Futanari

Une saga de orchidee - 3 épisode(s)

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Épisode 3 : Préparatifs de voyage

En mission sur une autre planète, les Élamines ne s’encombraient guère l’esprit avec des problèmes de mode, un éventail de combinaisons thermo régulées conçues avec une poche qui rendait leur nature indécelable à un non averti suffisait. Les armes planquées dans le double fond d’un bagage, elles prirent place à l’arrière du vieil Euromil-MI38 peint aux couleurs de l’armée de l’air russe. Les jeunes femmes avaient transformé la grande cabine de l’hélicoptère, destinée à recevoir des groupes de commandos spetsnaz, en salon d’agrément.

– Dommage d’avoir dû laisser le caisson de décontamination, pouffa Natalia après avoir retiré l’encombrant casque de ses oreilles par souci de discrétion. Rassurez-moi, ça ne nettoie pas seulement les taches de sperme ?

Karia, sourire narquois aux lèvres, tendit à la Terrienne une bière décapsulée ; cette dernière refusa d’un geste. Comment les Élamines pouvaient ingurgiter autant d’alcool sans s’enivrer ? Elle avait encore beaucoup à apprendre de ses nouvelles amies.

– Pas seulement, non. Ah ! on dirait qu’il pleut sur Moscou, mais on devrait atterrir sous le soleil, précisa la jeune femme un œil sur sa montre. J’ai hâte de découvrir la capitale de la Russie.

Natalia roula des yeux, promesse de bons moments à venir.

– On ne s’y ennuie pas, vous verrez.

Le lieutenant de la cheffe de gang à la place du copilote rumina en silence, la main nerveusement accrochée à son harnais de sécurité. Les inconnues avaient soi-disant rossé une bande de solides mineurs sibériens avant de se faire adopter en moins d’une journée par la patronne, et les voila désormais en route pour Moscou comme des invitées de marque. Toutefois, plus troublant encore, le malfrat n’était guère habitué à voir Mademoiselle Krichenko se comporter en femme du monde, heureuse de partager un bon moment avec des copines.

Les directives données avant leur départ d’une voix pleine d’assurance n’avaient rien de bizarre ; pourtant, Nicolaï ne pouvait s’empêcher de penser que sa boss était peut-être tombée sous l’emprise de deux manipulatrices à la solde d’une famille rivale. Il se promit d’ouvrir l’œil en menant sa petite enquête, malgré l’ordre formel de n’en rien faire. Ce genre d’initiative faisait partie de ses prérogatives depuis sa nomination au poste de premier porte-flingue par le père de Natalia deux ans plus tôt, peu avant l’accident cérébral de celui-ci.

– On arrive dans vingt-cinq minutes, hurla-t-il pour couvrir les rires désopilants dans la cabine. Je demande au chauffeur d’amener la voiture à l’héliport ?

Natalia remit son casque.

– Oui Nicolaï. Réserve une table pour trois au Sabor de la Vida, on déjeunera avant d’aller au bureau.

Pour trois, cela signifiait que sa présence était jugée indésirable, une première, raison de plus pour en vouloir aux nanas insouciantes de lui piquer sa place confortée par des années de loyaux services. Il grommela son accord, fermement décidé à ne pas se laisser évincer sans réagir.

– Le meilleur restaurant de Moscou, gloussa Natalia à l’oreille de Karia, il y en a aussi chez vous ?

L’Élamine ne put s’empêcher de laisser trainer une main caressante sur la cuisse de la Terrienne qui rougit, les extraterrestres donnaient l’impression d’aimer le sexe, au moins autant que l’alcool.

– On peut trouver quatre dénominateurs communs entre les planètes qui abritent des humains : des tavernes où se restaurer, des débits de boissons, des salles de jeux, et des femmes qui accordent leurs faveurs à des mâles en rut.

Les Russes conciliaient avec bonheur l’intérêt pour les nouvelles technologies et le culte du passé, Karia flatta d’un doigt distrait une icône incrustée de perles représentant la vierge bleue contemplative.

– C’est beau.

– Une copie, soupira Natalia chagrinée, l’original appartenait aux Romanov. Il a disparu il y a cent ans, après la Révolution d’octobre.

– Dans une caisse dont personne ne se soucie au sous-sol du Kremlin.

Surprise, la jeune femme renversa quelques gouttes de vodka sur le bureau acajou de belle facture fabriqué à son intention, heureusement protégé par un sous-main de cuir végétal sorti de sa propre usine de traitement des déchets industriels, la première affaire honnête de la famille Krichenko bâtie avec des capitaux propres dans tous les sens du terme, sa fierté.

– Qu’est-ce que tu dis ?

Deux rasades coup sur coup confortèrent les regrets de l’Élamine de n’avoir osé prendre un peu d’alcool tsulaien conservé à bord du vaisseau par manque de place. Elle espérait trouver mieux au cours de leur voyage qu’une eau-de-vie distillée à seulement 40° d’alcool pur.

– L’original se trouve avec d’autres objets ayant appartenus à la famille impériale dans une caisse au sous-sol du bâtiment 14 du Kremlin que Poutine voulait faire raser. Ses experts en archéologie l’en ont dissuadé, une bonne nouvelle à voir ta tête. On peut aller le récupérer pour toi si tu y tiens.

– On vous enseigne ça dans votre académie des sciences ?

– Oui, pouffa Myry sous le charme des épais sourcils froncés de la Terrienne, et bien d’autres choses encore.

L’intrusion de Nicolaï priva Natalia d’en apprendre davantage sur l’histoire cachée de son pays. « Ce n’est que partie remise. », se jura-t-elle mentalement avant de faire un signe à l’homme de main.

– Les papiers d’identités seront bientôt prêts ? J’espère que tu n’as pas oublié de faire viser mon passeport.

D’habitude, celui-ci se serait vu offrir un verre avant de parler affaire, mais il se sentait relégué au rang de secrétaire depuis leur retour à Moscou trois jours plus tôt, assez pour envisager sérieusement de se débarrasser des empêcheuses de tourner en rond. Déjà que le business n’était plus aussi intéressant qu’il avait été à ses débuts au côté de Monsieur Krichenko...

– Dans deux jours, trois au plus, grimaça-t-il.

La fille mettait de l’ordre dans les affaires du père, une évolution nécessaire selon elle. Plus de drogue, ni jeu ni prostitution, la famille se contentait désormais de trafic d’influence, une tradition culturelle en Russie, même pas de quoi être considéré hors-la loi. La mine de nickel de Sibérie ? Une idée du gouvernement pour renflouer les caisses de l’État en douce. Nicolaï s’en moquait si la préoccupation première de Natalia était de gagner en respectabilité, tant que sa place à lui était assurée ; malheureusement, l’influence grandissante des donzelles changeait la donne.

– Tu en fais une tête, lança la jeune femme à l’homme de main en sortant du bureau derrière Myry tandis que Karia fermait la marche. Va consulter un toubib.

La sensibilité du sujet attisa le sentiment de jalousie de Nicolaï ; avant l’arrivée des deux poules de luxe dans sa vie, jamais Natalia n’aurait envisagé de voyager sans lui, surtout à l’étranger comme elle prévoyait de le faire. Un chantier à venir en Corée ? Si c’était le cas, il aurait vu passer des documents sur le sujet. Une mission imprévue aux ordres du gouvernement ? La boss n’aurait pas eu à graisser la patte d’un fonctionnaire pour obtenir un visa touristique en si peu de temps. Non, il refusait d’être tenu plus longtemps à l’écart.

– D’accord. Mets-toi à la disposition de mon père, je n’aurai plus besoin de tes services aujourd’hui.

Le maître d’hôtel s’inclina devant les invitées, on l’avait prévenu que mademoiselle Krichenko serait accompagnée. Les deux jeunes femmes semblaient à leur aise malgré une tenue peu appropriée dans un cocktail organisé par le ministère de l’Énergie ; les pauvres devaient souffrir de la chaleur sous les amples robes de soirée dignes de la Russie tsarine, une provocation pour nombre de représentants de la Douma d’État attachés aux vieux principes soviétiques. Le président réélu avait fait ses preuves dans l’antique KGB.

Toutefois, la nécessité faisait loi, surtout dans un pays dont la première religion s’avérait être la dissimulation, suivie de près par la corruption. Dans ce contexte particulier à bien des égards, Natalia Krichenko bénéficiait de largesses à tous les échelons de la hiérarchie de l’État ; il se disait même qu’elle avait l’oreille du président amoureux en secret de la jeune et jolie femme d’affaires, dont la vie privée restait mystérieuse malgré les nombreuses enquêtes diligentées par les services secrets intérieurs de la fédération de Russie.

D’aucuns la pensaient lesbienne, réfractaire aux principes de la famille traditionnelle orthodoxe, une aberration dans le cercle du pouvoir ; mais aucune preuve n’abondait en ce sens. Si perversion il y avait, cela se faisait dans la stricte intimité, excepté peut-être en cette fin d’après-midi au ministère de l’Énergie, à l’occasion d’une réception officielle. Dans quelques heures, tout Moscou connaîtrait la présence des deux jeunes femmes au côté de la riche héritière à la tête de la plus grande entreprise de construction du pays, une des plus importantes d’Europe.

– Chère amie, s’exclama le ministre Maldanov à haute voix devant l’assemblée attentive, quel bonheur de vous voir. Que signifie cette histoire de voyage, rugit-il après avoir attiré Natalia à l’écart des oreilles indiscrètes. Vous n’espérez pas nous doubler avec les Coréens au sujet de notre affaire ? Un visa signifie un séjour dépassant trois mois, ou la Corée du Sud n’est qu’une étape.

La jeune femme haussa des épaules, évasive, l’agacement du politicien valait à lui seul le déplacement.

– Ne m’insultez pas, Denis Valentinovitch, c’est vous le spécialiste des coups tordus, Je rends service à des amies au-dessus de tout soupçon. D’ailleurs, vos espions ont déjà fait leur enquête et n’ont rien trouvé, n’est-ce pas ? Je les accompagne car j’ai besoin de prendre de longues vacances, c’est ma seule motivation.

Le ministre observa les jeunes femmes à quelques pas, deux Qatariennes lui avait-on dit, les Arabes cultivaient le secret davantage encore que son propre gouvernement. Elles profitaient d’une inhabituelle liberté de mouvement pour vider sans compter toutes les coupes de champagne de Crimée qui passaient à leur portée, un comportement pas très féminin mais diablement russe, et excitant.

– Vous me présentez à vos... accompagnatrices ?

Natalia haussa des épaules, faussement désolée.

– Laissez tomber, Denis Valentinovitch, vous n’avez aucune chance de les séduire. Pas les bons arguments, pouffa-t-elle d’un signe du menton vers la bosse visible dans le pantalon du quinquagénaire trop sûr de son charme slave.

– Et pour notre affaire ! se reprit le politicien rouge de honte.

– On a la qualité, malheureusement pas la quantité escomptée, ça reste un bon filon à exploiter. J’ai déjà donné des ordres, vos gars peuvent aller surveiller l’extraction sur place. Je vous fais confiance pour le paiement de ma rétribution.

Le soulagement des Élamines faisait plaisir à voir une fois délivrées des affreuses robes dont Natalia avait dû les affubler pour la réception au ministère. La jeune femme ne s’y était pas attardée, non par crainte d’une bourde de ses nouvelles amies, plutôt pour profiter de leur simplicité en toutes circonstances. Oublier le verbiage châtié, le protocole établi, la nécessité du paraître, laisser tomber le masque de la bienséance pour profiter d’un peu de bon temps, les occasions de s’amuser se faisaient trop rares depuis l’accident cérébral de son père.

– On se croirait dans une gargote de Dalax, s’esclaffa Myry à peine troublée par l’immersion profonde dans la fange de la grande ceinture moscovite.

– Une cité sur votre planète ? demanda Natalia en anglais par soucis de discrétion.

Karia secoua négativement la tête, leur hôtesse avait les réflexes d’une patrouilleuse intergalactique, le tempérament aussi.

– Non, c’est un astéroïde comptoir un peu en dehors de la galaxie de Pégase, une cité commerciale tentaculaire construite dans l’espace pour approvisionner les vaisseaux en transit. Maintenant, c’est un lieu de ralliement pour les trafiquants et les mercenaires qui veulent échapper à l’autorité de la Fédération des Étoiles. On y trouve des endroits aussi mal famés que celui-ci, une constante humaine.

– Pourquoi vous le tolérez alors ?

La simplicité du raisonnement de leur amie surprenait parfois les Élamines ; comment une femme de tête pouvait se montrer aussi naïve, c’en était touchant.

– Regarde les difficultés des gouvernements terriens pour maintenir un semblant de paix sur leur territoire. La police a-t-elle davantage intérêt à fermer ce boui-boui ou à en tirer profit ? Dalax est une source inépuisable de renseignements, on y entend tout ce qui se passe sur les planètes, les évolutions comme les révolutions.

– Sans compter que leur distillerie fournit un alcool de première qualité, coupa Myry plus prosaïque que sa congénère.

Le dernier argument, imparable, fit sourire Natalia.

Ici, au cœur d’un quartier populeux éloigné de la Place Rouge et du Bolchoï, même la fille d’un célèbre parrain risquait une mauvaise rencontre ; cependant, le hareng en fourrure et la volaille entière rôtie au four traditionnel y étaient incomparables, à condition de se contenter de la bière locale ou de vins sans intérêt gustatif. L’alcool frelaté causait des ravages parmi la population de ce qui s’apparentait à une immense cité approvisionnée au marché noir. À sa décharge, Natalia doutait de sa capacité à faire du thé la boisson favorite de ses invitées.

– Il vous arrive de boire jusqu’à être saoules ?

– Bien sûr ! s’esclaffa Karia prise une nouvelle fois à l’emploi de la locution. On rote et on pète aussi, mais ce que vous appelez alcool aurait plutôt tendance à réveiller nos appétits sexuels. Là, par exemple, je commence à mouiller dans ma combinaison.

Depuis leur arrivée à Moscou, aucune des trois n’osait revenir sur l’aventure à bord du vaisseau spatial, le marché n’incluait aucune clause de cette nature. Pourtant, Natalia ne pouvait s’empêcher de les écouter à travers la porte de leur chambre. Baiser ainsi toute une nuit puis se réveiller en pleine forme, nombre de Terriennes auraient apprécié de pouvoir en faire autant. Les hommes ne tenaient pas la distance, leur physiologie ne le permettait pas ; aussi, après un bon moment avec une nana, elle devait récupérer.

– Tu bandes ? susurra la Terrienne à l’oreille de son amie.

– Aussi oui, au cas où ça t’intéresserait, pouffa cette dernière.

Natalia, plus excitée qu’elle ne voulait l’admettre, leva une main afin d’attirer l’attention de la serveuse.

– On va rentrer, essaie de retenir tes pulsions encore un peu.

Myry pourlécha ses lèvres blanches de mousse de bière, leur amie terrienne semblait plutôt réceptive ce soir, promesse d’un délicieux moment. La sensualité du geste attira les quolibets d’une poignée d’ivrognes à la table voisine. La rousse repoussa un geste déplacé d’une pression ferme sur un poignet velu, la crainte de la honte retint l’individu de clamer sa douleur.

– Même les animaux obéissent à un rituel avant de s’accoupler. L’assouvissement du désir est bien meilleur après l’attente, ça fait partie du jeu de la séduction indispensable, sans lequel on ne serait que des mâles vaniteux.

La remarque lancée à haute et intelligible voix attira une foule de regards haineux ; le machisme faisait partie intégrante de la culture humaine, quelque soit la planète ou la condition sociale.

Une relative fraîcheur rendait l’air saturé d’odeurs rances de la ruelle à peu près respirable, les jeunes femmes cheminaient d’une allure tranquille vers le parking où le chauffeur de Natalia, prévenu par un coup de fil, patientait. Deux prostituées en plein conciliabule les observèrent passer, en alerte, avant de reprendre leur discussion. Le racolage en Russie n’existait pas officiellement, les filles se méfiaient de tout et de tout le monde. Les flics n’intervenaient jamais dans leurs histoires, la découverte d’un corps sans vie au petit matin ne choquait personne.

– On nous quitte sans dire au-revoir ?

La voix mal maîtrisée trahissait un abus d’alcool ; les cinq lascars de la gargote les suivaient, décidés à prendre du bon temps sans débourser le moindre rouble. Natalia hâta le pas, la main ferme sur la crosse de son arme dissimulée à la ceinture. Des appuis haut placés ne servaient à rien dans la couronne moscovite ; cependant, elle n’avait pas l’intention de se laisser agresser sans répondre ; un proverbe français disait « Mieux vaut être le boucher que le veau. »

– Eh ! on veut juste discuter un peu, beugla l’individu décidé à venger l’outrage subi un peu plus tôt.

Les lames de couteau menaçantes démontraient le contraire. Myry retint le bras de la Russe juste avant qu’il ne s’arme.

– Laisse-nous faire, ma belle, ce ne sera pas long.

Calmes, froides, les Élamines glissèrent sur le sol tant leurs pieds restaient collés au pavés mal assemblés ; la technique de déplacement ressemblait à celle utilisée dans les arts martiaux orientaux afin de favoriser l’équilibre. Les hommes se lancèrent à l’assaut en vantant les outrages sexuels qu’ils s’apprêtaient à faire subir aux deux prétentieuses décidées à leur tenir tête.

Des grimaces replacèrent bien vite la crânerie. Parades, coups de paume ou du plat du pied, clés de bras, crocs en jambes, torsions des articulations, l’affrontement à sens unique dura moins d’une minute, une chorégraphie sans cruauté apparente tant la gestuelle des artistes se voulait harmonieuse, d’une parfaite fluidité. Souffrant le martyr, la joue maintenue au sol par la pression d’un talon, un des agresseurs fut soumis à la pire des humiliations.

– Pardon, madame, clama-t-il assez fort pour attirer l’attention d’un couple à l’entrée de la gargote, on ne vous ennuiera plus.

Un peu plus loin, les deux prostituées se gaussèrent du spectacle, ces lascars ne repentaient plus de danger dans l’immédiat.

Après un flirt gentillet dans la voiture, à l’abri du regard du chauffeur derrière une vitre opaque, les jeunes femmes s’étaient précipitées au dernier étage de l’immeuble, transportées par un désir puissant. Les vêtements abandonnés sur le sol permettaient de les suivre à la trace jusqu’à la chambre de la maîtresse de maison, beaucoup moins maîtresse de ses émotions, tant elle était persuadée de connaître le grand frisson, l’orgasme avec un O majuscule.

Les doigts glissés dans la soyeuse toison pubienne que les Élamines imberbes par nature n’exhiberaient jamais, Karia se régalait de la mouille de Natalia. La langue dans sa vulve ne lui laissait aucun répit, si l’organe avait effleuré son clito, la belle se serait déjà abandonnée au plaisir. Ni l’une ni l’autre ne le souhaitait aussi vite. Elle se libéra de l’emprise diabolique de la bouche pour s’installer à quatre pattes, dans la position d’une femelle prête à être couverte.

– Prends-moi maintenant, je n’en peux plus, fais-moi l’amour.

La nervosité rendait Natalia volubile. Karia guida son membre à l’entrée de la grotte protégée par un fin duvet. Myry, installée au bord du grand lit, les yeux sur le spectacle érotique, se branlait négligemment : son tour viendrait bientôt de goûter la saveur de la jolie Terrienne. Désireuse de participer, elle se glissa sous le corps tremblant et entreprit les petits seins pointus. Un téton à peine sollicité s’étira dans sa bouche avide, l’autre exprima sa sensibilité entre des doigts expérimentés.

– Hummm..., gronda la jeune femme au bord de la crise de nerf.

Elle lança son cul en arrière afin de s’empaler enfin sur le pieu de chair trop timoré à son goût, le gland disparut dans sa grotte.

– Houuuuuuuu...

Karia, attentionnée, s’enfonça dans les chairs tendres avec toute la patience dont elle se savait capable, chaque poussée faisait rugir Natalia de surprise et de bonheur à la fois. Cambrée, en appui sur un coude, la victime consentante palpa le membre inquisiteur dont elle se sentait remplie. Rassurée sur la capacité de son intimité à supporter la pénétration hors-norme, la jeune femme entreprit un lent va-et-vient.

Des Humaines, Karia en avait baisé d’autres lors de ses voyages, mais jamais d’aussi fragile que la Terrienne ; aussi, elle lui laissa le soin d’imprimer le rythme à sa guise, le plaisir serait au rendez-vous d’une manière ou d’une autre, plutôt deux fois qu’une. La pression montait déjà dans son membre, un détail sans importance.

La puissance de l’éjaculation provoqua une réaction en chaîne, Natalia savoura son tout premier orgasme vaginal ; pourtant, loin de faiblir, son amante continua à la baiser avec la même douceur qui avait prévalu jusqu’alors. Le vagin ainsi lubrifié, elle lança sa croupe à la rencontre de l’imposant pieu de chair. La nuit dédiée au plaisir ne faisait que commencer, c’était certain.

La jeune femme en proie à l’insoutenable frénésie des sens goba le gland de Myry. Cette caresse particulière, elle l’accordait rarement à ses amants car la plupart prenaient la fellation pour une marque de soumission. Pourtant, sucer son amie lui faisait diablement envie en cet instant. Elle parvint à enfourner un quart de la queue bandée avant de la branler entre ses lèvres distendues.

Bien trop vite à la stupeur de la fellatrice, Myry se retira en guise d’avertissement, respectueuse. Natalia ne l’entendait pas ainsi ce soir, motivée à l’idée de recevoir ce qu’aucun homme ne lui avait imposé, s’en priver la frustrerait.

– J’ai envie de te sucer, que tu jouisses dans ma bouche.

– Tu es sûre ?

La réponse de la jeune femme se passa de mots, elle reprit le membre congestionné entre ses lèvres. Son propre plaisir montait, du clitoris cette fois sollicité par la main habile de Karia qui continuait à la baiser copieusement, et cette intensité se ressentait dans la pipe dont elle gratifiait Myry.

Enfin, après avoir repoussé l’inéluctable de longues minutes, cette dernière se raidit. Le sperme visqueux gicla enfin par longues saccades que Natalia s’efforça de déglutir sans rien en perdre. Accorder cette faveur à son amie, la sentir se vider de sa substance vitale, valait le léger désagrément de l’amertume. Non, elle n’appréciait pas davantage le foutre des Élamines que celui des hommes, mais pomper ces deux-là à fond était un plaisir sans pareil.

Soulagée, elle l’eut été à moins, Myry offrit à Natalia un baiser langoureux à la saveur particulière. L’envie de changer de place avec Karia la tenaillait, se perdre dans l’intimité de leur amie terrienne, elle en rêvait depuis leur rencontre.

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