Futanari

Une saga de orchidee - 3 épisode(s)

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Épisode 1 : En catastrophe

Myry essayait d’actionner le palonnier en vain depuis douze minutes terrestres d’après le cadran horaire du tableau de bord, le gouvernail refusait d’obéir. Pourquoi le système de navigation du vaisseau avait choisi de lâcher dans un coin aussi pourri de la galaxie de la Voie lactée restait une énigme pour l’Élamine ; tous les voyageurs interstellaires le savaient, les Terriens confondaient le ciel au-dessus de leur tête avec une vulgaire poubelle qu’ils s’acharnaient à remplir de satellites de communication rudimentaires et d’un arsenal de défense encore plus primitif.

Se défendre contre qui ou quoi ? Aucune race capable de maîtriser les voyages dans l’espace ne voyait un intérêt quelconque à entrer en contact avec la Terre, encore moins à coloniser cette planète pratiquement mort-née faute d’une gestion raisonnable des ressources. Si les Humains, comme ils se nommaient pompeusement en imaginant être uniques, voulaient faire un premier pas vers l’évolution, ils devraient commencer par réguler les naissances au lieu de se déchirer pour le partage des consommables, ensuite trouver un langage commun afin d’améliorer la compréhension entre les individus ; ça mettrait peut-être un terme à leurs stupides guerres internes.

– Tu rêvasses ?

Karia sauta dans le fauteuil du copilote ; faire la check-list en vue de l’atterrissage désormais inéluctable était dévolu au commandant de bord, la moindre erreur pouvait mener à la catastrophe. Elle ne voulait pas davantage supporter la responsabilité d’un échec qu’offrir un feu d’artifice inopiné aux astronomes de la planète Terre.

– Tu crois que j’ai le temps, grogna Myry agacée. Dis-moi plutôt ce qui cloche avec ce foutu vaisseau.

– D’abord Les bonnes nouvelles, les aérofreins fonctionnent parfaitement, on ne devrait pas se crasher si tu parviens à maîtriser l’axe de pénétration et la vitesse d’entrée dans l’atmosphère. Par contre, la butée du gouvernail est foutue, impossible de changer de trajectoire. On va se retrouver dans une zone boisée de la Sibérie centrale, à 200 kilomètres de l’agglomération la plus proche, aussi à 3000 kilomètres de notre cible.

Le stress rendait sa compagne de voyage bavarde, un peu trop, Myry s’en amusait souvent. Pourtant, à l’instant, l’avalanche de détails l’énervait plus qu’autre chose.

– Oublie le cours de géographie, réussit-elle à sourire dans son malheur, va à l’essentiel pour une fois. On peut compter sur les déflecteurs ?

– Oui, le brouilleur d’ondes fonctionne, soupira Karia contrariée, l’antiradar aussi. Aucun système n’a pu détecter notre présence depuis qu’on a quitté l’orbite de la lune terrestre. Laissons faire le champ gravitationnel de la planète, et concentrons nos efforts sur ce qui dépend de nous.

Myry ignora l’agacement perceptible dans le timbre de voix d’habitude enjoué de sa supérieure, preuve d’une certaine tension nerveuse.

– La vitesse et l’axe de pénétration, j’ai pigé, maugréa-t-elle rattrapée par sa mauvaise humeur. Pourquoi a-t-il fallu que ce foutu gouvernail déconne dans la seule zone de la galaxie de la Voie lactée où notre radio ne peut émettre ni recevoir.

Karia, fataliste, haussa des épaules ; le moment était mal venu de se lancer dans une polémique inutile, voir contre-productive. Le différent qui l’opposait à sa subalterne ne devait altérer leur jugement.

– Regarde le côté positif, on aurait pu tomber au milieu d’un océan. Occupons- nous de limiter la casse à l’atterrissage, puis trouvons cette balise, nous aviserons le moment venu. La Fédération interstellaire s’inquiétera de notre silence, ils traceront notre route puis enverront un vaisseau de secours.

– Puisses-tu avoir raison cette fois, grimaça Myry à peine rassurée par l’optimisme surfait de sa supérieure. Accroche ta ceinture, on va entrer dans l’atmosphère.

L’idée de voir la « brillante Karia » se vautrer dans la cabine de pilotage l’amusa une seconde ; moins cependant que de braver la solitude sur une planète merdique en cas d’accident grave. Elle avait le mérite d’être là malgré tous ses défauts.

– C’est parti ! Pénétration dans... cinq, quatre, trois, deux, un...

Le zéro se perdit dans les hurlements du métal en souffrance, le ciel prit aussitôt une couleur rougeoyante, le vaisseau nimbé de flammes provoquées par sa vitesse pénétra dans l’atmosphère terrestre à un angle presque parfait de 91°. La cheffe de l’expédition sourit intérieurement, chiante ou pas, sa subalterne avait le pilotage dans le sang.

Myry soupira, le bouclier de camouflage avait tenu le coup, l’astronef se fondait parfaitement dans la verdure environnante de la grande clairière. Une cuvette bordée de hauts conifères de la famille des Pinacées, vulgairement appelés sapins sur la planète Terre, elle n’aurait pu rêver d’un meilleur site d’atterrissage. Une histoire entendue à l’école spatiale faisait état d’un équipage contraint de se poser au cœur d’une cité heureusement désertée par ses habitants ; les élèves officiers pilotes de l’académie avaient un sens de l’humour particulier.

L’ordinateur de bord tournait à plein régime, les sondes en orbite haute depuis des décennies autour de la planète X-B 13, nommée Terre par ses habitants, récupéraient des informations partielles parfois contradictoires. Non, rien ne valait la bonne vieille méthode du contact physique afin d’effectuer une mise à jour complète de la base de données. Les scientifiques de Tsula se consoleraient de l’incident majeur, contrairement à l’état-major de la Fédération interstellaire, à moins de trouver l’origine du signal de détresse. Karia augmenta la portée du scanner.

« Vie détectée dans le périmètre élargi. » Le timbre synthétique de l’ordinateur de bord fit sursauter les Élamines. L’appareil, réglé sur les signatures électromagnétiques liées à l’activité humaine, ignorait la présence de gros animaux comme les cervidés et autres mammifères omnivores nommés ici sangliers, la jeune femme vérifia l’état des capteurs sensoriels par acquis de conscience, affina les paramètres de détection, puis lança une nouvelle analyse détaillée.

– Comment c’est possible, gronda-t-elle sceptique, je suis certaine que la mise à jour n’indiquait aucune présence humaine.

« Vie détectée dans le secteur Sud Est, distance : 19,6 kilomètres. Activité intense en sous-sol, modérée en surface. » confirma l’interface de communication orale intégré à l’ordinateur central.

– Là ! gronda Myry le doigt sur un point rouge en bas de l’écran de contrôle. Une mine non répertoriée à ton avis ? Nos dernières analyses ne revalaient aucun minerai précieux dans la région, à part quelques veines insignifiantes de nickel.

Pensive, Karia prit son menton entre deux doigts. La Russie était connue pour ses trafics en tous genres souvent organisés par les dirigeants ; l’anecdote prêtait moins à sourire loin de l’académie des sciences où les équipages se formaient à la géopolitique de leur zone d’intervention.

– Ces hommes cherchent un trésor ou en enfouisse un. Tu paries sur quoi ? Moi, je penche pour la première option.

– Je me moque de leurs intentions, s’énerva Myry excitée à l’idée de respirer autre chose que l’oxygène aseptisé généré par le réacteur du vaisseau. L’endroit doit regorger d’outils, il y a peut-être de quoi réparer la butée du gouvernail.

Officier supérieur de la mission, Karia se devait de rester prudente malgré son désir d’adhérer à la pensée positive.

– L’acier des Terriens ne vaut rien, ce n’est pas avec ça qu’on va usiner une pièce capable de supporter les voyages dans l’espace.

– Ces constatations remontent à plus de trente ans, depuis, on n’a effectué aucune mission sur cette planète. Ils se sont peut-être améliorés.

– J’en doute. Quoiqu’il en soit, on se doit d’aller vérifier. Et puis 19,6 kilomètres, c’est toujours moins que les 3000 qui nous séparent de notre objectif, précisa Karia aussi curieuse que sa subalterne. Prête pour une petite course d’entraînement ?

Myry s’étira, soulagée à l’idée de se dégourdir enfin après trente-et-un jours de confinement à bord du vaisseau, le prix à payer pour découvrir l’espace.

– Le temps de passer aux toilettes. On peut se désaltérer un peu avant ? Je me taperai volontiers une bière ou deux.

Le sourire complice de Karia conforta sa subordonnée.

– J’allais te le proposer.

– Je t’avais dit que c’était une mauvaise idée, explosa Myry rouge de colère, on aurait dû réfléchir avant d’entrer en contact avec le premier Terrien venu.

– Laisse tomber, un simple contretemps. T’aurais préféré qu’on prenne le camp par la force et qu’on torture ces abrutis ?

– Pourquoi pas ! Ça nous aurait fait un peu de sport au moins. Alors, mon capitaine, quels sont tes ordres maintenant ?

La référence au grade traduisait un certain mépris, dont la source se trouvait être une rivalité amoureuse à l’école spatiale. Cette dispute ne menait à rien en l’état actuel des choses, aussi Karia décida de calmer le jeu.

– On attend d’en savoir plus avant de passer nos nerfs sur ces créatures. Le vaisseau est coincé de toutes façons.

Dimitri considéra les jeunes femmes interceptées devant le grillage de protection du camp à l’entrée ouest, leur étrange charabia le mettait mal à l’aise, peut-être un code de communication dont les pontes de Moscou étaient friands depuis la guerre froide avec le bloc occidental soutenu par les Américains. Et quelle idée d’envoyer deux femmes vêtues de ces étranges combinaisons grises ou bleues, difficile à définir. Seule certitude, les gorges dévoilées méritaient le coup d’œil.

– Qu’est-ce que vous baragouinez ? On dirait que vous n’avez jamais vu un homme de votre vie, vous sortez d’un couvent ?

– À vrai dire, on n’est pas très partisanes des contacts physiques avec les mâles de la planète Terre, ni d’aucune planète d’ailleurs, pouffa Karia dans un russe un peu scolaire. Nous, on voulait seulement connaître l’intérêt de creuser des trous loin des regards. Mon amie penche pour un projet scientifique secret, illégal bien entendu. D’après moi, vous êtes de vulgaires trafiquants.

Le rude Sibérien grimaça, pensif. Si la jolie brune d’environ 25 ans avait autant de tempérament que de cran, il n’allait pas s’ennuyer cette nuit. Ou la rousse du même âge au sourire prometteur aurait l’honneur d’y passer la première. Malheureusement, il devait remettre ce choix difficile à plus tard.

– Ne me prenez pas pour un abruti sans cervelle. Vous êtes de la police secrète aux ordres de Moscou, je le sens.

– Le FSB ? Une bande d’amateurs, s’esclaffa Myry dans un rire clair. Croyez-moi, on est tombées sur votre camp par hasard, et vos occupations ne concernent que vous. Alors laissez-nous partir, on ne veut pas d’ennuis.

Déstabilisé un instant, Dimitri secoua la tête afin de récupérer ses esprits, la rouquine avait bien failli l’avoir à l’intox.

– C’est un peu tard. Le grand chef arrive demain, votre sort est entre ses mains. Tout ce que je peux faire, c’est vous donner un aperçu de la généreuse hospitalité sibérienne histoire de patienter. Si vous vous montrez gentilles d’ici-là, je lui glisserai peut-être un mot en votre faveur.

– Ça m’étonnerait que vous soyez assez bien monté pour m’impressionner, pouffa Karia avec assurance, ni assez endurant.

– Ce n’est pas le moment de le provoquer, rugit Myry en langage tsulaien. Leurs armes sont peut-être rudimentaires, mais ce sont eux qui les tiennent. On aurait dû prendre les nôtres.

– Ça va, je m’amuse un peu.

Rouge de colère, Dimitri à bout de patience se tourna vers les deux hommes de main tentés de rire de la situation à la porte du bureau.

– Enfermez-les dans la cave en attendant mon retour, je dois superviser l’ouverture du dernier tronçon de la mine. Avec un peu de chance, la plus grosse veine de nickel jamais découverte sera bientôt à nous. Et libérez la piste d’atterrissage avant la tombée de la nuit, que l’hélico puisse se poser demain matin. Interdiction de les toucher, se crut-il forcé de préciser.

– Bon ! On peut leur casser la figure maintenant ? éructa Myry en tsulaien, les poings serrés le long du corps.

– Un peu de patience, voyons d’abord ce que ces primitifs peuvent nous offrir. Tu l’as dit toi-même, on ne sait jamais.

– Rien dans tout ce bazar à part des arachnides en pagaille, pesta Myry désappointée, ces bestioles ne nous seront d’aucun secours pour réparer la butée du gouvernail. Quant à leur acier, il est bien trop fragile, on ne trouvera jamais notre bonheur dans ce trou.

Karia fronça des sourcils, sa subordonnée avait raison, inutile de perdre davantage de temps dans ce gourbis insalubre.

– Attends ! Tu connais la vodka ? demanda la rousse intriguée par une bouteille planquée derrière une caisse pleine de vis et d’écrous de différentes tailles.

– Eau-de-vie traditionnelle russe ou polonaise issue de la fermentation de produits agricoles. Les Terriens réussissent à faire de l’alcool avec n’importe quoi et dans toutes les situations, il faut leur reconnaître cette qualité.

– Alors on a de quoi passer le temps.

Karia se tourna vers sa compagne d’infortune en train de boire au goulot. Une goutte de liquide incolore glissa sur le menton puis dans le cou gracile pour se perdre entre les seins mis en valeur par l’échancrure de la combinaison de vol.

– C’est bon ?

– Un peu léger, mais pas mauvais. Tiens, fais-toi une idée.

Décidée à mettre leur différend de côté, au moins jusqu’au retour sur Tsula, Myry tendit le flacon à sa compagne de détention.

– On fait quoi s’ils veulent nous baiser ? Impossible de passer pour des Terriennes sans nos combinaisons. Remarque, ces idiots en mourraient peut-être de honte.

Karia chercha une éventuelle réponse dans une généreuse lampée de vodka, une deuxième vida la moitié de la bouteille.

– Je pense que c’est déjà dans leurs intentions, on peut sentir la testostérone d’ici. Inutile de prendre le risque de voir les ouvriers de la mine débarquer, ils doivent être nombreux et bien armés, mieux vaut filer pendant que c’est encore possible. On viendra discuter avec leur chef demain.

– J’ai une petite idée, sourit Myry, un truc qui fonctionnerait sur n’importe quelle planète habitée par des humains. Viens me faire un câlin, ma chérie, gloussa-t-elle en russe de manière à être entendue de l’autre côté de la grosse grille fermée à clé, l’alcool me rend amoureuse.

Attiré par la proposition d’un spectacle haut en couleurs, un des gardes s’accrocha aux barreaux de la cellule improvisée. Les femmes se faisaient rares dans ce coin perdu de Sibérie centrale, autant en profiter avant le retour de Dimitri.

– Je veux sentir ta langue partout sur mon corps, soupira la brune.

Collée contre la rouquine, elle l’embrassa à pleine bouche tandis que leurs mains impatientes faisaient glisser les zips des combinaisons.

– Eh les gars ! hurla la sentinelle hystérique. Venez mater le spectacle.

Du coin de l’œil, Karia surveillait les trois Terriens agglutinés contre la grille. L’un d’eux extirpa un membre déjà en érection de son pantalon crasseux. Myry disait vrai, le pauvre mourrait de honte s’il savait, ses complices aussi sans doute. La langue sur ses seins lui procurait de délicieux frissons, elle se ressaisit vite, le moment était mal choisi de s’abandonner au plaisir.

– J’ai envie d’une bonne queue...

Le bruit d’une clé maniée à la hâte dans la serrure teinta aux oreilles des Élamines ; ces Terriens étaient trop prévisibles.

De retour au vaisseau, Karia se précipita dans la cabine ; le besoin d’une douche se faisait sentir après l’aventure à la mine. Les gardes enfermés à la cave devaient compter les coups reçus dans la bagarre, ou s’expliquer devant le dénommé Dimitri, ce n’était pas son problème. La poussière si, elle suspendit la combinaison de vol sale à une patère dans un caisson accolé au grand espace douche, puis actionna le mécanisme de décontamination. Le vêtement en ressortirait bientôt propre, comme neuf.

À la porte de la cabine, Myry observa sa collègue, incapable d’occulter le souvenir du baiser torride et des quelques caresses échangées. Comment ne pas trouver désirable la jolie silhouette en V, le dos musculeux sans excès, les fesses rondes, les cuisses fermes, les longues jambes. Comment ne pas désirer se perdre dans une telle beauté pour un pur moment de plaisir, oublier le temps d’une étreinte cette foutue balise de détresse dont elles ignoraient l’existence deux jours plus tôt.

– Tu veux une bière ?

Karia se retourna, nullement gênée du regard alangui sur ses formes. La nudité faisait partie intégrante de leur mode de vie ; davantage qu’un passe-temps pour tromper l’ennui des voyages interstellaires, l’addiction aux plaisirs de la chair entrait dans l’ADN des Élamines. Sans leur rivalité au sujet d’une élève pilote de première année à l’école spatiale, toutes les deux seraient certainement devenues amantes le temps de la mission. Au lieu de cela, chacune se masturbait dans son coin afin de soulager la tension inhérente à leur gourmandise. Elle accepta la bouteille comme un geste d’apaisement.

– Si cet abruti qui bandait devant nous pouvait voir ça, soupira Myry au souvenir du misérable embryon de chair entre les jambes du Terrien, il mourrait certainement d’un infarctus. C’est toute leur constitution qui est faiblarde.

Hermaphrodites, les Élamines de la planète Tsula devenaient à l’âge adulte de jolies femmes dotées d’un membre conséquent qui, au repos, aurait donné des complexes à un concepteur de godemichets mégalomane ; la nature leur évitait ainsi la drôle de guerre qui polluait très souvent les rapports entre individus de sexes différents. Le problème de la reproduction réglé, elles avaient rayé de leur culture la notion de mâle synonyme de vanité dans la plupart des systèmes.

– Autant je prends du plaisir avec des femmes sur certaines planètes, s’esclaffa Karia sensible au compliment déguisé, autant je détesterai me faire baiser par un homme, sans parler de leur constitution physique ridicule. Pourquoi elles les tolèrent à ton avis ? Il doit y avoir une bonne raison.

– Sans doute l’éducation, des milliers d’années de servitude ont mené à une certaine forme de dépendance.

– Reste à espérer qu’elles s’émanciperont de ces crétins un de ces jours, sur la planète X-B 13 comme ailleurs. La conception humaine du mâle est vraiment une anomalie génétique indigne d’intérêt. Et bien, lieutenant ! Buvons au bonheur d’être telles que nous sommes.

Le rapport au grade dénonçait une amicale complicité cette fois, Myry trinqua, un peu à l’étroit dans sa combinaison heureusement souple comme une seconde peau.

– À la nature qui a su se montrer généreuse envers les Élamines de Tsula, répéta-t-elle, soulagée de ne pas partager le sort des Terriennes.

– Mets-toi à l’aise, soupira Karia d’une voix lourde, ou tu vas finir par exploser là-dedans. On va se laver ensemble, tu en meurs d’envie et moi aussi.

L’aveu avait le mérite d’être clair, Myry fit tomber sa combinaison sans nervosité apparente. Le membre libéré sursauta, impérieux. Un séjour forcé sur Terre pouvait se supporter à deux, les jeunes femmes avaient déjà perdu trop de temps.

Les préliminaires sous la douche avaient plusieurs fois amené les filles au bord de la jouissance ; Karia se sentait prête. Installée à califourchon sur le bassin de Myry, elle promena le gland sur sa fente d’où sourdait une humidité révélatrice. Les grands yeux bleus brillant de luxure, la rousse se contentait de caresser les seins tendus, délicieuses petites poires fermes, afin de tromper son impatience.

Incapable de tenir plus longtemps, Karia s’empala lentement sur le membre tendu jusqu’à le faire disparaître dans son antre. Elle resta un instant sans bouger, la bouche brillante d’un sourire radieux, afin de savourer la présence imposante, puis commença à s’activer d’avant en arrière ; la délicieuse sensation d’être remplie la fit bander.

Myry abandonna à regret les seins de sa maîtresse pour la tenir par les hanches. Elle laissa échapper un long soupir de satisfaction en sentant sa verge comprimée par les muqueuses de l’étroit fourreau. Assise à l’équerre, Karia massa la base de la hampe, la caresse subtile les ravit l’une et l’autre.

– Baise-moi aussi, gronda Myry, s’il te plait...

Confronté au désir ardent, Karia introduisit un doigt puis deux dans la grotte humide à l’abri sous les testicules de sa compagne, et dénicha le clitoris sensible d’un troisième. Le plaisir se devait d’être partagé pour être entier, elle feula de bonheur en sentant une bouche humide sur son membre.

Question d’entraînement, Myry savait caresser une queue de la langue, l’aspirer sans s’étouffer, la faire aller et venir jusqu’à sentir le gland buter contre sa glotte, combien même ne parvenait-elle à en gober qu’un tiers. L’auto-fellation avec deux doigts dans son minou, c’était son jeu solitaire favori.

– Je vais... je vais..., gronda Karia au bord de l’explosion.

Myry regratta de ne pouvoir profiter davantage de l’instant, sucer lui procurait un plaisir indéniable. Elle branla le membre en gardant le gland au chaud entre ses lèvres, désireuse de savourer le résultat de ses caresses ; sa maîtresse allait éjaculer, ce qui ne l’empêcherait pas de jouir ensuite de la présence dans ses chairs dilatées.

Karia se tétanisa, incapable de penser à autre chose qu’au plaisir imminent. Enfin, le sperme gluant se déversa dans la bouche gourmande par saccades en un flot chaud que Myry s’empressa de déglutir, heureuse de savourer l’offrande. Malgré ses efforts, un filet blanchâtre s’échappa à la commissure des lèvres.

Désireuse d’un autre plaisir, Karia se démena sur la queue de son amante. Quand elle aurait joui aussi par la chatte, ce qui ne devait pas tarder, elle nettoierait de la langue le beau visage maculé, toutes deux se régaleraient d’un baiser plein de foutre.

Myry s’arc-bouta, le souffle court. Son premier plaisir inonda le puits de son amante. Aucune importance, elle pouvait continuer à la baiser sans discontinuer pendant des heures, ce qui était son intention. Un trop-plein de semence grasse glissa le long de sa queue encore au garde-à-vous.

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