Go Down Under

Une saga de VonErato - 8 épisode(s)

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Épisode 4 : Savoir se vendre

Entre Namur et Melbourne, il y avait dix heures de décalage horaire. Dix heures de décalage, environ seize mille kilomètres. Vous vous les imaginez ? Parfait ! Alors dites-vous bien que malgré ces mesures assez importantes, mes parents ont quand même réussi à me coller la honte devant ma responsable à l’agence et me faire me disputer avec ma moitié. Bon j’avoue, avec du recul c’est évident qu’ils se sont juste inquiétés. Et c’est normal. Je leur en ai voulu sur le coup, mais maintenant ça va. Ils veulent le connaître.

Malgré cet important décalage horaire, nous avons réussi à nous organiser. Le rendez-vous était fixé à vingt heures, heure locale.

Vingt heures et une minute, mon alarme WhatsApp sonna. On, enfin je, j’avais l’impression de passer un entretien d’embauche où le montre mot serait décortiqué, analysé, et que la moindre question posée était en réalité en piège pour rien approuver. Je connais mes parents… Gill par contre était ultra détendu. La cool attitude à l’australienne.

En décrochant, je vis deux visages mal cadrés. Néanmoins le son était bon.

— Bonjour ma chérie !!!! S’écria ma mère.

— Coucou maman, coucou papa

— Comment ça va ? Pas trop crevée ? Ça se passe comment ? Tes CV, ça donne quoi ? T’as été rappelée ?

J’étais habituée à leurs questions rapides comme un tir d’Uzi.

— Oh doucement là. Alors, ça va, non pas trop crevée, ça se passe bien, les CV je dépose, mais ça ne me rappelle pas. Voilà. Mais je ne lâche rien t’en fais pas. J’ai donné quelques CV à Jacob, le meilleur ami de Gill. Si on peut faire marcher le réseau…

— Oui bonne idée. D’ailleurs, il est où ton Gill ? Il a pris peur ? Demanda mon père.

— Je vous comprends monsieur !! Dit-il en arrivant dans le salon.

— Ah, tu lui apprends le français ?

— Le but d’une expatriation, ce n’est pas le partage des cultures et des langues ?

Partage des langues… au sens littéral dans mon cas.

Gill s’assit dans le canapé à côté de moi et salua mes parents.

— Monsieur, madame, bonjour.

— Bonjour Gill. Comment allez-vous ?

— Très bien merci. Et vous ? 

— Ça va, ça va. On avait quand même hâte de connaître un peu mieux la personne qui partage la vie de notre fille.

— C’est normal. J’aurais un enfant, j’en aurais fait autant.

Le face-à-face pouvait enfin commencer. J’avais l’impression d’être à un mélange d’entretien d’embauche pour les phrases bien tournées, la réflexion, l’analyse des questions, et le but d’être validé par l’interlocuteur, mais aussi dans l’émission « Millionaire Hot Seat » pour les questions de plus en plus poussées, ardues, et les paliers franchis à chaque bonne réponse. Oui oui, comme une émission francophone très connue. Sans les jokers ! Là, pas de possibilité d’appeler un ami pour savoir quoi dire, ni faire appel au public, ni le cinquante cinquante, et encore moins un switch !! J’avais l’image de Gill appeler Jake ou Sarah en mode « Dis-moi, à la question “pourquoi ma fille ?” je réponds quoi ? Je reste évasif ? Je réponds par une question façon “est-ce qu’on choisit vraiment la personne qu’on aime ?” ? Je sors une réponse basique du genre “sa personnalité m’a séduite” ? » 

Cette image me fit glousser alors que Gill alignait les arguments.

— Qu’est-ce qui te fait rire ? Demanda ma mère.

— Rien maman, rien.

Mais c’était ça en fait ! J’étais dans un mélange d’entretien d’embauche, de Millionnaire Hot Seat, et l’épisode 36 de Bref avec des cartes « argument », » je raconte ma vie », etc…

— Et votre dépression ? Demanda mon père. J’espère que vous ne l’avez pas utilisé pour obtenir la gentillesse et l’empathie de ma fille.

Aller Gill, sors tes meilleurs arguments.

— Je sais que le souci vient du fait qu’Amber a souffert du syndrome de l’infirmière. Je sais ce que c’est, et franchement je ne l’ai pas DU TOUT reconnu en elle. Elle est empathique, mais ne s’oublie pas. Elle ne m’a pas choisi à cause de ma dépression, elle n’était même pas au courant. Elle est également altruiste, mais ne s’en sert pas pour se sentir exister dans le regard de la personne en détresse…

— Vraiment ?

— Je vous jure ! Puis les amis que je me suis faits et que je vous ai montrés ne sont pas problématiques comme ceux que j’ai pu connaître avant.

— … Ses autres relations amicales ne sont pas problématiques, bien au contraire. J’ai eu l’occasion de rencontrer ses homologues francophones et autres. Tous sont des personnes équilibrées et sans problèmes…

Premier et deuxième symptômes bayalés !

— … je rajouterai également qu’elle a suffisamment confiance en elle pour s’aimer sans forcément tout donner aux autres. Amber est parfaitement capable de se décrire sans parler UNE SEULE FOIS de ce qu’elle offre aux autres. Ce n’était pas le cas dans le passé, je me trompe ?

— C’est vrai… Répondit ma mère, visiblement interloquée par son français fluide.

Troisième !

— … certes j’étais dans une grande détresse psychologique quand elle est arrivée. Mais ce n’est pas elle qui m’a sauvé, j’ai pris moi-même la décision de me faire interner. Ces deux semaines où elle a fait Fraiser Island, WhiteSundays, Cairns, etc… J’étais en hôpital psychiatrique. Je lui ai donné son argent pour les deux semaines, voire même un peu plus. Elle ne m’a pas sauvé, mais m’a apporté beaucoup de soutien SANS s’oublier. Elle n’a pas sabordé son expatriation et son expérience pour moi…

— Cette fois où j’ai refusé ce road trip à Sydney, c’était pour l’aider parce qu’on lui avait trop dosé un cachet et qu’il était totalement shooté. Mais une fois remis, il m’y a emmenée.

— Vous lui avez donc offert ce road trip qu’elle n’a pas pu faire avec ses amis juste pour être à vos côtés et vous donner un coup de main.

— Exactement.

— C’est bien Ambre. Et c’est beau ce que vous avez fait pour elle.

— C’était normal que je lui offre ça.

Quatrième !

— … et elle a VRAIMENT été heureuse de me voir aller mieux. Les gens atteints de ce syndrome se complaisent à aider les autres même s’ils s’en plaignent, et les voir aller mieux les contrarie vu qu’ils perdent le sens de leur vie. Amber ne vivait pas à travers ma maladie. Elle m’a soutenu et a justement invité nos amis les plus proches pour trinquer à ma renaissance. Elle m’a même parlé de la symbolique de se raser la tête en signe de renouveau. Et c’est ce que j’ai fait à Sydney. 

— Et je n’ai pas eu l’impression de perdre une quelconque valeur

— Ça fait plaisir à entendre. Ça nous rassure.

Et c’est un quinté gagnant !!! 

Je sentais bien que je les avais mouchés. C’est peut être vache se que je vais dire, mais c’est tellement satisfaisant en tant que progéniture de réussir à faire fermer le clapet de ses parents par des arguments qui tiennent la route et les mettre face à leurs comportements.

— Alors ? Lançais-je avec un sourire des plus satisfaits.

— Tu as tellement changé en plus d’un an ma chérie… On ne pensait pas que tu arriverais à te défaire de ton mauvais mécanisme. Ta mère et moi sommes très fiers de toi.

— Et donc ? C’était vraiment utile d’envoyer un message à l’agence ? J’avoue que de mon côté je me suis emballée, je me suis énervée trop rapidement, je me suis trop vite fermée au dialogue.

— C’est vrai qu’on aurait dû te rappeler au lieu de faire perdre du temps à la personne qui s’occupe de toi. Mais tu peux comprendre qu’on ait pu s’inquiéter.

— C’est ce que j’ai dit à votre fille. Honnêtement je vous en ai pas vraiment voulu. Vous avez fait ce que n’importe quel parent préoccupé par le bien être de son enfant aurait fait. Répondit ma moitié.

La discussion continua normalement. Que faites-vous dans la vie ? Pourquoi avoir voulu devenir host dad ? Bref, des questions basiques. Mes parents voulaient mieux connaître leur gendre en dehors de la différence d’âge et de sa pathologie.

La discussion dura une bonne demi-heure avant qu’ils raccrochent. J’étais soulagée. Je m’en laissai tomber contre le dossier du canapé.

— Bon… Et ben visiblement tu as tout raflé. 

— Il fallait juste que je rassure tes parents et que je leur dise que je suis aux antipodes de tes relations passées. Est-ce que tu as remarqué comme leur body language a changé quand j’ai démonté un par un les cinq symptômes du syndrome de l’infirmière ?

— Oui, le ton était différent

— Entre autres oui. Mais aussi j’ai vu chez ton père qui était très droit et fixait droit dans les yeux, il cherchait à dominer la discussion, car ça concerne sa fille. Il ne veut pas perdre la face face à une personne du même sexe qui a une aussi grande importance pour sa fille. Ta mère était plus relax au fur et à mesure. T’as vu au début comme elle avait les poings fermés ?

— Ah non je n’ai pas fait attention

— Au fur et à mesure qu’on parlait, ses mains se sont ouvertes. Ton père restait droit, mais lui aussi semblait plus détendu. Je pense qu’ils ont compris que tu avais bien changé.

— Oui… Enfin !!

Je poussai un long soupir.

— Pourquoi tant d’amour ?

Il se laissa tomber doucement à côté de moi et me fit un petit baiser sur le front.

— On s’inquiète toujours pour les gens qu’on aime.

La soirée fut arrosée d’un bon verre de saké que j’avais acheté la veille. On trinqua à nous deux, à mes parents, et à l’avenir.

— En parlant d’avenir, tu veux faire quoi demain ? C’est dimanche. Me demanda Gill en posant son verre.

— Je ne sais pas. S’il fait beau, on pourrait aller se dorer la pilule à la plage.

— Bonne idée. Mais on devrait se trouver un petit coin tranquille.

Cette phrase sonna comme une invitation dans ma tête.

— Aurais-tu comme un fantasme à réaliser ?

— Non pourquoi ?

Ça, c’était dit…

— Ben… je croyais

— Je vais peut-être briser tes fantasmes, mais l’amour à la plage ce n’est pas ce qu’il y a de mieux.

— Ah bon ? À cause du sable qui gratte et les gens qui peuvent voir ?

— Entre autres. Mais le sable ça rentre pas que dans tes chaussures, si tu vois ce que je veux dire. Si l’orgasme n’est pas garanti, la mycose l’est.

En effet, ça a le don de calmer les ardeurs…

— Je ne voyais pas les choses comme ça.

— Dans les films, ils baisent dans des endroits improbables de type plage, ascenseur, navette spatiale ou contre un mur. Mais faut pas oublier que c’est du… du…

— Cinéma ?

— Bingo ! Donc niveau réalisme on passera. Après je ne dis pas qu’il faut se cantonner au lit, mais faut être un peu réaliste. 

Faut vraiment que je calme le cinéma et la lecture porno…

— Ce serait quoi pour toi un endroit inhabituel où t’aimerais me prendre sauvagement ?

Il eut un petit rire et réfléchit quelques secondes.

— Hum… Contre un mur dans une rue isolée ou un bâtiment abandonné… Un parc désert en pleine nuit… Sinon… une couchette de train.

Classique, mais plutôt efficace.

— T’aimes bien le côté « on peut être vus ou entendus, mais peu importe on le fait quand même ». Mais, contre un mur faut me soulever non ?

— Non pas forcément. Si je te prends derrière…

Cette image électrocuta mon esprit. Je dois avouer que l’idée de me faire plaquer contre un mur par Gill et qu’il me pilonne sauvagement jusqu’à en être courbaturée des heures plus tard… 

Je lui souris avec malice.

— Hum… Ce n’est pas très clair. J’aimerais bien avoir une démonstration… en live.

La démonstration dans la chambre à coucher fut très pertinente. Mains plaquées contre le mur, fesses cambrées en arrière et jambes écartées, nos hanches avaient claqué en cadence. Ce fut d’abord doux, puis de plus en plus bestial. Je me voyais vraiment dans cette rue déserte, ce bâtiment laissé à l’abandon et ce parc en pleine nuit. Sa main titillant mon clitoris pendant que l’autre s’attardait sur mes tétons durs et pointus.

Mes hanches et mes fesses me lançaient encore un peu le lendemain alors que j’étais allongée sur ma serviette de plage. 

Nous avions trouvé un petit spot désert vers Saint-Kilda. Les vagues n’étaient pas très hautes, mais on y allait pas pour surfer. J’avais d’ailleurs demandé à mon chéri s’ils savait dompter les vagues. Il m’avait répondu qu’il savait faire quand il était plus jeune, mais ça faisait des années qu’il n’avait pas pratiqué et se disait qu’il avait perdu la main. Tant pis. Mais il avait rajouté que peut être, un jour, il s’y remettrait.

Allongée face à l’océan, j’admirais cette vue panoramique, quand soudain mon homme m’interpela.

— Oh ! Je pensais à un truc !

— Oui ?

— Pour ta recherche d’emploi dans la vente. Il y a un endroit qu’on a oublié !

— Lequel ?

— Les sex-shops.

Je le regardais avec des yeux ronds cachés derrière mes grandes lunettes de soleil d’une marque locale.

— Les sex-shops ? Mais je n’y connais rien en accessoire coquin.

— On a déjà pratiqué avec notre godemichet, ça fait déjà une petite connaissance… Je me disais que vu que personne n’y pense et tout le monde va vers les boutiques de vêtements ou de souvenirs, ce serait intéressant que tu tapes dans cette catégorie. Personne n’y pense. Ou les rares qui vont y songer ne vont pas oser y aller.

Ce qu’il disait n’était pas bête. Au sein des groupes d’expatriés, ceux qui cherchaient dans la vente n’avaient pas du tout mentionné les boutiques coquines. Je me disais que travailler toute la journée entourée de godemichets de toutes tailles, de DVD érotiques ou pornos, de lingerie fine, d’accessoires des plus softs aux BDSM et autres poupées gonflables. Mais aussi, les vendeurs sont amenés à conseiller les clients, donc à entendre des choses assez intimes. Un peu comme un sexologue. 

Après tout, pourquoi pas ? Auparavant j’avais bien supporté les jérémiades de certains « amis », avec bien sûr des problèmes intimes. 

Qu’est-ce que je risquais ? Ça passe ou ça casse. Mais au moins j’aurais tenté.

Je passai une partie de l’après-midi à lister tous les sex shops et les love stores de Melbourne aux noms plus ou moins raffinés. 7th heaven, The Wet Door, PassionDesire, Sexy Folies, The Udge Wood, Sade Universe

J’étais opérationnelle dès huit heures trente. J’avais déjà préparé mon itinéraire et prospectais aux adresses retenues. Certaines étaient fermées donc je glissais mon CV dans la boîte aux lettres. Je voyageais dans différentes visions de la sexualité. Sade Universe était spécialisé dans le BDSM, The Udge Wood visait un public exclusivement homosexuel masculin, The Wet Door pareil, mais uniquement pour les femmes - d’ailleurs la vendeuse coiffée d’un horrible sidecut rose et bleu m’avait directement demandé mon orientation sexuelle, j’avais répondu que cela ne la regardait pas — Sexy Folies était assez raffiné et s’adressait à une clientèle très aisée — d’ailleurs je m’étais fait juger du regard avec mes sandales un peu usées et mon short en jean un poil délavé — Mais ce fut PassionDesire, à South Yarra, qui sortit du lot. J’avais été accueilli par une vendeuse à mi-chemin entre Jessica Rabbit et Dita Von Teese qui prit le temps de lire mon CV.

— Vous êtes libre quand ? M’avait-elle demandée.

— Le plus tôt possible

— Hum… Un petit entretien maintenant ça vous dit ?

L’anxiété propre aux entretiens d’embauche me saisit à nouveau. J’aurais bien voulu refuser et me laisser au moins une journée de préparation, mais j’avais répondu « le plus tôt possible ».

— D...D’accord

— Allons détendez vous, je ne suis pas là pour vous piéger ou vous saquer. Je veux juste savoir si vous faites l’affaire. A vrai dire, je reçois peu de candidatures.

Ses talons hauts claquaient sur le sol carrelé et ses hanches callipyges balançaient. Je la suivis derrière une porte qui se trouvait derrière le comptoir. Une petite pièce faisant office de « bureau » avec une simple table avec deux chaises, un micro-ondes, un lavabo, une poubelle et deux portes-manteaux fixés au mur.

Face à elle, je rejouais au même jeu que Gill face à mes parents.

— Alors… Oh ! Vous êtes une expatriée belge ? Je n’ai encore jamais eu de non-Australiens chez moi. Alors je vous que vous avez de l’expérience dans la vente… Boutique de vêtements, vous y faisiez quoi exactement ?

— Rangement des rayons, caisse, gestions des stocks, conseiller la clientèle

— Polyvalente donc

— Très, c’est une de mes qualités avec le soin de veiller à l’image de la boutique

— Bien, bien, bien… Ah vous avez aussi travaillé dans cette pâtisserie française ! On a dû se croiser. 

— C’est possible. Je ne suis pas très physionomiste, mais j’y travaille !

— Oh cette qualité-là n’est pas trop utile dans ce domaine. Bon… je vais mettre les pieds dans le plat, décrivez-vous rapidement.

Bordel de merde !

Déjà que cette question était sacrément déstabilisante en français, mais alors en anglais… Aller Ambre, calme-toi ! Respire un coup. Concentre-toi…

— Alors je suis une personne à l’écoute de la clientèle et qui saura la conseiller sans le moindre jugement. Je suis consciente de mon manque d’expérience dans le domaine des accessoires coquins, mais j’ai une grande capacité d’adaptation et je saurai prendre connaissance de vos conseils avisés pour garantir un accueil et des conseils sur mesure aux clients. Comme je vous l’ai dit je suis également polyvalente et je pourrais aussi bien encaisser les clients que m’occuper des stocks et ranger les articles dans la boutique, et même donner un coup de balai si besoin.

Et putain j’avais encore parlé trop vite… Le moindre stress, le moindre malaise, et je débite comme pour me dépêcher de passer à autre chose.

Comme j’avais été grotesque…

Je voyais la vendeuse écrire frénétiquement je ne sais quoi au dos de mon CV. Elle posa son élégant stylo et me regarda.

— J’ai aimé ce que vous avez dit. J’ai pris note de tout ça, je vais laisser tout ça refroidir avant de me décider. Je ne vais pas vous mentir, j’ai reçu d’autres candidatures et il m’en reste encore…

Elle fouilla son agenda.

—...deux autres à passer. Donc d’ici la semaine prochaine je vous recontacterai, que vous soyez prise ou non. Ah ! Je vois sur votre lettre de motivation que vous êtes sous l’Independent Skill Visa.

— Voilà. Je candidate partout depuis des semaines et les rares réponses que j’ai sont des refus. Je ne dis pas ça pour avoir votre pitié, je vous décris juste ma réalité. On regarde à peine mon CV, ou on me dit « on vous rappellera » et j’attends toujours.

— Oh je vois. Ça m’a toujours dépassé ces employeurs qui ne rappellent jamais. Quand on reçoit un demandeur d’emploi, la moindre des politesses c’est d’au moins le prévenir si on l’accepte ou pas. C’est déjà assez stressant dans son pays natal, alors je n’imagine pas dans un pays étranger…

— Exactement

— Croyez-moi, quelle que soit la réponse je vous recontacterai.

— Merci. Et merci d’avoir pris de votre temps pour moi

— C’est tout naturel. Allez, je vous raccompagne.

Je ne me donnais pas trop d’espoir non plus. Un entretien n’était pas forcément gage de contrat signé.

J’envoyai un rapide message vocal à Gill pour lui raconter. Toujours à South Yarra, j’en profitai pour marquer une pause à Fawkner Park. Je marchai tranquillement en regardant les gens présents. Dans un petit coin muni de deux toboggans et trois balançoires dont une avec un siège bébé, des enfants jouaient en criant et riant sous le regard de leurs parents ou des nounous, voir autres collègues au pair. Des joggers de tous âges allaient et venaient dans les allées délimitées ou dans les coins d’herbe verdoyante. Sur ces mêmes vagues vertes, des groupes d’amis passaient du bon temps. 

Je me mis sous un arbre, mon casque audio collé aux oreilles et admirait cette douceur de vivre. Cette population était vraiment… comment vous décrire… gentille, tout simplement. Comparée à la Belgique, et la France que je connais un peu, je la trouvais plus aimable, plus altruiste, moins stressée. J’étais habituée à voir les gens faire la tête dans les transports, à se plaindre juste pour avoir un sujet de discussion, et ne pas se soucier des autres. 

Là c’était autre chose. Par exemple, un groupe de surfeurs, enfin dans un style surfeurs, m’avait vu la mine déconfite et le regard larmoyant. Ils étaient venus me demander si ça allait. Je ne suis pas du genre à me confier à des inconnus, mais pourtant ce jour-là, je n’explique toujours pas pourquoi, je leur avais dit que mon host dad était en hôpital psychiatrique depuis deux semaines, qu’il était censé sortir, mais qu’ils voulaient le garder encore quelques jours. L’un m’avait donné un mouchoir en tissu, l’autre m’avait juste dit « montre-lui que tu es à ses côtés ». Notre discussion avait duré à peine cinq minutes, mais elle m’avait fait un peu de bien.

Une autre fois, je m’étais perdue dans le centre-ville. Une femme m’avait vue, le regard affolé, elle était venue me voir et me demander si j’étais perdue, où je voulais aller, et elle m’avait dirigée de façon très précise.

De plus, les Australiens ne sont pas stressés. Du moins jusqu’à un certain point. Mais ce que je veux dire, c’est qu’ils sont optimistes. Pas pour rien que leur phrase fétiche est « No worries » (=Pas de soucis). Ils sont très sociables et amicaux de nature. Leur mode de vie est très décontracté. De plus, les vendeuses et les caissières, à la différence des francophones, disent non pas « bonjour, je peux vous aider ? », les australiens disent plutôt « bonjour, comment allez-vous ? ». Et mieux vaut répondre au risque de passer pour quelqu’un sans éducation. 

Ah oui, autre chose, le « non » et le conflit sont très mal vus. Mieux vaut avoir le « oui » facile.

Carrément aux antipodes de la mentalité dans laquelle j’ai grandi.

Soudain, la sonnerie de mon téléphone coupa la chique à Mélanie Martinez. C’était Gill.

— Oui mon chéri ?

— J’ai reçu ton message. Déjà un entretien ?

— Oui ! Et c’est la seule qui a pris le temps de lire mon CV en plus. Faudra que je te raconte ?

— Justement, t’es où ? Toujours à South Yarra ?

— Oui, je me suis posée à Fawkner Park.

— Ça te dit je te rejoins et on mange ensemble à midi ?

— Oh oui !

— J’arrive dans… aller quinze minutes si ça roule bien. Je te rejoins à Fawkner.

Depuis mon petit coin d’ombre, j’admirais les jeunes mères en plein cours de yoga. Comment je sais que ce sont de jeunes mères ? Parce qu’elles ont leur bébé pendant les exercices. Des cours Mums and Bubs où les bébés participent aux exercices. Ah oui, j’ai oublié de vous dire, le sport est presque une religion en Australie. Mais ça ne m’a pas rendue plus sportive pour autant.

Tiens, un message d’Alex…

« Salut Ambre ! Pour le départ de Manon, j’avais une idée. On peut se débrouiller pour aller dans sa famille d’accueil la veille de son départ pour lui faire une surprise et lui offrir quelques cadeaux »

Ah oui.. Manon repart en France le mois prochain, son WHV s’achève le jour même de son départ. J’avais totalement oublié… Ça va faire drôle de ne plus avoir son franc-parler, je dirais plutôt son manque de diplomatie, au sein du petit groupe. Je ne dis pas que les autres sont hypocrites, mais disons que quand elle a un truc à dire, elle n’y va pas par quatre chemins.

« Pas bête l’idée. On lui prend quoi ? J’ai bien envie de lui prendre un mug Vegemite »

Elle avait en horreur cette pâte à tartiner très salée typique du pays d’Oz. Personnellement j’avais réussi à m’y faire, et je ne pouvais pas commencer ma journée sans ça ni sans café bien serré.

« On va faire un tour prochainement avec Eva pour trouver des idées. Au fait, ça donne quoi ta recherche de job ? »

« J’ai eu un entretien ce matin dans un love store »

« Un love store ? Quoique ce n’est pas idiot, c’est assez peu réclamé chez les expats. Ça s’est bien passé ? »

« Oh oui ! La vendeuse, qui ressemble un peu à Dita Von Teese, m’a prise en entretien direct. Elle m’a fait bonne impression, mais bon je n’ai pas trop d’espoir. Je préfère avoir la bonne surprise d’être acceptée qu’espérer pour rien. »

« Faut pas perdre espoir. Si ça se trouve, ça va le faire. »

« Oui… Mais je continue de prospecter »

« Oui voilà. Faut pas se reposer sur ses lauriers. »

« Je te laisse. Gill est arrivé, on mange ensemble. Je te reprends après »

Quelques minutes plus tard, nous nous installâmes dans un petit restaurant mexicain non loin du parc. Nous avions chacun opté pour une enchilada bien garnie et un gros bol de nachos, autrement dit des chips de maïs avec du fromage fondu et du guacamole. En boisson il avait pris une limonade — scooter oblige — et moi une corona.

— Alors ? Cet entretien ? Raconte-moi.

— Alors déjà la vendeuse… wouaw ! Un mix entre Dita Von Teese et Jessica Rabbit. Pin up, rockabilly, tu vois le genre ?

— Ah plutôt oui.

— Voilà, déjà sexy, mais très classe. Elle m’a demandé quand est-ce que j’étais libre, j’ai dit « le plus tôt possible ». Ce qui fait qu’elle m’a prise en entretien de suite. Elle m’a posé les questions classiques, demandé mes qualités, mon expérience dans la vente, etc… Elle m’a dit que, quelle que soit la réponse elle me rappellerait. Ce n’est pas la première à me le dire donc bon…

— Au moins t’as eu un entretien. Dit toi que si t’es pas prise, t’auras rien à te reprocher.

— Je sais… Ah, j’ai déposé un CV dans un autre sex-shop et la vendeuse m’a directement demandé mon orientation sexuelle.

— Ce n’est pas légal ça. Ça relève du domaine privé et elle n’a pas à te demander ça. Tu lui as dit quoi ?

— Que cela ne la regardait pas, et je suis partie.

— C’était quelle boutique ?

— The Wet Door, le sex shop qui vise les couples de femmes.

— Ah, probablement une femme qui aime les femmes et qui pense que les hétéros ne peuvent pas conseiller les bi/lesbiennes

— C’est comme dire qu’un acteur hétéro ne peut pas jouer un homo

— Oui… Bah, laisse tomber va.

— J’ai aussi candidaté chez un sex shop qui vise les homosexuels masculins, et bien ils ont été vachement plus accueillants.

Au même moment, mon téléphone vibra. Numéro inconnu…

— Allô ?

— Ambre ?

— Oui ?

— Oui bonjour, c’est Aaron de Udge Wood.

— Ah oui, comment allez-vous ?

— Ça va, et vous ?

— Très bien merci.

— Je vous appelle par rapport à votre candidature. Vous avez vu mon collègue Joey ce matin.

— Ah oui je me rappelle

— Voilà. Et malheureusement nous ne prenons personne pour l’instant. Mais on va garder votre CV si jamais dans nos relations on a des demandes pour de la vente.

— C’est gentil, merci beaucoup.

— C’est normal. On sait que pour les expatriés ce n’est pas facile.

— Oui, mais je ne lâche rien.

— C’est ce qu’il faut faire. Sur ce, on va vous laisser. Bonne chance pour vos candidatures.

— Merci beaucoup. Et bonne après-midi.

— Vous aussi. Au revoir.

Et un refus, un !

— C’était The Udge Wood, le sex shop gay. Ils ne prennent personne pour le moment, mais gardent mes coordonnées si jamais leurs relations ont besoin de quelqu’un.

— C’est très gentil de leur part.

Il me caressa tendrement la main.

— Ça va le faire mon trésor. Ne lâche rien surtout.

— Sinon j’ai plus qu’à espérer que la pâtisserie me reprenne un jour. Mais ils ont déjà quelqu’un. Encore une au pair francophone.

Je remarquai un petit flacon de sauce piquante sur la table. Curieuse, j’en fis tomber quelques gouttes sur mon reste d’enchilada.

— Fait attention c’est très fort

— Oh ça va je suis pas chochotte, je peux supporter des épices.

Oh putain… Oh putain de… Ils ont la main lourde sur les piments ces Mexicains !! 

Je tentais de ne rien montrer, mais mon visage rosé par cette saveur très, trop, épicée à mon goût, me trahissait. J’avais les papilles en feu et qui chantaient « Ayayay ».

Et bien sûr, Gill se moquait de moi.

— Alors ? Pas trop fort ?

— Non non ça va, je supporte bien

— Mais bien sûr

J’avalais le reste de guacamole à la cuillère. Je rajoutais même sur mon plat pour calmer le feu. Finalement, je finis mon repas non sans avoir la bouche en feu.

— J’entends tes papilles imiter Speedy Gonzales.

Il n’allait pas me lâcher jusqu’à ce qu’il reparte. 

— Ha ha ha… Très drôle. Cela dit j’ai le feu à la bouche alors qu’habituellement avec toi je l’ai plutôt au…

— Amber! Il y a du monde voyons…

— Ben quoi ? C’est vrai ce que je dis.

— Oui, mais ne dis pas ça si fort

— Dit-il alors qu’il aime bien me toucher les fesses dans les transports

— Mais personne ne le voit ni l’entend

Pudique mon amour. Ce n’était pas plus mal.

Il monta sur sa moto direction Saint-Kilda pour un énième client. Un homme d’un certain âge perdu avec sa box et qui n’arrivait pas à joindre le SAV. Mouais… je suis presque sûre qu’en réalité ces gens-là perdent patience avec les personnes, le plus souvent âgées, qui ne comprennent pas le jargon informatique aussi vite qu’eux et se les refourguent pour ne pas avoir à les gérer.

— J’ai ce petit pépé qui m’attend. Le pauvre, il avait l’air affolé au téléphone. Sa famille est à Perth et espérait avoir cet ordi en marche pour pouvoir communiquer avec eux.

— J’ai l’impression que les centres d’appel et les SAV ne sont pas très patients avec eux.

— Disons que déjà ce ne sont pas des métiers à vocation. Mais surtout ces gens-là ne se mettent pas à la place de ces personnes là. La technologie va si vite et on ne prend même pas le temps d’expliquer à nos aïeux comment ça marche. Bon en même temps, ça fait mon business. Mais moi au moins j’ai la patience que ces SAV n’ont pas.

— Rien que ça, c’est payant. Allez, bon courage.

Un petit bisou, et je le regarde partir sur sa Ducati. Avec cette veste noire et ce jean qui moulait ses fesses sculptées par des kilomètres et des kilomètres de moto, je le trouvais de plus en plus sexy. 

Je ne pus résister à l’envie de lui envoyer un message.

« T’es tellement sexy en motard toi. Te voir avec ta veste et ton joli cul sur la selle, bien sculpté… Ça me rend dingue, j’ai les hormones qui s’affolent !!! »

Soudain, un coup de tonnerre. Littéralement. 

Perdue dans mes pensées lubriques, je n’avais pas remarqué que le ciel s’était subitement couvert. Oui, Melbourne est réputée pour sa météo qui joue au Jumanji. Le matin c’est grand soleil, deux heures plus tard c’est tempête, puis à nouveau soleil… 

Je me hâtais de rentrer à la maison avant de me prendre la saucée. J’arrivai sous une pluie qui, cinq minutes plus tard, était devenue torrentielle. 

En voulant prévenir Gill que j’étais bien rentrée, je tombai sur un message de sa part.

« Je ne savais pas que c’était ton truc, les motards »

« Les motards en général non, mais TOI en motard oui. PS: je suis rentrée »

J’en profite pour troquer short, sandales, legging et tee-shirt contre ma robe d’intérieur si confortable. Et bien sûr, sans culotte. Faut bien aérer non ?

Tiens, il m’a répondu…

« J’en finis avec mon petit vieux et je rentre vite… Très vite »

Je me battais contre une violente envie de me toucher à travers ma robe. Il fallait que je m’occupe l’esprit avant qu’il arrive ! 

Machine à laver en route, un brin de rangement de ses magazines informatiques dans une panière du salon… Et bruit de moteur de bécane, enfin ! Le voilà !

D’un bond je m’assois sur la table du salon, la robe couvrant mes jambes croisées. La porte s’ouvre et… oh mon Dieu… Le casque ouvert posé sur sa tête, sa veste, ses gants, son jean qui lui faisait un cul qui était ouvertement un appel à la luxure… Aïaaaaaaaaah…

Je me lève rapidement et marche vers lui, les yeux pétillants.

— Enfin te voilà mon chéri. Ça a été ?

— Impec, il est déjà entrain de discuter avec ses petits enfants.

Il enlève son casque et secoue ses cheveux collés par la sueur et l’eau. Ils avaient pas mal poussé depuis quelques mois. Il était… à tomber !

Il accrocha son casque sur le porte-manteau, m’attrapa d’une main par les hanches et me colla à lui d’un coup.

— Alors comme ça t’aimes mon côté motard ?

— Oh oui. Je ne sais pas si c’est la veste ou le fait de te voir cambré et que ça te fait ressortir les fesses… Mais mes yeux apprécient toujours autant te voir chevaucher ta cylindrée.

— Chevaucher… Tu choisis bien tes mots toi.

Ses yeux bleus reflétaient une flamme de vice. C’était incroyable, et légèrement déstabilisant, de voir autant de désir et autant de self-control chez une personne. 

Il plaqua ses mains toujours gantées sur mes fesses et me porta sur la table du salon. J’en profitai pour l’embrasser à pleine bouche. Il me posa sur la table et, sans me quitter des yeux, défait ses gants et les ôta doigt par doigt avec ses dents. Je m’en mordais la lèvre et commençai à me caresser l’entrejambe à travers le tissu de ma robe.

— Je constate que le feu que tu avais à la bouche ce midi est redescendu. Dit-il en jetant ses gants derrière lui.

— Il m’est revenu entre les cuisses oui.

Je relevais précipitamment le bas de ma robe jusqu’à ma taille. Mon intimité commençait déjà à s’éveiller. Gill se mit à genoux, le visage devant mon entre et se mit à déposer de petits baisers à l’intérieur de mes cuisses. Puis à les mordre de temps à autre.

Il prit une de mes grandes lèvres entre les siennes et tira doucement dessus avant de la lâcher d’un coup. Puis passa un long coup de langue sur le long de ma fente. Nos regards se croisèrent. Il est si beau quand il a ce regard plein de fièvre quand il m’offre ces cunnilingus si bien menés. Je passais une main dans ses cheveux pendant qu’il faisait tourner sa langue autour de mon clitoris. J’en gémissais encore et encore. Je voulais le sentir, sentir sa queue en moi, je voulais l’avaler dans ma chair.

— Prends-moi…

Il se leva et, droit devant moi, ouvrit doucement sa veste de moto. Oh mon Dieu… Il avait ôté son tee-shirt. Depuis qu’il est revenu, il était torse nu dessous. Le cuir noir renforcé découvrit ses épaules et tomba derrière lui. J’enlevais précipitamment ma robe et la lançai au sol. Il passa sa main dans sa poche arrière pour en sortir un préservatif emballé. Il le mit entre ses dents et déboucla sa ceinture, ouvrit son pantalon… J’en profitai pour me doigter ouvertement devant lui. Son membre long et dur semblait acquiescer.

Gill ouvrit l’emballage avec ses doigts sur quelques millimètres, puis continua en le prenant entre ses dents. Il cracha le petit bout qui tomba sur le sol comme une feuille morte, jeta le reste de l’emballage derrière lui et déroula le bout de latex le long de sa verge.

Il la présenta devant mon entre trempée et poussa doucement en moi. Je poussai un petit cri suivi d’un long soupir.

— Je t’ai fait mal ?

— Non non, pas du tout. Au contraire.

Rassuré, il commença à coulisser entre mes reins. Une main s’agrippai à ses hanches pour accompagner les mouvements. Je soupirais sans fin. De l’autre je me massais le bouton de chair au même rythme que ses coups butoirs. Il avait une main qui me tenait fermement la cuisse pendant que l’autre allait d’un sein à un autre. 

Je profitais pour me redresser, lâcher mon bouton et attraper mon homme fermement à ses épaules. On s’embrassa goulument, dans un baiser rempli d’amour et de désir.. Il ne cessait d’aller et venir en moi, et c’était si bon. J’accompagnais ses mouvements par de larges ondulations du bassin. Mon clitoris frottait contre sa peau, me rapprochant de plus en plus de l’orgasme. 

— Je ne suis pas loin… Plus fort…

Il accéléra ses mouvements tout en me déposant des baisers fiévreux dans le cou. Il me rapprocha encore plus de lui pour allonger le contact entre ma peau et la sienne. Ses cheveux lui collaient au visage. C’était presque grotesque, mais dans l’état où j’étais je n’en avais rien à faire. Tout ce qui m’importait, c’était notre plaisir. Un plaisir qui me faisait planter mes ongles dans ses épaules et son dos. Et ça n’avait pas l’air de lui déplaire.

Je finis par me rendre dans de longs cris. Je lui griffai longuement les épaules pendant qu’il venait dans une série de râles incontrôlés.

Ce fantasme nous fit quelques jeux de rôles bien amusants. Il gardait son rôle de motard et moi je jouais tantôt la serveuse avec laquelle il va s’encanailler dans la réserve, tantôt la laveuse qui joue avec l’eau et la transparence de son haut.

Et un beau matin…

— Allô ?

— Amber?

— Oui ?

— Bonjour, c’est Dina de PassionDesire. Vous avez passé un entretien la semaine dernière.

— Ah oui ! Comment allez-vous ?

— Très bien merci. Je vous appelle pour vous dire que je vous ai retenue pour travailler à temps partiel dans ma boutique. Ça vous va ?

Bingo !!!

— Oui. Je peux même passer le plus rapidement possible pour signer le contrat.

— Parfait. Passez donc… demain matin. Comme ça je vous ferai faire un rapide tour de la boutique.

— Avec plaisir. Merci de me donner une chance.

— C’est tout naturel. Aller, à demain.

— À demain. Et bonne journée.

Le contrat fut bien arrosé.

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