Elle

Une saga de Camille_Eelen - 2 épisode(s)

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Épisode 1 : Encule moi.

“Encule moi”

Deux mots. Une phrase simple. Elle me demandait de la prendre par le cul. Elle le demandait ou elle l’exigeait. Ce n’était pas clair. Rien n’était clair depuis le début de soirée.

Chez elle. Elle avait insisté pour que je vienne dans son appartement. Étonnant, pour une première rencontre. Une invitation à dîner. On savait tous les deux comment cela allait finir si notre première impression se confirmait. Du sexe. Un truc classique entre deux adultes consentants.

Dès mon arrivée, je sentis que quelque chose était différent. Un décalage, une sensation confinant presque au malaise… non… plutôt à un sentiment d'étrangeté. Comme une impression de déjà-vu qui ne serait jamais arrivé. Je sais : c’est confus. Mais je vous l’ai dit : rien n'était tout à fait “normal”.

Le côté “cabinet de curiosités” du lieux ne faisait qu’accentuer les choses. Un astrolabe aux reflets dorés posé sur un meuble, une reproduction de la boîte des lamentations à côté de quelques bocaux remplis de formol et d'organes, mais aussi des livres et des BD, beaucoup, et des dessins, partout.

La voix grave et menaçante de Nick Cave et le clair-obscur des lampes sourdes finissaient de patiner le tout.

Un roman gothique ! Voilà où j'étais ! Un roman gothique écrit un soir d’orage dans une vaste demeure aux ombres profondes sur les bords du lac Léman.

On discutait…enfin “discutait”... je lui ai surtout posé des questions sur ce qui nous entourait. J'étais nerveux. Je me sentais ridiculement nerveux.

Et plus encore, sous son regard franc, décidé, presque cinglant, qui me détaillait, elle avait ce demi sourire ambigu, pas méprisant ou moqueur… non. C'était plutôt celui du joueur qui sait que ses cartes sont imbattables ; que le reste de la partie est définitivement sous son contrôle.

Elle répondait avec enthousiasme et esprit, riant sincèrement, faisant des références amusantes à des œuvres que nous aimions, me questionnant à son tour sur ma vie, mes goûts. C'était charmant et de bon goût.

Puis elle posa son verre de Graves, se pencha vers moi et posa une main sur mon genou.

“Tu préfères me prendre avant ou après dîner ? Je t’avouerai que j’aime baiser avant. Ça m’ouvre l'appétit. Cela donne même une autre saveur à ce que je mange.”

Elle souriait, la garce. J'étais totalement perdu, paralysé. Elle le savait parfaitement. Elle l'avait même provoqué, cherché. Un piège. L’invitation, l’appartement, son sourire, ses yeux, son corps même, tout était un putain de piège. J'étais perdu. Perdu et sous le charme.

Confus. Je vous avais prévenu.

“Avant… enfin si tu veux. Je ne sais pas…” Pitoyable réponse. Je décidais alors de ne plus dire de conneries en faisant ce qu’il y avait à faire : l’embrasser.

Porter le fer au cœur de la plaie. Elle me laissa faire, s’abandonna même. Je posais mes lèvres sur les siennes comme je serai entré dans un lieu où je n'avais rien à faire. Avec prudence. À l'affût.

Lèvres entrouvertes d'abord. Round d’observation. J’introduis ma langue. Elle ne me refusa pas la sienne. À pleine bouche, nous nous pénétrâmes.

Très vite, elle me toucha la queue. Il n’y rien d’autre à dire. Ce fut franc et direct. Sans circonvolutions. Moi, j’osais à peine poser mes mains sur autre chose que son genou et sa cuisse. Figé, je vous dis.

Mais bandant, tout de même.

Le contraire eût été impoli.

Il me fallait agir. Jamais elle ne supporterait ma passivité. Pas son genre. Je lui pris le sein. À pleine main. Pressant la chair nue, tiède et tendre sous l'étoffe sombre. La pointe dure du mamelon se logea entre l’index et le majeur. Je serrai.

Elle réagit.

- “Plus fort”.

Je pinçais plus fortement et fit de même avec l’autre sein.

J’embrassais son cou. Elle appréciait et me l’offrit. Ses cheveux blonds ruisselait sur le tissu sombre du canapé.

Elle ouvrit mon jeans et sortit mon sexe avec une dextérité surprenante.

Elle se mit à me branler. Pas une branlette polie, du bout des doigts. Non. Elle me prit à pleine main et me branla vigoureusement. Je me dis qu'à ce rythme, j'allais quitter la partie plus vite que prévue.

Je posais ma main sur la sienne et ralentis son mouvement.

- Monsieur n’est pas joueur ?... Elle riait.

- Disons que je préserve mes chances de te faire jouir avec autre chose que mes doigts et ma bouche.

- Hum… Parfois cela vaut mieux… mais je ne veux pas te mettre de pression.

- Ben voyons. Ça ne serait pas ton genre.

- L’ironie comme aphrodisiaque ? Risqué comme méthode.

- Et celle-ci ?

Je déboutonnais son pantalon et, lui soulevant les fesses dans le même mouvement, je retirais culotte, pantalon et chaussures. Je me retrouvais à genoux devant sa chatte. Blonde, elle aussi. Les poils translucides laissaient deviner une fente plus claire que la peau brune du renflement entre ses cuisses. Elle mouillait.

- C’est beau une chatte. Ça m’émeut toujours.

Je la regardais. Elle soutint mon regard et, écartant les cuisses, posa ses pieds encore couvert de ses chaussettes sur mes épaules.

Elle pencha un peu la tête sur le côté, un sourire d’infinie tendresse aux lèvres, comme attendrie.

- J’aime te voir ainsi...

Et, saisissant mes cheveux d'une main ferme, elle fourra ma bouche au beau milieu de son sexe.

- Lèche-moi.

Et, voyez-vous, j'obéis. Je ne pu rien faire d’autre. Non pas que je n'aime pas cela, bien au contraire, j'adore lécher, mais je n'étais pas habitué à l’expression brute du désir d’une femme. À son verbe. À ses mots qui disent ce qu’elle veut. Clairement. Abruptement. Simplement.

Une phrase. Deux mots.

Donc je léchais. Ma langue lapait, pressait, explorait, pénétrait. Mes lèvres contre les siennes. Je m'appliquais. Je mettais du cœur à l’ouvrage et je la sentais prendre son plaisir, lentement, avec application et une exigence évidente sur laquelle, là encore, elle posait des mots. Ses mots.

Ils me guidaient, m’encourageaient, me corrigeaient ou me refreinaient. Des mots mettant mon corps au service du sien. Parfois prononcés dans un souffle, crachés la mâchoire serrée ou criés à pleine bouche. Ses mains empoignant ou caressant mes cheveux me traduisaient aussi ce qu’elle voulait. Je parcourais en tous sens le drapé de sa vulve. Jouir. La faire jouir. Vraiment. Donner du plaisir avec la bouche nécessite une réelle abnégation, une empathie profonde. Une vulve n’est pas sapide, elle n’a pas de réelle saveur ou une vague impression de sel peut-être. Ce sont des auteurs en mal de clichés qui donnent cette fausse idée que bouffer un con, c'est dîner d’Ambroisie à la table des Dieux.

S’il y a bien un parfum, ce sont des fragrances différentes selon l'excitation, la période du cycle ou l’heure de la journée. Il n'y a pas de “goût". C'est du moins mon avis… et vous me faites confiance, non ?

On ne tire aucun plaisir concret de cette pratique. Personne, jamais, n’a joui avec sa bouche, même Linda Lovelace - surtout Linda Lovelace devrais-je même dire.

On suce, on lèche pour le plaisir de l'autre, pour la satisfaction de l'emmener là où on ne peut aller.

C'est un don de soi, un putain d’acte de foi. Bien plus honnête qu'une pénétration au fond.

- Tes doigts.

Deux mots. Encore. Phrase simple. Clarté du propos et de l’envie.

Allons-y pour quelques phalanges.

Les doigts. De précieux alliés. Impossible de ne pas utiliser ses petits pénis si mobiles, si adaptables.

Elle jouit glorieusement. Cette sensation d'être “pleine” de mes doigts dut amplifier l'orgasme provoqué par ma langue. Orgueil très bien placé, non ?

Elle jouit dans une lente ascension de son bassin.

- Je vais jouir ! Ne t'arrête pas… furent les derniers mots intelligibles que je pus saisir avant le maître-orgasme.

Elle cria, peu, et, mordant ses lèvres, se retint, beaucoup. C'était fascinant. Et très beau. C'était aussi effrayant. Comme une déchirure profonde ravageant son corps.

Elle arracha ma tête de sa chatte lorsque le plaisir devint agacement.

J'avais la mâchoire et les genoux endoloris.

- Ça suffit…

Je me contentais d’embrasser l'intérieur des cuisses et les plis de l’aine. Doucement. Je retirais mes doigts. Lentement.

Posant sa main sur ma poitrine, elle me repoussa. Sans brusquerie, du bout des doigts. Je me retrouvais agenouillé devant ses cuisses ouvertes, devant sa vulve mouillée et luisante, une franche érection contrariant la verticalité de ma posture.

Elle me sourit. Elle se leva et se tourna, m'offrant la vision de son cul. Elle avait gardé son haut noir. Sa nudité partielle le mettait en valeur par contraste, comme un révélateur. Un cul blanc, bien dessiné, un cul réel, avec des imperfections qui n'en étaient pas, un cul qui donnait envie de le caresser, de l'embrasser, de le baiser.

Lorsqu'elle se mit à quatre pattes sur le canapé, les avant-bras sur le haut du dossier, les genoux suffisamment éloignés, son sexe, ouvert sur des plis incarnats, auréolé de ses fins poils blonds, rayonnait. C'était beau. Putain que c'était beau, vous ne pouvez pas savoir... Enfin, je crois que si… vous arrivez à deviner, non ?

Elle tourna un peu la tête vers moi - je m'étais relevé - et sous ses cheveux, je devinais son regard - verts, ses yeux étaient verts, vous ne l’aviez pas deviné, hein ? Vous pensiez “bleus”. Vous pensiez cliché. Normal.

J’enfilais un préservatif lorsqu’elle me dit deux mots. Une phrase simple.

- “Encule moi”

Alors, je l’enculais.

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