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Fille au parc

— Mais quelle mouche t’a donc piquée ?

— Ben quoi ?

— On devait se retrouver au parc public en début d’après-midi et je t’aperçois complètement nue à cent mètres à la ronde. Rien d’anormal ?

— Un mardi de novembre, le parc est désert, tu le sais bien !

— Mais enfin, pourquoi ?

— Pourquoi quoi ? Un fantasme dont j’avais envie depuis longtemps…

— D’accord, d’accord, rhabille-toi vite.


Je la savais excentrique parfois, mais là elle m’inquiète presque.

De retour à la maison, j’exige une explication.

— Tu es trop rationnel, fait-elle.

— Ah, bien-sûr !

— Ce que femme veut…

— Mais que voulais-tu donc ?

— Entre autres choses, 500€, si tu veux savoir.

— …

— Michel, le gars que nous avions connu en vacances, tu te souviens ?

— Qu’a-t-il à voir là-dedans ? On ne l’a pas revu depuis deux mois.

— Non, on ne l’a pas revu. Il m’a écrit. Une seule lettre, par la poste : Auras-tu le courage d’aller au bout de ton fantasme ? Je crois que oui. Mardi prochain, à quatorze heures précises, tu te rendras au parc près de la balançoire à ressort. Là, tu retireras tous tes vêtements et tu attendras, debout, entièrement nue, même si tu as froid. Je t’observerai mais tu ne me verras pas. Puis tu recommenceras le mardi suivant. Puis l’autre encore, jamais deux sans trois. Je sortirai alors de ma cachette pour te voir sous tous tes angles.

— Et tu as fait ça ?

— Oui.

— Quand ?

— Comme prévu. La troisième fois, juste avant que tu ne viennes.

— Tu l’as fait exprès ?

— Pas du tout, je me suis attardée.

Elle tire une liasse de billets de la poche arrière de son jeans et la pose sur l’unique table de notre minuscule appartement.


- Bon, je vais me doucher.

Elle se défait, pénètre dans la douche et me jette son string au visage avant de tirer le rideau. 

J’entends l’eau couler et rageusement je malaxe le sous-vêtement.

Mais… il est trempé son string !

Je le renifle. J’y décèle du sperme frais.

— Qu’est-ce que tu as fait, salope ? Hurlé-je en me ruant dans la douche.

— Eh, calme-toi !

Pour en savoir plus, je retiens mon souffle. Je veux savoir.

— L’amour sur un banc public. C’était pas prévu, poursuit-elle en se savonnant les cheveux.

Je reste sans voix, la douche coule abondamment sur mes vêtements.

— Fille publique, 500 tickets, et j’ai pris mon pied. Bon, maintenant ça suffit, va donc te sécher !

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