Go Down Under

Une saga de VonErato - 8 épisode(s)

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Épisode 5 : Complicité (Partie 1)

Flash back – Quelques mois plus tôt

— Où est-ce que je pourrais la faire passer ?... 

Le nez dans ma carte de la côte Est de l’Australie, je préparais une surprise pour Amber, la fille au pair qui était à ma charge. Quelques semaines plus tôt, elle avait décommandé un séjour à Sydney avec ses amis francophones pour rester à mes côtés. En effet, je sortais tout juste d’hôpital psychiatrique. Non non, ne prenez pas peur, je vais bien. Enfin, je vais MIEUX. Juste qu’on m’avait trop dosé un anxiolytique, et ça avait pour effet de me rendre totalement stone. Pour vous donner une idée, me lever du lit demandait un effort colossal, je marchais comme un zombie, je mettais un moment pour traiter les informations autour de moi, et j’étais incapable de me concentrer sur une tâche. En voyant mon état, Amber avait préféré rester avec moi pour me conduire chez ma psychiatre et m’aider jusqu’à ce que je retrouve un peu plus de pep’s. 

Je voulais lui être reconnaissant. C’était pour ça qu’en secret je préparais un road trip qui relierait Melbourne à Sydney. Et c’était aussi pour moi un moyen de me prouver que je pouvais enfin me projeter dans l’avenir, créer des plans, avoir des projets et être prêt à à nouveau croquer la vie.

Mon bureau où trônait mon ordinateur fixe était couvert de cartes, guides touristiques et ma tablette où je prenais des notes. Je repassais en revue l’itinéraire, ça me semblait bon. Maintenant, il fallait qu’elle valide et qu’on s’organise. À la limite je pouvais orienter ma clientèle vers Andy, un ami informaticien, le temps du séjour. Je ne suis pas marié avec eux.

Tiens, quand on parle du loup… Le bruit de la poignée m’annonça le retour de miss Belgique.

— Gill ! I’m home!

— Oui, je suis dans le salon ma grande.

On se fit une bise assez appuyée — elle avait vraiment la peau douce — et je l’aida à poser son tote bag sur la table qui semblait assez lourd.

— Tu as dévalisé un magasin ou bien ?

— Je suis passée devant un traiteur à Chinatown, j’ai pris pour nous deux ce soir.

— Oh comme c’est adorable !

Raviolis, nems au porc, nouilles, brochettes d’agneau, rouleaux de printemps, légumes vapeur, nougat au sésame, jus de litchi et bière… Elle avait vu très large.

— Alors ton après-midi ?

— Super. J’ai fait une belle salade de fruits pour ce soir justement. Regarde…

Je lui montrais avec fierté ce méli mélo fructosé aux couleurs vives. En revenant de chez un client, cette idée m’était venue et j’avais fait un crochet chez un primeur pour prendre quelques bananes, deux mangues, des fraises, ses pommes, des poires, des cerises et des framboises. J’avais passé de longues heures, couteau en main, à les peler, couper et trancher — ce qui me prouvait une fois de plus que je n’avais plus d’idées ni d’envie soudaine de scarifications — et à les disposer dans un grand saladier. Cette salade était à l’image de mon esprit maintenant. Coloré, doux, un peu acide parfois, et rempli d’une nouvelle fraicheur.

— J’en ai déjà l’eau à la bouche. Ce sera parfait avec ce que j’ai acheté. Et, une question, tu as coupé ça avec un couteau n’est-ce pas ?

— Oui. Et je vois où tu veux en venir. Je n’ai eu aucune idée sombre. Je n’y ai même pas songé, ça ne m’a même pas effleuré l’esprit.

— Ça fait plaisir à entendre.

Je voyais un sourire rassuré sur son visage. Un sourire qui titillait les cordes de mon cœur et de mon esprit.

— On se fait quoi ce soir ? Série ? Film ? Une découverte rétro gaming à me faire ?

— Comme tu veux ma grande

— Un jeu à me conseiller ? Tu m’en fais l’épopée en live avec tes commentaires.

— D’accord. On pourrait se mettre dans mon bureau. On amène la bouffe, de quoi boire, du grignotage, on se cale dans le petit canapé et en avant.

— Parfait ! On pourrait continuer la série qu’on a commencée. C’était sympa ce tour du monde Inde/Névada/Îles pacifiques/Londres puis Antarctique qu’on a fait il y a quelques jours.

— Je prépare ça. En plus, l’opus suivant a, à mes yeux, un des scénarii les plus riches. Il se passe sur un temps très court, mais il a beaucoup de rebondissements.

— Tu m’en mets l’eau à la bouche. Aller, je file à la douche !

Elle alla d’un pas léger et enjoué vers la salle de bain. 

Je débarrassais mon bureau et disposais sur le canapé la surprise pour Amber. Je l’entendais chantonner sous la douche en écoutant… ah shit, comment elle s’appelle déjà cette chanteuse ?... Ah elle a fait une chanson qui sample « Need you tonight » d’INXS. Oh ça va me revenir !

Raviolis, nems au porc, nouilles, brochettes d’agneau, et  légumes vapeur au micro-ondes, rouleaux de printemps au frais avec les boissons et les desserts, émulateur PS1 activé avec le jeu, petits réglages ci et là… Le temps que je m’occupe de tout ça, Amber était déjà en pyjama. Cette petite chemise de nuit à manches courtes en coton bleu clair qui lui arrivait sous les genoux lui donnait un air si innocent et angélique…

— Besoin d’un coup de main ? 

— Non ma grande c’est bon. Ah si, tu peux aller au micro-ondes pour faire chauffer le repas. Je vais nous aménager le canapé. Prends les plateaux qu’il y a dans le placard du salon, on les posera sur des chaises ça fera comme des mini tables.

Elle était si serviable… Et elle ne faisait pas ça uniquement par rôle, du moins c’était ce que je sentais. C’était naturel chez elle. Et j’aimais ça…

Elle arriva avec un premier plateau avec des plats chauds, quand soudain, son regard se posa sur le canapé où se trouvait ma surprise.

— Oh… tu prévois un voyage à Sydney ?

— Un petit road trip pour nous deux. Je sais que tu as annulé celui que tes amis avaient prévu, juste pour rester à mes côtés et le temps de trouver un rendez-vous avec mon psy à cause de ce putain de cachet qui me donnait une allure de zombie, et je t’en serai toujours reconnaissant. Ce voyage-là est en quelque sorte une façon de te remercier et de te l’offrir enfin. Tu rêves d’aller à Sydney, et on ira là-bas tous les deux. On mettra le temps qu’il faudra sur la route, mais crois-moi que tu verras enfin l’Opéra en vrai.

Plus je lui parlais, plus je voyais ses yeux s’écarquiller de bonheur. Je la fis s’assoir à côté de moi pour lui montrer le chemin. Sa frimousse était posée contre mon bras, ses joues étaient douces. Une légère odeur de rose flottait entre nous. Je dépliais une carte GPS imprimée avec Melbourne et Sydney reliés par un épais trait rouge. Entre les deux grandes villes, des lieux étaient indiqués par mes soins par des lignes tirées à la règle et une écriture que je voulais soignée.

 — Regarde, on part de Melbourne. On roule tranquillement jusqu’à Dandenong. Yarra Valley, Phillip Island et Wilson Promontory on l’a déjà fait donc je peux te montrer Traralgon. Je peux m’emmener à Raymond Island avec le temple des koalas. On remonte vers Cann River jusqu’à Eden en passant par Coopracambra. Je te montrerai les pinacles de Ben Boyd, les lions de mer à Narooma et les kangourous sauvages de Pebbly Beach. Jervis bay jusqu’à Greenwell point. Kiama il y a un super phare et de beaux récifs. On arrive à Temple Nian Ten, puis Wollongong et on fini à Sydney !! Qu’en penses-tu ?

Son sourire était si étiré que son visage en aurait craqué. Je la sentais irradier de bonheur. Ses rétines témoignaient d’une euphorie qu’elle tentait de contenir.

— On part quand ?!

— Quand tu veux. Faut juste s’organiser financièrement, que j’oriente mes clients vers Andy, que tu t’organises aussi de ton côté.

— Ah, mais moi c’est tout organisé ! Je ne bosse plus donc c’est du tout cuit.

— Euh oui, mais… par rapport à tes amis, les escapades que vous vous êtes prévues…

— Et ben j’annule ma présence. Je leur expliquerai, et s’ils sont intelligents ils comprendront. Puis sinon ils décalent, on s’arrange toujours quand on y met de la bonne volonté. 

— Vu comme ça…

Elle me fit un long bisou sur la joue pour me remercier de cette surprise. Ma cage thoracique menaçait d’exploser tant mon rythme cardiaque devint soutenu au contact de sa jolie bouche. Une bouche qui hantait mes rêves nocturnes et mes fantasmes diurnes. Des pensées qui m’avaient souvent poussé à me soulager à la main. Et ça devenait de plus en plus fréquent. J’avais toujours l’image de son beau corps empalé au-dessus de moi. Mes mains sur ses hanches, puis remontant sur ses tout petits seins que je trouvais adorables, sa jolie voix en train de gémir sans fin… Où que je sois, je l’avais en tête dans des mises en scène toutes aussi lubriques les unes que les autres. Je cuisinais, je l’imaginais m’enlacer tendrement puis aller chercher mon membre dans mon pantalon ou palper mes fesses. J’étais sous la douche, je la voyais à mes côtés en train de nous enlacer avec passion.

Mais bon, à quoi bon espérer ? On a vingt ans d’écart… Pardon ? C’est pas une raison ? Ok. Et si je disais qu’elle va repartir dans quelques mois ? À quoi bon entamer une relation si c’est pour la clôturer pour un départ programmé ? Je vais souffrir, je vais replonger, et puis après ? J’ai mis assez de temps pour me sortir de cette dépression de merde, c’est pas pour replonger !

Anyway, revenons à nos wombats. 

Elle rangea les papiers dans le salon pendant que j’aménageais notre coin pour la soirée. Les plateaux étaient installés, la manette chargée à fond, une autre de secours était branchée au cas où, on y voyait bien l’écran depuis le canapé. 

— Bien installée Amber ? Tu vois bien l’écran ?

— C’est parfait.

— T’es prête ?

— Oui

— Alors c’est parti.

Le temps de laisser défiler les noms des concepteurs du jeu, je lui fis un rapide brin historique du jeu. En quelle année il est sorti, les changements par rapport au l’opus précédent, l’accueil du public, la critique générale de l’époque, etc.. Le jeu respectait également les trois célèbres unités. Unité le lieu : L’Égypte, en dehors du premier niveau qui s’avérait être un flash-back ; unité de temps : quelques heures voire une journée ; unité d’action : un seul et même but. Et de plus, pour la première fois, la protagoniste fait une grosse erreur qu’elle devra réparer. Erreur qui m’avait par ailleurs choqué à l’époque, mais on y reviendra.

La manette dans la main, elle ne perdait pas une miette de mes explications.

— Bienvenue à Angkor Vat, Amber. Prends bien le temps d’explorer hein. 

— J’ai l’habitude avec ces jeux… Alors, voyons… Tiens, explique-moi ces lieux pendant que je balade.

— Angkor Vat est une partie de l’immense site d’Angkor, construit au XIIe siècle par le roi Suryavarman II. Sans doute le temple le mieux préservé du site. Grand centre religieux bouddhiste qui était autrefois dédié à Vishnou, un des trois dieux de la trinité hindoue. Il représentait la protection ; le premier, Brahma était le créateur, et Shiva la destruction.

Je devais ma culture générale aux jeux vidéos au final. D’un naturel curieux, je ne pouvais pas m’empêcher de chercher des réponses. Cette licence-là m’a permis d’en savoir énormément sur les différentes mythologies et croyances religieuses ou occultes, de parfaire mes connaissances en géographie et de m’intéresser aux armes à feu. 

Amber faisait de petits « oui » de la tête pour me montrer qu’elle écoutait. Je ne voulais pas l’écraser avec ma culture générale, juste lui apprendre ce que je savais. Et elle semblait intéressée. Chaque session de jeu était ponctuée par son lot de questions et surtout de commentaires. Et cette soirée-là ne dérogea pas à la règle. Rien que le premier niveau fut ponctué de « ouais en gros c’est moi qui fais tout pendant qu’il se la coule douce, le vieux », « c’est moi où il nous prend un peu de haut ? », « euh… il la drague ou c’est mon esprit mal placé ? », « ah elle a trouvé son sac à dos ! » « euh… ce défi là je te le laisse »

Je repris la main pour la course contre le mentor qui s’était révélé assez avide de célébrité. Je connaissais le chemin pour gagner son défi soi-disant sans danger, comme il avait fait croire au père de la protagoniste.

— Genre… Me dit-elle avant de mordre dans un ravioli.. C’est un vieux con en fait ! On peut crever et il s’en fout ! Tu parles d’un mentor.

— La célébrité lui est montée à la tête tout simplement. Répondis-je, les yeux rivés sur l’écran. Il est très connu, et comme il a parlé de cette soif de vaincre « à n’importe quel prix ». Il serait prêt à laisser crever la gamine pour l’artéfact. Il ferme les portes derrière lui, il fait tomber les ponts…

Et la soif de célébrité et l’ego surdimensionné de ce personnage lui coûtèrent cher. Je voyais Amber ouvrir de grands yeux.

— Euh… on est d’accord qu’il est mort…

— Possible…

Enfin, le jeu commença véritablement. En Égypte. 

Amber avançait doucement en prenant son temps. Elle découvrait le temple de Seth, dieu du désert, de la nature brutale et aride, de la confusion, de la perturbation et du désordre. Frère d’Osiris et rival d’Horus, son neveu. Je racontais de façon succincte la vie de ce dieu pendant que je la regardais évoluer lentement, mais de façon efficace. 

Jusqu’au moment où…

— Mais… mais… Avec les connaissances qu’elle a, elle ne se doutait pas qu’en prenant cette amulette elle allait réveiller Seth et foutre le bordel ?!

— Ça avait pas mal perturbé à l’époque. Mais ça rend le personnage plus humain et ça prouve qu’elle n’est pas infaillible. C’est ça qu’elle devra réparer.

— En effet, c’est la GROSSE boulette.

Et ce fut ainsi jusqu’à la fin du jeu. Je lui expliquais ce qu’était la vallée des Rois, le site KV5, ces concepts astronomiques utilisés à l’époque pour la culture au bord du Nil, leurs constructions, et les théories qui en découlaient, Karnak (et non pas Carnac en France), le temple de Semerkhet — où elle se débrouilla très bien et gagna au jeu de Senet après un bon travail d’équipe —, la célébrité de la bibliothèque d’Alexandrie, certaines grandes figues comme Poséidon — oui Alexandrie était Grecque, pour ceux du fond qui dormaient en cours d’histoire — ou Cléopâtre. Elle avait failli me passer la manette dans le très long niveau de la grande bibliothèque, mais je l’avais aidé en lui donnant quelques pistes. Elle était tombée sur le niveau le plus long et le plus riche en énigmes.

J’adorais la façon dont Amber acceptait ma passion pour les vieux jeux et la façon dont j’en tirais mes connaissances — n’en déplaise à ceux qui affirment que le jeu vidéo est une activité d’ignare — . Elle n’était pas autant fan que moi, mais plus on passait des soirées à jouer tout en les agrémentant de nos connaissances, plus elle s’y intéressait. Chaque fois, nous étions happés dans l’histoire qui nous tenait en haleine jusqu’à l’écran de fin du jeu qui nous ramenait dans le monde réel tard la nuit, ou tôt le matin selon comment on voit les choses. Ça faisait si longtemps que je n’avais pas eu une telle complicité avec une femme. Je sentais qu’elle ne se forçait pas à s’intéresser, elle était sincère. Entre deux bouchées ou gorgées, elle avait toujours une question. Certaines étaient même assez pointues. J’avais totalement oublié qui était Semerkhet et elle avait pris la tablette pour combler ce trou culturel. Puis ses commentaires sur le manque de logique sur certains détails m’avaient tellement amusé. « Genre, un Minotaure dans une citadelle ! », « Et pas de T-Rex dans celui-là ? C’est bizarre. Bon pas aussi bizarre que d’en croiser au Pérou, en Chine ou les îles Pacifiques », « Six balles de neuf millimètres pour un petit scorpion ? », « Un charmeur de serpents électronique qui fait dresser une corde ? ». 

Le plus gros fou rire, qui me fait recracher ma bière, fut un superbe « mais allez manger vos morts !!! » lancé à des squelettes vivants un peu trop collants dans les catacombes. Elle avait également manqué d’avaler un bout de rouleau de printemps de travers en voyant apparaître d’un coup un serpent géant dans la citadelle, au Caire — je n’étais pas fan de cette partie du jeu — et la fin du jeu l’avais laissée bouche bée.

— Me dit pas qu’elle est morte…

— Mystère Amber… Mystère… On verra ça lors de la prochaine aventure. Oh ! Il est déjà quatre heures du matin !

— Wouaw ! Déjà ? J’ai pas vu le temps passer. 

— Moi non plus. Faut dire qu’on était tellement dans notre truc…

— Dans notre bulle oui. Mais j’aime tellement ces soirées où on joue tous les deux sans regarder l’heure qui tourne. Et je trouve qu’on avance bien ensemble. Même si t’es plus rapide que moi.

— Normal, je connais les niveaux. Mais toi aussi tu avances bien. Tu prends le temps, tu explores tranquillement, tu réfléchis bien sur les énigmes, même si tu perds vite patience, haha.

— Haha, très drôle. Mais franchement, pourquoi tu ne postes pas tes vidéos sur You Tube ? Tu mélanges jeux vidéos et culture générale. Tu es quelqu’un d’intéressant, tu lis beaucoup, tu fais des recherches, pourquoi ne pas en faire profiter Internet ?

Cette idée nous était venue en plein repas un soir. Je revenais sur ce que j’avais appris en géographie grâce à certains jeux que j’avais exploré plus en détail. Elle avait proposé de faire une chaîne qui mêle jeux vidéos et culture générale. Bon je ne serais pas le premier à faire ce genre de concept, mais pourquoi pas ? Ça se tentait. Je ne cherchais pas le succès, juste essayer quelque chose de nouveau. Puis même ma psy me conseillait de nouvelles expériences, alors pourquoi pas ? Faudra juste que je me trouve une identité graphique.

— Pourquoi pas après tout… Faudra que je me trouve une identité graphique qui me fera sortir du lot. Mais je te propose d’y réfléchir après une bonne...nuit/matinée de sommeil.

— Bonne idée. Dit-elle en bâillant. Je vais t’aider à débarrasser.

— Laisse donc, je m’en occupe. Va te coucher ma grande.

— Je vais d’abord aller me laver les dents. J’ai horreur de dormir avec un goût de nourriture.

J’étais heureux de cette soirée. Je savais que j’allais être totalement décalé dans mon sommeil et ma prise de médicaments, mais c’était passé au second plan. J’avais passé une soirée des plus agréables avec Amber, et ça valait tous les traitements contre la dépression. Le temps d’une soirée, j’en avais oublié mes douleurs, mon précédent séjour en hôpital psychiatrique, mon combat contre la maladie… Maintenant, chaque jour que je passais avec elle me rendait vraiment heureux. Je me sentais revivre…

— Bonne nuit ! Me dit une voix dans l’encadrement de la porte qui séparait le salon des chambres et la salle d’eau.

— Bonne nuit ma grande. Répondis-je avant d’avaler mon cachet du coucher.

Quelques minutes plus tard, je revins vers les chambres où je surpris ma miss à quatre pattes devant la valise. Elle devait sûrement chercher une peluche ou que sais-je. Mais je ne pouvais décoller mes yeux de ses fesses. Elles n’étaient pas bombées comme ces nanas qu’on vendait comme des « sex symbol », elles étaient… jolies. Plates, mais jolies. Et au vu du tissu qui dessinait si bien sa raie, je devinais qu’elle ne portait aucun sous-vêtement. 

Mon Dieu… était-elle totalement nue sous sa tenue de nuit ? Découvrirais-je son corps si, avec un peu d’audace, j’osais relever ce tissu ?

Sans bruit, je partis rapidement dans ma chambre. Bon sang, cette miss rendait mes pensées aussi folles qu’incontrôlables. 

J’avais encore cette vision d’elle dans cette position aussi basique qu’érotique. Ses jambes légèrement écartées, ses hanches à peine cambrées… Je me sentais grossir dans mon pantalon. Encore…

Je me déshabillai totalement et me glissa sous mes draps. Mon membre était en semi-érection, et plus je gardais cette image d’Amber, plus il se dressait au fil de ses soubresauts.

Je me doutais bien de ce que pouvait révéler cette robe de nuit si une main audacieuse osait la soulever. 

Serait elle totalement épilée ? Ou juste débarrassée de ce qui dépasse ? Ou totalement nature ? Ou tout simplement, une petite ligne de poils sur ses lèvres, juste ça… Suffisamment pour faire une barrière naturelle contre les bactéries, mais aussi pour offrir un peu de sensualité. 

Des hanches fines… un petit ventre… des seins à peine existants, mais qui pointent rapidement. Au vu de sa peau blanche et de ses cheveux clairs, je vois bien des tétons rose clair, qui réagissent à un simple frottement de tissu, au contact des mains ou de la langue…

Je passais un bout de langue sur mes lèvres charnues en me figurant le contact entre elle et ce petit bout de chair. Le lécher… et le mordiller. Doucement dans un premier temps, puis plus fort…

Je pris des mouchoirs dans un petit paquet qui était dans ma table de nuit, cracha dessus pour les lubrifier un peu, et commença à me masturber. Comme à mon habitude quand je devenais esclave de mes pensées lubriques envers Amber — cela dit, je ne suis pas le premier à fantasmer sur ma fille au pair —

Je me sentais bien… C’était si bon… Mon cœur pulsait entre mes mains et dans mes tempes. J’avais chaud, très chaud. Je passais une main sur mes tétons durs, les pinçait fortement en imaginant les petites et douces mains de la miss. Je me voyais harponner les siens avec mes dents et les aspirer comme un enfant non sevré. Sa voix gémissant dans ma tête.

Et puis… mes mains agrippant fermement ses fesses, je la prends. Sa tête renversée en arrière sous le plaisir, offrant l’accès à son cou que je dévore de baisers torrides.

Putain de…

Je crachai un jet de salive dans ma main libre et alla masser mes testicules lourds. Je n’étais pas loin… Je le sentais… — priez pour que je ne dégueulasse pas mon drap frais lavé de ce matin — Je jouais un peu avec mon frein, titillait mon méat du doigt avant de reprendre mes mouvements de haut en bas. 

Enfin, la libération… Une décharge dans tout mon corps me fit me cambrer puis retomber. Trempé de sueur, j’essuyais les preuves accablantes avant de les envoyer dans la poubelle par la voie des airs. Puis le sommeil m’envahit.

Amber… Si tu savais…

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