Fugacités

Une saga de Doux Rêveur - 2 épisode(s)

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Épisode 2 : Pause déjeuner

Dans le parc ensoleillé, sur ce banc, face à moi, tu t’es installée. Le hasard et le soleil printanier, tant désiré, ces premières douces chaleurs, nous ont rapprochés à l’heure du déjeuner. Un sandwich, une salade, dans la lumière radieuse.

Tu m’as précédé et, déjà, tu remballes les restes de ton repas. Mais tu ne t’en vas pas. De ton sac à main chic, tu sors un petit livre. De ma place je n’en distingue pas le titre, ni le dessin de couverture.

Souriante, tu plonges entre ces pages. Exposée pleinement aux rayons du soleil, tu sembles t’y baigner avec délectation. Tes jambes nues, sous ta mini-jupe noire, tu les allonges, les détends… Elles sont si longues… Encore si blanches, parfaitement épilées, tu les offres avidement à la douce caresse de l’astre renaissant. Tes pieds, lacés dans tes sandales compensées, te semblent emprisonnés. Doucement, sensuellement, je te vois te pencher et, d’un geste délicieux, les libérer. Aussitôt, ils s’évadent. L’un d’eux se pose loin devant toi, sur la sandale soumise qui lui épargne le contact du gravier. L’autre jambe se pose sur ton genou, croisée. Pied incliné, allongé, frêle oiseau planant avec grâce dans la chaleur et la lumière. A son extrémité, cinq petites flèches rouges tentatrices. Sa courbe voluptueuse se délie devant moi avec jubilation. Mon regard glisse. Je remonte sur ton mollet, plein, élancé, à la courbure admirablement dessinée. Solide, il te porte chaque jour. Tu es grande, athlétique. J’atteins bientôt ton genou, exquise rondeur appelant la caresse. Mais vite, gourmand, c’est sur ta cuisse que je glisse…

Inconnus l’un à l’autre, quelques mètres nous séparent. Je te suppose d’un âge proche du mien. Tu es belle. Blonde, coupe au carré, yeux bleus me semble-t-il. Tu t’habilles avec soin. Aujourd’hui, sans doute, plus légèrement que d’habitude. Ça faisait si longtemps !

Ça y est, tu m’as remarqué. Ton regard, amusé, s’élève subrepticement, régulièrement, au-dessus des pages de ton livre puis retourne s’y cacher. Tu souris gentiment. Lentement, je te vois pivoter. Légèrement de biais sur ton banc, ta cuisse s’expose pleinement à mon regard indiscret. Je te fixe et tu le sais. Tu as chaud. Ta courte et légère veste noire, prestement retirée, dévoile tes épaules et ton débardeur blanc, décent, souligne joliment la juste ampleur de ta ronde poitrine.

Galbe. Puissance et légèreté. Rondeur. Cette jambe m’hypnotise, tu le sens et tu en joues. Tu agites gentiment la pointe de ton pied, tu l’étends, affines ton mollet, croises encore davantage ta jambe sur l’autre cuisse, t’inclines encore un peu, faisant coulisser doucement ta jupe contre le banc. Ta jambe maintenant est presque entièrement nue. Mes yeux sont prisonniers de l’arrondi de cette blanche cuisse, muscles visibles, puissante, somptueusement galbée… Ta peau de lait qui retrouve le soleil. Yeux fermés, mes mains s’y perdent déjà. Elles caressent sans fin, de ton peton pointé au rebord de ta jupe. Je me réveille : mais non, ce sont les tiennes ! Coquines, tes menottes aux longs doigts fins parcourent lentement toute cette courbe parfaite. Elles vont et viennent. S’attardent sur ton mollet. Massent ton joli pied. Caresses affolantes, de plus en plus indécentes… Tu es si belle et tu le sais. Tout dans ce parc converge vers ta lumière. Le soleil t’a choisie. Il est venu pour toi, ici, aujourd’hui.

A présent tu te tournes, décroises et recroises tes divines aiguilles. C’est ton autre jambe qui se pose sur ta cuisse et s’expose à mes yeux pareillement captivés. Tu souris plus franchement. Je sais que tu ne lis plus guère. Ton livre est accessoire, allié de ta séduction. Tu joues à cache-cache. Absorbée dans ta lecture, baignant dans la douceur de ce soleil inespéré, tu ne penses pas à mal, voyons ! Et maintenant, me faisant pleinement face, tes deux jambes allongées, cuisses à peine entrouvertes, comment penserais-tu à ce triangle rose à peine entraperçu sous cette jupe trop coquine qui ne cesse de monter ?

Tu exultes. Je le vois. Je le sens. Ton triomphe est total. Tu me regardes de plus en plus longuement et je ne te cache pas ma folle admiration. Tu souris. Moi aussi. Tu ris. Tes lèvres rouge vif, si justement charnues, explosent dans la lumière. Ta blondeur rayonne. Tes épaules pleines, tes longs bras nus, tes seins ronds que je devine tendus derrière ces cotons blancs, ton ventre à peine bombé, tes hanches épanouies… Dans l’éclatante clarté tu exposes à tout va la glorieuse plénitude de tes quarante ans.

C’est fini. Le bureau t'attend. Tu remets tes sandales. Tu te baisses à nouveau pour lacer tes chevilles, m’offrant une dernière fois la vision affolante de la faille profonde dans ton décolleté blanc. Tu te lèves, ramasses ta veste noire et l’enfiles à nouveau, réajustes ta jupe. Tu seras irréprochable, pour les réunions de ton après-midi. En partant, tu passes devant mon banc. Si près. Tu tournes lentement la tête. Je vis au ralenti. Mon souffle s’est coupé. Je te regarde, nos yeux se croisent. Tu me souris. Ai-je bien entendu, ce mot, « merci » ?

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