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Go with the flow

Le diamant se pose sur le sillon, le disque tourne sur son axe et le bras épouse les dénivelés. Tu es assise sur le canapé, le smartphone coincé dans tes mains, tes doigts caressant la surface lisse de l’écran.

Tu te concentre sur Twitter où tu réponds à tes différentes mentions et échanges avec ta TL, assise sur le sofa. La basse ondule dans l’air et le bas de ta robe groove sur tes cuisses. Tes jambes sont croisées mais tes talons suivent le rythme binaire. Le pouce balance de bas en haut pour faire défiler ta timeline. Arrivant dans la pièce, je me place en face de toi, debout, et souris à la vue de ton visage. Je glisse mon smartphone dans la poche arrière, je te fais signe de continuer à échanger des messages bleus et je m’accroupis pour me te contempler. Je sais que tu sens mon regard remonter ta robe et découvrir tes cuisses, le léger frémissement au niveau de tes lèvres en est l’indicible preuve. La couture de tes bas est maintenant visible, interface entre ta chaire claire et le nuit du nylon. Mes yeux deviennent dès lors plus entreprenants, et commencent à écarter tes genoux et à basculer ton cul vers l’avant. Ta culotte n’est alors plus qu’une ligne sur le sable, très facilement effacée du bout des doigts en quelques spirales expertes.

Les 140 caractères de tes tweets commencent à être une limite, certaines voyelles commençant à se répéter sous tes gémissements. La chair se fait de plus en plus humides quand le nombre de mes doigts s’occupant de ta chatte augmentent. Finalement, le numérique et le digital peuvent parfois s’allier pour le meilleur.

Mais ne perdons pas le fil, et déroulons la langue entre tes lèvres gourmandes. Tu tiens toujours ton téléphone sur ma demande expresse et continue à écrire tes tweets. Je perturbe tes RT, je pervertis tes DM et tes mentions perdent tout repère.

Tu te laisses remplir de la musique sortant des enceintes, et je dois répondre à la dextérité musicale du groupe. Je décide de la jouer en solo pour sublimer le riff principal. Il faut partir sur une base solide, ma langue qui monte et descend, et puis tourner autour, gauche, droite, diagonale et autre figures géométriques. Ensuite, il doit y avoir le petit grain de folie et d’originalité, d’improvisation et de surprise pour ne pas se faire bloquer. Tu sens alors mon index se plier et appuyer de plus en plus fort. Tes yeux papillonnent pour favoriser le moment. Le flux ne s’arrête pas et j’enchaîne les jeux de langues. Ma soif ne peut contenir toute ton humide réponse, et je laisse donc couler la mouille féline le long de ta fente. Je suis le courant avec ma langue et commence à tourner à l’orée de ton cul. Tes cuisses alors se raidissent, tu te cambres pour rendre ton profil public. Ma langue pointe en toi et tu pousse un râle de plaisir en retour. Tes doigts pianotent frénétiquement l’écran comme pour te raccrocher aux touches lisses du clavier virtuel. La pression est trop forte et tu décides de proclamer le “mute” de la résistance. Tu glisses vers le clash final, celui qui voit tes gémissements se diriger vers le relâchement des tensions musculaires et pulmonaires. Les pieds se contractent et se détendent, la main droite pose le téléphone sur le sofa. Je me relève pour admirer notre œuvre.

Quelques secondes avant, mon téléphone émettait un signal sonore m’indiquant une mention. Je le sors de ma poche, une mention Twitter s’affiche. Ta PP s’affiche, clic rapide : “OUI, CONTINUE, JE VAIS JOOOOOOOOUUUUUUUUUUUIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII”. DM ou flux public ?

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