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Exposition


Elle a mis son chemisier long, léger, fin, celui avec un tissu très finement rayé, satiné, si doux au toucher. Boutonné assez haut, son col en V n’est pas très évasé, et ses longs cheveux roux couvrent entièrement son décolleté trop étroit.

Au-dessus de ses grandes bottes en cuir marron, et de ses longues jambes fines, elle porte sa mini-jupe en jean, celle qui qui se ferme sur le devant, avec des boutons Kaporal voyants, tous bien fermés de haut en bas. Pour le moment.

Chic sur le haut, un chouia choc en bas, et élégante sur toute la ligne. Elle marche devant moi, d’un pas léger, assuré, et traverse les salles en enfilade de la pré-renaissance italienne. Je la suis d’un pas qui se veut nonchalant. Elle s’arrête quelque fois, fait mine de regarder un tableau, ou le regarde vraiment, elle s’assure que je la suis, et sitôt que j’arrive à sa hauteur, reprend sa visite avec ses grandes enjambées et un air faussement détaché.

En cet après-midi de semaine, et un peu à l’écart des « incontournables » de tous les guides touristiques, les salles sont assez calmes, parsemées de quelques connaisseurs, des visiteurs à l’âge avancé. La fraîcheur d’Agathe et la vitalité de sa démarche n’en ressortent que davantage. Elle ralentit quelque fois, prend un peu plus de temps pour s’arrêter sur un dessin. A quelques mètres d’autres amateurs d'art absorbés par une vitrine, elle caresse doucement ses manches moirées en observant pensivement des putti enjoués.

Plus loin encore, dans une pièce consacrée aux fusains et crayonnés, à l’ambiance plus tamisée, elle triture négligemment les boutons de sa jupe, en me prêtant davantage d’attention amusée. Je suis son jeu d’un peu plus près, tout en profitant des visages si délicats qui nous entourent. On pourrait croire que certains portraits nous adressent un sourire encourageant, complice. Sur certaines feuilles sont enchevêtrés des ébauches de mains, jambes, dos, ventres et torses dénudés, des corps sans tête mais musclés, aux postures bien marquées. Je regrette de ne savoir pas dessiner ainsi, pour saisir autant de détails du modèle qui se tient à mes côtés.

Comme je songe à cela, elle s’échappe. Je la retrouve la salle suivante, vide de tout visiteur, mais qui compte plusieurs Vierges sagement alignées sur leurs cimaises. Agathe qui se tient devant celle dite « au coussin vert » qui, penchée en avant, allaite l’Enfant Jésus. Comme souvent dans ces représentations, Marie arbore (discrètement) un sein qui paraît toujours mal placé, bizarrement proportionné, toujours trop haut. Mais son visage, penché vers l’enfant, très proche de lui, paraît empreint d’une grande douceur. Ses mains, très dessinées, sont également très belles, malgré leur position également peu naturelle. Le bébé, assez dodu, est à contrario dans une posture très spontanée, presque comique. Et visage du bambin, également peu visible de par son orientation, est lumineux, et paraît directement réfléchir la tendresse du regard maternel.

Agathe s’est posée devant la toile. Ses cheveux fauves rejetés en arrière, elle a défait plusieurs boutons de son col et a largement entrouvert son chemisier. Elle ne porte rien en dessous. Ses seins, assez petits, si légers, sont partiellement découverts, jusqu’au tétons rosés qui pointent. Sa main joue un peu avec le col. Elle me regarde directement, dans les yeux, avec son beau sourire malicieux. De là où je me tiens, je vois sa gorge très blanche, laiteuse, puis la Vierge au coussin vert, et plus loin, par l’encadrement de la porte vers la salle suivante, la masse sombre d’un gardien de musée apathique. Au-delà de sa provocation puérile, je cherche une correspondance entre la douceur des deux visages féminins, et je trouve un écho entre les chevelures ondulées et ambrées.

Subitement Agathe se retourne et en un tour de main referme son chemisier. Dans l’instant arrive derrière moi un vieux couple qui n’aura rien eu le temps de remarquer. Elle et moi restons encore un peu devant le même tableau, le sourire en coin.

Nous retournons dans la grande galerie centrale, beaucoup plus animée, plus cosmopolite. Agathe s’assoit, se pose quelques instants, regarde distraitement la foule alentour. Je note au passage que le bouton le plus bas de sa jupe a été défait entretemps. Tout autour les visiteurs sont trop affairés sur un plan du musée ou accaparés par leurs selfies pour noter qu’une Vénus rousse s’est échappée d’une toile pour venir s’échouer sur une banquette, muse diaphane au chemisier synthétique et à la mini-jupe en jean. Je ne vois qu’elle.

Elle se relève, reprend sa course à travers les galeries et les escaliers monumentaux, de nouveau au pas de charge, et je la suis à distance dans sa course. Elle quitte l’aile Denon. Dans le dédale du musée, nous traversons plus loin un long corridor parsemé de sculptures d’inspiration classique. Comme elle marche devant moi, je la vois un instant tirer sur l’arrière de sa jupe, dévoilant complètement son joli cul rond, délicat, à peine marqué par son string dentelé de couleur chair. Quelques pas seulement avec cette vue offerte, et elle replace sa jupe, sans avoir un instant ralenti son rythme. Une vision rapide, éphémère. Un cul fantomatique de chair parmi les nus sculptés dans la pierre, ma belle fée aux globes galbés !

Nous parvenons sous la grande pyramide de verre, elle traverse le hall sans y prêter aucune attention. Un instant j’ai très peur (ou terriblement envie ?) qu’elle ne marque un détour ostensible vers les toilettes, comme une invitation inconvenante (dans un lieu si fréquenté, ce serait une folie). Mais elle garde son cap et file vers la sortie du Carrousel. Dehors, elle ralentit un peu, je la rejoins.

Ensemble nous traversons le jardin des Tuileries, d’un pas plus calme, et nous dérivons sur une petite allée latérale, sans échanger un mot. A un moment, Agathe me tire par le bras et m’entraîne vers un banc à l’écart, sur lequel un journal a été abandonné. Elle me fait assoir à ses côtés et contre toute attente prend le quotidien, et le déplie dans toute sa largeur, à cheval sur nos genoux. Elle glisse ensuite ses mains dessous, s’y affaire quelques brefs instants, puis elle me passe son bras gauche autour de du cou, tenant de la main droite la grande feuille. « Vas-y. » me dit-elle. Voyant qu’elle n’attend pas de moi que je lui fasse la lecture de la page « International », je glisse à mon tour ma main sous le papier et un regard autour de nous.

Comme je m’y attendais, sa jupe est presque entièrement déboutonnée, et comme je sens sa cuisse contre la mienne, elle entrouvre les jambes. Ma main file sur son string, je la caresse un peu, puis tire sur le tissu et passe mes doigts sur son bouton. Je sens vite sa chatte devenir humide, j’accentue légèrement la pression des doigts, tandis qu’elle me caresse doucement la nuque et fait mine de lire très sérieusement les rubriques de la page de droite.

Avec un doigt, puis deux, je la pénètre un peu, la caresse, la titille, mais tout au mieux de deux phalanges. Si j’avais su ce qu’elle voulait, je me serai placé de l’autre côté, pour un gaucher, j’aurai été plus à l’aise pour la gamahucher. Je l’entends respirer un peu plus fort, mettant à mal son allure de lectrice concentrée, et je sens mes doigts toujours plus humectés. On entend des cris d’enfants qui nous parviennent de très loin, depuis leurs aires de jeux, je guette les bancs voisins qui restent vides, et les rares joggeurs pressés qui passent ne prêtent aucune attention à nous.

Visiblement Agathe prend un certain plaisir à la situation, mais j’ai du mal à dire si ce plaisir vient de ma main baladeuse et maladroite, ou bien de mon évidente frustration. Car elle sait très bien qu’à ce stade, à me faire tâter de ses lèvres (celles du bas), cela me donne une furieuse envie de me mettre à genoux et d’y mettre la langue, de les embrasser à pleine bouche. Ce que je ne pourrai pas faire ici. Et dans les petits gémissements qu’elle étouffe en serrant les lèvres (celles du haut), je devine son sourire en coin.

J’essaie de ralentir le rythme de mes caresses pour mieux pénétrer son vagin de mon majeur mais sans grand succès. Je finis par réaliser qu’avec notre petit jeu nous faisons vibrer la face rouge cramoisie de Donald et celle ripolinée de sa compagne, dont la photo tremble en plein milieu de la page. Agacé, je délaisse la chatte d’Agathe, je récupère mes doigts, et j’y lèche un peu de cyprine. Avec la même dextérité, Agathe rajuste sa jupe sous la Une, m’embrasse tendrement, puis se relève. En partant, nous abandonnons notre Parisien sur le banc.

Sur la route, avec un air moqueur, Agathe propose de m’offrir une glace, comme pour insister sur mon envie inassouvie. Je décline, préférant garder sur la langue le peu de parfum d’abricot que j’ai pu lui prendre.

Nous gagnons la première station de métro. Entrant dans la rame, je me pose sur une petite banquette entre deux voitures. Au lieu de se placer à mes côtés, Agathe va cette fois s’assoir juste en face de moi. Elle n’a pas totalement reboutonné sa minijupe, laissant encore deux boutons ouverts sur le bas. Au gré des allées et venues des passagers, et des cahots du métro, elle croise les jambes, puis les décroise, puis les écarte, et les resserre. Toujours en guettant mon regard qui cherche à ne pas en perdre une miette, sans nous faire remarquer. Le lourd passager assis à mes côtés, que j’ai récupéré station suivante, est bien trop accaparé par les bonbons colorés de son « téléphone intelligent », pour ne rien voir de notre petit jeu à nous. Quand le hasard s’y prête, et que les cuisses d’Agathe sont bien entrouvertes, je peux voir son string couleur chair, et j’essaie d’y distinguer la trace sombre et humide de mon doigté. Après quelques stations, la rame se remplit soudainement, et je ne vois presque plus Agathe derrière le groupe de lycéens qui s’est interposés entre nous. Le métro est bondé, et moi je bande.


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