que vous représentez avec votre simple présence est à son paroxysme… on remarque déjà des mouvements de foule au fond de la salle… vous êtes sanctionné par le retrait de 6 points supplémentaires sur votre permis de séduire, faites donc attention à votre solde… le retrait n'est pas loin… votre amende est payable en liquide, chaud, dense et parfumé, à étaler avec soin sur le torse de celui qui vous parle … ».

« T’es là, toi ? – il me lance.

-Bah, oui, première fois, c’est ma cousine qui m’y a amené…

-Décidément ta cousine sait où sortir…

-Elle… elle… elle se débrouille…

Il sourit toujours et j’ai l’impression que son sourire malin et coquin prend de l’ampleur en voyant le malaise me gagner et entraîner mon bégaiement. Il se rend bien compte de l’effet de malade qu’il me fait et il prend son pied le petit con. J’ai qu’une envie, de l’entraîner avec moi dans les chiottes et de le faire jouir dans ma bouche… ça fait 24 heures que j’angoisse en pensant à son comportement à la con, et là, me retrouvant devant lui, je lui pardonne tout en bloc, une fois de plus… je n’ai plus qu’une envie… le faire jouir…

-Vous partez ?

-Oui, en boîte…

-Au KL?

-Non, pas au KL, à l’Esmeralda…

-Ok… salut…

-Jérém…

-Quoi ?

-J’ai envie de venir avec toi et de te la tenir…

Ça c’est ce que j’aurais voulu lui dire, mais jamais ce genre de mot n’auraient osé sortir de ma bouche à cette époque. Au lieu de quoi je le regarde fixement : ses yeux étaient plein de sensualité virile, sauvage, presque animale. Il sait de quoi j’avais envie. Je suis presque sûr qu’il en a envie aussi mais je devine que ce qui est jouissif pour lui avant tout, c’est de voir à quel point moi j’ai envie de m’enfermer dans cette putain de cabine avec lui…

Il sourit, coquin, insolent, narquois, assuré de sa position de force, de son pouvoir d’octroyer ou de me refuser ses putains de faveurs sexuelles qui, il le sait si bien, me font délirer et me manquent déjà.

-Bonne soirée, mec, me lance-t-il avec un sourire arrogant et moqueur plein de froideur, de satisfaction, d’orgueil. Et il referme la porte derrière lui.

Je restai là, planté devant les lavabos, le regardant disparaître dans la cabine de toilettes. Je l’entendis défaire sa ceinture, ouvrir son froc… déjà imaginer Jérém en train de se tenir sa queue entre les doigts derrière une porte à quelques mètres de moi… putain, pas besoin de faire un dessin pour comprendre ce que je ressentais… et quand j’ai entendu ce putain de jet puissant percuter la cuvette, j’ai senti en moi resurgir ce fantasme, cette envie dont j’avais parlé à Jérém à un moment avant de me faire jeter méchamment… le jet finit par perdre en intensité… putain que j’avais envie de le prendre en bouche à ce moment-là… bien lui essuyer la queue… la lui faire gonfler à bloc… être à côté de cette cuvette qui doit sentir fort son urine, le pomper et le faire délirer en jouissant dans ma bouche… personne n’était rentré dans les toilettes depuis…

J’étais à deux doigts de taper à la porte de cette putain de cabine… j’hésitais… n’entendant aucun bruit, je commençais à me dire que malgré son comportement à la con, il n’attendait que ça, lui aussi… que je le supplie de me laisser le sucer…

Hélas, je ne le saurais jamais car, mes jambes toujours tétanisées par la proximité de Jérém et par sa réaction, je n’arrivai pas à faire le moindre mouvement. Le temps me semblait comme arrêté, j’avais l’impression que je m’étais transformé en statue de marbre et que plus jamais je ne bougerais de là.

Et puis j’entendis la chasse couler : Jérémie allait bientôt sortir. Je fis appel à toutes mes forces et, boosté par une montée d’adrénaline soudaine amenée par la honte qu’il me retrouve là dans cet état d’humiliation, je pris les jambes à mon cou et je me précipitai hors des toilettes…

Je n’arrive pas à me décider : me dire que j’ai pris la bonne décision ou me gueuler dessus « Mais qu’est-ce que tu es con, Nico !!! » me traitant de con pour le reste de la soirée…

Ma cousine et le reste de la bande étaient déjà debout près de la sortie. Nous voilà partis direction l’Esmeralda.

L’Esmeralda… sacrée boîte de nuit… de la musique, de la jeunesse, de la techno, encore de la jeunesse, des lumières, toujours de la jeunesse, de l’alcool, surtout de la jeunesse… et putain, quelle jeunesse ! Élodie et moi, qui avions sensiblement les mêmes goûts en matière de beaux garçons, en avions la mâchoire qui en tombait…

« Putain, qu’est-ce qu’il peut y avoir comme bogoss ce soir… » me cria-t-elle à l’oreille quand elle décolla enfin les lèvres de la paille de son mojito.

L’été approchant, on aurait dit que tous les beaux mecs de Toulouse avaient sorti leurs t-shirts moulants ou leurs chemises fines et ajustées de leurs placards et que ce soir-là ils s’étaient tous donné rendez-vous dans cette boîte pour défiler devant nos yeux… et putain l’effet que ça peut faire un beau jeune homme en t-shirt moulant… on le devine pratiquement torse nu, sous le coton fin… on devine la puissance de ses muscles…

On les regarde, exhibant effrontément leurs atouts… on boit carrément leur jeunesse, on perçoit dans leur allure une puissance sensuelle et sexuelle débordante, une énergie érotique qui ne demande qu’à être libérée, soulagée… on est subjugués par leur attitude, par l’aisance des mouvements des corps exposés… sublimés par ces bouts de coton si sexy…

Putain de petits mecs de tout juste vingt ans se prenant pour des caïds… putain de mecs tout juste majeurs avec des physiques d’apollon et un visage d’ange à gifler… putain, tu leur appuies sur le nez, il y a encore du lait qui vient… évidemment, tu secoues un peu ailleurs, c’est bien un autre jus qui sort… petits merdeux en puissance… vingt ans et ils se croient arrivés, ils se croient des hommes, des mâles, des vrais… tout ça juste parce qu’ils ont une queue et deux couilles entre les jambes, parce qu’ils l’ont essayé quelques fois en jouissant plus vite qu’il ne le faudrait, tellement ils étaient pressés d’étaler leur puissance virile, tout ça parce qu’ils se savent beaux et désirés et qu’ils peuvent baiser autant qu’ils en ont envie… insolents, craquants, effrontés, pétant plus haut que leur cul et que leur queue… ptits cons "à baffer", tellement mignons et sexy qu'on a juste envie de les gifler, parce que leur beauté est presque insupportable, comme un gosse qui serait insolent et impertinent…

Hélas, faut comprendre aussi que c’est grisant à vingt ans d’être beau, sexy, d’avoir la queue droite à longueur de temps et d’avoir le sentiment qu’il y aura toujours quelqu’un qui sera prêt à la faire tomber juste en claquant des doigts… ça monte facilement à la tête…

Et, à bien regarder, au-delà de l’insupportable effronterie de ces petits cons dans leur prétention d’afficher leur virilité encore si immature, si inachevée, il est quelque part émouvant de retrouver en eux ce simple besoin, cette imploration sous couvert d’arrogance, qu’on leur reconnaisse le droit et la légitimité de passer de la catégorie « enfant » à celle de « mec »… un droit qui permet à l’ado d’hier de se voir reconnu en tant que mâle et de franchir cette barrière invisible, ce passage qui fera de lui un homme, demain…

C’est un cri de mec, un cri silencieux mais oh combien puissant : c’est le brame du cerf dans la forêt, c’est le cri du Loup dans la steppe… c’est un message pourtant si clair et si limpide : « eh, les mecs, les nanas, j’existe, je suis là ! matez-moi et ayez envie de moi, je vais tout baiser… je suis jeune, plein de testostérone, je vais casser la baraque à coups de queue… ».

C’est souvent con un mec de vingt ans, et plus c’est beau, plus c’est con… sans compter la connerie exponentielle amenée par l’effet de meute…

Putain, si seulement ces petits cons d’hétéro arrogants, trop fiers de leur physique, voulant montrer leur virilité… s’ils savaient à quel point c’est meilleur d’exercer cette sexualité que de la montrer… de jouir plutôt que de faire languir… putain de mecs… vous ne serez pas aussi beau à tout jamais… prenez votre pied quand vous en avec l’occasion, avec une nana, avec un mec, arrêtez de vous la péter et de vous la raconter et videz-vous les couilles, bon sang !

Les idées c’est bien beau, les considérations aussi, les fantasmes n’en parlons pas… mais j’aurais été bien incapable de passer à l’acte. J’en étais incapable même quand le mec me tendait une perche monumentale et même quand il me tendait carrément sa queue de reubeu comme l’avait fait débardeur blanc quelques semaines plus tôt dans une autre discothèque.

J’assistais à une espèce de pièce de théâtre qui se répétait de façon assez immuable chaque samedi soir… un défilé de beaux gosses sur leur 31 (ce qui paraît particulièrement normal à Toulouse), des beaux gosses passant tour à tour, suivant l’avancement de la soirée… en mode pote, en mode pote alcoolisé, en mode pote déconneur, en mode mâle chasseur, mâle en rut ; et le grand final, le mode mâle éméché cherchant n’importe quel trou pour soulager sa queue… quand le mec a atteint ce mode là, il a perdu un peu de sa superbe et de son attitude arrogante… sa fierté a déjà baissé d’un cran, il n’a plus envie de faire le fier…il a juste envie de tirer son coup, en vitesse. Une soirée entre potes, l’alcool, trop d’alcool, une pipe et au lit… la philosophie de l’hétéro de base…

Et un mec dans cet état-là, réduit à poursuivre ses bas instincts à la fin d’une soirée qui n’a pas tenu ses promesses, ça a sur moi un effet certain… naaaaan, c’est vrai, je suis vraiment trop sensible au charme masculin, sous quelque forme qu’il se présente… oui, putain qu’est-ce que qu’ils m’attirent ces putains de mâles en rut en fin de soirée… puant l’alcool et la testostérone débordante…

Ils sont craquants à se damner, et ce soir-là, en particulier, en cette soirée de début d’été, c’en était trop : hélas, même trop ce n’était pas suffisant à mes yeux… et ceci pour la simple et bonne raison qu’il me manquait le plus beau de ces mâles… Jérém était ailleurs, dans une autre boîte, sûrement dans le même état que ces mecs défilant devant mes yeux… l’esprit embrumé par l’alcool et la queue prête à baiser, à jouir dans n’importe quelle bouche, dans n’importe quel trou… m’imaginer qu’une nana lui ferait une gâterie… si ce n’était pas déjà fait… putain de gâchis !

J’ai un peu trop bu moi aussi… faut encore que j’aille me soulager. Faut que j’arrête de boire autant en boîte. Arrêter de boire pour ne plus avoir à aller aux toilettes en boîte de nuit. Décidément, il se passe bien trop de trucs dans ces endroits.

Je viens de rentrer aux chiottes. Un mec sort d’une cabine : un mec genre pas moche du tout, châtain clair, les yeux gris, pas très grand mais un joli physique quand même… un regard pas commode, genre caillera, puant l’alcool à plein nez… sa chemise blanche déboutonnée jusqu’au nombril ou presque offrant une large vue sur un beau torse imberbe, un des pans sorti du pantalon, les manches approximativement retroussées… le mec débraillé à souhait, sexy tout plein… putain que c’est beau aussi une simple chemise blanche sur un beau mec…

Oui, il est vraiment pas mal, alors je ne peux pas m’empêcher de le toiser alors qu’il passe à côté de moi. On se croise, je tourne légèrement la tête pour le mater une seconde encore, comme aimanté par son putain de parfum de mec que je capte au passage et qui me fait tourner la tête, au sens propre comme au sens figuré… je me retourne de quelques degrés et je croise son regard… je retire mes yeux, j’avance vers le fond des toilettes pour rentrer dans une cabine, j’y suis presque quand j’entends le mec me lancer :

« Eh, toi…

Je me retourne, profil bas :

-Moi ?

-Oui, toi… qu’est-ce que t’as à regarder ?

Putain, Nico… surveille tes yeux, merde, sois discret… le type est planté devant la porte d’accès aux toilettes ; je suis à l’opposé de la pièce ; on est à une dizaine de mètres l’un de l’autre. Ça me rappelle les duels de cow-boy dans les vieux western… sauf que là, face à ce mec, voilà qu’à la place de la Colt la plus rapide de l’Ouest, je préférerais jouer à la Bite la plus endurante du Sud-Ouest.

Putain, ce regard noir qu’il me lance. Il est sexy à mourir, éméché, énervé… je commence à me faire peur car je le sens très proche d’une réaction épidermique et violente, une réaction puisant sa force dans sa susceptibilité de jeune mâle un brin bourrin, cette susceptibilité que mon regard un peu trop appuyé avait dû chatouiller, cette susceptibilité exacerbée sous l’effet de la vodka… Là je suis bien pris au piège… faut que je manœuvre finement pour me sortir de cet putain de pétrin…

-Je … je… je… croyais que vous étiez quelqu’un d’autre…

-C’est pas plutôt que t’aurais envie de sucer ma queue, par hasard??

Putain l’envie de lui dire oui ; mais le regard du mec me fait vraiment peur, alors, j’essaye de me dégager…

-Mais non, suis pas pd, moi…

-Pourquoi ? tu crois que j’en suis, moi ?

Je le vois monter encore en pression… putain… Nico… réfléchis à ce que tu dis… tu t’enfonces encore… ce mot en fin de phrase était vraiment de trop et le mec l’a pris pour lui !

-Non, non, je voulais juste dire que je ne suis pas… c’est tout…

-C’est ça, et moi je suis mère Térésa… j’ai un certain flair pour les petites pédales dans ton genre…

-Vous vous trompez…

-Tu viens me sucer maintenant ou ça va faire mal…

Et ce disant, le mec attrape la porte d’une cabine et il la fait pivoter sur les gonds, un coup en avant et un coup en arrière, le regard fixe sur moi, poussant des respirations profondes, les yeux lançant des flammes. On dirait un taureau prêt à charger.

Putaaaaain Nico, comment vas-tu te sortir de cette merde ? Il va te falloir sucer le type, qui a l’air assez racaille, ce qui n’est pas fait pour te déplaire… Le fait est que ce mélange d’excès d’alcool et d’irritation ne m’inspire rien qui vaille et me fait dire : « Nico, n’y vas pas… ce mec est capable de te cogner pendant que t’es à genoux devant lui ». Non, je me sens pas du tout en sécurité… ni en disant oui à sa proposition, et encore moins en disant non…

-Viens… insiste le mec.

-Non. Je lui réponds.

-Tu l’auras cherché, le pd…

Il lâche la porte qui se referme en claquant légèrement et il avance lentement vers moi. Il n’est plus qu’à cinq, trois, deux mètres de moi, je me prépare à me protéger des coups qu’il va dégainer… 

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