4 minutes de lecture

Histoire à quatre mains

Comme il commençait à faire beau et chaud, je m'étais installé dehors ce jour là, pour pouvoir écrire. J'avais placé ma table à l'ombre, sous le saule pleureur qui orne notre jardin. Un vieux cahier à spirale, ma trousse, un peu de temps libre, le soleil et le bruit du vent dans le saule... J'avais tout ce qu'il me fallait.

Hormis l'inspiration.

J'avais bien commencé quelques phrases, au fil de la plume, tracé sur le papier quelques ébauches d'histoires... rien ne se concrétisait vraiment, je n'avais pas ce que je nomme "le déclic", cette petite étincelle qui fait que je visualise la scène et me permet d'écrire ce que je vois dans mon cinéma intérieur plus que ce que j'imagine.

Et puis j'ai entendu tes pas sur le gravier, et je me suis retourné.

Tu portais une jolie robe d'été, vert pistache. Comme souvent aux beaux jours, tu avais à la main tes chaussures, préférant marcher pieds nus dès que le soleil réchauffait suffisamment les sols, une habitude que tu as depuis tes jours d'enfance.

Ca va?

Oui, sauf que je n'arrive pas à écrire... et toi, tu vas bien?

Mooui...Je m'ennuie un peu, alors je suis venue te voir

me réponds tu avec une petite moue

Je vais prendre encore un petit quart d'heure, si tu veux bien, et si je vois que je n'arrive pas à écrire je rentrerai à la maison.

Non ça va , on est bien dehors aussi. Une panne d'inspiration?

Je souris en haussant les épaules

J'ai l'impression qu'il me manque quelque chose, que j'ai le récit au bout de la plume,tu sais, comme lorsqu'on a un mot sur le bout de la langue mais qu'on arrive pas à le retrouver

Debout derrière moi, tu m'enlaces, et je sens la douce chaleur de ton corps, l'arrondi de tes seins qui se presse contre moi, le parfum de ta peau caressée par le soleil. Mon sourire s'élargit, et je prends l'une de tes mains pour l'embrasser

Tu veux que je vérifie si je peux faire quelque chose pour ta panne?

Je ris devant cette proposition inattendue, aussi alléchante qu'agréablement formulée

et que proposes tu, ma belle?

Tu te laisses faire, tu ME laisse faire, et tu écris juste ce que tu ressens.... Maintenant, chut, tu n'as le droit que de garder le silence. Laisse moi prendre les choses en main...

Elle m'embrasse, à pleine bouche... est ce pour mieux sceller notre pacte ou pour m'empêcher toute possibilité de refus, même si cette idée saugrenue ne me viendrai certainement pas. Je suis ravi de ce jeu, et m'empare de mon stylo avec fébrilité, manquant de le faire tomber au sol. pendant que tu contournes la table, lentement.

Je commence à écrire, en te regardant faire.

Quelques rayons de soleil s'immiscent parmi les branches tombantes du saule et se saoulent de ta chevelure sombre.

Avec délicatesse, et un zeste de provocation, tu fais glisser les bretelles de ta robe de tes épaules, me laissant te contempler. Tes mains passent dans ton dos, dégrafent ton soutien gorge que tu poses, bien plié, sur la table, au dessus de ma trousse. Le tout avec une lenteur exquise, qui me fait m'impatienter de la suite.

Le regard chaud, tu t'agenouilles, et je ne vois plus que le sommet de ta crinière au dessus de la table... puis plus rien.

Je sens tes mains sur mon corps. Sur mon ventre. Sur mes cuisses.

Tu ouvres ma chemise, petit à petit. Je voudrais baisser la tête, avoir un contact avec tes yeux, te dire combien la sensation de tes mains sur moi me plait. Mais comment écrire correctement si je te regarde?

Tes mains me caressent, d'aussi haut qu'elles peuvent remonter sur mon torse jusqu'à mon bas ventre. Tu tires légèrement sur mon short, et je n'ai que le temps de soulever les fesses que déjà je me retrouve quasiment cul nu, le boxer retenu de justesse par une belle bosse à l'avant...

A travers le mince tissu, je sens tes doigts frôler mon membre, qui se tend, se dresse et se cabre. Puis, tes doigts descendent tout le long de ma hampe, et s'emparent avec tendresse et douceur des deux boules déjà bien gonflées par le désir.

Joueuse, tu abandonnes cette partie de mon corps pour concentrer tes caresses ailleurs, sur mes cuisses, sur mes chevilles, sur les côtés de mon ventre, places qui n'ont guère l'habitude d'être aussi élégamment explorées.

Quelques instants plus tard- combien de temps exactement, peu importe, le temps n'existe plus depuis que je suis "entre tes mains"- tu reviens sur mon sexe, le libérant de sa cage de tissu.

Délicieuses minutes où je m'abandonne à tes caprices, frissons lorsque le frais de tes ongles contraste avec la chaleur de la pulpe de tes doigts. Le supplice est divin, car j'ai la lourde tâche de garder trace de tes exploits sur mon corps, de ne pas perdre totalement la tête sous tes caresses.

J'ai l'impression de jouer à une version pervertie d'un jeu d'enfant, où mon stylo suit sur le papier le chemin que tes mains et tes doigts tracent sur mon corps, en parallèle.

Ta main prend ma verge, et la frotte sur ton sein, puis fait glisser sur ton téton raidi mon gland.

je te sens bouger sous la table, puis tu commences un nouveau manège, dessinant de longues courbes sur ton corps avec la pointe de ma queue, la passant sur tes épaules, dans ton cou, sur ta bouche.

J'aimerais m'y abandonner, dans cette bouche, mais je n'ai d'autre choix que de suivre les règles de ton jeu. Pour autant, je sens que le plaisir monte en moi, et je me mordille les lèvres pour ne pas jouir de suite.

Tes mains à nouveau quittent mon sexe, me caressent le bas du dos, se glissent sous mes fesses, avant de revenir sur l'intérieur des cuisses et de se saisir à nouveau de mon membre.

Tu me masturbes d'abord avec lenteur, laissant aller et venir tes mains sensuellement, naviguant entre mon sexe même et mes bourses, puis la caresse intime s'affirme et s'intensifie.

Rapidement, je sens une vague de chaleur monter au creux de mes reins

mon souffle devient plus court

Il est tres dur de écrire sans fair de fautes.

Orgasme

J'ai l'impression qu'il me faut deux ou trois éternités pour redescendre. Quand je reprends un peu mes sens, je te vois, la tête posée sur mes cuisses, les mains encore gluantes de mon plaisir; un sourire -coquin, satisfait, ému? Difficile à dire- sur tes lèvres pleines.

Tu t'extirpes de ta cachette, et tu me fais lire, à haute voix, le texte encore chaud, tout juste sorti de ma plume...

Appuyez sur "Entrée" pour effectuer votre recherche