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Fantasme n°1

C’est bizarre la vie des fois, quand même…

Ce soir-là, j’avais passé pas mal de temps sur ce site de cul, où j’étais inscrite depuis peu, et j’avais notamment répondu à un post sur La liste de vos fantasmes. Rien que de très classique pour moi :

- Fantasme n°1 : faire l’amour avec un inconnu, échanges de regards, etc...

- Fantasme n°2 : faire l’amour avec deux hommes

- Fantasme n°3 : faire l’amour avec une femme

- Fantasme n°4 : faire l’amour (ou au moins une fellation) dans un lieu public

Mais du coup, j’étais partie me coucher en pensant à tout cela, et bien que peu originaux, ces fantasmes avaient tourné et retourné dans ma tête, et plus bas, au point de m’empêcher de m’endormir. J’avais dû remédier à la situation et prendre le problème à doigts le corps, d’autant que la journée du lendemain s’annonçait longue… A commencer par cette expo que je voulais voir depuis longtemps, et qui à force de procrastiner, en était arrivée à son dernier jour. Ca promettait une affluence record et une très longue queue à me taper. Il fallait donc que je me lève aux aurores pour avoir une chance d’être parmi les premiers, et ne pas laisser ma copine Aurore, justement, se la taper toute seule.

Bref, ma petite thérapie somnifère avait fait son œuvre, et c’est donc les tétons encore tendus, l’entrejambe plus que moite, les doigts luisants et l’esprit apaisé que je m’endormis enfin...

Après avoir écrasé mon réveil bien comme il faut, puis m’en être excusée, réalisant la journée expo-shopping-ciné-grosse-teuf-le-soir qui m’attendait et me mettait de très bonne humeur, je quittai ma couette chérie sans même me retourner. L’excitation sexuelle de la veille avait totalement disparu, laissant place à une excitation totalement innocente, comme celle d’une petite fille au matin de son anniversaire.

Mon CD de Cindy Lauper à fond dans la chaîne (oui je sais…mon pêché mignon inavouable quand je suis guillerette, « Girls just want to have fun  », trop bon pour sauter partout), j’engloutis mon petit déj en moins de deux, laissai tomber ma tenue nocturne (marcel baillant sans âge et petit shorty de coton) au pied de la douche, laissai tranquille, pour une fois, le pommeau. Pas le temps. J’étais, ce matin- là, l’efficacité faite femme ! Séchage, coiffage, maquillage, habillage, hop, hop, hop. « J’adore quand un plan se déroule sans accroc », surpris-je mon reflet asséner de sa grosse voix d’Hannibal hilare. Il faut dire que le spectacle d’un colonel en jupe courte, voire très courte, petit top à bretelles fines sur poitrine généreuse et joli escarpins, était pour le moins comique ! J’ajoutai en dernière minute une charmante petite veste (la clim du musée, la clim des boutiques, la clim du ciné, je ne voulais pas arriver à la fête la goutte au nez, j’avais quand même un peu prévu de faire dans les relations humaines ce soir…), sac à main, clefs, porte, ascenseur et me voilà dans la rue. Il n’était que 9 heures, mais l’air était déjà presque écrasant.

Au bout de dix minutes qui avaient déjà eu raison de mon déo (mais j’avais du stock dans mon sac !), j’arrivai en vue du musée et…de la queue qui était déjà d’une belle taille ! Damned. Je cherchai Aurore du regard, en vain, puis l’appelai afin qu’elle se géolocalisât pour moi. Une fois ses coordonnées GPS acquises, c’est-à-dire après qu’elle m’eût fait de grands « hou-houuu ! » de la main, alors qu’elle n’était finalement qu’à 20 mètres de moi, et que tout cela se passait à un bon 200 m de queue de l’entrée du musée, snif, nous nous fîmes les deux smacks de rigueur et entamâmes les papotages de rigueur itou, qui seraient indispensables pour supporter la longue et brûlante attente qui nous attendait.

Nous avancions donc au rythme d’une limace neurasthénique, inversement proportionnel à celui auquel fusait notre conversation, qui consistait en grande partie en l’observation de nos compagnons d’infortune, et en les médisances et digressions qui allaient avec. Mais chaque fois que mon regard montait et descendait le long de la queue, à la recherche de la prochaine victime, une drôle de sensation s’emparait de moi. C’était énervant, je ne savais pas d’où cela venait, mais c’était très troublant. Je me concentrai donc, repris ma scrutation plus lentement, plus soigneusement, plus professionnellement. Les paroles d’Aurores devinrent plus lointaines, moins distinctes, perdirent leur sens, devinrent une partie du brouhaha ambiant. Et soudain, mon cœur rata un battement, mon regard se figea net. J’avais trouvé…cette sensation bizarre…

Il ne cilla pas. Ni ne détourna les yeux, ni ne fit le moindre geste de gêne. Peut-être son sourire s’agrandit-il encore un peu plus lorsqu’il vit que je l’avais capté. Ou lorsqu’il vit la tête que je faisais, qui devait être effectivement risible, mâchoire pendante, bras ballants, yeux qui quelques secondes auparavant scrutaient encore de manière implacable et professionnelle, véritables jumelles au phoshore (ou je sais, de jour en plein soleil ça sert à rien, mais c’est super pro !), et qui maintenant s’écarquillaient sûrement comme ceux du plus débile des merlans… Ah ! elle était loin la belle assurance d’Hannibal !

Ben oui mais aussi, moi je n’étais pas venue pour ça ! J’étais là pour expo-shopping-ciné-entre-copines, et les relations humaines je ne les prévoyais qu’en toute fin de journée ! Et il n’était que 9h30 ! Du matin !!! Qu’est-ce que cet Apollon faisait là ??? Et pourquoi il me regardait moi ? Et pourquoi avec ces yeux-là ? Et pourquoi avec ce visage-là ? Et pourquoi avec ce corps-là ? Et pourquoi avec cette classe-là ? Brad-Pitt-Daniel-Craig-Vigo-Mortensen-Ryan-Gosling-et-compagnie, QU'EST-CE QUE TU FOUS LÀ ?!

Du brouhaha émergea peu à peu un son un peu étrange, qui semblait vouloir se rendre intelligible, qui semblait bizarrement vouloir s’adresser à moi :

- uuui….uuuuuiiii…..éééééo a-aaaa ?... avaaa ?? hé.. ulii….

- Hein ? quoi ?

- Tu es toute pâle, ça va ? Julie ?

- «Oui…non…ça va. Un coup de chaud sûrement, c’est rien. Ca t’embête si je vais m’acheter une bouteille d’eau et me poser cinq minutes à l’ombre ?»

N’attendant même pas la réponse, je me dirigeai vers l’échoppe ambulante la plus proche, prête à me faire dépouiller de quelques euros pour une bouteille d’eau riquiqui même pas fraîche. Je fis bien mine d’ignorer ostensiblement le bellâtre, port altier et dignité retrouvée, mais le coin de mon œil demeurait fixé tout pile sur lui, et je vis que son regard suivait mon déplacement en temps réel. Je crus même noter une sorte de va et vient vertical de ses yeux, et je suis sûre qu’une bonne triangulation aurait situé ce trajet partant de mes mollets jusqu’à mes seins, avec pause obligatoire au niveau de mes fesses ! puis trajet retour. Je dois bien avouer que ce jour-là, comme assez souvent d’ailleurs en été, j’avais fait une impasse assez généreuse sur les sous-vêtements…vu la chaleur et vu que ma poitrine généreuse elle aussi (je crois l’avoir déjà mentionné), mais pas trop quand même, du haut de ses 22 ans, n’avait besoin de personne pour la soutenir. Quant à l’autre élément manquant de la panoplie… petit plaisir personnel, en cas de brise légère…

Bref, j’étais sûre que tout cela n’avait pas échappé à gueule d’amour, très certainement aidé en cela par la finesse et la délicatesse des tissus qui me vêtaient. Et tout altière et indifférente que j’étais, je ne pus m’empêcher de me demander si cela provoquait quelque chose au niveau du milieu de sa personne, dans le genre gonflement, étirement, sensation subite d’être un peu à l’étroit. Et je me rendis compte que pour ma part, bien que tout mon corps fût chauffé à blanc par ce bâtard d’astre du jour de mes deux, il y avait un endroit en moi qui commençait à devenir encore plus chaud, mais plutôt dans le genre chaleur tropicale, avec un fort taux d’humidité !... et quelques picotements aussi, pas désagréables ma foi, au niveau de cette poitrine qui venait juste de buter contre le comptoir de la caravane de l’escroc.

Je m’agrippai aussi longtemps que je pus à mes 3€50, finis par lâcher prise, arrachai les 50 cl de plastique des mains de l’arnaqueur à bananes (une sur la bouche et une autour de la taille, où disparût mon obole), qui lui ne réussit pas à m’arracher le moindre sourire, tout juste un grmmmrrerci de convenance, et me dirigeai vers le seul banc qui n’avait pas encore commencé à s’enflammer.

Et qui se trouvait forcément pile en face du seul chippendale présent sur toute la place !... et qui ne nous avait toujours pas lâchés du regard, moi, mes jambes, mes boobs et mon booty !!

Après le check crottes de pigeons et autres joyeusetés du même acabit, j’entrepris donc de poser mon séant sur une parcelle de bois à peu près vierge, utilisant la technique que la bienséance impose à toutes, et qu’on apprend assez jeune, le jour où les conditions suivante sont réunies :

- Porter une jupe, ou une robe, mais au-dessus du genou,

- Être assise, en présence d’autres représentants du genre humain,

- Avoir compris que minette ne sert pas juste à faire pipi,

- Avoir compris que les représentants de l’autre moitié du genre humain l’ont compris eux aussi.

Technique qui donc consiste à poser une jambe par-dessus l’autre, afin de masquer aux regards indésirables ce que n’importe quel regard passe justement son temps à chercher (du regard). Aussi appelée technique des jambes croisées.

Assez satisfaite de la dextérité et de la perfection avec laquelle j’avais encore une fois mis en œuvre cette technique, je me surpris à sourire, décidai de m’octroyer quelques millilitres de monoxyde de dihydrogène amplement mérités, le fis, revissai le bouchon, levai les yeux, croisai ceux de Julio Iglesias, y notai une pointe de déception, luttai pour ne regarder que les yeux, eus un peu pitié.

Et là, me vint un flash fugace (comme tous les flashs) mais très prégnant : Sharon Stone ! Et comme il s’agit d’un instinct basique, mes jambes se murent toutes seules, sans intervention aucune de mon cerveau. Et je vis la lueur de déception disparaître, je vis l’étincelle s’allumer, à mesure que la mâchoire inférieure et les bras se mettaient à pendouiller (yes ! ma revanche !). Je vis la caméra derrière les globes oculaires se mettre à filmer en 300 images par seconde. Je sus exactement comment l’image était composée, jolie fente verticale s’entrouvrant légèrement au moment de l’écartement maximal des cuisses, avant que celle de dessous ne prenne la place de celle du dessus, lèvres rosées de charmante nymphette (moi), pubis glabre, épilation parfaite car datant de deux jours, en institut, du contour des lèvres et de l’anus (bon OK, il ne voyait peut-être pas tout ça non plus, mais pouvait très bien extrapoler). Peut-être même, si sa vue était aussi bonne que le reste de sa personne, pouvait-il détecter certains reflets dus à une lubrification qui devenait de plus en plus prononcée…

Je perdis ma lutte pour ne regarder que ses yeux, et la gravité, contre laquelle personne ne peut lutter, même pas mes magnifiques-seins-de -22-ans-qui-n’ont-besoin-de-personne-pour-les-soutenir, j’en suis consciente, fit tomber mon regard qui nota immédiatement trois choses :

1 - Monsieur avait apparemment le même goût que moi pour l’effet des brises légères bien placées (encore qu’en pantalon j’avais un peu de mal à en comprendre le mécanisme)

2 - Mon petit manège avait fait son effet

3 - Soit mon petit manège avait fait son effet au-delà de ce que je pouvais imaginer, soit Monsieur avait dans son ascendance quelques équidés ! (mais est-ce génétiquement possible ?)

Et j’eus soudain très envie de les connaître mieux tous les deux, le jeune homme et son outil, beaucoup mieux, et vite ! Très vite…

Il ne me fallut guère plus de dix secondes pour me décider à

 - de une : échafauder un plan pour planter Aurore comme une merde, et je n’en fus pas très fière, mais bon presque six mois d’abstinence quand même ! le plan en question se résumant à : coup de chaud (demi-mensonge après tout) – bobo tête – rentrer maison – désolée – téléphoner plus tard ;

- de deux : échafauder un plan pour soustraire discrètement une queue à une autre, pour usage personnel. Bon là ça ne devrait pas être bien compliqué, vu comment l’animal avait verrouillé sa cible sur moi !

Me voilà donc en moins de deux quittant mon banc, me dirigeant chancelante et pâlotte (oui, je sais simuler la pâleur !) vers mon emplacement dans la file, qui avait bien dû se décaler de 5 mètres pendant la séquence bouteille d’eau/Basic Instinct, la tête (et le missile) de Robocop tournant automatiquement avec TARGET LOCKED écrit en rouge encadré clignotant dans le viseur. Bafouillements, excuses, pâleur, gouttes de sueur, yeux de Chat Potté, et hop, me voilà entamant le trajet du matin en sens inverse. Un petit regard par-dessus mon épaule : Robocop s’était mis en branle. Mais c’est qu’il en a dans le processeur ! Entre autres… dernier modèle top méga-bits apparemment.

Finis les chancellements et les jambes flageolantes, j’avais adopté ma démarche la plus sexy, roulement de boule et tout le toutim, histoire de chauffer un peu plus mon bel étalon. J’avançais lentement, m’autorisant quelques poses afin de réajuster un escarpin qui n’en avait nul besoin, offrant ainsi une vision avantageuse de mon postérieur, voire plus, vu la longueur de ma jupe (c’est marrant ça, être obligé de dire longueur pour quelque chose de vraiment ras la touffe, alors que le terme approprié serait plutôt courteur, allô ? Monsieur d’Ormesson ??) et espérant par la même occasion que mon suiveur réduirait la distance. Mais il n’en faisait rien et l’écart restait constant.

Puis, lors d’un énième contrôle rétroviseur, et alors que j’arrivais en vue de mon immeuble, je ne le vis plus ! Disparu ! évaporé ! Je scrutai l’horizon, revint un peu sur mes pas… rien !

Le mufle ! le dégonflé ! le bâtard ! J’entrai dans une rage folle ! Ah on m’y reprendrait à faire du gringue aux beaux gosses (même pas si beau que ça d’ailleurs !). J’étais folle de rage, rouge de colère. Je défonçai le digicode, dus m’y reprendre à quinze fois, balançai un grand coup de pied dans les couilles du bouton de l’ascenseur, l’attendis pendant mille ans en trépignant, m’y engouffrai comme une furie, me calai dos au mur du fond, fermai les yeux et les poings très fort et fis gniiiiiiiiiiiiii !!

Puis je les rouvris (les yeux), juste à temps pour voir une main s’engouffrer dans la mince ouverture des portes coulissantes qui n’avaient pas encore fini de se fermer (Dieu que ces ascenseurs sont mous !), juste à temps pour constater que la sécurité fonctionnait à merveille et que ladite porte se rouvrait comme elle avait été conçue pour le faire en pareilles circonstances (Dieu que ces ascenseurs sont fiables !)

Il se figea devant moi. Éclairé par derrière. On aurait dit un alien sortant de sa soucoupe dans Rencontres du troisième type. Sauf que c’était pas vraiment un de ces gringalets d’ET. Taillé en V, chemise blanche de lin avec col Mao et rangée de bouton permettant une ouverture pile jusqu’au bas des pectoraux (et utilisée au maximum, pourquoi faire dans la demi-mesure ?), contrastant avec un superbe bronzage cuivré. Torse puissant, pas de présence notable de poils, chemise tombant bien droit au niveau du ventre et indiquant la présence plus que probable de pectoraux au nombre de six. Gueule d’ange, mâchoire carrée, bardée d’une barbe de la dernière pluie, yeux d’émeraude, nez grec, crinière féline de jais. La couv du mois de GQ quoi !

Je n’eus ni l’audace, ni le temps de détailler plus bas, car Mme Schindler, considérant qu’elle avait fait son devoir, entama de se refermer et vint buter sur une épaule de granit, ou d’acier, l’inconsciente. Cela eût pour effet de sortir le désirable visiteur de sa mâle torpeur, et il fondit sur moi en un éclair.

Sans que j’ai eu le temps de desserrer les poings, sa bouche était collée à la mienne, sa langue caressait déjà la mienne, mes poignets s’était retrouvés enserrés au-dessus de ma tête dans une de ses mains puissantes, j’étais plaquée contre la paroi de la cabine, bassin contre bassin, sa main libre déjà partie vérifier sous ma jupe que ce que ses yeux lui avaient dit était bien vrai, glissant sur ma fesse, suivant la raie, prête à me traiter d’affabulatrice à la moindre découverte de la plus microscopique ficelle de string. Pour ma part, nul besoin d’un contrôle visuel, ou même manuel (comment l’aurais-je pu ?) pour constater que tout était là, et bien là !

Mes poings se desserrèrent, mes jambes se remirent à flageoler, sans simuler cette fois. Mais j’étais suspendue par les poignets, ventousée par la bouche, épinglée par le bassin et soutenue entre les fesses. Il eût été improbable que je tombasse.

Alors je fondis.

oOo

C’est mon ex qui m’avait conseillé cette expo. Mon ex, c’était une sacrée chieuse, mais il y a deux choses qu’on ne pouvait pas lui enlever : elle avait une culture et un goût très sûrs pour tout ce qui touchait à l’art, et elle avait un cul incroyable !

Son cul, je l’avais rencontré la première fois dans la salle où je venais de m’inscrire. Il était donc forcément paré de l’inévitable legging qui ne cachait rien de ses formes. Les sublimait plutôt. Et comme sa propriétaire était en pleine séance de pump… Bien qu’européenne, je pense que Madame avait quelques gênes africains qui s’étaient égarés, et étaient tous venus se positionner au niveau de son postérieur… Rond. Quel que soit l’angle sous lequel on l’abordait : rond de profil, rond vu de derrière, rond vu de dessus, rond vu du dessous, rond lorsque je me regardais la prendre en levrette. La quintessence du boule ! J’avais sûrement passé, en temps cumulé, plusieurs années mon nez, ou tout autre appendice, enfoui entre ces fesses. Je le connaissais par cœur. Je savais son rayon au millimètre près, et de là, vu que c’était une demi-sphère parfaite, j’aurais pu calculer son volume exact : ½ x 4/3 π R3

De l’instant où j’avais vu cette ronde merveille leggée pumpant de manière hyper sexy dans ma direction (haut…bas…haut…bas…rhhaaaa !), mon érection et moi sûmes qu’il nous le fallait à tout prix. Et nous fîmes ce qu’il fallait pour ça. Le seul bémol fut que la merveille faisait partie d’un lot, qui avec le temps s’avéra être une sacrée emmerdeuse !! Mais je ne regrette rien, nous avons connu la passion, l’amour, le bonheur même. That’s how life goes…

Bref, Stéphanie m’avait conseillé cette expo, à ne manquer sous-au-cun-pré-texte ! Forcément, comme ça venait d’elle, j’avais attendu le dernier moment, juste pour la faire chier un peu, pour pouvoir lui dire « Non, pas encore » quand elle me demandait si j’y étais allé. Même si je savais qu’elle s’en foutait. Même si je savais qu’elle savait que je croyais qu’elle s’en foutait, alors que ça la faisait grave chier en fait ! On devient complètement tordu à vivre trop longtemps avec quelqu’un. Je pense que la notion de couple, de famille, de cellule familiale, tout ça, a juste été inventé par le lobby des psys. Putain de Freud !

Et donc, j’étais là, depuis une bonne demi-heure, en plein cagnard (alors qu’il n’était même pas 9h30 du matin), paumé au milieu d’une queue qui aurait fait ressemblé celle de Rocco à un micro-pénis (huhu), et qui ne bougeait pas d’un poil ! L’avantage de cette putain de canicule, c’est que les tenues étaient vraiment, mais alors vraiment très légères ces jours-ci, et qu’au moins j’avais de quoi me distraire pour patienter. Moi-même, je faisais souvent l’impasse sur mon boxer en ce moment. J’avais besoin d’être à l’aise. Mais du coup les frottements avec le pantalon, la chaleur, me provoquaient régulièrement des débuts d’érection. Ça ne me dérangeait pas, j’aime bander, et si certains ou surtout certaines pouvaient s’en apercevoir… mon côté exhib. Bon c’était quand même juste un peu délicat parfois de la repositionner discrètement quand elle partait dans une direction inconfortable, mais c’était un peu une sorte de challenge ! J’aime les challenges.

J’étais donc là, en train de laisser traîner mon regard le long de la file, allant de découverte en émerveillement.

Et je tombai sur elle !...

Elle me fixait avec un drôle d’air, un peu comique, qui me fit sourire. Mais mon vieux, je peux te garantir que je m’y connais en bombes atomiques. Stéphanie par exemple aurait eu toute sa place dans les cales d’Enola Gay. Et j’en avais rencontré quelques autres qui n’auraient pas eu que des amis au Japon… Mais là !!! Je sais pas combien de temps on est restés comme ça à se dévisager bêtement, mais elle a fini par parler avec la fille à côté d’elle, et puis elle a quitté la file pour aller acheter une bouteille d’eau à l’escroc de service (3€50 les 50cl, fumier !). J’ai pas pu la quitter des yeux. Elle est partie s’asseoir sur un banc. Et là, tu me crois ou pas mec, mais elle a planté ses yeux dans les miens, et elle m’a fait le coup de Sharon Stone dans Basic Instinct !!! Et putain elle l’avait vu le film : pas de culotte, une petite chatte toute bien épilée ! J’ai senti un boa qui descendait lentement le long de ma jambe gauche. Je l’ai regardée se relever, marcher bizarrement vers sa copine, lui parler trente secondes, puis partir dans l’autre direction.

J’ai pas réfléchi, j’ai quitté ma place durement méritée dans la file, comme un robot, et je l’ai suivie.

J’étais donc là, en train de suivre dans la rue une fille qui ne devait pas avoir 25 ans, du haut de mes presque 45, comme un vieux pervers, sans pouvoir décoller mon regard de son postérieur. Sans savoir où on allait comme ça. Ce qui était sûr, c’est que la petite séance cinématographique 10 minutes avant n’avait pas été accidentelle. Et la façon dont elle tortillait du popotin 15 mètres devant moi, les petits coups d’œil réguliers par-dessus son épaule non plus. Une ou deux fois même, elle s’arrêta et se pencha en avant pour régler un problème de chaussure, que je devinai prétexte à me faire profiter d’une vue vraiment, mais alors vraiment très sympathique ! J’étais donc en train de me dire que c’était sûr, je ne l’avais pas laissé indifférente, et que j’avais un coup à jouer…quand je vis arriver en face mon pote Roland ! Il arriva au niveau de la petite bombe, sa langue pendit hors de sa bouche, ses yeux jaillirent de ses orbites, sa tête vira à 180° alors qu’il la dépassait, puis il se retourna, marcha quelques pas en arrière, virevolta et se retrouva nez à nez avec votre serviteur.

- Ah mince Tof ! ça alors, ça va ? Qu’est-ce que tu fous là ? T’as vu ce joli petit lot ?

- Salut Roland. Hein ? ah oui, pas mal. Et toi ?

- Pas mal ouais. T’as encore un peu de bave là !

Smack, smack. Bon, Roland il est sympa, mais quand il est parti, pour s’en dépêtrer !... Fallait que je trouve vite fait une excuse pas trop bidon, sinon, envolé le petit lot !

- Tu m’excuses mec, mais je veux absolument me faire l’expo au musée d’Art moderne là, et j’ai pas mes papiers, et ces cons, avec les attentats toussa, ils vérifient les identités. Donc là je file chez moi chercher ça, et faut que je speede, on me garde ma place dans la queue, mais je sais pas si t’as vu sa taille hein ? pas envie de me la retaper en entier. Enfin bon désolé mec. Bon de toute façon on s’appelle et on ira se taper une petite binouze OK ?

- Ca marche. De toute façon j’ai pas trop le temps là. Tu te rappelles de la petite à qui j’avais réussi à chopper le 06 il y a deux semaines au Mondo Dingo ? Sarah elle s’appelle. Et là elle m’a invité à venir prendre un café chez elle mec ! Tu te rappelles sa petite robe blanche ? sa façon de bouger sur la piste ? son rire super craquant ? son sens de la taquinerie ?

Smack, smack. J’attendis que Roland s’éloigne un peu, et je me mis à courir pour rattraper mon retard. Putain, quel con ce Roland ! Je l’avais bel et bien perdue…

J’allais laisser tomber, en rageant, quand je l’aperçus du coin de l’œil pénétrer un hall d’immeuble, et vis la porte se refermer derrière elle. Je courus de plus belle, sonnai rageusement à tous les interphones. Au bout d’une vingtaine de secondes, la porte buzza, je m’engouffrai dans le hall, me ruai sur l’ascenseur dont la porte achevait de se fermer, glissai ma main de justesse dans la fente.

Elle était là, plaquée contre la paroi du fond, faisant face à la porte. Elle faisait une drôle de tête, comme si elle venait de recevoir ses impôts, ou s’était engueulée avec un con. Elle était magnifique. Ses sourcils foncés lui faisaient une petite ride sur le front. Ses seins étaient superbes, ronds, généreux et fermes. Elle n’avait pas de soutien-gorge, et pourtant ils avaient l’air de flotter. Ses tétons se dessinaient sous le tissu léger. Taille fine, hanche modérément larges. Et ce cul que j’avais pu admirer à loisir et qui-là était écrasé contre la paroi imitation bois.

La porte se referma sur moi. Ce fût comme un déclic. Je m’approchai d’elle, saisit ses poignets, les levai au-dessus de sa tête, les y maintint serrés d’une main. Ma bouche fondit sur la sienne. Mon Dieu, la fraîcheur de cette bouche, la douceur de cette langue, de ces lèvres. Ma main partit sous sa robe caresser ses fesses, peau de pêche, fermeté de la jeunesse. Se glissa entre elles. Le bout de mes doigts effleura ses lèvres. Mon sexe était toujours le long de ma cuisse, je n’avais pas eu l’occasion de le remettre dans le droit chemin. Et je tenais une sacrée érection, qui du coup n’était pas des plus confortables. Je devenais fou ! je voulais la posséder, j’étais dans un état d’excitation critique, je l’écrasais littéralement contre le mur.

Du calme pensai-je.

Je desserrai un peu mon étreinte, libérai ses poignets, mais nos bouches restèrent collées l’une à l’autre, grandes ouvertes, lancées dans une danse endiablée et circulaire, lèvres parfaitement scellées masquant le ballet intérieur de nos langues. Ses mains libérées jouaient dans mes cheveux, caressaient ma joue. La mienne remonta sous son maillot, vint se poser sur son sein, en éprouva toute la douce chaleur, le survola, se fit réceptacle du globe, le soupesa, puis le saisit. Mes doigts partirent titiller le téton. La gorge de mon amante laissa échapper un petit râle qui vint s’étouffer dans la mienne. Sa main descendit sous ma chemise, caressa mon torse, pétrit mes pectoraux, descendit en écrémant mon ventre, s’insinua dans mon pantalon, hésita un peu, descendit le long de mon membre, tenta de le redresser, sans succès, il n’avait pas la place de manœuvrer, alors le caressa lentement comme ça, encore collé à ma cuisse. Elle avait légèrement relevé une jambe, afin que je puisse caresser son sexe plus facilement. Mon index et mon majeur allaient et venaient le long de sa fente, sentaient son clitoris gonfler un peu plus entre eux à chaque passage, finissaient leur course en la pénétrant légèrement, à peine, comme quand on reste sur le seuil d’une porte, et qu’on n’ose pas entrer. Elle était délicieusement mouillée. Ses caresses sur ma queue étaient douces, si douces, effleuraient mes couilles lorsqu’elles remontaient, enchantaient mon gland arrivées en bas. Parfois elle serrait ma hampe un peu plus fort. J’étais aux anges.

Puis sa bouche se dégagea de la mienne. On se regarda un moment, intensément, nos mains toujours sur nos sexes. Et d’un même élan, on regarda le tableau de commandes. Aucun bouton n’était allumé, on était encore au rez-de-chaussée… je ne sais pas depuis combien de temps. Pas suffisamment en tous cas pour que quelqu’un entre ou appelle l’ascenseur. On se sourit. Elle lâcha ma bite et appuya sur le 4. Je sortis mes doigts de sa non-culotte, et les portai à ma bouche, pour la goûter déjà. Forcément, elle était terriblement bonne, un peu salée, douce mais avec du caractère, d’une consistance assez dense. Un régal… elle regarda mes doigts, approcha sa bouche de la mienne. Je les lui fis goûter, et on s’embrassa à nouveau.

oOo

Madame Schindler ding poliment, presque comme si elle avait peur de nous déranger, car nos bouches sont toujours soudées l’une à l’autre et nos mains baladeuses. Elle hésite à ouvrir ses portes, s’y résout finalement à regret, nous regarde nous éloigner dans le couloir, étrange attelage, moi devant, locomotive rieuse attelée de ma main à mon unique wagon, le tirant derrière moi, docile voiture qui ne résiste pas. Elle nous fait au revoir d’un mouchoir blanc de dame bienveillante de la haute société, je la gratifie d’un tchou-tchou joyeux, et nous voilà partis vers le pays des merveilles.

A savoir la porte de mon appartement. Je fouille dans mon sac à la recherche de ma clé, repensant avec délice à la sensation encore prégnante du membre de mon nouvel ami au creux de ma paume, de ses doigts glissant au plus intime de mes cuisses… cuisses le long desquelles je sens toujours couler mon désir, impérieux, tandis que je cherche fébrilement des clés que je ne trouve pas, que sa bouche est posée sur mon cou et ses mains sur mes seins.

Je n’en peux plus, je le veux, en moi. Je m’apprête à l’allonger au beau milieu du couloir pour m’empaler dessus direct, lorsque je trouve enfin le trousseau qui m’évite de justesse de me faire trousser, vît et fesses à l’air dans un lieu de passage…ce n’eût pas été sage !

Nous voilà dans mon antre ! Il me colle à la porte, et nous reprenons quelque temps notre ballet de langues et de doigts là où nous l’avions laissé.

« Tu m’accordes 5 minutes ? Pipi, salle de bain toussa. »

Je lui montre d’un regard le bocal de beuh sur l’étagère : « si ça te dit, fais comme chez toi. »

Pipi, toussa. Je me déshabille complètement (ce qui va vite), à l’exception de mes escarpins, check aisselle. J’hésite à prendre une douche, non ça ira, trop envie de sexe, un peu de déo. Je me reparfume, éponge un peu l’aqua alta de ma petite Venise. Et me voilà, nue et superbe sur mes talons rejoignant mon étalon, lui-même nu et superbe, dieu grec allongé sur le clic-clac, à la romaine pourtant, sa tête soutenue par une main, l’autre approchant un trois feuilles de ses lèvres. Ce mec est vraiment superbement bâti ! Miam !! Il ne bande plus vraiment, mais son sexe a gardé une taille impressionnante, et attend docilement à côté de son maître qu’on sollicite ses services.

Il aspire une grande bouffée, la retient un peu, me fait signe d’approcher. Il pose le pétard entre mes lèvres. Je tire une grande latte, ferme les yeux, l’observe se diffuser dans mon cerveau. J’expire la fumée en l’embrassant. Puis il me donne le joint, me fait me relever, se redresse lui-même . Je suis debout devant lui. Sa bouche est au niveau de mon pubis. Il le fixe, comme hypnotisé, me dit : « j’adore ta chatte, toute lisse, toute juvénile ». Il glisse sa main entre mes cuisses, descend sur mon mollet, guide mon pied sur le canapé, et la voie ainsi libérée, entreprend de me lécher lentement, consciencieusement. Sa langue est sur mon clitoris, elle s’insinue entre mes lèvres, les écarte pour se faire une place. Je caresse ses cheveux d’une main, tire sur le joint de l’autre. Ses mains à lui caressent mes fesses, puis ses doigts pénètrent mon vagin, titillent mon point G. Je me sens à nouveau couler abondamment, et je le sens gémir de cela, ce qui m’excite davantage encore. J’ai les yeux fermés. Le cannabis commence à faire son office, décuple mes sensations. Je saisis un sein, en malmène le téton. Mon ventre est en fusion. Je sens les lames de fond qui se préparent à déferler. Je sens la mer se retirer à des kilomètres, instant suspendu, promesse de cataclysme, délice de l’inéluctable. Et le tsunami s’abat sur moi, me dévaste et m’emporte. Je crie, je hurle, je jouis pour la dernière fois, ultime orgasme de l’humanité, je me noie, je m’accroche à la tête de mon amant comme à un tronc flottant, la presse contre mon sexe vaincu, ma bouée, mon salut. Et retombe, lessivée par la vague.

Je relâche mon étreinte. Il me regarde, un sourire au coin des lèvres, la bouche et le menton luisants de ma cyprine, mi- satisfait mi- étonné de l’intensité de mon orgasme. Se demandant certainement si c’est habituel chez moi ou si cela a quelque chose à voir avec un talent particulier qu’il aurait, qu’il avait certes déjà relevé chez certaines, mais pas à ce point !...

Je rallume le pétard et lui tends. Pousse légèrement sur son torse. Il se cale dans le canapé. Je m’agenouille entre ses jambes, saisis son sexe tendu à l’extrême, veineux à souhait, gland gorgé de sang, large couronne promettant de délicieuses sensations une fois là où la nature l’a conçu pour être… chaque chose en son temps ! Pour l’heure, je donne sur ce gland de petits coups de langue, l’enroule autour de lui, titille le frein. Puis l’engloutis lentement, faisant glisser mes lèvres. Je le suce et le branle doucement, tendrement, presqu’amoureusement. Grognements d’approbation, tout va bien. Puis je passe ma langue sur toute la longueur de la hampe, montant et redescendant, happant un peu le gland une fois en haut, m’attardant de plus en plus sur les couilles à chaque descente, que je finis par prendre en bouche et aspirer l’une après l’autre, tout en branlant la queue d’acier brûlant de plus en plus énergiquement. De ma main libre, je caresse mon sexe redevenu avide au même rythme. Enfin je m’attèle à une pipe sur toute la longueur de cette bite interminable, dont le gland glisse dans ma gorge. Son bassin se met en branle, ses mains sont sur ma tête. Je m’octroie quelques pauses respiration, sa queue sortant de ma bouche plus longue et plus dure encore me semble t’il, couverte de salive, reliée à mes lèvres par de longs filaments qui parabolent à n’en plus finir, mais finissent quand même sur le sol. Se sentant prêt à exploser, il se relève, domination du mâle. Je pose son gland sur ma langue, referme mes lèvres, et le branle énergiquement. Je sens la mer se retirer en lui, je sens ses couilles se durcir sous mes caresses, et il dépose sur ma langue, dans un râle émouvant, un sperme délicieux, que je savoure un moment, puis avale, yeux fermés de plaisir…

Nous sommes en sueur, nous crevons de soif. Nous buvons un grand verre d’eau devant l’évier, en nous caressant mutuellement, en nous souriant. Nous ne pipons mot. Nous aimerions une douche. Nous aimerions baiser, encore, et encore, et encore… Il n’est même pas 11h du matin, un samedi.

On a tout le temps.

oOo

Dans la pénombre d’une chambre de poupée tout juste émancipée des mystères de l’enfance, nous observons sereins, gentiment installés, sans un soupçon d’offense, un nombril éclairé par une ombre feutrée, joli rai de lumière sur une raie culière, nos amants emmêlés, fusionnant sur la couche, mélange de leurs bouches, frissonnant quand les touchent des doigts qui se promènent, délivrant leurs caresses à la courbe d’une fesse, allant là où les mènent l’envie et le désir, la découverte du grain d’une nouvelle peau, asservis au plaisir de survoler un dos, d’en cartographier de la pulpe les aspérités douces de quelque îlot perdu, appendices aveugles absorbés tout entiers dans leur lecture de braille, conquis là où qu’ils aillent par des délices concaves, par des délices convexes, la douceur ou la force d’une vulve ou d’un sexe.

Les corps exultent, se donnent, s’abandonnent entièrement, s’adonnent avec ferveur à un retournement pour goûter à nouveau de la langue et des lèvres l’exquise gourmandise d’un phallus dressé, la divine liqueur sur un anus ouaté, et entament un ballet sensuel et ondulant, comme un serpent lubrique, bassins sinusoïdes cherchant à s’échapper, revenant à la charge, combattants héroïques, se jetant tout entiers dans des bouches avides, d’en extraire le fluide. La bataille fait rage, l’orage gronde au loin, mais il faut le calmer, savoir rester stoïque, car le duel ultime n’a pas encore eu lieu, même si dans les neurones, en feu, et sur les épidermes à fleur de peau, les cannabinoïdes, car c’est bien là leur rôle, catalysent l’influx et libèrent les sens, il faut que nos canailles canalisent, contrôlent, car ils visent l’essence, l’apex de la jouissance que procure le sexe.

Julie, joli spécimen femelle de l’espèce humaine, qui perdit son hymen il y a encore si peu, et gagna ce jour-là, à marquer d’une pierre blanche, la conscience d’un monde, vaste terrain de jeux, logé juste au milieu de ses hanches, enroule une main velours autour d’une colonne, d’amour pour elle dressée, la dirige vers l’entrée de son antre aquatique, l’y garde quelques instants en tour de Pise oblique, met un voile sur ses yeux, s’imprégnant d’harmoniques que susurre la chaîne, criant une prière, mentale, aux dieux de l’Univers qui derrière ses paupières l’honorent de volupté, puis s’empale lentement sur le membre géant, magnifique amazone à la cambrure pure comme l’albâtre d’un Rodin. Et alors qu’elle coulisse, son amant, une main sur un sein, l’autre sur son clitoris, planté au beau milieu de l’âtre au feu sacré, observe avec délice sa guerrière adorée le chevauchant, possédée, voudrait s’y enfoncer un peu plus encore et trouver le trésor caché au plus profond de la féminité.

Nous observons un peu encore le spectacle insolite, centaure accidenté agonisant au sol, nous faisons réceptacles et témoins des envols de ce coït en sol majeur, et baigné de substances illicites, quittons à pas feutrés la chambre de poupée, tout juste émancipée des mystères de l’enfance, et laissons nos amis exploser de concert, se repaître du miel, s’éparpiller au ciel, puis retomber en pluie, de confettis, sur un lit terrassé.

oOo

Je ne sais pas comment je suis arrivé là, ni où je suis. Je n’ai jamais mis les pieds ici. Un petit appart cosy et lumineux, soigné, le repaire d’une fille visiblement. J’aperçois mon pote Roland dans la cuisine au fond du couloir, il est assis à la table, en train de manger un croissant. Je referme la porte derrière moi et m’avance vers lui. En approchant, j’aperçois une fille agenouillée entre ses jambes. Il n’y a pas de doute, elle est en train de lui prodiguer une fellation. Il m’aperçoit et me hèle :

« Eh Tof ! ça roule ? Tu te rappelles de la petite à qui j’avais réussi à chopper le 06 il y a deux semaines au Mondo Dingo ? Sarah elle s’appelle. Mon pote, cette fille suce comme une déesse !! »

Et tout en trempant son croissant dans son café, il entreprend de me décrire par le menu le traitement dont il est en train de jouir. Je trouve son attitude au minimum désinvolte, si ce n’est carrément mufle. Je m’apprête à lui en faire la remarque, mais aucun son ne sort de ma bouche. Et tandis que je trempe son croissant dans son café et lui donne la becquée, il continue sa litanie sans s’arrêter.

« Elle a une façon irrésistible d’enrouler sa langue autour de mon gland, c’est juste démentiel. Regarde comme elle l’engloutit avec gourmandise maintenant, comme elle descend lentement le long. Tu vois la langue en dessous qui vient titiller mes couilles ? Oh c’est bon ! »

Je le ressers en café, prends un autre croissant dans le sac en papier, et continue de le nourrir. Sarah s’affaire juste à mes pieds. De plus en plus frénétiquement. Roland continue :

« Oh oui comme ça. Tu vois, elle a accéléré le rythme, elle gère le tempo à la perfection comme si elle était reliée directement à mes envies. C’est plus ample, plus énergique, elle me branle en même temps, m’aspire. Finies les caresses subtiles du début, mon membre veut maintenant plus de rudesse, il veut déployer toute son énergie et elle le sait ».

Je ressens moi-même chaque mot qu’il prononce faire effet sur mon propre sexe. Je baisse les yeux et découvre la tête de Sarah qui va vient au niveau de mon pubis. Je me sens sur le point de jouir. Sarah lève ses yeux vers les miens et me sourit, les lèvres posées au bord de mon gland. Merde, c’est pas elle, c’est Roland !

Je sursaute. J’ouvre les yeux et me redresse d’un coup. Julie plante ses yeux dans les miens et me souris, les lèvres posées au bord de mon gland. Elle me dit, dans une moue désarmante :

« Désolée, tu avais une telle érection, j’ai pas pu résister !... tu sais que je t’ai sucé pendant dix bonnes secondes avant que tu ne te réveilles ? Tu le sentais en dormant ? »

Je mens :

« Euh…non, non, je n’ai rien senti. »

Je suis soulagé. Ok, j’ai toujours été tenté par une expérience homo, buccale en tout cas, mais pas avec Roland ! Et de toute façon, y’a pas plus hétéro que lui, même baiser devant un autre mec ça le dérangerait, surtout moi, j’aurais dû me douter que quelque chose clochait !

Je dis : « Viens. »

Elle serpente le long de mon corps et vient déposer un long baiser sur mes lèvres, écrasée sur moi. On bascule sur le côté, face à face, un peu écartés pour mieux se voir. Je tiens ma tête d’une main, accoudé sur l’oreiller, elle a posé la sienne sur son épaule. On se détaille du regard. On n’a pas pris le temps de le faire encore. Elle est vraiment magnifique. Elle n’est que courbes et textures, toutes plus parfaites les unes que les autres, épures mathématiques, alchimie de la matière, magie de la vie qui sait parfois si bien extraire un diamant de la boue. Je suis ces courbes de mes doigts, de la paume de ma main, caresse une joue, une oreille, m’attarde dans son cou, suis une épaule fragile, un bras gracile, une hanche douce, un ventre émouvant, la toute petite toison rase et triangulaire. Les fesses fermes et rebondies… Mes yeux n’en perdent pas une miette. Parfois nos regards se croisent, on se sourit. Je repars sur ses seins, douceur infinie, finesse de la peau. Ma main en jouit et les protège. Elle aussi me découvre du toucher, caresse mes pectoraux, mon ventre, parcourt mes bras et pétrit légèrement mes biceps, effleure parfois mon sexe, parfois le saisit et le branle doucement, glisse sa main entre mes jambes et caresse l’intérieur de mes cuisses, s’aventure entre mes fesses. Je tuerais la moitié de la planète pour des caresses comme celles-ci !

Puis nos mains se rencontrent et entament une danse délicieuse, caresses de doigts et de paume, sensuelles succions.

Le désir monte, et monte encore. Nous nous sommes rapprochés, nous nous embrassons à nouveau furieusement, nous nous étreignons à nous étouffer, mais ce n’est pas assez, nous voulons fusionner, n’être qu’un. Nos bassins sont collés et sont comme englués dans une danse hypnotique et tribale. Et mon sexe finit par pénétrer le sien, sans le guider, sans forcer, naturellement. Nous gémissons ensemble sans interrompre notre baiser. Je la bascule sur le dos, elle écarte les jambes un peu plus et je finis de m’enfoncer en elle tandis que j’abandonne sa bouche et prends appui sur mes bras tendus. On reste un instant ainsi à se regarder, sans bouger. Juste se sourire. Puis je commence de lents et amples mouvements du bassin, et je la regarde fermer les yeux et entrouvrir les lèvres.

Et ne ressens plus rien d’autre que la chaleur de son vagin qui m’enserre et la douceur de ses caresses dans mes cheveux.

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