14 minutes de lecture

Equation à deux inconnus

A nouveau, il avait brillé par son absence… Oui, la rencontre avait été intéressante, les regards attentifs, l’étreinte envoûtante, mais à aucun moment, le plaisir fou qui vous fait suffoquer n’avait surgi. Elle était pourtant à croquer, avec ses yeux noisette, ses longs cheveux dorés, ses seins juste adorables et ses fesses rebondies délicieusement.

Adèle, c’était le nom de cette charmante jeune fille. Presque vingt ans, l’air d’une petite demoiselle bien sous tous rapports, sûre d’elle et de ses charmes. Bref, un joli petit lot qui ne demandait qu’à être aimée.

Cela avait commencé par des rendez-vous de « travail ». Ils étaient tous les deux aux cours ensemble dans une faculté du sud de la France. Une prépa à présenter en binôme et comme ils avaient déjà eu l’occasion de se croiser au café et à la bibliothèque et que visiblement, ils prenaient leurs études à cœur, ils avaient décidé de bosser ensemble. Leur collaboration s’était bien passée. Leur note avait été plus qu’encourageante : un beau B avec en commentaire « Le sujet a bien été développé. Vous avez fait preuve d’originalité dans votre démarche. Bravo ».

Puis, il y avait eu les rendez-vous plus perso, le ciné, le théâtre. Au fil du temps, ils s’étaient rapprochés. Et ce soir, cela avait été l’apothéose. Enfin, non : cela aurait dû être l’apothéose. A la place de cela, Martin, même s’il était très emballé par le fait d’avoir enfin réussi à mettre Adèle dans son lit était déçu de la manière dont les choses s’étaient terminées.

Oui, il avait fait, du moins, il se l’imaginait, tout ce qu’il fallait pour que la demoiselle parvienne au septième ciel, ce qui était arrivé, d’ailleurs (il ne manquait pas de techniques). Cependant, lui n’avait pas été spécialement sous extase. Des petits frissons, tout au plus, lui avaient secoué un peu le bas du ventre. Bien sûr, il avait bandé et s’était répandu sur le ventre d’Adèle mais… le plaisir, c’était tout de même autre chose.

Ce qu’il s’imaginait, lui, c’est un grand tremblement, vous voyez ? Quelque chose qui secoue, qui vous propulse pratiquement au-delà de vous : très haut, très loin. Quelque chose qui vous chavire comme vous obligeant à perdre pied. Qui vous renverse… Et de cela, il n’en avait pas été question. Aurait-il loupé quelque chose ?

Il fallait reconnaître qu’il n’avait jamais éprouvé cette sensation extraordinaire quand il allait plus loin que de simples baisers avec une jeune fille. Pourtant, celles qu’il avait rencontrées étaient en général très jolies, intelligentes, aussi. Leurs conversations étaient spirituelles et amusantes. Elles n’avaient rien d’ennuyeux ou de futile, non. Simplement, une fois qu’elles étaient contre lui, tout changeait. Il ne les trouvait pas repoussantes, loin de là. Mais la connexion qui, après s’être faite au niveau de leur tête, ne fonctionnait plus physiquement.

Martin en vint à penser qu’il était peut-être… impuissant… Mais ce n’était pas possible non plus puisque ses partenaires jouissaient chaque fois… Peut-être était-il asexuel comme on décrivait actuellement les gens n’ayant pas de désir sexuel, quel qu’il soit.

A vingt ans, il aurait tout de même été nécessaire qu’il sache qui il était et comment il aurait pu atteindre le plaisir sensuel …

***

Ce soir-là, Martin était invité à l’anniversaire d’Adèle. Ils seraient nombreux : des amis de fac de la jeune fille, l’un ou l’autre de ses cousins. Vingt ans, c’est un événement marquant… Ne connaissant pas la famille de la demoiselle, le jeune homme resta avec ceux qui étaient en cours avec lui. Il ne frayait pas facilement. Les cousins au nombre de quatre, s’il avait bien compté, et Adèle ne se ressemblaient pas. Mis à part un long jeune homme blond, les autres avaient les cheveux foncés et les yeux clairs.

Martin le regardait en souriant, rêveur… Fred, c’était son nom, avait le visage mobile et très expressif. Ses prunelles marron, comme celles de sa cousine, se posaient alternativement sur celle-ci et sur celui des autres cousins qui menait la conversation. Chaque fois qu’un nouvel invité arrivait, il le regardait, s’attardant sur les messieurs, qu’ils soient de son âge ou pas. Martin le trouvait simplement… beau . Le cousin avait l’air bien dans sa peau, détendu. Il restait silencieux mais son regard était attentif et curieux. A plusieurs reprises, il jeta un coup d’œil au jeune homme, étonné de l’intérêt qu’il suscitait.

Fred ne parlait pas : il se contentait de sourire et de regarder. Insensiblement, il se détacha du petit groupe de cousins, se mettant en retrait pour s’approcher de Martin qui n’en croyait pas ses yeux… Il n’osait pas le fixer. Il se rendait compte qu’il rougissait et que le cousin le mettait un peu mal à l’aise mais il ne voulait rien montrer. Il n’avait pas envie de perdre sa superbe.

Et puis, le cousin le rejoignit mais plutôt que de se mettre à côté de lui afin d’engager la conversation, il se mit derrière lui et lui souffla dans l’oreille « J’ai l’air de t’intéresser. On fait quoi, à présent ? ». Martin était surpris. Mais qu’est-ce qu’il lui prenait, à ce jeune homme ? Ils ne se connaissaient pas. Il était sûr que Fred ne savait même pas son prénom. Ils ne s’étaient pas parlé, n’avaient pas fait connaissance non plus puisque personne ne les avaient présentés l’un à l’autre. Remarquant les hésitations de l’ami d’Adèle, le cousin de cette dernière, toujours derrière Martin, posa sa main gauche sur l’épaule du timide. Une main sûre d’elle, puissante, qui inspirait le confiance.

« On peut s’isoler, si ça te branche ? ». La voix de Fred, bien timbrée dans le grave, continuait de murmurer de manière sourde. Martin était hésitant. Devait-il suivre le jeune homme blond ? Quelles étaient ses intentions ? Oui, il l’avait regardé de manière insistante. Il n’avait pas été discret, c’était certain. Mais cela signifiait quoi, dans le fond ? Rien, ou du moins, pas ce que Fred s’imaginait. Il fallait qu’il remettre ce type à sa place… D’un autre côté, l’assurance et la dégaine de ce cousin lui plaisaient. Il aurait aimé, lui, se sentir aussi à l’aise, bien dans sa peau.

Il se rendait compte qu’avec les filles, même s’il avait du succès, c’était différent. Il n’aurait jamais pu prendre cet air détaché que Fred arborait avec lui… C’était la première fois qu’il regardait réellement un mec et voilà comment cela tournait. Il avait l’impression d’être sous sa coupe, comme hypnotisé… Il se demandait ce qui lui arrivait, aussi. Jamais un homme ne lui avait fait une proposition pareille…

— Je te suis, bredouilla-t-il entre ses dents.

De toute manière, il fallait bien qu’il se jette à l’eau.

— J’ai repéré un petit coin à l’écart, rétorqua l’autre en lui faisant un clin d’œil.

De manière presque imperceptible, le corps de Fred adoptait la posture moins assurée de Martin, comme pour se mettre à son diapason. Les tissus des jeans se frôlaient. Les corps, eux, ne se touchaient pas. Dans un souffle, Fred poussa légèrement Martin.

— Allez, sois pas si coincé….

Martin n’osait pas se retourner et regarder son complice.

— Mais… et les autres ? lâcha Martin

— Te tracasse pas : ils sont occupés. Personne ne se rendra compte de rien. Et si c’est le cas…

— Si c’est le cas ?

— Ce serait grave ?

— J’en sais trop rien, moi…

— On s’en fout, non ?

Martin avait fait un demi-tour sur lui-même et fixait Fred, à présent. Combien celui-ci avait l’air frondeur. Il avait un petit sourire. Ses dents blanches bien alignées le faisaient ressembler à un jeune loup. Ses prunelles marron brillaient d’un éclat particulier, rempli de désir un peu sauvage. Il donnait l’impression de vouloir ne faire qu’une bouchée de Martin.

Avant qu’ils arrivent dans le fameux petit endroit à l’écart, Fred, à nouveau derrière Martin, avait posé ses mains sur les épaules de sa conquête. Il le fit se retourner et prit possession de sa bouche. C’était très doux, comme un baiser d’adolescente. Il commença par passer ses lèvres sur celles de Martin, puis, comme s’il avait changé d’idée, il lui embrassa légèrement les joues, le lobe des oreilles, les tempes et le cou. Martin se sentait frissonner. Jamais encore il n’avait éprouvé ces tiraillements dans son ventre. Jamais non plus, il n’avait senti son cœur battre à cette vitesse. Il répondit timidement aux baisers de Fred, s’appliquant à être aussi tendre que lui…

— On dirait que ça te plait, au final, lâcha le cousin.

— C’est agréable, oui…

— C’est la première fois ?

— Que j’embrasse ? Mais non, enfin…

Martin regardait Fred d’un air contrarié. Il allait s’imaginer quoi, ce type ? Qu’il était inexpérimenté ? Mais non, il avait déjà eu des filles dans son lit… et il n’en était pas resté à des baisers, bien sûr !

— Que tu embrasses … un mec, je veux dire ? reprit Fred.

Martin se trouvait pitoyable. Bien sûr que c’était la première fois. La première fois qu’il était aussi proche d’un homme, la première fois qu’il se sentait aussi bien. Oui, il y avait eu des craintes, au départ, mais là, même s’il se posait beaucoup de questions, il profitait de ses lèvres gourmandes, de ses mains fines et puissantes qui avaient attrapé ses fesses pour que leurs corps se rapprochent et que leurs bas-ventres soient en contact.

La respiration de Martin s’accéléra.

— Je continue ?

— Hmmmm….

— Je dois prendre ça pour un oui ?

Le oui qui franchit les lèvres de Martin était presque inaudible. Oui, il avait envie que cela continue. Il était prêt à laisser les commandes à Fred, toutes les commandes. Le plaisir qu’il ressentait avec le jeune homme à ce moment précis lui avait toujours été inconnu. Il était surpris, il se posait beaucoup de questions. Alors, lui qui se croyait asexuel, il était.. gay, en fait. Voilà sans doute pourquoi il n’était jamais repu au lit avec une fille… Il se sentit vaciller…

— Tu m’as l’air bien parti… On devrait plutôt chercher un endroit où s’allonger. Ça te dirait d’aller plus loin ?

A nouveau, la réponse fut simplement Hmmm. Fred prit Martin par la main. Ils se mirent en quête d’un canapé, un lit. Un tapis, même aurait fait l’affaire. Il fallait qu’ils sortent de la grande maison où avait lieu la fête d’anniversaire d’Adèle. Un vaste jardin entourait celle-ci. Et sous le saule pleureur, de la mousse… C’est là qu’ils continuèrent…

Aux baisers et aux frottements succédèrent les déshabillages. Il faisait chaud puisqu’on était en mai et les jeunes gens se retrouvèrent rapidement torse nu. Les doigts de Fred agacèrent les tétons de Martin tandis que celui-ci, s’enhardissant, effleurait le creux des coudes et les poignets de son partenaire . L’excitation les gagnait. Puis, n’y tenant plus, ils ôtèrent leurs baskets et leur jeans et continuèrent de se caresser.

— T’es bien fichu, lâcha Fred.

— Tu trouves ?

— Ouais… Tes épaules, ton ventre et puis, ce que je ne vois pas encore mais je suppose que tu ne tarderas pas à te foutre à poil.

— ça me tente assez…

— ça tente assez monsieur, répéta Fred de manière ironique. Allez, dessape-toi, que je puisse voir le trésor que tu caches là…

Quand Martin regarda Fred, ses yeux étaient comme perdus… Ce qu’il appréciait le plaisir avec Fred. C’était comme s’il avait ouvert une porte close jusqu’alors et qu’à présent, un paysage tout coloré s’offrait à lui tandis qu’avant, il n’avait vu la vie qu’en noir et blanc. C’était une véritable révélation.

Tant pis pour le temps perdu avec les filles… Il ne l’était pas tant que cela, d’ailleurs. Il y avait certainement des choses qu’il pourrait « faire » avec Fred. Ce serait peut-être même plus simple. Il se baserait sur ce qui lui donnait du plaisir à lui. Avec une fille, on n’est jamais trop certain de bien faire… Bien sûr, chacun est particulier, mais il y a tout de même des constantes…

Martin était nu, à présent. Cela lui était déjà arrivé de se déshabiller en public et de prendre une douche après le sport en compagnie d’autres hommes et il n’était pas à proprement parler pudique mais ici, c’était différent… Il pouvait lire la gourmandise dans les yeux de Fred, l’urgence de l’envie, aussi. Visiblement le jeune homme blond était excité. D’ailleurs, il ne tarda pas non plus à se dévêtir et à se retrouver tout aussi nu que Martin.

— Allonge-toi et relève les mains au-dessus de ta tête, tu veux ?

Martin s’exécuta.

— Surtout, tâche de ne pas bouger…

Avec lenteur et douceur, Fred commença par passer les doigts sur le torse de Martin. Les frissons de celui-ci recommencèrent. Cela n’arrêta en rien le caresseur qui s’attardait maintenant sur le sternum puis juste au-dessus du nombril. C’est quand il arriva sous le nombril, pratiquement contre le pubis de l’inexpérimenté qu’involontairement, le sexe tendu de celui-ci se releva en un mouvement involontaire…

— Ne bouge pas, hein : résiste…

Cela devenait vraiment difficile de respecter la consigne. Le cœur de Martin battait dans ses tempes, dans sa bouche et à présent entre ses jambes. Un plaisir délicieux s’était introduit entre ses cuisses et était remonté jusque derrière, là, à l’entrée de son anus. Il ne savait plus ce dont il avait faim. Il avait juste conscience du désir, de cette envie irrépressible d’être pénétré… Il savourait, les yeux fermés, en pensant qu’il avait enfin découvert le Graal, qu’il se trouvait à portée de doigt.

— Tu veux t’occuper de moi ?

La question de Fred le tira de ses éblouissements.

— Euhhhh… Tu penses à quoi ?

— T’as déjà eu une queue en bouche ?

Martin avait les yeux écarquillés. Mais non, enfin. Il n’avait jamais sucé personne, mis à part l’une ou l’autre demoiselle, mais c’était à coup sûr tout à fait différent.

Voyant son étonnement, Fred continua.

— ça te tenterait ? Te sens pas obligé, hein. De toute manière, si tu veux, je peux commencer, histoire de détendre l’atmosphère…

Détendre… c’était le mot : l’un comme l’autre était tendu d’excitation. La discrétion de la dureté de chacun avait fait place à une érection dont ni Fred ni Martin n’étaient gênés. Martin pouvait remarquer l’admiration que Fred lui manifestait et cela lui donnait assurance et confiance.

— écarte un peu les cuisses, tu veux ? demanda Fred.

D’une main légère, il s’empara du sexe de Martin. Délicatement, il le masturba. C’était doux, tendre. Martin n’aurait jamais imaginé qu’un homme puisse lui prodiguer cet attouchement avec une telle subtilité. Fred fit jouer le prépuce et quand le gland de Martin exprima une première goutte transparente, il approcha les lèvres du sexe de son ami.

— Tu goûtes bon…. Je continue ?

— Ouais…

— Jusqu’au bout ?

Martin répondit par un soupir de contentement. Fred passa la langue sur toute la longueur de la hampe, lentement, très lentement. Puis, sans le prévenir, emboucha le membre de son complice et effectua des va-et-vient de plus en plus profonds. Lentement, rapidement, à nouveau lentement… Martin dodelinait de la tête. C’était terriblement jouissif… De temps en temps, il regardait Fred qui, tout à son affaire, alternait les coups de langue avec les suçotements et les intromissions.

Martin sentait qu’il allait exploser. Ce désir, cette excitation qui lui durcissaient le membre, il fallait que cela éclate.

— Je ne sais plus tenir… Je vais…

Fred avait saisi les bourses de son ami. Ce fut le coup de grâce. Martin ne se retint plus. Il aspergea généreusement les joues de Fred. Un jet, un autre et puis, comme des petits hoquets de sperme.

Cela se termina dans les rires et Fred prit Martin dans ses bras.

— Alors ?

— Oui ?

— Tu remettrais le couvert ?

Martin regarda Fred un peu perdu… Toute cette énergie qu’il avait mise dans leur étreinte l’avait épuisé. Même s’il n’avait pas été l’acteur principal de l’aventure, la situation et ses implications l’avaient bouleversé. Jamais il n’avait entrevu son homosexualité. Et quand bien même il se posait beaucoup de questions au sujet de l’absence de plaisir ou du moins son non-épanouissement, il n’aurait jamais imaginé avoir autant de désir pour un homme et surtout, être aussi comblé. Il cherchait à être repu et là, c’était vraiment le cas. Il regarderait les gens autrement, à présent : les demoiselles resteraient de bonnes copines mais les garçons…

Fred l’interrompit.

— Moi, je pense que… je vais pas te lâcher… si t’es d’accord, bien sûr….

Ce serait sans doute un bon moyen pour apprendre à ME connaître, pensa Martin. Ce grand chamboulement, cette perte de cohérence dans les relations avec un homme, c’est sans doute ce que je cherchais depuis toujours sans m’en rendre compte ou sans vraiment me l’avouer.

— Tu te poses en initiateur, c’est ça ? murmura le jeune homme en plongeant ses yeux dans les prunelles marron de son nouvel ami.

— Qu’en penses-tu ? ça te plairait ?

Inutile de répondre. Fred avait compris que les choses ne se limiteraient pas à cette fête d’anniversaire…

Il était temps de rejoindre les autres. Le temps avait passé et Adèle ne devrait pas tarder à donner un premier coup de couteau dans son gâteau… Les jeunes gens se rhabillèrent rapidement après avoir épongé le sperme de Martin sur les joues et le cou de Fred. Chacun vérifia si la tenue de l’autre était correcte et c’est main dans la main qu’ils rejoignirent le reste des invités. Au moment de franchir la porte, Fred fit un clin d’œil d’encouragement à Martin. Celui-ci, intimidé, lâcha la main de son complice.

— Tu as raison, dit Fred. Ne brusquons pas les choses. Il vaut mieux que tu te sentes moins troublé pour faire ton coming-out. Mais je suppose que ma cousine avait compris qui tu étais. Si elle ne m’avait pas parlé de toi…

— Elle a fait ça ?

Fred lui lança un petit sourire.

— Je pense qu’elle a compris il y a un moment, tu sais…

Martin était rassuré. Oui, il lui faudrait un peu de temps pour affirmer qui il était comme l’avait exprimé Fred et le chemin ne serait sans doute pas aisé mais si c’était sa nature, il valait mieux qu’il l’assume. Et puis, « apprendre à aimer quelqu’un du même sexe que lui » serait sans doute une réelle gageure. La route serait longue, difficile, peut-être, mais enrichissante et épanouissante.

Le jeune homme entra dans la pièce d’où s’échappaient les dernières notes de « Happy birthday to you, Adèle ». La jeune fille était très rouge : la joie d’avoir ses amis et sa famille autour d’elle, peut-être, et de se sentir la reine de la fête. Quand elle aperçut Martin, elle se précipita sur lui et lui glissa à l’oreille « Bienvenue dans ton monde réel. J’ai le sentiment que ça s’est bien passé avec Fred… ». Elle n’attendit pas la réponse du jeune homme et lui plaqua un baiser sur chaque joue. « C’est pas n’importe qui, tu sais, mon cousin » continua-t-elle en souriant tendrement à Martin.

Une page se tournait !

Appuyez sur "Entrée" pour effectuer votre recherche