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En réunion, sous mes bas-résille, je me sens légère


Il est un peu avant midi, avant que la lumière devienne crue ne laissant aucune ombre. Je suis à ma quatrième réunion de la journée. Et il m’en reste encore trois.

Nous sommes quarante assis en rond dans une grande salle. Afin que nous puissions tous nous voir.

Je pianote sur mon téléphone portable, en quête d’un petit quelque chose qui puisse me tenir éveillée. Je m’occupe sans bouger, sagement assise sur ma chaise.

J’avais lu sur la toile que « graffouiller » pendant les réunions est non pas un signe d’ennui mais une manière de canaliser son énergie. Ma présence sur les réseaux sociaux doit en être une version plus moderne ou du moins plus technologique.

Mon téléphone s’allume et un message s’affiche sur mon écran. Je vois qu’il vient de mon collègue d’en face. Nous travaillons ensemble depuis plusieurs années et nous nous connaissons bien.

Lui : « Tu as mis des bas résilles »

Moi : « Oui. Pour une fois que j’ai un peu de fantaisie sur mes jambes. »

Lui : « Sexy aussi »

Moi : « Ne t’inquiète pas : j’ai une culotte »

Je souris seule et soulève ma tête pour bien vérifier que nous ne sommes pas observés et plisse mon front pour montrer une forme d’intérêt à ce qui se dit devant moi.

Lui, il prend note sagement sur une feuille blanche. Je n’arrive pas à distinguer s’il écrit, fait des pattes de mouche ou des dessins géométriques. Son téléphone est à sa gauche avec un écran noir : il est gaucher.

Derrière lui, un ficus luxuriant censé décoré la salle et dépollué notre environnement de travail. Pendant quelques secondes, je me suis prise à être à l’orée d’une forêt ou dans le fond d’un jardin anglais. J’ai clairement besoin de canaliser mon énergie.

J’écarte légèrement mes jambes au départ croisées.

Il sourit légèrement. Avec ce ficus, nous pourrions aussi être dans une jungle touffue où tout peut se faire sans se voir. Je pourrais m’accrocher à son tronc pour garder l’équilibre avec les feuilles vertes un peu pointues qui se mêlerait à mes cheveux décoiffés.

Lui : « Je n’ai pas bien vu »

Je recommence. Et je me rends compte qu’en plus d’avoir des bas-résilles, j’ai aussi l’avant de mes pieds cambrés par mes talons de 12 cm. Malgré que ma robe soit sobre, assise avec l’ourlet qui remonte à la moitié de mes cuisses, ma tenue présente un quelque chose de sexuel.

Il ne rougit pas. Il ne sourit plus non plus mais ses yeux sont perçants. Il est froid à l’image de l’humour grinçant que nous pratiquons tous les jours.

Je m’ennuie. Mon énergie est déjà autre part. Et la silhouette de mon collègue d’en face ne me permet pas de me fixer. Il se fond dans la salle de réunion, seuls ces messages le rendent unique.

Je veux m’amuser. Comme souvent avec lui. Je me lève, me retourne, sors de la pièce pour remplir la carafe d’eau. J’ai senti son regard sur moi. Une fois revenue dans la salle de réunion dont les murs sont imprégnés de la lassitude de l’audience, je me rassois, les jambes légèrement écartées.

Lui : « Tu l’as enlevée »

Je croise mes jambes qui me paraissent étonnement libérées. Je me sens légère. Je vois ma main devant moi, mon bras, visualise ma robe, mes bas et mes escarpins, mon sexe à nu qui se voit à travers les motifs de la résille. Je me vois en face de lui.

Je l’observe. Il porte une chemise blanche en coton ferme légèrement gaufrée et un jeans foncé avec des chaussures fines montantes en cuir souple lie de vin. Il doit sentir bon. Je fixe son entrejambe et essaie de deviner son sous-vêtement, son sexe et ses testicules qui semblent pencher légèrement vers la gauche. J’imagine son odeur. Sa pilosité et sa couleur.

Mes jambes s’écartent imperceptiblement encore un peu plus. L’odeur de mon propre sexe commence à apparaître.

Je recroise mes jambes et serre de manière régulière toute cette zone de l’entrée du vagin. Elle est devenue le centre de mon attention. Je ne suis plus que ces petits mouvements qui s’approfondissent et font remonter en moi un sentiment de plaisir qui me laisse échapper un petit gémissement que je déguise en une toux.

Je m’éclipse à nouveau mais cette fois-ci dans la petite salle à côté pour reprendre un peu de contenance, discrètement.

J’admire la vue du 7ème étage avec les reflets des tours de bureaux qui m’aveuglent presque. Sortant de ma torpeur, je me retourne et je le vois là devant moi. Assuré, il me fait pivoter et me penche vers l’avant au-dessus d’une table sur laquelle je prends appui avec mes avant-bras. Rapidement et en silence, il soulève ma robe et passe sa main entre mes bas et mes fesses. Je ne sens que son souffle et ses doigts souples qui caressent mon sexe gonflé qui se remet à peine de son excitation.

De profil à la fenêtre, je sens le soleil sur ma hanche et mon visage. Je ne vois que d’un coin de l’œil les baies vitrées d’en face. La peau dure de son sexe se faufile au bas de mes fesses, cherche son doigt qui lui a trouvé l’entrée de mon vagin. Ils se rencontrent, son doigt laissant sa place à son pénis dans mon sexe. Je gémis. Il s’y glisse si facilement.

Je ne veux surtout pas m’écarter et me cambre pour m’offrir fermée, l’absorbant complètement. Nous sommes tous les deux durs. Mouillés l’un de l’autre, mais durs. Je l’accompagne dans ses mouvements de va-et-vient. Et je finis par abandonner et me laisser porter par ses mains qui guide mon bassin pour que la pénétration se fasse la plus profonde et intense possible. J’entends un léger gémissement dans mon dos, il se penche vers mon cou et s’y love quelques secondes. C’est à son tour d’abandonner.

Je le repousse et me tourne en laissant entrevoir mon sexe humide de son sperme qui brille du soleil de midi. Cette fois-ci, je le vois. Un peu groggy, il se rhabille, le souffle coupé.

Je souris. Il me le rend, les yeux encore troublés de plaisir. Je remonte mes bas, remets ma culotte et rabaisse ma robe car ce n’est pas tout : la vie continue. Je m’approche de lui, caresse légèrement sa main gauche et quitte la pièce en laissant la porte entrouverte. Celle-ci laisse passer un filet de lumière derrière moi qui me suit vers les murs gris de la grande salle de réunion. 

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