Elle

Une saga de Thalia_Devreaux - 2 épisode(s)

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Épisode 1 : Une posture inattendue

Ce milieu de printemps avait comme un parfum de vacances d'été avec ces beaux jours et ces températures clémentes nous permettant d'être courts vêtus avec mes amis. Nos esprits étaient ailleurs alors que nos corps se trouvaient à quelques pas du lycée. Le baccalauréat était notre quotidien depuis près de deux ans mais en ce mois de mai, nous rêvions d'autres choses.

Nous profitions de la pause méridienne pour nous échapper de l'enfer scolaire. Il y avait un petit parc tout près, pas très grand, juste quelques bancs ombragés mais cela nous suffisait. Malheureusement depuis cet endroit a été transformé en parking pour les habitants du quartier.

Nous n'étions pas les seuls à venir pour manger ou non détendre. Des travailleurs y venaient régulièrement se détendre ou délasser leurs jambes restées trop longtemps inactives. Et nous, nous occupions deux bancs en riant à gorges déployées et parlant fort comme le font souvent les jeunes. En ce temps là nous avions presque vingt ans...

Nous ne nous soucions que très rarement des personnes qui nous entouraient. Du moment qu'ils ne nous dérangeaient pas, c'était le principal. Il y avait un homme qui venait souvent manger son sandwich en lisant le journal lorsqu'il faisait beau comme ce jour-là. Les jours monotones et froids, il restait à l'intérieur du snack où nous achetions parfois des repas.

Je ne le voyais pas tous les jours, juste une fois par semaine, toujours le mardi. Pour être tout à fait honnête, je ne l’avais jamais vraiment remarqué jusqu’à ce qu’il m’en parle plus tard. Je ne faisais pas attention aux personnes alentours. Peut-être est-ce un défaut mais j’ai toujours vécu ainsi. Il faisait partie du paysage sans être intégré à mon entourage.

Ce jour-là, mes amis et moi n’avions pas le cours de sport prévu pour l’après-midi, nos deux seules heures restantes venaient d’être annulées et nous permettaient d’avoir déjà terminé notre journée. Les garçons envisageaient de se retrouver chez l’un d’eux pour jouer aux jeux vidéos tandis que mes copines prévoyaient de faire du shopping. N’ayant plus d’argent, je préférais éviter de me sentir frustrée en les accompagnants. Je ne me voyais pas non plus y aller en survêtement.

Je déclinais leur invitation et m’abstins de rejoindre les joueurs, n’étant pas très attirée par leurs styles de jeux. Je prétextai un travail à faire et ce fut ainsi que je me retrouvai seule à manger un sandwich dans le parc tandis que les autres préféraient se restaurer en mangeant. J'ai toujours préféré être assise pour ça.

Je mis plusieurs minutes avant de réaliser que j’étais observée. Lorsque je me tournai vers l’homme qui me scrutait, celui-ci me fit un sourire et je répondis poliment en en faisant un également. Je ne ressentais aucune gêne qu’il continue de me fixer pendant que je finissais de manger mon repas. Pourtant, cela ne me laissait pas indifférente et j’échangeai encore un ou deux sourires discrets lorsque je le regardais.

— Puis-je m’asseoir ?

Mes yeux s’attardèrent sur les siens et je ressentis quelque-chose d’indéfinissable qui me fit perdre toute notion de la réalité. Je ne l’avais pas vu s’approcher de moi. Une fébrilité s’emparait de mon corps, mais rien de comparable avec de la peur. Un charisme se dégageait de lui, une force puissante qui me rendait malléable. Et que dire de sa voix ! Ces quelques mots me laissaient pantoises, toutes ouïes, attendant la suite de ces paroles.

Encore aujourd’hui je ne suis pas certaine d’avoir répondu à sa question. Peut-être ai-je seulement bredouillé quelques mots maladroits, révélant ainsi la confusion qui régnait en moi ? Ou peut-être ai-je simplement hoché la tête, telle une marionnette ?

Je ne saurai pas expliqué le magnétisme qui s’est déclenché par cette seule présence alors que j’apercevais déjà cet homme depuis plusieurs mois. Son regard bleu-gris m’hypnotisait. Assis à côté de moi, je me sentais bien et je trouvais cela naturel.

Pourtant, cet homme avait probablement plus de trois fois mon âge. Les quelques rides près de ses yeux et ses cheveux grisonnants l’attestaient. Cependant, je ressentais déjà une attirance indéfinissable pour lui. Plus il me dévisageait avec son regard rieur, moins je me sentais habillée, comme si ses yeux avaient le pouvoir de me mettre nue.

J’écoutais les quelques paroles qu’il me disait, buvant chaque mot, oubliant mes amis, l’école, ma maison et toutes pensées. Je me sentais en sécurité, libérer de toutes décisions et de toutes inquiétudes. Il me parlait mais je ne peux pas retranscrire ses paroles. C'était comme s'il me chantait une berceuse ou qu'il m'hypnotisait. Les mots importaient peu, j'écoutais sa voix. Je me sentais en confiance. Je me sentais différente. Je n'étais même plus assise sur ce banc dans ce petit parc. Je me trouvais ailleurs avec lui et ça ne tarda pas à arriver.

Tout se passait comme si notre rencontre devait se dérouler ainsi, sans que ni lui ni moi ne contrôlions les événements. Cette rencontre devait se faire. Ce devait être aujourd'hui, en cet instant et c'était normal que je me retrouve dans sa voiture, assise à côté de lui, sans aucune gêne. Tout se faisait naturellement. Lorsque je me rendis compte que nous quittions la ville, rien ne se déclencha en mois.

Nous n'avions pas parlé de sexe. Il ne m'avait rien promis, ni réellement proposé de le suivre. J'avais marché avec lui jusqu'à son véhicule et mon cerveau avait eu un moment d'absence. Une fois de nouveau en marche, j'étais à l'intérieur avec lui et nous roulions.

À l’époque, j’étais encore une enfant naïve et prude. Certes, comme je l'ai déjà confessé, je n'étais pas vierge. J'avais eu une première fois. Avec un jeune homme de mon âge, de mon lycée. Je n'étais pas amoureuse de lui et lui non plus d'ailleurs. Je crois qu'on voulait tous les deux voir ce que ça faisait. Rien de bien mémorable, plutôt court, surtout décevant, une sensation désagréable comme quelque-chose de « sale » me restait collé à la peau à chaque fois que j'y repensais.

Dans cette voiture, je ne pensais pas au sexe. J'aurais probablement fui si j'y avais pensé. À cause de la première fois... Une impression se dégageait, la moiteur de mon sexe était inhabituelle. Je découvrais une tension en moi, différente de celle avec l'autre pour ma première fois juste avant de décider de franchir le pas.

Le trajet ne me sembla ni court, ni long. Une chose était certaine, je n’avais pas fait attention à la route, ni même à l’aspect extérieur de la maison dans laquelle il m’invita à entrer. Les détails n'avaient aucune importance sur le moment. Je n'avais d'yeux que pour lui, pourrais-je dire. Mais en fait, je n'étais focalisée sur rien. Quelqu'un devait me contrôler à distance.

À peine la porte franchie, je savais pourquoi je me trouvais à cet endroit. Je le regardais, attendant passivement la suite des événements, ce qui visiblement l’amusait. Il portait toujours sur moi ce fameux regard qui me fascinait. Rajouté à sa voix, je me trouvais sans résistance et sans armes. Pourtant, il m’annonça avec ses mots que j’étais son invitée et que je n’étais dans l’obligation de rien.

Peut-être est-cela qui me annihila toutes mes défenses ? Je ne ressentais pas une envie de sexe mais d’être libre, sans comprendre exactement ce que pour moi cela signifiait qu’être libre. Allais-je le découvrir dans cet étrange lieu fait de murs me coupant de de la richesse extérieure ?

— Tu es la preuve qu’une jolie jeune femme peut être sexy en survêtement.

Je gravais cette phrase dans ma tête, mot pour mot, un joli compliment pour une adolescente ayant quelques complexes. Je n'étais pas si différente des autres filles de mon âge. Pourtant, c'est sur moi qu'il a jeté son dévolu. Surtout que je me trouvais toujours moche lorsque j’étais vêtue ainsi. J’avais en horreur la journée du mardi à cause de cela. Ne voulant pas surcharger mon sac avec d’autres vêtements, je me contraignais à devoir supporter ce fardeau une fois par semaine.

Mon cerveau dut se déconnecter temporairement une nouvelle fois. Un certain laps de temps passa, je ne saurais dire s'il a été long ou non. À mon dernier souvenir, j'étais debout, près de l'entrée. Maintenant je regardais droit devant moi l’écran d’une télévision dans la pièce qui devait être le salon.

Je réalisais à peine la scène qui se déroulait. Je me trouvais à quatre pattes sur une table basse, complètement nue, ma jeune croupe offerte à la vue d’un homme affalé sur son canapé, faisant tourner les glaçons dans son verre de whisky. Peut-être devrais-je trouver cela indécent de me montrer ainsi ? Et pourtant, ce n’était pas le cas.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, je ne bougeais pas. Je savais que c'était par ma volonté que je me trouvais dans une posture inattendue et je l'assumais sans retenue et sans gêne. Ce ne fut que plus tard que je réalisai que c’était la première fois depuis le début de l’adolescence que je me sentais bien nue. Libre en quelque sorte...

Mon intimité dévoilait un pubis brun quelque peu fourni. Je l’entretenais mais n’ayant ni copain, ni relation prévue, je laissais mes poils poussés. Lorsque j’avais fait ma première fois, je les avais coupés quelque peu. Ce n’était pas le cas ce jour-là, je n'avais pas prévu de me mettre nue sur une table basse. La longueur de ma toison ne me préoccupait pas en cet instant. Et de toute façon, rien ne m’occupait l’esprit, pas même la moiteur de mon sexe dégoulinant.

Une nouvelle sensation m’enivra, comme si je me réveillais peu à peu : l'excitation. J'aimais cette impression. Alors que j'avais eu une gêne lors de ma première fois à me mettre nue, ici ce n'était pas le cas.

— Tu ferais bander n’importe quel homme en étant ainsi mais crois-moi, tu peux le faire en étant vêtue de n’importe quel vêtement. Comme tu as su le faire avec ton survêtement.

Sa voix devenait ma drogue. Je buvais souvent ses paroles sans dire un mot. Je ne me sentais pas nue. Ma tenue d’Ève me convenait parfaitement pour l’occasion. Je restais ainsi, sans bouger, ne ressentant pas la douleur à tenir cette position sur une table basse en verre. J’avais le sentiment d’avoir pris la posture parfaite pour lui.

Il y a des choses qui restent inexplicables et bon nombres avec lui sont de cet ordre. Ma destinée me poussait à agir ainsi et cela m'aurait contrarié de bouger en cet instant.

— Quand tu maîtriseras ton corps, tu seras irrésistible avec n'importe quelle tenue.

Il me parlait d’habits alors qu'il me voyait sans. Il me donnait l’impression d’être la personne qui vous découvre au premier instant de votre vie, une fois sortie du ventre de votre mère. Je renaissais sous ses yeux, oubliant mes complexes.

La vérité me sautait aux yeux. Je voulais qu'il me voie nue, sans artifices, qu'il puisse parler de ma beauté en connaissance de cause. Mais pas seulement. Il y avait ce magnétisme guidant mes faits et gestes.

— Toi comme moi, nous avons de la chance de nous être rencontrés.

Je l’entendis ensuite siroter son whisky. Je ne ressentais pas de fatigue, me laissant aller au gré des événements. J’attendais qu’il prenne la parole car cela me rassurait. Il finit par se lever du fauteuil pour venir se placer en face de moi. Mes yeux se trouvaient à la hauteur de son érection. Le pantalon ne la masquait pas et il ne faisait aucun effort pour la cacher. Pourquoi l'aurait-il fait au vue de ma position ?

Une fierté m’envahit et me rassurait également. Je lui plaisais, comme lui semblait me plaire au final. Après tout, il me faisait mouiller en cet instant. Sa petite bedaine ne me dérangeait pas, tout comme son âge. Je relevais la tête pour croiser son regard et voir son petit sourire ravi.

— Prenez une photo. Immortalisez ce moment.

Je réalisais à peine mes paroles, cette nouvelle prise d'initiative. Nous étions à l'aube d'une nouvelle ère, d'une naissance et je trouvais normal de garder un souvenir, ou plutôt qu'il garde cette trace dans son téléphone. Je restais sans bouger, prise de face, la tête levée vers lui, sans aucune pudeur, avec un sourire, un détail remarqué lorsqu'il me montra le cliché. Ensuite de côté et enfin de derrière pour conclure avec un gros plan sur ma croupe.

Ce point de vue je le trouvais moins intéressant mais il souhaitait le garder pour sa collection personnelle. Je n'allais pas lui demander de la supprimer alors qu'il venait de me réveiller de cette morne vie.

La suite fut moins intuitive, je commençais à réfléchir. Je me demandais ce que je devais faire en apercevant la bosse au niveau de son entrejambe. Devais-je libérer ce sexe comprimé par les vêtements ? Devais-je au contraire attendre qu’il me dise de le faire ? Sauf qu’il ne me demandait rien. Il me laissait faire

Son rire me sortit de mes réflexions. Il me donna l’impression de lire le fil de mes pensées, reculant d’un pas avant de se pencher vers moi. Je redressais la tête pour le regarder droit dans les yeux. Il avait ce quelque chose de fascinant qui me faisait penser que j’étais chanceuse.

— Les choses doivent se faire toujours naturellement, sans réfléchir.

Comme je l'ai fait jusqu'à présent. J’acquiesçai sans rien dire. Au final, son érection ne m’intéressait plus. J’écoutais cette voix me parler, recouvrir mon corps de mots délicats et de compliments. Il ne parlait pas tant que cela et je ne pourrais dire combien de temps j’étais restée à quatre pattes sur cette table basse.

Il m’apporta une robe de chambre et m’aida à me relever. Mes genoux et certains de mes muscles me firent comprendre que cette position avait duré un long moment. J’enfilais le vêtement sans rechigner, le suivant du regard pendant qu’il retournait s’installer à son fauteuil. Je le rejoignis et m’assis sur ses genoux. Je n’avais pas attaché la ceinture de la robe de chambre qui dévoilait ma poitrine « aux belles proportions » comme il se plaisait à dire.

Je sentais son sexe dressé contre ma cuisse, bougeant tout seul par moments. Ses deux bras m’enlaçaient mais il ne fit aucun geste déplacé. D’ailleurs, il ne m’avait pas touché, même lorsque je m’étais offerte. Je savais que je me trouvais en sécurité avec lui et cela faisait partie des choses qui ne s’expliquent pas dans cette étrange rencontre.

— Réalises-tu que depuis notre premier échange, aucun de nous deux ne sait comment s’appelle l’autre ?

Cette question était davantage une affirmation qu'une réelle question et ça l’amusait. En effet, jusqu’à présent, il ne m’avait demandé ni mon nom, ni aucune autre information me concernant. Je ne savais rien de lui non plus. Les choses se faisaient si naturellement, comme si nous nous connaissions depuis longtemps, que ce constat nous fit rire tous les deux. Je m’apprêtais à lui révéler mon identité lorsqu’il m’interrompit d’un geste de la main.

— Ni ton nom, ni ton prénom ne pourront définir qui tu es. Ce sont tes parents qui te les ont donnés. Il en va de même pour moi.

Cela devenait évident à l'entendre. Mon identité ne détermine pas que je suis vraiment.

— Je t’offre la possibilité de renaître, de choisir le nom de ta nouvelle vie. Choisis qui tu veux être et je t’appellerais ainsi.

Je buvais une nouvelle fois ses paroles, lascive.

— Si tu veux, je peux te donner un nom, ou plutôt un surnom qui te correspond. Seuls nous deux le connaîtrons. Et toi tu en feras de même pour moi. Tu es libre de faire comme tu le désires.

Libre… Je l’étais déjà depuis que je l’avais suivi. Libre de ne pas le suivre, libre de faire ce que je voulais, libre d’être nue, libre de m’en aller… Et maintenant, libre d’être quelqu’un d’autre ou plutôt d’être moi et non celle que mes parents voudraient.

Ma réflexion m'amena à trouver plus judicieux que chacun choisisse le nom de l’autre. Je trouvais cela plus intime que de prendre un autre nom. Surtout que je me sentais capable d’évoluer et donc de changer encore…

— À vous de choisir pour moi.

Ma réponse lui convenait. Son regard plongé dans le mien, je voyais que c’était ce qu’il désirait au fond de lui. Je me demandais comment il allait m’appeler. J’espérais qu’il ne tomberait pas sur mon prénom.

— La découvreuse. Je pense que ce petit surnom te va comme un gant. Tu t’ouvres à une nouvelle vie que tu vas découvrir.

Même si je trouvais que cela ne sonnait pas très bien, le choix se révélait judicieux. J’avais déjà beau avoir vu un sexe d’homme, je n’avais pas forcément pris du plaisir de l’avoir en moi. Aujourd’hui je sentais que le sexe pourrait guider ma vie et que j'allais passer bien d'autres après-midi en compagnie de mon hôte. C'était une évidence.

À mon tour de choisir un surnom pour lui. Au final, les prénoms ne disent rien de nous…

— Le mentor.

Cela me venait naturellement, comme si je ne pouvais pas le voir autrement. Je me mis debout, comme pour créer une sorte d’instant solennel après que nous nous soyons reconnus l’un l’autre. Ses yeux s’intéressèrent à la robe de chambre ouverte, lui permettant d’apprécier ma toison et la vue d’une partie de ma poitrine. Il détaillait la moindre parcelle d’anatomie visible et cela ne me dérangeait pas.

Il se leva à son tour pour plonger son regard dans le mien, gardant son habituel sourire aux lèvres. Le silence s'installait durant cette sorte de cérémonie avant de me retrouver dans les bras de cet homme à peine plus grand que moi. Ses mains délicates se posaient uniquement sur mon dos. Toujours aucun geste déplacé. Son visage et sa voix me rassuraient.

Mes vêtements se trouvaient au sol à l'entrée du salon, éparpillés. C'était bien dans mon style d'agir ainsi. Cela me fit sourire. Je récupérais un à un les habits, la petite culotte noire à pois en dernier. Le sous-vêtement n'avait rien de sexy. Il était surtout pratique, confortable et je l'utilisais à chaque fois que je faisais du sport. Machinalement je le tendis à mon mentor.

— Jetez-la, disais-je simplement.

J'aurais voulu exprimer que c'était un vestige de mon passé, que dorénavant je tendais vers un renouveau et que ça commençait maintenant. Il la prit dans sa main.

— Je préfère la garder comme un rappel de ton passé.

Je haussais les épaules. Comme bon lui semblait, qu'il agisse à sa guise, cette culotte ne me souciait plus. Il était temps pour moi de partir. Je m'habillais en hâte sous son regard appréciateur et sa bosse au bord de l'explosion.

Lors de notre retour en ville, dans sa voiture je lui indiquais l’endroit où je voulais être déposée. Je préférais éviter qu’il ne me ramène chez moi, plus par peur d’être questionnée par ma mère que par la crainte qu’il apprenne où j’habite. J’étais assise à côté de lui, oubliant encore un moment de ma vie. Mon cerveau me jouait des tours mais je savais que je n’avais rien raté d’important. Je portais mon survêtement, mon sac à mes pieds, et c’était bien le principal.

Après quelques pas, je me rendis compte du temps passé. Le soleil avait bien décliné et lorsque je regardais mon portable pour voir l’heure, je découvris avec effroi qu’il était prêt de dix-huit heures. Jamais je n’aurais pensé que cette petite séance avait duré plusieurs heures. Heureusement pour moi, ma mère n’était pas encore revenue de son travail. Elle arriva quelques minutes plus tard.

Je ne tardai pas à recevoir un SMS de mon mentor. Je me rappelais vaguement de lui avoir donné mon numéro. Le message me permit de l’enregistrer dans mes contacts. Je ne regrettais rien de ce qui s’était passé mais je ressentais une légère confusion.

Une force me poussait à le garder dans mes contacts mais sans comprendre pourquoi. Peut-être était-ce dû à la teneur amicale du texto ? Aucune allusion sur cette journée, il me remerciait pour cette charmante rencontre. Cela me fit sourire.

En me couchant le soir, je repensais à tous ses événements. J’arrivais à occulter tout ce qui s’était passé, sans chercher à me poser d’autres questions. Je ne ressentais aucune honte, ni aucune crainte alors qu'il avait des photos de moi. J'avais confiance en sa discrétion. Il ne me trahirait pas et je le reverrai prochainement.

Je dus calmer la fièvre qui s'est emparée de mon corps depuis ce midi. Mes doigts jouèrent habilement avec mes zones érogènes et je ne fus pas longue à venir dans l'orgasme le plus violent de ma courte vie. L'image obsédante sur le moment de son sexe gorgé de désirs, caché sous ce pantalon, conjugué à tout ce que j'ai été capable de faire, me quittèrent dans l'apaisement.

Je n'avais pas eu de nouvelles de lui durant la semaine. Le mardi suivant, il se trouvait dans le parc, le banc près des nôtres. Nous avions échangé un regard neutre pour ne pas révéler aux autres que nous nous connaissions et c’en était resté là. Je regrettais presque de ne pas être seule, de ne pas pouvoir passer du temps avec lui.

Cette idée me fit prendre conscience que je considérais alors que cet homme n’était pas néfaste pour moi. Je désirais revoir mon mentor et sur le chemin de l'école, je lui envoyais un SMS à ce sujet.

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